Si on voque souvent en socit la psychologie et la psychiatrie, la neuropsychiatrie et plus particulirement le neuropsychiatre a srement un rle moins connu du grand public. En France, cette spcialit n'existe plus mais dans d'autres pays du monde elle reste une discipline medicale que l'on retrouve en clinique ou l'hpital public. La recherche et les donnes actuelles restent pourtant tudies par les apprentis mdecins. Zoom sur la neuropsychiatrie avec Boris Chaumette, psychiatre au GHU Paris.
La neuropsychiatrie (ou neuro-psychiatrie) est, en France, une ancienne spcialit mdicale qui regroupait neurologie et psychiatrie. Dans les pays anglo-saxons, le terme dsigne la branche de la mdecine qui prend en charge les troubles psychiques lis des maladies neurologiques.
Durant la majeure partie du XXe sicle, la neurologie et la psychiatrie taient considres en France comme une seule spcialit mdicale, exerce par les neuropsychiatres. La scission entre les deux disciplines a eu lieu en 1968.
Il s'agit d'une branche de la mdecine qui prend en charge les troubles psychiques lis des maladies neurologiques. Considre comme une sous-spcialit de la psychiatrie, elle est galement rattache troitement au domaine de la neurologie comportementale, qui est une sous-spcialit de la neurologie consacre aux problmes cliniques de la cognition et/ou du comportement dus des maladies ou des lsions crbrales. De fait, la neurologie comportementale/neuropsychiatrie est reconnue comme une sous-spcialit par le United Council for Neurologic Subspecialties (UCNS).
Le neuropsychiatre s'occupait de tout ce qui touchait au cerveau des patients et leurs comportements. Ainsi, les clbres Sigmund Freud, Charcot, Jackson ou Bleuler se revendiquaient "neuropsychiatres".
Puis, pendant le XXme sicle, les progrs en mdecine et chimie finissent par diffrencier les deux pratiques. On se rend compte de l'importance du systme nerveux, son fonctionnement, celui trs particulier du cerveau. Les techniques d'imagerie crbrale permettent en effet de localiser quelles zones du cerveau sont actives selon le comportement de l'individu, ce qui permet l'mergence de nouvelles thories psychiatriques.
La division entre ces diffrents troubles, d'un ct le systme nerveux et de l'autre le reste du corps, entrane la sparation de la neuropsychiatrie en deux disciplines : neurologie et psychiatrie.
C'est ainsi qu'en France, la sparation est acte en 1968. Le neuropsychiatre est devenu le neurologue et le psychiatre.
De nombreux neurologues ou psychiatres plaident pour un retour une pratique plus unifie, un retour une "neuropsychiatrie" qui traiterait le cerveau dans son ensemble, quelle que soit l'origine mdicale des maux.
La neuropsychiatrie n'existe donc plus en France depuis 1968, mais son homonyme anglais, neuropsychiatry, est encore utilis au Royaume-Uni ou aux tats-Unis. Il dsigne surtout la neurologie, au sens o ce terme dsigne le traitement des troubles mentaux attribus au systme nerveux.
Le neuropsychiatre avait atteint une renomme internationale grce aux livres Gurir, publi en 2003, et Anticancer, publi en 2007. Ces deux ouvrages ont t traduits en 40 langues et se sont vendus plusieurs millions d'exemplaires.
Dans Anticancer, il parle de son propre cancer et fait tat d'approches permettant d'augmenter le potentiel naturel d'autodfense et de renforcer le traitement traditionnel, comme l'exercice physique, la mditation, la lutte contre le stress et la nutrition contrle.
Aprs la rechute de son cancer, en 2010, il avait publi On peut se dire au revoir plusieurs fois, dans lequel il voque le drame qui le frappe et son combat contre la maladie. Il y fait aussi ses adieux sa femme, ses enfants et tous ses lecteurs qui l'ont suivi ces dernires annes.
Le neuropsychiatre et crivain reconnu pour ses travaux sur la rsilience Boris Cyrulnik, et la conseillre municipale dlgue la sant, la prvention et la lutte contre les addictions lodie Brun-Mandon rpondront ces questions lors de cette confrence/ dialogue anime par Joseph Mornet, psychologue et secrtaire de Sant Mentale France Occitanie, une fdration qui fait de la sant mentale un enjeu citoyen.
