Appel à vivre en villages écologiques sur une immense propriété disponible immédiatement et gratuitement.

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Gilles ROBERT

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Dec 15, 2008, 7:03:09 AM12/15/08
to mori...@googlegroups.com

Appel à vivre en villages écologiques sur une immense propriété disponible immédiatement et gratuitement.

Contexte

Il s'agit ici de la première réponse aux personnes voulant en savoir plus suite à leur lecture, notamment au salon de Marjolaine de Novembre 2008, de l'affichette annonçant qu'une propriété de 2 millions d'ha, soit 100 km sur 200km, est disponible pour y créer plusieurs vilages écologiques, dans un esprit de simplicité volontaire et de vie communautaire, avec l'espoir de vivre de façon de plus en plus autonome pour tendre vers l'empreinte écologique zéro. Il était à la fin conseillé de prendre assez rapidement la décision de bouleverser son mode de vie pour aller s'y installer, étant donné que l'écroulement du monde moderne est pour bientôt ! Puis l'adresse internet était mentionnée pour entrer en contact = blanci...@gmail.com

Première esquisse de réponse pour le projet Upak Aptao


Bonjour !

Une première petite réponse :       ...finalement pas si petite que ça !

Un terrain disponible aussi immense, c'est impossible en France métropolitaine, et c'est pourquoi je précise qu'il s'agit du département d'outre-mer grand comme le Portugal et à 95% inhabité, recouvert d'une magnifique forêt, la Guyane, où j' ai déjà passé 15 années, et ne rêve que d'y retourner avec beaucoup de monde, car c'est le paradis , et plus on est de fous et de folles, plus on s'amuse, dit le dicton...
La vie écolo, c'est la joie, la satisfaction épanouissante de tous nos besoins fondamentaux, en ne s' activant pour les satisfaire que quelques heures par jour, une fois bien acquis les savoirs-faire, gestes et coups de main  des artisans locaux, aborigènes.  Nous nous formeront petit à petit pour vivre aussi efficacement que ces gens-là, passés maîtres dans l'art d'un mode de vie qui est en lui-même une œuvre d'art, car toute notion de travail, (du latin tripalium, tourment, torture) avec sa connotation de pénibilité, finit par disparaître.
Mais il faut du courage, de l'opiniâtreté,  de la patience et de la tendresse pour tout apprendre les premières années...Ensuite, toute notre vie ne sera qu' un jeu, un passe-temps agréable, un plaisir, la satisfaction simple de tous nos désirs naturels...
Pour nos enfants, ce sera beaucoup plus facile : par exemple, tout en jouant, très vite ils parleront la langue de nos voisins amérindiens...
Un des besoins essentiels à satisfaire, outre la nourriture et la protection contre le intempéries (un toit contre la pluie) : le besoin de familiarité, d' intimité.
Ce besoin n' est satisfait que si l'on vit entouré de personnes que l'on connaît intimement, et d'objets, d'outils, de matières dont on connaît intimement la provenance, car tout est fabriqué sur place avec douceur, tendresse, art et amour, avec des matériaux simples, immédiatement disponibles dans la nature proche, facilement, sans polluer, sans faire de bruit, et uniquement dans le but de joindre l'utile à l' agréable = avoir des objets efficaces et beaux.
La vie harmonieuse et épanouissante nécessite de satisfaire
ce besoin fondamental qu' est le besoin d' intimité.
Pour le satisfaire, tout doit être transparent, rien d'inconnu dans une vie où tout se fabrique sous nos yeux, on sait d'où proviennent tous les objets de la vie quotidienne, et on sait les faire nous-mêmes. Donc on n' a pas de problèmes pour les réparer.
Ce mode de vie, à long terme, se passera de tous les objets fabriqués de façon pénible, inique, en usine. Car les objets qui sortent des usines provoquent le contraire de l' intimité : ils ne sont pas transparents, facile à comprendre.
Ils sont à l' inverse
opaques. On ne sait d'où ils viennent ni comment ils sont fabriqués. Seul un spécialiste peut les réparer. Les matériaux pour les fabriquer viennent de loin, et sont le fruit d'un travail obscure et pénible, comme extraire des minerais au fond des galeries souterraines, travailler dans la fournaise infernale de la sidérurgie, puis les ateliers-camps de concentration que sont les usines d' assemblage, avec ce travail à la chaîne qui est un esclavage à peine indemnisé par un salaire de misère. Et même si le salaire est plus confortable, à quoi bon perdre sa vie à la gagner, mener une vie imbécile qui vous crétinise et vous transforme en simple rouage de la mégamachine qui ne cesse de produire pour qu' on consomme, avec cette publicité qui nous fait consommer seulement parce que les entrepreneurs sont coincés dans une inextinguible soif de toujours produire plus, esclaves eux-aussi de la course à la compétitivité/rentabilité/productivité, avec au bout le seul plaisir infantile du "paraître" : la frime, se distinguer, faire étalage de ses richesses, jouir de provoquer le désir chez l' autre qui a moins, ou pas encore ceci ou cela.
Matérialisme stérile qui mène au mal-être incoercible et à la toxico-dépendance face au désir psycho-pathologique de consommer.
Consommer = être sommé d'être con !

