CP Grève des professionnels de l’urgence sociale
Nous, professionnels de l’urgence sociale, avons adressé au préfet un courrier pour demander à être reçus de manière à dénoncer la crise sans précédent que nous connaissons. Aujourd’hui, aucune réponse et aucun engagement significatif ne nous a été fourni. Nous nous engageons donc dans un mouvement de grève le Mardi 24 mars 2015, avec un point presse à 15h.
Nous le devons aux personnes que nous accompagnons, au nom de la dignité, de notre éthique professionnelle, du maintien du pacte social.
A Lyon, 1500 personnes appellent le 115 sans obtenir de place d’hébergement. Ce sont des hommes, des femmes, certains sont âgés, d’autres handicapés, ou malades ; tous sont exténués. Ce sont aussi des enfants, des nourrissons.
Au 15 avril, les centres d’hébergement hivernaux fermeront leurs portes et ce seront plus de 300 personnes qui les rejoindront alors, froidement jetés à la rue.
Pour les professionnels de l’urgence sociale, c’en est trop, c’en est vraiment trop!
Cet hiver 4 personnes sont mortes, dans la rue à Lyon.
Nous n’en pouvons plus d’avoir la boule au ventre pour attribuer les quelques places d’hébergement qui se libèrent. Nous n’en pouvons plus de «trier» le plus faible parmi les plus fragiles. Nous n’en pouvons plus de choisir entre une personne sous dialyse et un homme de 80 ans, entre une mère seule et ses deux enfants de 3 et 5 ans et une famille avec un nouveau né….
Le Code de l’Action Sociale et des Familles (art L345-2,2) stipule que « toute personne en situation de détresse médicale psychique ou sociale a accès à tout moment au dispositif d’hébergement d’urgence ».
Pourtant, le Préfet du Rhône piétine la loi, piétine la République et condamne chaque jour l’avenir des personnes que nous accompagnons. Aujourd’hui, nous avons appris la création de 300 places supplémentaires en vue de la sortie du plan froid, cette solution demeure dérisoire face aux besoins actuels. En tant que représentant de l’Etat, il doit prendre la mesure de l’ampleur des dégâts provoqués par des choix politiques aussi inadaptés. En tant que représentant de l’Etat, il se doit d’arrêter de bafouer la loi et de nier les décès causés par une politique irresponsable.
Nous ne voulons plus être les témoins silencieux de cet état de fait abject. Nous, professionnels de l’urgence sociale, ne voulons plus continuer à faire tourner, à vide, une machine à broyer. On ne joue pas avec la vie et la mort des personnes.
Le réseau des professionnels de l’urgence sociale
Contacts : 06 76 65 39 05 / 06 80 02 18 59