Survivances explore ce qui persiste du photographique après sa métamorphose. Inscrit.e.s dans une démarche collaborative, autant dans leurs rapports à la matière que par leur action collective, les artistes du collectif EeZ0 s’ancrent dans une relation physique au médium.
En détournant des matériaux, tels que les rebuts de laboratoire, les papiers altérés, les outils de construction ou encore les images d’archives, iels constituent les fondements d’un langage plastique où la photographie se déploie autrement. La matière se dépose, se plie, se dégrade, se nourrit, se régénère et devient tangible dans l’espace. La lumière s’y immisce et s’y déploie révélant ses textures et ses volumes.
Cette dynamique passe également par une collaboration avec le non-humain. Des micro-organismes à l’intelligence artificielle, la matière photographique se laisse traverser par des processus autonomes – prolifération, calcul, contamination – qui en déplacent les contours et brouillent les frontières entre naturel et artificiel. L’image devient alors un terrain d’interactions et d’ouvertures qui nous amène à penser autrement.
La survivance n’est ici ni nostalgie ni simple conservation. Entre dégradation et renouveau, l’exposition propose de nouvelles formes de collaboration où la matière resurgit. Elle invite à porter attention aux choses fragiles et aux gestes discrets. Elle imagine, à partir des restes, d’autres manières d’habiter le monde.
Le collectif EeZ0 (@eezero.collectif)