 Etre le jouet de la publicité. Etre éternellement dans la fuite en avant en se voilant la face pour ne pas comprendre la réalité : se droguer aux distractions (littéralement, être tracté hors de soi), se droguer aux divertissements (faire "diversion" c'est faire croire qu' on est ici, alors qu' on est là-bas, en vocabulaire militaire. Une tactique pour tromper l' ennemi) pour ne pas voir et préférer vivre dans la tromperie, l'illusion...

D' où l' importance de partir loin pour ne plus avoir à faire à nos dealers : les boutiques où ils siègent, les commerces, du petit magasin au super-marché.

Apprendre à ne plus avoir besoin de ces dealers en se passant de tout. Ne plus rien acheter, nous désintoxiquer de cette "société de consommation".
Pour nous donner le maximum de chances de réussir notre cure de désintoxication : partir loin.
Loin pour ne plus être tenté.
Loin, car les vastes espaces de nature vierge, où l' on peut encore vivre facilement dans et de la nature, sont loin des Nations industrielles.
Loin, car il est de plus en plus dangereux de rester à côté : pollutions, bruits, hostilité des drogués : les gens normaux qui vous trouvent anormaux et vous jettent des regards de haine qui peuvent se transformer en passage à l' acte violent en cas d'aggravation de la situation économique mondiale, dans les jungles urbaines où la situation est de plus en plus tendue, et les gens de plus en plus nerveux...

Loin pour trouver les vastes espaces encore disponibles pour être nombreux à vivre heureux.
Le bonheur est quelque chose qui se partage.
Et pour nos enfants, il est plus amusant de vivre en groupes pour jouer ensemble.
Donc les adultes doivent s'organiser pour cohabiter agréablement, afin de faciliter les besoins de jeux collectifs des enfants.
Après des années d' expériences alternatives dans les montagnes européennes, j' ai fini par trouver un espace suffisamment isolé et vaste pour qu' il soit vraiment possible de vivre nos envies de vie vraiment écolo, en se donnant le maximum de chances de survivre à l' écroulement dantesque et imminent des sociétés follement industrielles.
Le Titanic coule, nous mettons les chaloupes à la mer pour ne pas être entraîné dans ce naufrage et parce que cela nous fait plaisir de nous destiner à la vie heureuse.
Vive le bonheur.
Vive le bonheur partagé, les rires à plusieurs, dans une vie calme, besogneuse, artistique, où tout est hymne à la beauté, dans tous les actes de la vie quotidienne, même les plus humbles !
Voila pourquoi il nous faut beaucoup de place, dans un endroit sûr à très long terme.
Les enfants de nos enfants connaîtront l' après de feu la société industrielle, qui entre temps se sera écroulée dans une agonie aussi suicidaire qu' horrible, avec des millions de morts ou peut-être même des milliards. Car dans leurs derniers moments, les Etats vont se durcir, raidir, devenir plus policiers et tatillons (fichages, puces RFID, surveillance par nanotechnologies et biométrie) bref, ce cauchemar climatisé prévu par Henry Miller, ou cette modernité-merdonité de Mchel Leiris, ou encore ce "meilleur" des mondes d'Aldous Huxley, ou le Big Brother de George Orwell.
Il ne faut donc pas attendre le dernier moment pour partir.
Partir loin, là où il y a encore beaucoup de place.
Cette place est trouvée. Et gratuite en plus ! Manque plus que les gens !
Il y a assez de place pour des dizaines de villages écologiques tous coordonnés dans le même esprit écolo et communautaire. Dès le début , après un premier temps de visite lente et agréable de cette nature somptueuse, en canoës-pagaies, ces villages, on en construira au moins trois, par exemple,  pour nous donner plus de liberté, en ne se sentant pas rivé à un seul lieu, et libre de changer en cas de "froid" avec telle ou telle personne : "ah les histoires d'amour ! cela fait toujours des ... histoires !".

