La prochaine séance du séminaire Mémoires et patrimonialisations des migrations aura lieu jeudi 5 mars 2026 de 14h30 à 16h30, Salle polyvalente 50,Centre de colloques, Cours des humanités 93300 Aubervilliers.
Vous y êtes tous et toutes les bienvenu.e.s
Séminaire de l’IIAC/LACI, animé par
Nous écouterons : Barbara Kurowska (collaboratrice scientifique, responsable de l’archive en charge des témoignages (Zeitzeugenarchiv), Dokumentatonszentrum Flucht, Vertreibung, Versöhnung. (Centre de documentation Déplacement, Expulsion, Réconciliation) Berlin) : « Ambivalent Histories: Negotiating Victimhood and Responsibility at Berlin’s Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation »
In 2021, the Documentation Centre for Displacement, Expulsion, Reconciliation opened in Berlin after more than a decade of public and international controversy. At the heart of this debate lay the question of how to integrate the history of the forced migration of some twelve million Germans at the end of the Second World War into a broader narrative of German perpetratorship and responsibility for the atrocities committed during the war. This intervention offers insights into the curatorial and commemorative practice of establishing a memorial museum with a permanent exhibition. Particular attention will be given to the collection of oral history interviews and the diverse narratives that have emerged from them.
Vous trouverez ci-dessous le programme de l’année :
Programme
Mis en place en 2010, le séminaire offre un espace de présentation et de discussion de recherches explorant les approches mémorielles et patrimoniales dans le domaine des migrations et des déplacements. Les organisatrices du séminaire souhaitent cette année se centrer sur les questions de transmissions et de générations au prisme des migrations.
Dans la continuité du séminaire de 2024-2025, nous nous intéresserons d’une part à la question des mémoires et des patrimonialisations liées à des déplacements massifs de populations, consécutifs à des formes de suppression sociale et/ou physique de groupes entiers au sein d’un espace social et politique. Il s’agira ici de questionner leur spécificité dans un contexte d’exil et de rupture des cadres sociaux de la mémoire et d’absence d’une partie des acteurs.rices. En quoi ces situations extrêmes peuvent-elles nous renseigner sur des dynamiques mémorielles et patrimoniales plus « ordinaires » ? Qu’est-ce qui peut faire lien et mémoire en dehors de la rupture ? Nombre de travaux, pour penser ce lien, se centrent paradoxalement sur la question des objets, et en particulier des objets emmenés dans la migration chez des gens qui parfois laissent tout ou presque derrière eux. Dès lors, qu’est-ce qui peut faire patrimoine en dehors de ce qui est matériel ?
Les modalités d’enquête sur les expériences migratoires et les processus de transmission et d’appropriation en migrations suivant les générations sont multiples. Nous nous intéresserons plus spécifiquement cette année aux différences d’approches disciplinaires (démographie, sociologie, anthropologie, science politique etc) et nationales, ainsi qu’aux projets se situant au croisement de la recherche scientifique et de la création, amenant d’autres formes de production et d’écritures en sciences sociales. L’émergence croissante de ces démarches dans le domaine des SHS en général, des recherches sur les migrations (anciennes et actuelles) en particulier, s’explique notamment par la volonté d’intégrer des approches sensibles et créatives sur son terrain (Baracchini, Dassié et alii, 2021, Müller et alii, 2017) autant que par des interrogations sur la responsabilité du chercheur « dans la cité » (Bénéï, 2019). Si les liens entre engagement et recherches sur les mémoires des migrations ne sont pas récents (Dos Santos, 2017 ; Chauliac, 2018), ces approches posent à nouveaux frais la question de la participation des enquêté·es, de la réflexivité du chercheur·e ainsi que de l’impact de la production de connaissance auprès des acteurs de la patrimonialisation.
Calendrier des séances :
19 mars 2026 : Victor Santos Rodriguez (Boursier Postdoc. Mobility du Fonds national suisse (FNS), Centre de recherches internationales (CERI), Sciences Po Paris), « (In)sécurisation des migrations, coercitions reproductives et silenciation »
Cette intervention examinera le phénomène d’(in)sécurisation des migrations sous l’angle des injustices reproductives et épistémiques. Le propos se fondera sur le cas de la Suisse où les coercitions reproductives ont formé une composante structurelle du modèle de gestion des migrations. Le régime migratoire helvétique s’est en effet historiquement appuyé sur un sous-prolétariat de femmes immigrées dont le travail invisible est extrait au bénéfice de l’économie mais dont les droits reproductifs sont niés aux fins de la lutte contre la « surpopulation étrangère » (Überfremdung). L’intervention donnera à comprendre les liens entre l’interdiction de faire famille et les mécanismes de silenciation dans un contexte de mise au travail des populations immigrées. Les enjeux du genre, du soin (care) et de la mémoire se trouveront au cœur de la discussion.
2 avril 2026 : Karen Akoka (Université Paris-Nanterre, ISP) et Linda Guerry (associée au LARHRA et collaboratrice scientifique à l’IEH2, Université de Genève), « Collecter, analyser et restituer les mémoires de migrations de femmes. Réflexions sur une recherche création en cours dans une vallée drômoise »
16 avril 2026 : Programme en cours d’élaboration
30 avril 2026 : Domitille Blanco (socio-anthropologue, chercheuse associée au Centre Max-Weber), « Exposer des photographies de famille de rescapé·es du génocide des Tutsi : un accès au passé ? »
Une enquête menée en France et au Rwanda sur les photographies de famille datant d’avant le génocide m’a conduite à interroger le rôle de ces photos dans les processus de remémoration et de transmission. Selon leur âge et leur parcours, leurs détenteur.rices n’ont pas tous connaissance de l’histoire du cliché ou de la personne photographiée. Leur matérialité et leur statut ont changé dans le temps et dans l’espace. En les insérant dans l’exposition Rwanda 1994. Photographies survivantes, photos manquantes, créée avec des Rwandais.es vivant en France, nous nous demanderons ce que ce nouveau déplacement provoque.
Grâce au soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, Domitille Blanco réalise un post-doctorat sur la transmission de la mémoire familiale chez les vétérans canadiens de la mission de paix de l’ONU, la Minuar, déployée au Rwanda en 1994.
7 mai 2026 : Programme en cours d’élaboration
21 mai 2026 : Conclusion
Renseignements : https://enseignements.ehess.fr/2025-2026/ue/131
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