Selon de récentes recherches effectuées par Environnement Canada,
l'est du Canada est marqué par une recrudescence des pluies acides.
25 % du territoire serait touché par un excès d'acidité et 75 % y
serait exposé. On pensait que dans cette vaste région du territoire
canadien, le problème des pluies acides était résorbé, mais les
récentes données d'Environnement Canada accusent des niveaux
d'acidité tels qu'ils dépassent la capacité d'absorption des
sols sur 21 % du territoire.
Le sud-est du Canada est particulièrement vulnérable à cause de sa
disposition géographique : l'assise rocheuse granitique du bouclier
canadien demeure incapable de neutraliser les pluies acides. Des
modèles réalisés en 2000 envisagent que jusqu'au quart des lacs de
l'est du Canada seront contraints à subir les dommages causés par les
pluies acides après 2010.
Ainsi, selon les analyses des chercheurs d'Environnement Canada, de
nouvelles menaces viennent tout juste d'être répertoriées. Tout
d'abord, le nord du Québec est particulièrement affecté par de
nouvelles sources d'acidité qui proviennent des émissions des
raffineries de pétrole et des centres d'extraction des sables
bitumineux de l'ouest ainsi que de nouveaux centres d'extraction de
production pétrolière et gazière des provinces maritimes. En second
lieu, l'ouest canadien est aujourd'hui confronté à une montée
inquiétante de l'acidité à cause du raffinage des sables
bitumineux et du pétrole en Alberta, en Saskatchewan et au nord du
Manitoba. Selon l'analyse d'Environnement Canada, la situation
«deviendra de plus en plus préoccupante pour l'ouest canadien, car
ce qui apparaissait autrefois comme un problème pour l'est du
continent menace désormais l'ouest. D'importantes augmentations
d'émissions des oxydes de soufre et d'azote sont prévues du
côté de l'extraction des sables bitumineux dans le nord de
l'Alberta et des navires qui opèrent le long des côtes de la
Colombie-Britannique.» Selon le bilan récent, les dépôts de dioxyde
de soufre devraient connaître une diminution d'environ 21 % dans
l'est du pays d'ici 2020 alors qu'ils devraient croître de 15 %
dans l'ouest du Canada. En ce qui concerne les dépôts d'oxyde
d'azote, ils devraient diminuer de 39 % dans l'est du pays et subir
une augmentation dans l'ouest de 5 % d'ici 2020.
Les émissions de dioxyde de soufre et d'oxydes d'azote (NO2),
produites par les fonderies, et les combustibles fossiles utilisés par
les services d'électricité, les usines et les véhicules automobiles,
demeurent la principale cause des pluies acides. Ce phénomène
d'acidité est le résultat de la rencontre entre les polluants et
l'humidité de l'air, cette chimie toxique provoquant des solutions
diluées d'acide sulfurique et d'acide nitrique qui retombent sur la
terre sous forme de pluie, de neige, de brouillard et d'autres types de
précipitations.
Les dépôts acides affectent considérablement autant les
écosystèmes naturels (les lacs, les rivières, les sols et les
forêts) que la santé humaine. Selon Environnement Canada, une
diminution additionnelle de 50 % des émissions d'oxyde de soufre
dans l'est pourrait éviter chaque année 550 mortalités
prématurées, 1520 interventions d'urgence à domicile et 210 000
journées de crises d'asthme, un coût économique qui pourrait
s'élever jusqu'à cinq milliards de dollars par année.
Toujours selon l'étude gouvernementale, seule une réduction de 75 %
d'émissions acides devrait pouvoir enrayer, autant aux États-Unis
qu'au Canada, la mise en péril de tous les écosystèmes naturels.
À l'heure où les budgets de l'environnement sont compressés, on
peut difficilement entrevoir une issue positive et songer que Stephen
Harper et Georges W. Bush réagiront avant que nos lacs, nos rivières,
nos forêts et nos sols ne soient gorgés d'acidité et que la faune
n'en soit gravement altérée.
Source:
http://french.epochtimes.com/news/6-4-26/4120.html