 De plus ce projet n' a rien à voir avec une secte, une histoire de hiérarchie ou de gourou. nous fonctionnerons au bâton de parole, à la parole égalitaire assis en cercle, comme dans les rassemblements "rainbow", pour éviter toute prise de pouvoir et respecter la parole de chacune et chacun, en apprenant à nous écouter, particulièrement les plus timides d'entre nous, ou les plus jeunes, les enfants, les ados...
Pas d' élections, pour ne pas frustrer les perdants = on favorisera les prises de décisions au consensus, dans la lenteur des discussions douces, avec beaucoup d'amour et de respect = se parler et écouter avec patience, jusqu'à ce que tout le monde soit d'accord...
Climat agréable, 28° toute l' année, possibilité de vivre dans et de la nature très facilement, nu et pieds-nu, je l' ai expérimenté, en me testant deux années en autonomie totale, seul au milieu de la forêt, après plusieurs années d' apprentissage chez les Indiens Wayampi et Wayana.
Aucun problème avec la faune, pas d' animaux dangereux, ne pas croire aux bêtises que l'on raconte sur les piranhas et les caïmans, les anacondas et les jaguars.
Pas de problèmes non plus avec les moustiques et autres insectes, sinon, j' aurai trouvé pénible de vivre nu et piqué de partout. Mais c'est surtout dans les zones froides de la planète, au début de l'été, au Canada, en Scandinavie, en Sibérie, qu' on est dévoré par les moustiques !
Par contre, en Amazonie, c'est tranquille. Et comme on vivra loin de tout, et surtout dans le cas de la Guyane, loin des zones où les géologues ont détecté la présence d'or, cet or qui rend fou les aventuriers du métal jaune (orpailleurs) et les industriels, cet or qui pollue tout à cause du mercure ou du cyanure qu' ils utilisent, donc dans cette partie sud de la Guyane où il n' y aura jamais de mines d'or ni de n' importe quoi d' autres, comme on vivra là où la forêt est inhabitée, il n'y a même pas de palu, mais cependant on apprendra tout ce qu'il faut pour se prémunir, car on pourra l' attraper lors de nos visites chez nos voisins Wayampi ou Wayana, à 5 ou 10 jours de voyage en canoë-pagaies de nos villages. Par exemple pour se soigner efficacement, on analysera nous-mêmes notre sang pour savoir à quel type de plasmodium on a affaire, car on ne se soigne pas de la même façon selon le type de protozoaire présent, et on boira les tisanes à la citronnelle qui éloignent les moustiques, et on utilisera l' écorce de l'arbre qui est à l' origine de la quinine des pharmaciens...Mon expérience m' a prouvé qu'il ne faut pas se faire une montagne du palu : c'est aussi facile à gérer qu'un classique rhume. En fait, la vie est tellement abondante dans ce milieu que la vie est difficile pour les moustiques : ils ne peuvent pulluler tellement leurs ennemis sont nombreux ; ils sont au menu de pleins d'espèces animales telles que des chauve-souris et des oiseaux. En fait, les précautions à prendre ne concernent pas les gros animaux, ni même les petits, les insectes, ni les reptiles : toute cette nature est inoffensive : on n' est jamais attaqué ... sauf par les animaux invisibles à l'œil nu, les microbes, virus et bactéries.
Une bonne hygiène, se laver entièrement au savon normal deux fois par jour est la clé de la vie agréable dans ce paradis. Au bout d'un an, on acquière la même résistance naturelle aux infections (petites écorchures, etc...) que les gens qui vivent sur place depuis longtemps. Il faut juste être maniaque sur la propreté toute la première année.
Voila pour répondre aux premières objections que l'on me formule toujours au début, tant en Europe nous sommes intoxiqués de rumeurs stupides au sujet de la vie en forêt tropicale, et les récits mensongers des aventuriers de pacotille qui exagèrent tout pour "vendre" leur périple et en jeter plein la vue: que des mensonges !
Sinon je n' inviterai pas des femmes et des enfants à vivre au fond des bois, loin de tout !

