Petites écoles en péril

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yves_...@ssss.gouv.qc.ca

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Feb 17, 2011, 3:21:26 PM2/17/11
to rqi...@googlegroups.com

Rarement un sujet suscite autant de commentaires dans notre groupe de discussions.

Ici, à Témiscaming et Kipawa, communauté isolée d'environ  3500 habitants, nous avons 4 écoles, deux primaires, deux secondaires, deux francos, deux anglos, dans le même bâtiment, relevant de deux commissions scolaires. Déjà mal barré.

Depuis plusieurs années, nos écoles se vident, sans pour autant qu'il y ait des changement démographiques pouvant justifier le phénomène.
Précisons que Témiscaming est à un jet de pierre de l'Ontario et que le centre urbain le plus près est  North Bay, à 45 minutes d'ici.
La municipalité québécoise la plus proche est Ville-Marie, chef lieu de la région, à une centaine de kilomètres.

Chaque matin, des autobus attendent sur une île (une sorte de no man's land) au milieu de l'Outaouais, pour cueillir des jeunes d'ici et les emmener dans les écoles de la province voisine.
Les motifs des parents et des jeunes sont nombreux: Meilleure offre de cours et d'activités sportives, meilleure préparation aux études supérieures en Ontario, mauvaises expériences dans le suivi de situations difficiles ici, exigences académiques moindres, phénomène de mode, etc.
Fait à signaler, même des profs de nos écoles envoient leurs enfants à North Bay... Je sais, je sais, n'en rajoutez pas...
Pourtant, la chose est illégale. Mais les parents n'ont qu'à fournir une adresse de l'autre côté de la rivière et le tour est joué.
Pour North Bay, cet apport de clientèle est une manne. Pour nous, c'est devenu presque critique.
Le ministère et la commission scolaire ignorent ou sous-estiment le phénomène et il est clair que si la communauté ne se mobilise pas, c'est la survie même de nos écoles qui est menacée à moyen terme..

Évidemment, la communauté est divisée. Culturellement, une partie importante de la population s'identifie plus à l'Ontario.
Et ceux qui maintiennent leurs enfants dans nos écoles font parfois figure de militants.

L'an dernier, dans le cadre d'une démarche citoyenne visant à identifier les enjeux majeurs pour notre communauté, les participants ont identifié cette problématique comme prioritaire.
Trouver une stratégie rassembleuse n'est toutefois pas évident. Forcer l'application de la loi est pour le moins complexe et créera encore plus de tensions dans la communauté. Il ne faut pas oublier que ceux qui envoient leurs enfants à l'extérieur le font de façon toute volontaire.

La stratégie du groupe de citoyens constitué  s'oriente donc vers des moyens pour accroître le pouvoir d'attraction de nos écoles. La séduction plutôt que la coercition. Pas facile. Accepter de faire deux heures d'autobus chaque jour alors qu'on a la chance d'avoir une école à deux pas implique une motivation assez ferme.

J'avoue me sentir parfois-souvent assez dépassé. On part de très loin. La situation des écoles n'est qu'une illustration d'un phénomène plus large. Nos commerces locaux sont dans une situation comparable

 On les néglige au profit des centres d'achat de North Bay. Moins on y consomme, plus l'offre diminue en quantité et en qualité, plus on va à l'extérieur. On ne semble pas comprendre que c'est la survie de nos services de proximité qui est en jeu.

Vos propos chers collègues m'inspirent, malgré le caractère singulier du phénomène que l'on vit ici.

Vous en remercie.

ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca

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Feb 17, 2011, 3:45:23 PM2/17/11
to rqi...@googlegroups.com

Juste pour en rajouter un peu à cette belle histoire courriel qui n'en finit plus....
Il y a aussi l'école du petit village de St-Joachim de Shefford, tout près de Granby. En 2009, dans le cadre du colloque Villes et viollages en santé, j'ai eu la chance de rencontrer le maire du village qui nous a raconté comment l'école avait évité une fermeture, par le développement d'une approche internationale.
Un petit extrait du site de la municipalité:



Notre école primaire, de par sa dimension et son cachet rural, apporte à nos enfants une éducation différente. Elle offre depuis septembre 2007 la formation du Programme primaire du Baccalauréat International. Ce programme ouvert sur le monde ne peut être que positif à nos futurs adultes.

