Convaincus d'avoir effectué le meilleur travail qui soit pour la
promotion de Lac-Mégantic et du parc industriel local, comme ils
l'auraient fait de toute manière pour tout promoteur, ils ont
déploré, lors d'une conversation téléphonique avec le journaliste
de L'Écho, que dans les circonstances ils soient les seuls à porter
l'odieux de l'échec retentissant du projet, qui risque de produire
un discrédit disproportionné sur l'appareil municipal qui,
pourtant, selon eux, fait du bon travail pour le développement
économique méganticois.
«À chaque fois que ce promoteur est venu nous voir à la Ville, il
était accompagné du commissaire industriel Nicolas Roy, avec qui il a
eu très souvent des contacts durant les derniers mois», a raconté la
mairesse.
«C'est étrange que maintenant, on nous laisse porter le blâme de
cet échec tout seuls. Nous ne sommes vraiment pas les seuls à avoir
été bernés dans cette histoire. J'en connais qui sont portés à
s'accaparer rapidement du mérite quand ça va bien, mais qui sont
soudain invisibles quand les résultats sont plutôt négatifs.»
Elle a aussi rappelé que lorsque le promoteur a apporté le
communiqué de presse annonçant son projet, à l'Hôtel de Ville, il
arrivait du Centre local de développement (CLD) et était accompagné
du commissaire industriel.
«Le fait de ne pas émettre de commentaires peut être perçu comme un
manque de support à l'équipe de la Ville, par tout promoteur de
l'extérieur et par la population en général», d'ajouter Mme Roy
Laroche.
Par ailleurs, les représentants municipaux, lors de la même
conversation téléphonique, ont déploré que le promoteur Longchamps
leur ait rapporté une conversation qu'il a eue avec le journaliste
d'un journal mensuel publié à Lac-Mégantic, où ce dernier aurait
proféré des propos peu élogieux à l'égard du conseil municipal.
«Quand on rencontre un promoteur et qu'on lui mentionne que le
conseil municipal a l'habitude de ne pas prendre les bonnes
décisions et qu'on lui fait le résumé, de façon très partiale,
du dossier de l'eau potable, on ne parle pas d'un agent positif de
développement de la région. Ça va exactement à l'inverse de
l'opinion publique, car la population veut que le parc industriel se
remplisse d'industries et que nos travailleurs aient tous de
l'ouvrage. Alors ce journaliste ne rend pas service à toute la
région. Il n'a aucune conscience sociale», de faire valoir à son
tour le directeur général Claude Périnet.
Incidemment, le promoteur Longchamps avait promis d'envoyer un
communiqué de presse pour clore le dossier, mais L'Écho n'a
finalement rien reçu.
Le commissaire industriel déçu
Pour sa part, le commissaire industriel, Nicolas Roy, s'est dit
déçu de la tournure des événements.
«Personne ne doit prendre l'odieux de cet échec. Nous, on a
toujours dit qu'on est tenus à la plus stricte confidentialité dans
les dossiers. Nous avons déploré que le projet sorte dans les médias
de façon prématurée. Notre mission en est une d'aide aux
promoteurs. Nous avons un code d'éthique à cet égard et on ne
pouvait faire aucune annonce au sujet du projet», de déclarer M. Roy.
«C'est sûr que nous avons réagi positivement lorsque la nouvelle a
été annoncée. Nous avons travaillé en équipe avec la Ville et on
va continuer de le faire. Mais on est très déçus, les premiers, que
le dossier ne se réalise pas. Car c'est la somme de travail que ça
représente, autant pour les gens de la Ville, qui ont aussi travaillé
très fort, que pour nous. Nous sommes aussi très déçus pour la
population et pour ceux qui sont sans emplois qui attendaient beaucoup
de ce projet.»
«C'est toujours facile après coup de reprocher que nous aurions dû
faire des vérifications. Quand tu travailles en développement
économique et que quelqu'un t'appelle pour avoir un terrain dans
le parc industriel, tu ne fais pas d'enquête de crédit tout de
suite. Tu n'as même pas le droit de le faire. Il faut que le
promoteur signe un document qui t'autorise à faire ces
vérifications. Il y avait beaucoup de pression de la part de la
population pour qu'on ait le projet ici. Entre temps, l'annonce du
projet a été faite trop vite. Quand nous avons pu faire nos
vérifications, il était déjà trop tard. C'est là qu'on a vu le
problème. Mais on n'est jamais allé plus loin. Il n'y a aucun
montant d'argent qui a été engagé là-dedans. Maintenant le
dossier a été fermé», de conclure M. Roy.
Source:
http://www.echodefrontenac.com/actualite/actualite.html