A votre tour de me répondre avec par politesse et sympathie au moins autant de lignes et même plus ... si affinités, comme on dit !

Présentez-vous longuement, votre vie, vos rêves, échecs et réussites, expériences et frustrations d' absences d' expériences.
Il me semble qu'il faudra que nous coexistions quelque part en Europe, en groupe, avant de partir là-bas, pour faire connaissance et mieux nous apprécier les un(e)s les autres .
Pour mieux aussi discuter du projet...
Et aussi parce que  la plupart d' entre nous sommes des idéalistes et des rêveurs, et que nous avons de ce fait un point faible = le manque d' argent.
Il faudra donc, pourquoi pas, travailler ensemble à quelque chose pour faire des économies Ensemble avant de partir, c' est plus amusant !
Le tout, en continuant à cohabiter, pour , chaque soir au retour du boulot, discuter à bâtons rompus de pourquoi nous mettons de l' argent de côté, et comment on va mettre les chaloupes à la mer, pour échapper au naufrage, et ce qu' on va mettre dans les chaloupes ...

Car on ne devient pas un sauvage dans la forêt du jour au lendemain !
Il faudra se mettre très progressivement à la vie autarcique. Au début, on ne pourra pas vivre de façon totalement indépendante. Donc soyons humbles, ayons l'humilité du compromis. Ne jouons pas au puriste /fondamentaliste ! Avançons doucement, avec prudence et calme. Au début, nous serons encore outillé et équipé de certaines choses que nous ne savons pas (pas encore !) faire nous-mêmes. Donc il nous faudra avoir de l' argent pour acheter ces choses.
Par exemple, pour au début voyager en forêt dans des conditions de confort qui faciliterons nos premiers pas, nous utiliserons des canoës en matières modernes, des canoës de 6 mètres de long pour moins de 20 kg, car dans les rivières, une douzaine, que nous allons tous et toutes ensemble, visiter, il faut souvent porter les embarcations pour franchir les troncs d' arbres tombés en travers de la rivière, ou pour franchir les rapides, les cascades. Ou bien encore, pour passer à travers la montagne pour aller mettre à l' eau nos canoës dans une nouvelle rivière de l' autre côté.
C' est le compromis du début, et ce type de canoë coûte cher = voir le catalogue allemand de Gatz Kanu, Köln par exemple...Cher mais selon mon expérience, cela fait partie des compromis indispensables pour faciliter nos débuts, et garder le moral en ne se rendant pas trop compliqués nos premiers pas . Nous sommes là pour la joie et le plaisir, pas pour nous imposer des trekkings de masochistes des sports d' endurance ! Nous visiterons pendant un an ou deux tout le sud de la Guyane, en naviguant sur une dizaine de rivières, pour prendre plaisir à découvrir cette merveilleuse nature !
Et aussi pour, petit à petit, nous familiariser avec tous les petits gestes quotidiens de la vie rustique des Robinson Crusoë ! Plaisir de découvrir la faune et la flore, découvrir des nouveaux paysages chaque jour, en remontant des rivières, et en en redescendant d' autres.
Plaisir de dresser nos nouveaux campements chaque milieu d' après-midi, puis de repartir aux aurores le lendemain, selon la méthode amérindienne.
Et pourquoi pas, car rien ne presse, parfois décider de rester quelques jours au même endroit, si nous trouvons les lieux féeriques, ou si tout simplement certains d' entre nous se sentent un peu fatigués. A la fin de cette phase d' exploration et d' apprivoisement mutuel, nous ferons un cercle de parole pour décider de façon égalitaire, sans hiérarchie, quels sont les endroits les plus agréables pour y construire nos premiers villages.
