Dans sa chambre, Clara se
rejouait en boucle le film de la journée.
ILS l'avaient
condamné, lui, si galant, si délicat.
ILS l'avaient fait
emmener par la Sécurité.
ILS l'avaient fait
enfermer dans les geôles métropolibriottes.
ILS n'avaient rien
fait pour empécher cela. Elle même n'avait rien pu faire, comme liée, comme
pétrifiée de douleur.
IL était parti.
LUI, sa corde au cou, mais aussi sa stabilité, son
point de repère.
Elle n'avait pas été très proche de lui mais
les oeillades, les sourires rassurants qu'il lui envoyait, qu'ils
échangeaient, lui manquait déjà.
L'après-midi, sous un ciel
de plomb, fût long et triste. Elle ne pouvait s'ôter de l'esprit que c'était
de sa faute. Elle l'avait abandonné. Elle ne l'avait pas défendu.
Mais elle s'accrochait
encore à l'espoir de le voir innocenté et revenir. Il ne pouvait pas être
coupable.
Lorsque le fax des
autorités arriva, elle était la première sur place pour le lire.
Il était innocent ! Comment aurait-il pu en
être autrement ?
Il allait donc revenir ! Son coeur chavira.
Elle pourrait rattrapper le temps perdu, elle pourrait se faire
pardonner.
Son coeur se dessera et laissa la place à une
euphorie... de trop courte durée...
Une voix lu alors la deuxième feuille, celle
que, dans sa joie, elle n'avait pas lue, pas vue.
"Les autorités gardaient en observation le
suspect".
IL ne reviendrait
pas !
Pire !!!
IL resterait dans les geôles
métropolibriottes !!!
Tout le poids de l'univers
sembla s'abbattre sur elle.
Comment avaient-ILS
pu ?
Comment était-ce possible ?
Le coup de grâce était
donné.
Les idées se mélaient dans
sa tête. Ses émotions la submergeait et tout désir, autre qu'une mort au
monde, s'était enfui d'elle. Tant bien que mal et retenant au mieux ses
larmes, elle monta dans sa chambre où son chagrin pris toute son ampleur. Au
bout de longues heures, de fatigue, les yeux baignés de larmes, elle s'endormi
mais dès son réveil et malgré la migraine qui lui frappait les tempes, la
peine la submergea de nouveau.
Petit à petit celle-ci se transformait en
colère, violente et destructrice. Plusieurs des robes qu'elle avait ammené et
porté devant lui furent mises en pièces.
Clem, inquiet, était monté
la voir mais elle avait refusé d'ouvrir et lui avait lancé des mots décousus
et incohérents. Plus tard, Lizzie était monté à son tour.
Elle ne voulait plus voir qui que ce
soit.
Elle ne voulait plus que mourir aux yeux du
monde.
S'IL était parti, si on
L'avait emmené, c'était de
SA faute. Elle savait qu'elle aurait pu éviter cela.
Elle aurait dû éviter cela.
Son chagrin et sa colère,
incompréhensible aux yeux des autres, la faisait sombrer peu à peu dans la
folie... silencieusement...
... silencieuse...