La tribune est publie au moment o une ancienne prostitue , Rosen Hicher, 57 ans, doit arriver dimanche Paris au terme d'une marche de 800 km depuis Saintes (Charente-maritime) , pour rclamer "l'abolition de l'esclavage sexuel" et la pnalisation des clients.
Rosen Hicher, prostitue pendant 22 ans avant de russir en sortir en 2009 , doit se rendre dimanche sur son premier lieu de prostitution, avant de rejoindre le Snat, pour une marche revendicative avec de nombreux lus et personnalits.
Lors de son dpart de Saintes, Rosen Hicher justifiait sa mobilisation : "Laisser le droit aux clients de nous acheter, c'est laisser le droit aux "proxos" de nous vendre: tant qu'il y aura de la demande, il y aura de la vente ; quand on interdira l'achat, il n'y aura plus de vente et plus de victime", avait-elle expliqu lors de son dpart de Saintes, "la dernire ville o j'ai vendu mon corps".
Ils invitent les snateurs " adopter rapidement un texte quivalent, ou renforc , celui adopt une large majorit par l'Assemble nationale ", sous-entendu, incluant la pnalisation des clients. Le Snat n'a pas mis le texte son agenda de sances.
Outre la pnalisation des clients par une contravention de 1.500 euros, le texte prvoit le renforcement de la lutte contre le proxntisme , une aide aux victimes et le dveloppement d'alternatives la prostitution, et une politique d'ducation et de prvention auprs des jeunes.
L'ancienne prostitue Rosen Hicher, militante de l'abolition de la prostitution, est arrive dimanche Paris au terme d'une marche de 800 kilomtres travers la France, et devait rallier le Snat pour rclamer l'adoption rapide de la proposition de loi qui pnalise les clients.
Un tournesol la main, entoure d'une dizaine d'ex-prostitues qui l'accompagnent sur cette dernire tape d'une marche entame le 3 septembre, Rosen Hicher a franchi vers 11 heures la porte d'Orlans. "Que les snateurs se rveillent et bougent enfin" pour adopter la proposition de loi, et rtablissent le principe de la pnalisation des clients, adopte par les dputs en dcembre 2013, puis supprime en juillet par une commission de la chambre haute du Parlement, a-t-elle lanc.
La prostitution, "ce n'est pas un droit, on n'a pas le droit d'acheter une femme ou de la vendre", a ajout Rosen Hicher, dont l'arrive Paris concide avec la parution dans Le Journal du dimanche d'un appel de maires et d'lus de tous bords aux snateurs, contre la prostitution.
"Le Snat se doit de rediscuter cette loi. Les Franais y sont en grande majorit favorables", a abond la secrtaire d'tat charge du Droit des femmes Pascale Boistard, venue soutenir Rosen Hicher, "un exemple vivant" pour les militants anti-prostitution. La secrtaire d'tat espre un examen du texte par le Snat dbut 2015.
Outre la pnalisation des clients par une contravention de 1 500 euros, le texte entrin par l'Assemble prvoit le renforcement de la lutte contre le proxntisme, une aide aux victimes et le dveloppement d'alternatives la prostitution, et une politique d'ducation et de prvention auprs des jeunes.
Parmi les rencontres qui l'ont marque, celles de nombreux hommes. Ces clients, occasionnels ou rguliers, ont reconnu que leurs relations avec des prostitues avaient reprsent "un chec sexuel, un chec dans leur vie", a-t-elle relat.
D'aprs un article de SudOuest, Mme Hischer, ayant abandonn la prostitution (devenue cartomancienne), a refus de payer son loyer St Jean d'Angely, puis attaqu son propritaire pour proxntisme. Il voulait tout simplement toucher son loyer...
Il semble y avoir plusieurs signaux d'alarmes concernant cette dame :
22 ans de prostitution sans tats d'mes, mais avec revenus.
Propritaire un temps de son bar htesses, donc proxnte elle-mme.
Manœuvres autour de loyers impays.
A crit un livre dans lequel elle militait pour la rouverture des maisons closes.
Milite maintenant pour la pnalisation du client. C'est la mode.
Difficile de dire avec certitude, mais il semblerait bien possible que nous soyons face une personne qui exploite les bons sentiments aprs avoir en avoir exploit d'autres.
Madame Rosen Hicher semble avoir pris conscience de la ncessit de pnaliser les clients des prostitues, aprs 22 ans passs vendre son corps sans sourciller en tant elle mme sa propre proxnte puisqu'elle avait son propre salon de message dans les dernires annes de l'exercice de son activit.
Autrement dit, pendant 22 ans cette dame s'est content d'amasser jour aprs jour l'argent de ses passes et se constituer un petit capital lui permettant d'ouvrir son propre salon de massage.
Cette prise de conscience lui vient bien tardivement et s'apparente beaucoup plus un dsir de se laver psychologiquement du mtier qu'elle a exerc en incriminant tous les clients qui l'ont enrichi.
Une sorte de blanchiment de son activit passe.
Qu'est il advenu de son salon de massage ?