Une fois abrités, reposés, nous ouvriront des clairières pour les jardins. Nous apprendront des Indiens la méthode la plus adaptée aux sols tropicaux : l' agriculture itinérante sur brûlis. Nous apprendrons aussi à nous débarrasser de nos bâches en plastique et à tisser nos toitures avec des feuilles de palmiers. Nous filerons le coton de nos jardins. Tous les 10 ans environ, nous déplacerons nos villages, pour laisser la nature en jachère, et avoir le plaisir de découvrir un autre lieu de vie, méthode millénaire habituelle en Amazonie...Au lieu d' importer en Amazonie nos élucubrations d' intellectuels urbains refaisant le monde en chambre à coups de tas de théories à la mode en milieu "développement personnel" ou "new-age" ou encore "baba-cool", nous nous mettront humblement à l' écoute des habitants des lieux : ils ont mis au point un mode de vie parfaitement adapté aux capacités écologiques du milieu, et cela depuis des millénaires. Les archéologues pensent que les Indiens d' Amazonie pratiquent l' agriculture depuis 8000 ans ! Faisons d' abord comme eux, en toute humilité. Laissons de côté nos raisonnements pompeux d' occidentaux. Une fois que nous serons comme eux habiles en chasse, pêche, cueillette et jardinage, comme en poterie, vannerie, filage du coton et utilisation de leur pharmacopée millénaire, comme des pratiques chamaniques aux infinies subtilités, alors peut être que nous nous aventurerons à modifier certaines choses. Mais il faudra savoir être très prudents, et avoir l' honnêteté de reconnaître nos échecs pour vite retourner à  leurs habitudes qui ont fait durablement leurs preuves sans rien détruire dans la nature...Les Indiens nous trouvent ... racistes, car eux,
  - dans leur cosmovision animiste et biocentrique, donc le contraire de notre orgueilleux anthropocentrisme - , mettent sur le même plan tout ce qui vit dans la nature = les plantes comme les animaux. Ils ne placent pas comme beaucoup d' européens les plantes en dessous. Ils respectent les plantes exactement comme les animaux, et de ce fait, ils mangent plantes et animaux avec  exactement le même respect, et par respect pour les animaux, refusent de pratiquer l' élevage...Un animal qui vit dans la familiarité des humains est considéré comme faisant partie de la famille, et donc ne peut pas être mis à mort et mangé...Il vous fait confiance : vous n' avez pas le droit de le trahir ! Ne recommençons pas les erreurs des communautés anarchistes naturiennes des années 1900 : ils se sont tous disputés sur la base d' arguties ineptes en termes de soit-disant "meilleur régime alimentaire".
L' important, outre le fait de manger des choses évidemment non contaminées par l' industrie chimique et pharmaceutique, ce n' est pas ce qu' il y a dans l'assiette, mais à côté de qui on mange. Le repas, cela se partage, c'est d' abord un acte social. On digère mieux lorsqu' on a pris plaisir à manger avec des convives agréables, et lorsqu' on a pu  prendre plaisir à bavarder  ou à échanger des propos qui vous donnent le sentiment de grandir en intelligence, de mieux comprendre, de mieux sentir ce que pense l' autre. De mieux aimer.
Quelle tristesse que de manger seul ! Même si ce qu' il y a dans l' assiette est censé être parfait diététiquement parlant. Ce ne serait que du parfait scientisme, un raisonnement froid et mécanique !