Le clbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik exhorte dimanche Emmanuel Macron rapatrier les quelque 200 enfants franais de jihadistes dtenus en Syrie, ainsi que leurs mres, car ils constituent sur place "une menace pour notre scurit".
"Je pense que le prsident craint que ces enfants rapatris deviennent des djihadistes. Mais j'affirme que non, et mon ide ne tombe pas du ciel, elle se fonde sur des observations scientifiques (...) si on s'en occupe trs tt, ils ne deviendront pas dangereux", ajoute le mdecin et auteur de 84 ans.
Prsident de la commission sur les "1.000 premiers jours de l'enfant", qui a rendu en septembre 2020 un rapport au chef de l'Etat sur cette priode cruciale - allant de la conception aux deux ans du nourrisson - pour le dveloppement de l'enfant, Boris Cyrulnik plaide pour rapatrier galement les mres de ces enfants.
"Pour ces enfants, leur mre est la seule base de scurit. Les rapatrier seuls est une agression et un isolement supplmentaire. Ils vont probablement har le pays qui leur a inflig cette souffrance. C'est une fabrique de dlinquants, trs faciles rcuprer par des idologies extrmes. On risque d'en faire des bombes", explique Boris Cyrulnik.
Selon lui, rapatrier ensemble mres et enfants "pourrait dclencher (chez les enfants) le processus de rsilience neuronale", par lequel le cerveau peut surmonter un traumatisme. Et "plus c'est tt, plus c'est facile".
"La non-stimulation du cerveau entrane (...) une hypertrophie de la zone qui gnre des pulsions. Chez le petit enfant, cela se traduit par des colres, qui se muent en incivilits et finissent par coter trs cher l'Etat", dveloppe-t-il.
Celles-ci maintiennent une politique de retour au cas par cas pour ces enfants - 35, majoritairement des orphelins, ont t rapatris jusqu'ici - et considrent que les adultes devraient tre jugs sur place.
Pendant quatre heures, le mardi 23 avril 2024, dans l'Aude, la facult de droit de Narbonne, Boris Cyrulnik, clbre mdecin psychanalyste, neuropsychiatre et grand spcialiste du concept de rsilience, tente d'apporter des rponses un dbat qui agite la socit. Une confrence o il revient sur les sources de la violence, insistant sur l'importance du milieu familial.
"Cela nous permet d'une part, d'apprhender ce que nous jugeons et surtout de rflchir la fois aux origines et par voie de consquence, ce qui permet d'tre mis en œuvre pour lutter contre le passage l'acte et prvenir la rcidive" nous explique l'un des participants.
Boris Cyrulnik, le clbre neuropsychiatre, a reu ce mercredi la mdaille de la Ville de Bordeaux, au lendemain de la commmoration de la rafle du 10 janvier 1944 Bordeaux. Rafle dont il est l'un des deux survivants. Il tait l'invit exceptionnel de France Bleu Gironde, ce jeudi matin. Boris Cyrulnik, convaincu qu'il ne faut pas broyer du noir en cette priode difficile, avec le retour de la guerre en Europe - le conflit en Ukraine - depuis prs d'un an, l'inflation galopante ou les consquences de la crise sanitaire. "Je pense qu'il faut voir tout en rose, explique Boris Cyrulnik, parce qu'on est en pleine catastrophe et que, aprs une catastrophe, on est contraints l'volution : volution des mœurs, volution des conditions conomiques, volution des manires de travailler, volution des couples. On est contraint un changement culturel et a, c'est passionnant".
Le changement n'est pas pour autant positif. Le neuropsychiatre considre qu'il peut prendre trois directions distinctes : "on remet en place les processus de la catastrophe et dans trois ans, douze ans, il y aura un nouveau virus, une nouvelle pidmie ou une nouvelle catastrophe", dcrit-il. Seconde direction possible, "celle que je crains" note Boris Cyrulnik, c'est que "quand un peuple est dsorganis, arrive un sauveur, un escroc culturel et les gens votent pour cet escroc. Regardez le nombre de dictateurs qui sont aujourd'hui lus dmocratiquement", relve-t-il. Enfin, troisime direction, "celle que j'espre", dit Boris Cyrulnik : "la renaissance, avec tout ce qu'il y a de beau dans ce mot".
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