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Il y a des moments simples qui, bien qu'ils soit improvisés, laissent pourtant une trace profonde. Hier soir, j’ai vécu avec mes voisins et voisines quelque chose que je n’avais encore jamais expérimenté : une veillée. Pas celle des colonies de vacances très animée, avec des jeux et des chants programmés. Les animateurs et animatrices qui ont vécu le cinquième et la réunion de prépa se reconnaîtront.
Je n'avais pas écrit de thème sur le tableau ou de sujet mais juste "veillée vendredi soir dans la maison commune, le poêle sera allumé".
Les voisins et voisines sont arrivé.e.s les un.e.s après les autres, chacun.e avec quelque chose à partager : un plat, du pain, un gâteau, une bouteille. ou un livre. Rien d’extraordinaire en apparence, mais une atmosphère qui l’était déjà. On s’est assis, on a parlé, on a pris le temps. Et justement le temps semblait ralentir, comme s’il avait accepté de se mettre à la cadence de la rencontre. Personne n'avait de noix à casser, de chaussettes à reprises ou d'osier à tresser, on était juste là ensemble, à s'écouter et faire une parenthèse dans notre quotidien.
Puis mon voisin a pris un livre et nous a lu l’épilogue de Le grand voyage de la vie, un père raconte à son fils de Tiziano Terzani. Après une intense carrière de grand reporter, il décide de se retirer du monde et il médite sur sa vie hors du commun, apprivoisant peu à peu sa mort prochaine. Il invite alors son fils à le rejoindre et à travers leur dialogue complice se dessine la personnalité exemplaire d’un homme, d’un journaliste, d’un sage qui a vécu hors des sentiers battus.
Pendant cette lecture, sa voix portait les mots dans la pièce, et soudain le silence s’est fait différent. Un silence plein et habité. Les phrases parlaient de la fin, bien sûr, mais surtout de la vie — de ce qu’il reste quand on enlève le superflu.
Je ne sais pas si c’était la chaleur de la soirée, la présence des autres, ou la justesse des mots. Peut-être un peu de tout cela mais j’ai senti quelque chose de rare : la sensation d’être exactement là où il fallait être, à ce moment-là, avec ces personnes-là.
On parle souvent de recréer du lien, de retrouver des formes de convivialité perdues. Hier soir, personne n’essayait de recréer quoi que ce soit. Nous étions simplement ensemble, à partager des victuailles, des mots et un peu de silence. Et cela nous suffisait.
Voilà ce que je souhaitais vous faire partager. Un grand merci à toi Philippe pour cette lecture qui nous a fait du bien.
Belle journée à toutes et à tous.
Julie