La coopérative "Au coeur du village" formée de plus de 200 familles de notre belle municipalité, regroupera sous un même toit un dépanneur, un restaurant et une station de service. La présence de services de base est essentielle pour maintenir le dynamisme de notre municipalité. Les démarches de sa mise en œuvre vont bon train et elle devrait voir le jour dans les semaines qui viennent.

De plus, le projet de la coopérative du "Pays de la Poire" continue d'évoluer. Il permettra de donner une couleur particulière à notre municipalité.

Nous appuyons fortement ces projets. Il est juste de dire qu'à Saint-Joachim-de-Shefford, on cultive la coopération et l'entraide. C'est un endroit où il fait bon vivre!

Le maire nous disait que l'école a bien sûr évité la fermeture, mais qu'elle doit maintenant composée avec un heureux problème, soit celui de refuser des inscriptions par manque de places !

Nathalie Durocher, organisatrice communautaire
CSSS des Sources
819-879-7158 (504)

Gaston Lagacé

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Feb 18, 2011, 10:52:35 PM2/18/11
to rqi...@googlegroups.com, ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca
Il est en effet très stimulant de constater le volume et la qualité des réponses à l'interpellation lancée par Francine. Je comprends qu'elle puisse en avoir les larmes aux yeux, vu de sa "lointaine" Gaspésie, d'autant plus qu'il ne se produit pas souvent d'engouement d'une telle ampleur devant un appel à l'aide.
 
Je me permets d'y ajouter mon grain de sel afin de cogner moi aussi sur le clou du développement local. Il semble se dégager une tendance à l'effet qu'on ne peut dissocier la problématique de l'école rurale de celle de toute sa communauté locale, ce qui m'apparaît tout à fait indiscutable. J'ai été fort déçu de me faire répondre il y a quelques années par un DG de commission scolaire qu'il ne se faisait pas de recherche articulée au Ministère de l'Éducation en vue de développer des voies de sortie de crise pour les écoles rurales. J'ose espérer que les choses ont changé un peu depuis; mais permettez-moi d'en douter. À moins d'informations contraires, l'odieux appartient encore aux petites communautés rurales de faire preuve de créativité.
 
Je voudrais cependant soumettre une réserve à l'approche d'école "spécialisée" telle que la définit le texte de Nathalie Durocher. Si une telle initiative peut s'avérer fort intéressante dans un milieu semi-rural, elle pourrait devenir une source de discorde et de déstabilisation dans un milieu où les municipalités voisines sont elles aussi sur la corde raide quant au maintien de leur école.
 
Merci à tous pour cette contribution et bonne chance à Francine pour la suite du processus!
 
Gaston Lagacé
ex-oc-Kamouraska


--- En date de : Jeu, 17.2.11, ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca <ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca> a écrit :

De : ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca <ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca>
Objet : RE [rqiiac] Petites écoles en péril
À : rqi...@googlegroups.com
Date: jeudi 17 février 2011 15 h 45

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j-p_s...@ssss.gouv.qc.ca

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Feb 22, 2011, 9:23:52 AM2/22/11
to gas...@yahoo.ca, ndurocher....@ssss.gouv.qc.ca, rqi...@googlegroups.com

Pour en remettre encore un petit peu , ce mardi nous faisons une manif collective dans notre coin de pays à Chute -aux- outardes avec d'abord les élèves de l'école Richard et les adultes de la collectivités , puis des élèves de d'autres école de plus grandes villes ( Baie-Comeau ) viennent nous rejoindrent .Les organismes communautaires , le csssm , la municipalité , la sq . les pompiers , la pastorale  , la mairesse , la directrice de l'école .Tous y seront .

Le but : Un geste pour mon village . Ce genre d'action  ,un mélange d'approche socio communautaire et de développement local , à un effet catalyseur très puissant . Car c'est en comité intersectoriel que l'on construit cette marche . C'est une manifestation a l'implication citoyenne . Par la suite les rapports sont plus étroits pour d'autres dossiers ......



JPierre Simard , O.C
CLSC Marie-Leblanc-Côté
418-567-2910

affiches marche 2011 logo csssm.JPG
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