L'hécatombe a été évitée de peu à Lac-Mégantic, lundi soir, où
une partie de l'usine de Tafisa, dans le parc industriel, a été
soufflée par une explosion d'une puissance rarement vue qui a fait
trembler toute la ville.
Pendant que les pompiers finissaient d'arroser les ruines fumantes,
hier, tout le monde n'avait que le mot miracle pour expliquer l'absence
de désastre.
"C'est vraiment miraculeux. Non seulement il n'y a pas eu de victime
lors de l'explosion principale (à 22 heures, lundi de Pâques
et des secousses qui ont suivi, sauf deux blessés légers, mais ça
n'a pas dégénéré. Si on a établi un périmètre de sécurité de
1,6 kilomètre et que des gens ont commencé à être évacués, par
exemple du côté de la rue Pie XI, c'était à cause des craintes
d'explosion d'un réservoir de propane d'une tonne (2000 livres). Mais
encore là, les flammes ont pu être maîtrisées sans plus
d'incident", a indiqué le porte-parole de la SQ de l'Estrie,
Louis-Philippe Ruel.
Évidemment, toutes les opérations de l'immense entreprise de 650 000
pieds carrés embauchant quelque 325 salariés ont été stoppées.
C'est du côté de la section dite de la ligne 2, provenant d'un
agrandissement au coût de 160 millions $,
en 2000, que l'explosion s'est produite. Sur la trentaine d'employés
du secteur, aux coûteux équipements de production ultramodernes et
tout informatisés, il n'y avait pratiquement personne à ce
moment-là.
Arrêt prolongé?
"On ignore complètement quand la production va reprendre de ce côté.
Ça pourrait être long, dépendant de l'ampleur des dégâts qu'il
nous est actuellement impossible de mesurer. Avant d'y aller, il nous
faudra avoir l'autorisation des pompiers, de la CSST et avec la
présence d'ingénieurs en structure du bâtiment pour s'assurer que
c'est sécuritaire", a émis en point de presse le président-directeur
général (pdg de l'usine, Louis Brassard.
Du côté de la ligne 1, la production devrait redémarrer "dans la
prochaine semaine", a-t-il précisé. M. Brassard a aussi soutenu que
tout sera fait pour mettre à contribution le maximum de travailleurs
dont la ligne de production est inopérante à cause de l'explosion,
pour limiter les mises au chômage.
Il ne pouvait du reste expliquer la raison de la déflagration. Est-ce
une bouilloire qui a explosé sous la chaleur? "Avant de savoir la
cause, il faudra procéder à une investigation poussée, quand il sera
possible d'aller sur les lieux", a dit M. Brassard.
Il a du reste repoussé des informations voulant que le type de
production de panneaux de particules, qui utilise la fibre de bois,
soit particulièrement à risque.
"L'usine est très moderne et dispose d'équipements performants de
détection des étincelles, d'extinction de feu, de gicleurs... C'est
pas vrai qu'on fait souvent appel aux pompiers de Lac-Mégantic. Par
mesure de prévention, on dispose de notre propre service de protection
contre les incendies", a aussi confié Louis Brassard, pour qui
c'était hier un bien mauvais retour de vacances.