Cela se saura vite, dans les milieux alternatifs et écolos, que des Européens ont réussi à vivre leur rêves au lieu de rêver leur vie, et qu' ils ne perdent plus leur temps à gagner leur vie en travaillant bêtement comme salariés. Je pense que bien vite, plein de gens viendront nous rejoindre. Le plus dur est de commencer. Maintenant. Alors vous venez quand ?
Une fois qu' il y aura les premiers villages, ce sera plus facile. Il faudra peut-être songer à construire chaque année un nouveau village pour les nouveaux arrivants, et peut-être aussi à construire en un lieu un peu plus facile d' accès, en aval, un village spécial d' accueil des écolos qui ne viennent dans un premier temps qu' en "touristes", juste pour voir et expérimenter, avant de se décider vraiment. Ces personnes qui prévoient de revenir en Europe, quitte la prochaine fois à revenir définitivement, seront des hôtes payants qui seront logés couchés nourris. Nous les guideront : visite écologique de la faune et de la flore, jamais des villages Indiens, pour ne pas gêner les habitants aborigènes, initiation aux méthodes de vie autarciques, etc... Normal qu' en échange, ces visiteurs nous indemnisent. Comme au début, nous ne serons pas des sauvages totalement indépendants, fabricant absolument tout nous-mêmes, nous aurons encore besoin d' argent. Il pourra provenir ainsi, en organisant cette forme d'accueil payant à proximité de nos lieux de vie, donc sans nous obliger épisodiquement à nous exiler en ville pour obtenir de l'argent. De plus, il nous faudra des compromis pour rester en contacts avec nos amis restés en Europe. Là aussi, humilité du compromis ! A long terme, on peut imaginer avoir nos propres bateaux à voile !
Trêve de bavardages ! Je vous laisse la parole !
Au plaisir de vous lire...


Blancimarron,

 fils d' ouvrier agricole d' élevage, diplomé berger de l'école de Montmorillon, tondeur de moutons, lauréat du Concours général de Géographie et boursier Zellidja, puis élève de Robert Jaulin, Pierre Clastres , Jacques Lizot , Jean Monod et Michel Tibon-Cornillot...et acheteur des chèvres de Pierre Rabhi en 1977...
En Guyane, les personnes d'origine européenne qui redeviennent sauvages en forêt sont dîtes "blanches qui se sauvent, qui marronnent", de l' espagnol "cimarron", se réensauvager (pour un animal domestique qui s'échappe ou pour un esclave d'origine africaine ou non, qui décide de fuire pour recouvrer la liberté, sur les îles des Antilles, en se cachant au milieu de ces îles, dans les montagnes, les "cimes", "cima" en espagnol, d' où le mot "cimarron").
blanci...@gmail.com

P.S. = quand pensez-vous être prêt ou prête pour "cimarronner" ?
que devez-vous faire avant ?
Avez-vous une idée d' un endroit où nous pourrions nous réunir en Europe avant de partir, endroit où nous pourrions aussi rassembler le matériel d' expédition, de navigation, etc ...
Avez-vous une idée pour des travaux que nous pourrions faire ensemble, pour gagner de l' argent, même si s' installer "
sauvage en Amazonie" coûte 100 fois moins cher que de s' installer "paysan en Lozère ou en Creuse", cela coûte tout de même un peu, avec cet avantage que dans cette propriété du sud de la Guyane, le problème du foncier est déjà réglé, il n' y a plus besoin d' acheter ! Ordre de grandeur : compter dix fois le prix du billet avion Air-France transatlantique, (Paris-Cayenne), pour avoir tout l' équipement. Au début, un canoë de type Gatz-Kanu de 6 mètres pour 2 personnes suffit.
Ce genre de chance , le foncier déjà réglé, est plutôt rare en France, où les candidats néo-ruraux ont d' énormes problèmes avec les S.a.f.e.r et autres organismes agricoles pour trouver de la terre. Ici au moins, il n' y a plus ce problème.
Bien-sûr, il y en a d' autres, comme
avoir assez d' argent pour acheter tout le matériel pour les premières années, la phase d' exploration des rivières et la phase de construction des premiers villages mais le problème primordial est celui de la rencontre des autres personnes avec qui on aimerait partir.
Ne pas penser à ce qu' il faut mettre dans le sac à dos : penser surtout avec qui vous voulez partir et vivre des années au milieu de la nature. Donc, d' abord, pensez à contacter des personnes pour déjà constituer un petit groupe d' ami(e)s.
C' est la première urgence, avant le problème des moyens financiers et matériels.

