Haïku
en l’honneur de l’équinoxe :
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A
l’amble du temps
Phébus se fait tournesol
Pirouette de lumière
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La
fin de l’hiver et le début du printemps, c’est un peu comme le
jeu « 1, 2, 3 soleil ». Si on bouge il faut retourner à la case
départ…mais là il semblerait que nous y sommes enfin. Les matins
beignent nos campagnes dans une fraîche brume matinale qui laisse
rapidement le soleil traverser la cotonnade. De partout, chacune et
chacun sort son sécateur, sa fourche ou sa grelinette. Les oiseaux,
les insectes vaquent à des activités essentielles se constituant un
capital précieux pour l’été.
Les abeilles sauvages
s’affairent, vibrionnant d’une cache à une autre. La destinée
des osmies est de chercher un trou, une alvéole, une coquille
d’escargot vide. Elles y pondront, refermeront l’orifice d’un
opercule d’argile et iront continuer ce manège dans les alentours.
Pour les artistes, c’est encore autre chose. C’est la fête
pour les amoureux des tendres paysages. Le peintre derrière sa toile
utilisera au choix, le céladon, le glauque virant malachite mais
aussi le pistache et la chartreuse mâtiné de prasin et d’absinthe.
Facéties chlorophylliennes.
Vite, vite, profitons, le
printemps s’installe…
La nature devient alors un Temple
qu’il faut savoir vénérer, écouter, regarder intensément,
ressentir… Le ciel s’élargit, les nuages s’étirent et même
si les matins restent frissonnants de petites gelées blanches, nous
sommes déjà dans l’avènement de cette lumière d’équinoxe.
Les Anciens savaient fêter ce retour du réchauffement des âmes,
des cœurs et des yeux. C’est aussi la saison des amours, de ceux
qui font faire des folies...
Mais nous causons…nous
causons...Ça y est, le printemps est là…
Portez-vous bien…et
profitez !
pierre