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Jean Jacques Le Lez

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Jan 20, 2025, 3:49:55 AM1/20/25
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Ar bleis, le loup.

En 1993, nous sommes allés en vacances à Auron, dans le massif du Mercantour.
C'est un parc naturel adossé à l'Italie où les sommets dépassent 3000 mètres.
Les naturalistes locaux étaient alors intéressés par le retour du loup en France.
Depuis quelques années ceux ci avaient franchi la frontière et commençaient
à assurer une présence permanente plus importante en France.

Pendant les années qui ont suivi, nous avons pu suivre la progression de l'avancée
de cette espèce en France, au début dans les Alpes, puis de plus en plus loin.

En 2020, nous allions de Bassachaux vers le Mont Grange dans les Alpes du nord.
Il y avait de nombreuses traces de cerfs et de biches sur le chemin.




Soudain, un animal attira mon attention à une cinquantaine de mètres près de la forêt.
Je restais surpris. Ce n'était pas un renard,
Je connais bien cette espèce d'ailleurs actuellement malade (gale). Ce n'était pas non plus
un chien solitaire en cet endroit reculé. Je pensais donc à un loup. Il n'était pas
entièrement gris, il avait aussi du roux. Il ne me regarda pas, mais sans doute conscient
de ma présence il se cacha rapidement sous les arbres.

En retournant à Chatel , je pris contact avec un chasseur local pour solliciter son avis.
"L'animal vous a t'il regardé ?" me demanda t'il ? Devant ma réponse négative, il me dit
que ce n'était pas un renard. C'était sans doute un loup.
Ce qui m'avait surpris, c'est que j'imagine le loup de couleur grise. L'animal que j'avais
aperçu avait surtout du brun. J'avais regardé sur Google. On y rapportait l'observation
d'un chacal doré dans le Chablais (piège vidéo). Etait-ce un chacal doré ?
Le chasseur n'y croyait pas.
Le chacal doré habite l'Asie, jusqu'à l'Inde et sa présence est constante en Europe, du
côté des Balkans. Actuellement il semble progresser vers l'ouest et sa présence est attestée
en Suisse. Curieusement, sa présence a depuis été certifiée en Vendée et...dans le Finistère.




Chacal doré

Nous avons discuté et sympathisé. Il s'approcha de son congélateur et me demanda
si je voulais du cerf! Les chasseurs ont parfois des quantités de viandes de gibier qu'ils
ont du mal à consommer. Il me donna un bon kilo de viande congelée.
Ce fut l'occasion pour nous de faire quelques temps plus tard une fête-rencontre avec la famille
au col de Bassachaux où le cerf fut consommé cuit à la broche sur feu de bois, comme
il y a 5000 ans. Les petits enfants se régalant de myrtilles...comme il y a 5000 ans.




2 ans plus tard, en octobre 2022, j'ai passé un mois et demi à Chatel. J'ai d'abord été écouter
le brame du cerf, puis ayant entendu dire que des hurlements de loups étaient parfois entendus
dans le même secteur, je suis allé marcher sur ce sentier qui mène vers le refuge de
Trébentaz. Il y avait pas mal d'empreintes de cerf. Mais c'est une grande empreinte de canidé
qui retint mon attention. L'aspect "palmé" entre la troisième et la quatrième griffe était
bien visible. Un loup ?








Un peu plus loin, j'observai une crotte noire, comme ces crottes de mustélidés qu'on observe souvent
en forêt. Mais celle ci était beaucoup plus grosse et contenait des poils et même des
herbes. Renard ? Loup ? Les loups marquent leur territoire avec leurs urines et aussi leurs crottes.
je n'avais pas peur, je pris quand même un bâton






6 mois plus tard, nous sommes revenus à Chatel. Nous sommes retournés sur la trace du loup,
Il y avait de nombreuses traces de cerfs, mais pas d'empreintes de loup.
Il y avait aussi un demi-crane de biche et sans doute la trace d'une mue d'automne de chevreuil,
peut-être un animal mort, mais pas de trace de repas.




Crane de biche



Mue d'automne ?



Mais c'est quelques jours plus tard que les rencontres intéressantes se firent.
A Bassachaux, dans la neige, nous avons entendu les hurlements d'une meute. Sans doute des loups
C'était les hurlements de plusieurs canidés, accompagnés de quelques jappements.
Ils n'étaient pas très loin.
(des chiens de traineaux pourraient avoir fait ce vacarme, mais il n'y en avait pas).

Puis nous sommes montés de Très-les-pierres vers les pâturages sous le Mont de Grange.
Les pâturages étaient couverts de neige. Personne n'était venu par là.
D'abord, nous avons observé de nombreux chamois sur les espaces dégagés un peu plus haut. Puis
nous avons vu deux canidés beaucoup plus bas, et enfin une mère chamois et son petit nouveau né
juste à notre hauteur.
2 loups ? Ils étaient assez loin. Nous n'avons pas reconnu des renards. Nous avons tout de suite
pensé à des loups, mais il nous manquait des signes distinctifs précis.
Ce n'était pas des chiens
Ils se sont éloignés dans les arbres sans trop nous observer. Nous, nous étions scotchés par
la découverte des multiples animaux qui nous entouraient. Nous n'avons pas pensé à les photographier
et nous n'avions pas de jumelles.
Nous n'avions absolument pas peur, mais ce n'était pas le cas des animaux sauvages.

Nous avons poursuivi notre montée, découvrant de nombreuses traces de chamois en particulier.
Mais d'autres traces nous intriguaient. C'était vraiment celles de loups
Nous les avons suivies pendant 4 ou 500 mètres. Nous montions, alors qu'elles descendaient.




Trace de loups, sans doute 2 "à la queue leu leu"



Empreinte de loup



Empreinte de chamois



Traces de la mère chamois et son petit.

Le loup marche en mettant ses pattes arrières dans les traces des pattes avants. on n'observe
alors qu'une série d'empreintes presque sur une même ligne, régulièrement espacées.
C'était évident et fort enthousiasmant.
On dit aussi que les loups marchent "à la queue leu leu", c'est à dire l'un derrière l'autre.
Il y avait 2 loups, mais une seule trace. sans doute le deuxième loup marchait t'il
exactement dans les traces du premier.
"Lorsque le loup se déplace en meute, c’est encore plus facile : ils se suivent si précisément
qu’on ne voit qu’une trace, puis il y a une bifurcation et on découvre qu’ils étaient plusieurs !

2 loups en chasse sans doute. Ils doivent bien chasser tous les jours pour se nourrir, et là il
y avait de quoi.
Je pense que c'était vraiment des loups pour plusieurs raisons.
Ils étaient 2. On observe toujours le renard seul, car il défend son territoire.
Les traces, fraiches étaient celle du loup, même si plus bas, j'ai observé des traces plus petites,
probablement celles d'un renard ou d'une hermine.
Les animaux ne semblaient pas être des renards, leur couleur n'était pas la même que celle
de cette espèce qui nous est familière.

A ce propos, deux chasseurs m'ont montré les photos de loups qu'ils avaient prises.
Les animaux n'étaient pas entièrement gris, ils avaient aussi des zones rousses, correspondant
bien à ce que j'avais observé il y a deux ans.



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