
Lors du dernier conseil municipal nous avons voté avec la majorité une délibération autorisant le Maire de Saint-Egrève à signer une convention et des avenants de prestations au sujet d’un dispositif de « réussite éducative ».
Ce dispositif intercommunal, associant notre commune avec celle de Saint-Martin-le-Vinoux prévoit l’accompagnement des familles et des enfants en fragilité. Plus précisément, cette démarche a pour thématique, entre autres, la prévention du « non accrochage scolaire » ou du « décrochage scolaire ».
Le financement de cette démarche est géré par un GIP (groupement d’intérêt public) dont les fonds proviennent de l’état via ses différents niveaux territoriaux (Conseil Régional, Conseil Général, Metro, communes), également de la CAF et parfois de bailleurs sociaux.
Il ne s’agit pas de « petites » subventions. Environ 48 000 euros sont alloués cette année pour des actions sur les deux communes de Saint-Egrève et de Saint-Martin-Le-Vinoux.
Ce dispositif provient du Contrat Urbain de Cohésion Social (CUCS) qui traite également de la prévention de la délinquance.
Près de 500 CUCS ont été mis en place sur tout le territoire. Cela concerne près de 2500 quartiers de nos citées. Pour financer ces contrats, 400 millions d’euros en 2007 ont été employés par le groupement interministériel de la ville.
Il s’agit donc, pour une partie importante de ces fonds, d’un véritable « traitement social » de l’échec scolaire, en aval de l’école. Comme il y a le « traitement social » du chômage, par exemple.
Il est tout à fait intéressant de regarder (par comparaison ?) ce qui se passe en amont, à la source, à la naissance de ce décrochage scolaire, c’est-à-dire dans l’école. Car ne serait-il pas logique de s’attaquer à la racine de cet échec douloureux et de plus en plus important qu’est le « décrochage scolaire » ?
Avant de changer de ministère, monsieur DARCOS a entamé le processus de démantèlement des Réseaux d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté (RASED). Il a supprimé 3000 postes d’enseignants spécialisés dans nos écoles (1500 suppressions sèches et 1500 sédentarisations), dont 59 en Isère.
Ces enseignants « spécialisés » (notamment les rééducateurs, maîtres G) avaient justement comme mission de redonner le goût des apprentissages scolaires à ces enfants décrocheurs.
La destruction planifiée de ces RASED ne s’arrêtera pas là, car les suppressions de postes dans l’éducation nationale (40 700 en 3 ans) prennent la forme d’un véritable « plan social » comme on dit pudiquement.
L’école de Prédieu n’en a-t-elle pas fait les frais récemment ?
Les Zones d’Education Prioritaire (ZEP) et les Réseaux d’éducation prioritaire (REP) sont abandonnés à leur triste sort. Plus de discrimination positive de leurs effectifs en classe (25 élèves c’était déjà trop !). Le même « tarif » qu’en zone « normale » leur est appliqué lors de la carte scolaire (fermeture/ouverture de classe).
Les établissements spécialisés ferment tous les uns derrière les autres. Et après avoir annoncé une politique d’intégration scolaire volontariste, 42 500 jeunes en contrats aidés (2006-2009) d’auxiliaires ou d’emplois de vie scolaire (AVS/EVS) ont été jetés à la rue purement et simplement en juillet dernier. Le recrutement actuel, au compte goûte, des AVS/EVS, ne permet absolument pas de faire face aux besoins d’intégration. Et c’est près d’un an d’attente qui nous est demandé dans les écoles qui intègrent des élèves handicapés pour bénéficier d’une telle aide.
La liste des attaques contre l’école publique pourrait continuer ainsi Longtemps.
Il s’agissait simplement de montrer par ces quelques lignes, l’énorme contradiction que nous vivons actuellement en matière de politique éducative. La perte totale de sens dans l’action publique en la matière, qui « investit » fortement en aval dans un « traitement social » de l’échec scolaire et qui se désinvestit massivement en amont de l’école, là où presque tout se joue.
Presque tout, car nous savons bien que l’école ne pourra jamais, à elle seule, combler les inégalités sociales d’ailleurs de plus en plus vives dans notre société.
En tant qu’élus et citoyens, nous avons essayé de dénoncer cette incohérence nationale (voulue ?) lors de la réunion publique du conseil municipal de notre ville. Par l’intermédiaire de cet espace, caisse de résonance publique, nous souhaitons que les citoyens d’ici et d’ailleurs se remobilisent pour la défense de leur école publique.
A suivre …
Pour le groupe des élus PS-PC-PG
Eric AYRAULT
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Envoyé par Guy Chassigneux dans
Réussir Ensemble Saint Egrève le 11/02/2009 08:07:00 AM