Une autre fois, je vous parlerai de l' autre aspect du projet Upak Aptao qui veut dire "vivre comme avant", en langue Karib parlée par les Wayana : outre l' aspect "solution pour les occidentaux qui ont compris que notre civilisation est une impasse",
il y a l' aspect "solution pour les peuples aborigènes amazoniens qui commettaient l' erreur d'être fascinés par la vie moderne et qui de ce fait étaient entrain de se suicider culturellement en se laissant aller vers le dénigrement d' eux-mêmes et l' ethnocide".

Car l' idée fondamentale de ce projet est de faire d' une pierre deux coups :

1°- aider les ethnocidés de la vieille Europe à retrouver le chemin de leurs lointains ancêtres, ceux qui vivaient en petits groupes conviviaux avant la détribalisation et le début des sociétés à Etats ou à Empires, hiérarchisées, début du mythe de la puissance et de la richesse qui charpente depuis des millénaires funestes l' occidentalité...
2°- aider les petits peuples encore non détribalisés à redevenir fiers de leur culture, et à tourner le dos à la pente fatale du "développement", en suivant par exemple la démarche de
Héléna Norbert-Hodge au Laddakh, pour faire comprendre à ses habitants à quel point la modernité est en trompe-l'oeil. Voir les films qu' elle a réalisé comme "Ancient future", désormais en version française, ou son livre (Fayard) "Quand le développement crée la pauvreté", et les autres travaux de son organisation :l' I.S.E.C = International Society for Ecology and Culture, ou en suivant le raisonnement de Majid Rahnema dans "Quand la misère chasse la pauvreté" et tout récemment dans :"La puissance des pauvres": on doit à ce sage perse l' expression reprise depuis par Paul Ariès et Serge Latouche : "Il faut décoloniser notre imaginaire". On lira aussi de Gilbert Rist "Le développement, histoire d'une croyance occidentale" pour bouleverser notre imaginaire d'occidentaux !
En vivant en "sauvages" à côté de nos voisins amérindiens qui eux sont des sauvages qui à l' inverse tentent tout pour devenir moderne, nous pourrions peut-être enrayer ce processus mortifère. A l'heure où l' on commence à comprendre que la modernité occidentale , au moment même où elle semble triompher en croyant se mondialiser, est entrain de se désagréger en atteignant les limites physiques et psychologiques du supportable, il serait dommage que tous les petits peuples qui échappent encore à la folie industrielle et productiviste se laissent emporter dans la spirale folle du mimétisme.
Nous pourrions être au bon endroit pour entraver ce phénomène que certains pensent inéluctable, en étonnant par nos choix de vie nos voisins aborigènes. Puis réfléchir ensemble, anciens comme nouveaux sauvages, à la façon dont nous pourrions nous entraider pour résister au rouleau compresseur de l' occidentalité.
Avant, on voyait comme inéluctable la disparition des sauvages.
Maintenant, la peur a changé de camp : ce qui est encore plus inéluctable, car adossé sur un mode de vie absolument pas sustentable (une des traductions les meilleures pour le mot "sustainable"), c'est la disparition du mode de vie moderne, l' american way of life... Dans les pays anglo-saxons, de plus en plus de jeunes contestataires se positionnent comme « against civilization » donc de façon beaucoup plus révolutionnaires que ceux qui s'opposent seulement au capitalisme, comme s'il était la cause de tous nos malheurs. Mais c'est bien plus grave que cela ! Marx était loin d'avoir tout compris. Je partage cette vision subversive et estime
conservateurs ceux qui veulent encore conserver le monde industriel et urbain. Je suis anti-civilisation : je préfère être pour le foisonnement des multiples « sylvilisations » (du latin SYLVA, qui a donné sauvage et sylvestre), tous ces petits peuples qui savent vivre en harmonie dans les forêts, les déserts, les steppes et les toundras. De même pour vraiment décoloniser mon imaginaire, je ne dis plus « développement », mais « enveloppement », ou art de vivre en occupant peu de place sur cette planète, pour laisser tout l'espace nécessaire à l'épanouissement de la vie sauvage, et voir cette planète refleurir dans le pluriel maximum des  langues locales spécifiques. Pour moi la biodiversité est inséparable de l'ethnodiversité. Mais l'odieuse occidentalisation du monde est entrain de faire disparaître des centaines de langues sur cette Terre. Vivement la fin de la plupart des ressources énergétiques (pétrole, gaz, uranium …) et minières, pour que cette occidentalisation s'arrête ! Vive l'écroulement de ce monde criminel, qui tue la diversité de la vie et des cultures, qui tue les sylvilisations. Il faut empêcher la Sixième extinction massive des espèces, qui est entrain de se dérouler sous nos yeux. Nous sommes complices du fait de notre coupable passivité. Nous manquons de courage pour mettre fin à notre toxico-dépendance vis-à-vis de la société de consommation. Notre couardise fait de nous des complices. Quel déshonneur !

