Pour graissi (fumer) leur jardin ou leurs champs, les gens de Saint- Germain-des-Vaux et d'Auderville, la Pointe de la Hague (Cotentin), descendent la mer cachi le vrec (chasser le varech) avec les banias (tombereaux) ou simplement des chevaux ou des nes chargs de btyires (bts deux grands paniers). Ils rcoltent le vrec-venun, rejet sur le rivage par les flots, ou le vrec sci, coup la basse mer avec le facilloun (petite faucille).
Mais le vrec alimente aussi une activit artisanale, le commerce de la chendre, produit obtenu par la combustion lente du varech et destin la fabrication de la soude. Durant tout l'hiver et le printemps, on ramasse de prfrence des laminaires, en particulier le taungounet (Laminaria saccha- rina). Sch et entass, ce varech forme de grosses meules, les veuillottes. Au mois d'aot, on creuse en terre des founios (fourneaux) et l'on y fait brler le varech l'aide d'ajoncs bien secs en remuant le contenu avec une sorte de palette de fer. Le produit en fusion prsente une apparence huileuse ; mais, refroidi, pour le dhalo (tirer), il faut une mche (masse) et des couens (coins) de fer. La chendre ainsi obtenue est mise en tounios (tonneaux) pour tre d'abord remise, puis charge bord de bateaux qui l'emmnent aux usines de Brest, Quiberon et Noirmoutier.
On rcolte aussi le liquen, algue rouge en lanires (Chondrus crispus), riche en mucilages et, de ce fait, utilise par de nombreuses industries dont la pharmacie. Aprs avoir t sch sur les champs en bordure de la grve, il est vendu en sacs.
De ces activits d'autrefois dcrites, avec d'autres, par M. Eric Marie dans un riche mmoire de matrise sur le langage maritime dans les deux communes de Saint-Germain-des-Vaux et d'Auderville (Manche), il ne subsiste gure aujourd'hui qu'un peu de la dernire 1.
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