Madame la Ministre, Monsieur le Préfet,
Nous nous permettons de vous écrire au sujet des récentes expulsions de squat qui ont eu lieu sur Lyon (boulevard Yves farges pour l'une d'entre elles). Comme vous le savez certainement, ces expulsions bouleversent énormément la vie, particulièrement précaire, qu'avaient pu organiser ces familles. Privés de leur domicile, ces hommes, femmes et enfants se retrouvent à nouveau à la rue, en quête d'un espace de vie que l'on s'empresse alors souvent de leur ôter à nouveau, dans l'espoir qu'elles disparaissent définitivement de notre champ de vision.
Des professionnels de l'urgence sociale nous ont fait circuler des informations, photos et détails sur le déroulement précis de ces expulsions et insistent sur leur récurrence. En tant que premiers spectateurs de cette détresse, ils sont particulièrement accablés. En tant que citoyens (en lien ou non avec le secteur social), nous le sommes également. En tant qu'élus représentants de l'État, vous l'êtes certainement aussi. Nous avons tous conscience que ce qui leur arrive aujourd'hui ne devrait plus arriver, qu'il est essentiel aujourd'hui de trouver d'autres alternatives à ces expulsions parce qu'elles sont dévastatrices sur les personnes qui les vivent, également parce qu'elles ne résolvent en rien le problème : quel lieu de vie pour ces personnes ?
Les personnes elles-mêmes et professionnels / bénévoles en lien réguliers avec elles peuvent vous aider à penser d'autres réponses à ces situations. Tous, élus, représentants de l'État, professionnels, bénévoles, citoyens sommes responsables de ce qui arrivent à ces personnes si nous ne tentons pas de mieux les prendre en compte et les accueillir dans ce pays et avec ses valeurs fraternelles Françaises dont nous sommes si fiers et qui sont les nôtres.
En espérant que ce courrier ne reste pas lettre morte, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre et Monsieur le Préfet, l'expression de notre haute considération,