HYDRO : 2 milliards de dollars de revenus en moins chaque année.

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Apr 18, 2006, 8:08:42 AM4/18/06
to qc.mrcdugranit
Huit ans avant la fin des contrats à partage de risque signés avec
les
producteurs d'aluminium, Hydro-Québec sait déjà qu'elle sera la
partie
perdante de l'équation.

Même si le prix de l'aluminium est actuellement à son niveau le plus
élevé
depuis près de 20 ans, les tarifs consentis pour 24 ans aux
alumineries ne
rejoindront jamais le tarif régulier appliqué à la grande industrie.

« Faire des prévisions sur une aussi longue période de temps est un
exercice
hasardeux », explique Richard Aubry, le vice-président
d'Hydro-Québec qui a
participé à la rédaction de ces contrats pendant les années 80.

L'idée de vendre l'électricité pas cher pour attirer des
investissements
n'était pas celle d'Hydro, mais du gouvernement de Robert Bourassa,
rappelle-t-il au cours d'un entretien avec La Presse Affaires.

Dans le contexte de l'époque, signer des contrats à long terme avec
des
entreprises qui s'engageaient à investir des milliards de dollars au
Québec
semblait très futé.

La mise en production des installations de la Baie-James n'était pas
encore
terminée que d'énormes surplus de 5000 mégawatts s'accumulaient chez
Hydro.
Le Québec était en récession et la demande d'électricité
périclitait.

Un des tout premiers contrats à partage de risque, dont les termes
sont
encore secrets aujourd'hui, a été conclu avec le producteur
d'aluminium
Péchiney en 1984. En échange, l'entreprise française s'engageait à
investir
850 millions dans une nouvelle aluminerie à Bécancour, en face de
Trois-Rivières. C'était le plus important investissement privé de
l'histoire
du Québec.

Parmi les témoins de l'époque, certains se rappellent que le premier
ministre était si content du succès de sa stratégie qu'il a accordé
un
rabais supplémentaire de 5 % aux alumineries. Elles n'espéraient rien
de
tel.

Hydro-Québec, de son côté, avait fait ce qu'il fallait pour ne pas
se
retrouver dans la situation de Terre-Neuve, qui a accepté de vendre
l'électricité de Churchill Falls pendant une longue période sans
avoir prévu
d'ajustement des prix.

Épais comme des annuaires de téléphone, les contrats conclus avec
quatre
alumineries et neuf autres entreprises énergivores avaient été
conçus pour
tenir compte de toutes les variables: le taux d'inflation, l'évolution
du
prix de l'électricité et des formes d'énergie concurrentes dans le
monde, le
prix de l'aluminium ou des métaux concernés sur le marché
international, et
le taux de change du dollar canadien en dollar américain.

« L'objectif était d'aligner les tarifs consentis à ces entreprises
sur le
tarif L (tarif régulier pour les grandes entreprises) pendant la
durée des
contrats », précise le vice-président d'Hydro. Très bas au début
des
contrats, le tarif consenti aux alumineries devait progresser
suffisamment
pour rejoindre le tarif régulier à la fin de la période.

Richard Aubry se souvient que, dès les premières années des
contrats, le
prix de l'aluminium s'est effondré à cause de la chute de l'Union
soviétique
et l'arrivée du métal russe sur les marchés.

En même temps, le dollar canadien grimpait jusqu'à 89 cents US, ce
qui
réduisait encore les revenus des contrats secrets pour Hydro,
libellés en
dollars américains.

Personne n'avait prévu ça, mais comme il restait encore beaucoup
d'années à
courir aux contrats, les dirigeants d'Hydro espéraient que la
situation
tournerait à leur avantage plus tard.

Il a fallu attendre le début des années 2000 avant que le prix de
l'aluminium amorce une remontée durable. Mais la perspective de
rentabilité
pour Hydro s'est réduite à mesure que le dollar canadien prenait de
la
valeur.

« Avec nos yeux des années 80, il était impossible de prévoir une
telle
remontée du dollar canadien », dit Richard Aubry.

Même avec les meilleures sources d'information disponibles, la
direction
d'Hydro n'a pu prévoir que les prix du pétrole et autres
hydrocarbures
augmenteraient autant et entraîneraient l'augmentation des prix de
l'électricité. « Surtout, il était impossible de prévoir que le
prix de
l'électricité suivrait le prix du gaz naturel », dit le
vice-président.

Les centrales électriques alimentées au gaz naturel, qui sont monnaie
courante aujourd'hui, n'existaient pas à l'époque. Tout ça fait en
sorte que
le partage de risque entre Hydro et les entreprises a tourné à
l'avantage
des entreprises. Jusqu'à aujourd'hui, le tarif moyen payé par les
alumineries n'a jamais atteint le tarif L. Il ne l'atteindra pas non
plus
d'ici la fin des contrats, entre 2014 et 2017, assure Richard Aubry.

Les contrats prévoient que les tarifs sont ajustés- et augmentés-
tous les
six ans, soit quatre fois en 24 ans. Trois de ces ajustements ont été
faits
et le dernier aura lieu en 2009.

Les alumineries affirment qu'elles paient aujourd'hui un tarif très
proche
du tarif L. Selon Hydro, elles paient 25 % de moins, soit en moyenne
3,1
cents le kilowattheure. Depuis le 1er avril, le tarif L est de 4,1
cents,
sans le coût du transport et de la distribution.

Même si l'écart s'amenuise entre le prix payé par les alumineries et
le
tarif L, la différence constitue un manque à gagner énorme pour
Hydro, qui
pourrait vendre cette énergie plus cher sur les marchés
d'exportation.

On estime que cela représente 2 milliards de dollars de revenus en
moins
chaque année.

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