
Plusieurs appels au boycott
des produits de la marque française Yves Rocher ont été lancés en
Russie. La raison : une plainte qui aurait été déposée par le directeur
de la branche russe de la marque contre Alexei Navalny, l'un des
principaux opposants au régime de Poutine.
Russie-Libertés,
association de défense des droits humains basée en France, interpelle à
ce sujet la direction du groupe Yves Rocher par la voie d'une lettre que
nous publions ici.
Monsieur le Président directeur général,
Le 11 février 2013 le journal russe « Novaïa Gazeta » a publié un article évoquant, documents à l’appui (ci-joints), une plainte qui aurait été déposée auprès du Comité d'enquête central russe par M. Bruno Leproux directeur de la société « OOO Yves Rocher Vostok ». Cette plainte viserait essentiellement M. Alexei Navalny qui aurait contraint M. Leproux à conclure en 2008 un accord désavantageux avec une société de transport et de logistique créée par M. Navalny et son frère.
Monsieur le Président directeur général, confirmez-vous qu'une
plainte a été déposée par M. Bruno Leproux, directeur de la société Yves
Rocher Vostok, filiale du groupe Yves Rocher en Russie ?
Si oui, pouvez-vous confirmer que cette plainte vise, M. Alexeï Navalny, ainsi que son frère ? Pour quels faits ?
La direction du groupe Yves Rocher a-t-elle donné son aval au dépôt de
cette plainte ? Dans la négative, la direction envisage-t-elle de
prendre les mesures nécessaires afin de faire toute la lumière sur une
telle plainte ?
Des articles de presse font état de ce
qu'une telle plainte aurait été déposée sur "la demande" du Comité
d'Enquête de Russie, placée sous l'autorité du Président Poutine. Qu'en
est-il ?
Dans le contexte d'une série d'investigations
déclenchées par les autorités judiciaires russe à l'encontre de M.
Navalny, l'un des principaux opposants au pouvoir en place en Russie, ne
pensez-vous pas prêter la main à une entreprise de déstabilisation d'un
opposant notoire à un régime dont l'action ne cesse d'être dénoncée par
les observateurs comme par les associations de défense des droits de
l'homme comme étant contraires aux standards européens démocratiques ?
En vous remerciant par avance pour votre réponse,
Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président directeur général, l’expression de mes plus respectueuses salutations.
Alexis Prokopiev
Président de l’association « Russie-Libertés »
06 13 49 53 84