La monnaie fondante : Comment extirper le pouvoir aux financiers et démocratiser l’économie.

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Revolte Révolution

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Dec 23, 2010, 10:16:18 AM12/23/10
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La monnaie fondante : Comment extirper le pouvoir aux financiers et
démocratiser l’économie.

À ceux qui pensent que le système économique est non réformable, qu’il
est le résultat de l’histoire, sachez que l’Histoire a déjà prouvé le
contraire! Lorsque les banques centrales, des compagnies privées,
décident en vase clos d’imprimer de l’argent, c’est une forme de
manipulation financière, une réforme monétaire. Le 3 novembre dernier,
la FED, banque centrale américaine, a justement imprimé l’équivalent
de 600 milliards de nouvelle argent pour que les banques puissent
faire d’avantage de prêts. Nos gouvernements et la société en général
n’ont aucun pouvoir d’influence là dessus : la monnaie est un produit
exclusif à une seule entreprise, en occurrence les banques centrales.
Ce n’est pas parce qu’il est écrit Canada dessus qu’elle appartient au
Canada...

Sachez par contre que la monnaie n’a pas toujours eu la forme qu’on
lui apporte aujourd’hui. Lorsqu’elle fut représentée par l’Or, seul la
découverte de nouveau gisements d’Or pouvait jouer le rôle de création
monétaire. Il est évident qu’une telle découverte était totalement
bénéfique pour les peuples qui firent la découverte du gisement, car
cela assurait une nouvelle entrée de ‘capitaux’, force de création
sociale. On pouvait ainsi utiliser cet Or pour la construction de
travaux publiques, ou n’importe quoi d’autre.

Lorsqu’un prix fut fixé à l’Or à l’aide d’une monnaie (chèque papier
certifié par les lois), la création monétaire devint fictive.
Effectivement, il était maintenant possible d’imprimer autant de
monnaie qu’il était nécessaire pour alimenter les banques en devise du
Pays et même au delà. Après avoir expérimenté l’extrême pouvoir social
fourni par la plaque à imprimer de l’argent, on découvrit vite
qu’imprimer trop de monnaie entraînait également une hausse de prix
des produits de consommation (d’où l’inflation). Pour stabiliser et
sécuriser le système bancaire, on décida d’instaurer un ratio entre le
nombre de monnaie déposé dans une banque par ses membres, et le
montant d’argent que cette banque pouvait ensuite distribuer sous
forme de prêts à ses clients.

En 1932, en plein dans la plus grande crise économique de l’Histoire,
le maire de Wörgl (Autriche), sous l’impulsions de philosophes
économiques, allait tenter une expérience monétaire révolutionnaire.
La municipalité tentera de créer une monnaie fondante, dont il n’y
aurait pas d’intérêt à l’emprunt, ni d’intérêt en le déposant dans un
compte. Par contre, l’argent serait fondante, c’est à dire qu’elle
aurait une durée de vie (disons de 12 mois), et que celle-ci perdrait
1% de sa valeur par mois. Une sorte d’impôt ou de taxe,
proportionnelle à la richesse possédée. Au bout de 12 mois, la monnaie
imprimée ne faudrait pratiquement rien, par contre, de nouvelles
entrée monétaires auraient été faites d’ici là par la municipalité.
Ainsi, tout citoyen aillant une telle monnaie a intérêt à faire
circuler son argent, non pas l’engranger ou la déposer en banque, car
elle perdrait ainsi de la valeur. Quel système monétaire efficace et
puissant! Économiquement du moins, car nous avons des réserves quant
aux répercussions environnementales d’une telle monnaie. Selon les
événements de l’époque, l’expérience allait de soit.

Comme la plupart des villes industrialisées du monde à cette époque,
Wörgl subissait de plein fouet la crise économique : chômage
avoisinant les 55%, faillites commerciales et personnelles, perte
d’espoir... Pourtant, le paysan avait besoins de pain, il possédait de
la farine, mais n’arrivait pas à vendre sa farine pour s’acheter du
pain. Tout comme lui, le boulanger avait besoins de farine, mais
n’arrivait pas à vendre son pain pour se procurer d’autres produits.
Le conseil municipal vota donc une motion pour imprimer le nécessaire
en monnaie pour que le boulanger, le paysan et d'autres travailleurs
nécessaires au fonctionnement de la société puissent travailler,
consommer et ainsi faire travailler les autres.

C’est le 5 juillet 1932 que le conseil municipal, sous l’impulsion des
citoyens de Wörgl, décida de créer la nouvelle monnaie fondante. Ils
pouvaient maintenant imprimer à leur guise, démocratiquement, via les
assemblées municipales, autant de monnaie qu’ils voulaient. Ils
savaient pertinemment bien par contre qu’il y avait une limite, car
trop de création monétaire entraînerait l’inflation et la perte de
valeur de leur nouvelle monnaie. L’expérience dura 1 ans et demi
seulement. Non pas parce que les répercussions n’étaient pas
concluantes : baisse de plus de 25% du chômage alors que le chômage
augmentait de 20% dans le reste de l’Autriche. La banque centrale
interdit l’impression de cette monnaie en 1933, elle aurait craint
pour son monopole d’émission de monnaie. Quel gâchis finalement. On y
aura au moins apprit que l’économie est relative, malléable et non pas
une doctrine ou un outil qui va de sois, immuable. Il est possible de
penser et d’organiser logiquement notre outil social qu’est la
monnaie.

Peu importe ce que vous achèterai, votre achat perdra de la valeur
avec le temps, surtout si vous ne l’entretenez pas : ordinateur,
voiture, chaussure, maison, immeuble, etc. Pourquoi donc la monnaie
actuelle gagne de la valeur lorsqu’on la dépose dans un compte de
banque? Cela encourage l’épargne et la monopolisation du capital. De
quel droite certaines personnes réussissent à ne vivre que le
l’épargne et de l’intérêt qu’il procure? Bien entendu, cela peut-être
le rêve de tous, mais économiquement, cela n’est pas souhaitable, ni
constructif pour la société. Cela n’est permis qu’à cause des lois
économiques et monétaires présentement en place. Lois qui, nous le
répéterons jamais assez, sont historique, passagère et relatives. Les
lois actuelles ont donné la légitimité à la banque centrale américaine
d’imprimer l’équivalent de 2500 milliards de dollars depuis la crise
économique de 2008 et de ‘donner’ cette argent aux banques qui avaient
elles-mêmes encouragé la crise économique avec le scandale des ‘sub-
primes’. Les États-Unis ne sont pas les seuls à blâmer. Les banques
centrales d'Europe et du Canada ont fait la même chose. Il n’y a
aucune raison que la monnaie soit propriété exclusive d’une entreprise
privée comme les banques centrales. Certes, il ne serait pas
souhaitable que toutes les municipalités aient leur propre monnaient
et l’impriment de façon anarchique, selon les désirs du maire en
place, mais l’idée de rendre la création monétaire démocratique et de
pouvoir débattre de l’économie avec l’impression d’avoir un réel
pouvoir en fera rêver plus d’un, nous l’espérons du moins.

http://unionrevolte.blogspot.com/2010/11/la-monnaie-fondante-comment-extirper-le.html
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