L'a t'elle revendu une personne dsirant ouvrir un autre style de commerce ? (ce qui serait trs moralisant) ou une personne dsirant continuer l'activit dj existante (ce qui diminuerait grandement la sincrit de son combat)
Je voudrais attirer l'attention de tous sur la contradiction qu'il y aurait interdire la prostitution et autoriser la GPA. "Tout acte sexuel tarif est une violence faite aux femmes", d'aprs les promoteurs de la loi. Je vois mal comment une grossesse entire, depuis la conception jusqu' la naissance, pourrait alors ne pas tre considr comme une super-violence.
Par ce priple de quelque 800 kilomtres, qui passera notamment par La Rochelle, Niort, Poitiers, Chteauroux, Blois, Orlans, avant l'arrive Paris prvue le 12 octobre, l'ex-prostitue entend attirer l'attention sur la ncessit de pnaliser les clients, seul moyen, ses yeux, d'aider les femmes sortir du cycle de la prostitution.
Elle dnonce notamment l'abandon le 9 juillet par une commission du Snat de cette mesure-phare de la proposition de loi sur la prostitution, qui prvoyait de punir l'achat d'actes sexuels d'une contravention de 1.500 euros. La commission a estim qu'elle serait inefficace pour lutter contre les rseaux et prcariserait davantage les prostitues.
L'ide de sanctionner le recours une prostitue avait dj fait l'objet de vifs dbats lorsque le texte avait t adopt en dcembre 2013 par l'Assemble. Dans un "Manifeste des 343 salauds", des personnalits comme Frdric Beigbeder ou Basile de Koch avaient dfendu leur droit recourir une prostitue. La pnalisation des clients peut toutefois encore revenir par un amendement en sance au Snat, mais aucune date n'a t fixe.
"Laisser le droit aux clients de nous acheter, c'est laisser le droit aux proxos de nous vendre: tant qu'il y aura de la demande, il y aura de la vente; quand on interdira l'achat, il n'y aura plus de vente et plus de victime" , a expliqu ce mercredi soir Rosen Hicher aprs avoir parcouru 21 km entre Saintes et Beurlay.
Concernant le choix de son itinraire, la marcheuse, suivie par une caravane, explique: "Saintes est la dernire ville o j'ai vendu mon corps, dernire ville o j'ai laiss les clients profiter de mon corps. Paris est la premire ville o je l'ai vendu" . A son arrive dans la capitale, la militante, qui espre tre rejointe "par des hommes et des femmes qui comprendront (son) combat" , achvera son voyage devant le Snat.
Si une loi existe sur l'abolition de la prostitution, elle n'y est pas trangre : Rosen Hicher, ancienne prostitue, avait effectu en 2014 une marche de 800 km pour la rclamer. Deux ans aprs, c'tait chose faite.
Dsormais, c'est pour que cette loi soit applique que Rosen Hicher se bat. Le cas de Mercy Okotie, jeune Nigriane prostitue Poitiers prisonnire d'un rseau de traite, l'a scandalise : victime, elle a t place en dtention dans un centre de rtention Toulouse. Depuis lors, nous demandons une prise en charge urgente pour toutes ces jeunes femmes, dont le rseau a t dmantel et condamn Poitiers , crit-elle dans une ptition en ligne publie en fin de semaine dernire (1).
C'est pourtant ce que prvoit la loi d'avril 2016 imposant un accompagnement pour les femmes en sortie de prostitution avec une assistance en matire de logement, de sant, d'insertion socioprofessionnelle. Mais rien n'est fait , accuse-t-elle et le centre d'information des femmes et des familles (CIDFF), charg du suivi dans la Vienne, ne rpondrait, selon elle, aucune demande (2). Ce n'est malheureusement pas spcifique la Vienne, dplore-t-elle. Il y a un manque de moyens. Ce n'est fait nulle part en France.
Contacte, la prfecture indique avoir reu le courrier vendredi soir et ne pourra donc y rpondre qu' compter de cette semaine. Quatre cas de sortie de prostitution auraient t identifis : deux pour une attribution de logements, deux autres auraient dmnag vers Paris et ne seraient plus du ressort de la prfecture de la Vienne.
Les cas sont toujours en attente, prcise Rosen Hicher. Les deux logements ne sont qu' l'tat de demande et pas du tout attribus. Les deux parties Paris veulent revenir Poitiers et sont en attente chez des tiers.
Outre la prfecture, elle a adress son courrier au maire de Poitiers, Alain Claeys et au dput Sacha Houli. Elle a aussi obtenu l'assurance que Catherine Coutelle, ancienne dpute, mobilise sur ce sujet, contactera la prfecture en ce sens (3). Mais il faut que a bouge rapidement, insiste-t-elle. Je ne peux pas rester chez moi tranquillement tant que ces filles ne seront pas mises l'abri.
En appui de ces propos, et en attente de rponse, elle menace d'entamer une grve de la faim devant la prfecture de la Vienne, partir du 10 mai, pour protester contre le manque de volont publique .
(1) A retrouver sur change.org https ://www.change.org/p/prfecture-de-poitiers-appliquer-la-loi-abolition-de-la-prostitution (2) Nous avons essay en vain de joindre un responsable du CIDFF. (3) Nous n'avons pas russi joindre Catherine Coutelle durant le week-end.