Par ce projet, je propose un retour à la dignité.


Eh-bien finalement, comme déjà dit, j' ai été trop bavard !
A votre tour de vous raconter, et comme je l'ai déjà suggéré, j' espère que votre mail sera aussi long que celui-ci !
Amitiés...

Goupil Lerenard

unread,
Dec 15, 2008, 8:21:03 AM12/15/08
to mori...@googlegroups.com

Je trouve que c’est très intéressant, c’est une bonne idée et ça pourrait bien fonctionner.

 

Je partage entièrement le souci de la rencontre des autres personnes avec qui on aimerait partir : il faut constituer la tribu, ou au moins la bande, AVANT.

 

J’ai d’autres plans, en tout cas dans le court terme, mais je suis en train de vivre la genèse de ce qui pourrait bien un jour devenir une tribu, alors peut-être que se posera la question du « où ? » et que je considèrerai cette option.

 

Je me pose quand-même la question de savoir si le système totalitaire dans lequel nous vivons tolèrera des ilots, des portes de sortie. Des fois je me dis que le meilleur endroit pour se cacher est à l’intérieur du système, dans ses replis et ses zones d’ombre. Mais il est sûr que cette stratégie implique de participer au moins partiellement, ou de devenir un chasseur-cueilleur-fouilleur-voleur urbain et de passer des hivers à frissonner en regrettant les 28°C de la Guyane !

 

En tout cas, c’est un beau projet et je souhaite bien du succès, du courage et de la chance à ceux qui se lanceront.

Stéphan L.

unread,
Dec 15, 2008, 11:32:38 AM12/15/08
to mori...@googlegroups.com
Bien d'accord...

Merci de nous avoir fait partager ce message...

C'est un Beau Projet, que JE RESPECTE,
ET qui pour moi est en désaccord avec mes croyances profondes...
Ca n'est pas le sens que je veux donner à ma vie...

Je suis déjà en quasi-autonomie
dans le sud de la France


Pourquoi vouloir se "cacher" Goupil ?

Je reconnais qu'il faut être prudent pour durer, et non-ostentatoire.

Je veux user du temps restant pour informer, sensibiliser 
afin de confronter et rejeter les interventionnistes,
pour les obliger à quitter notre planète et stopper leur
action de persuasion massive et d' intentions esclavagistes...

Sans vouloir jouer les casseurs de rêve
Je vois plusieurs  "difficultés périlleuses"
  au projet décrit  :


1. Il est bien plus facile de vivre seul ou en famille en autonomie
que de participer à un projet collectif de plusieurs dizaines de personnes.
Sans valeurs spirituelles élevées et partagées...
A terme, ça tourne trop souvent au totalitarisme.

2. Au regard de l'enseignement transmis par les invisibles et
par les "Alliés de l'humanité", ainsi que
parallèlement par une vraie prophètesse  :

Il est urgent de travailler 
avec la Force divine rédemptrice
"La Connaissance divine" présente dans notre coeur.

Sinon, et si on ne lutte pas  pour éveiller
les consciences de nos frères et soeurs humains
et pour mettre en échec "l'intervention"...

Alors Rien ne sera durablement possible sur notre planète.

Et l'esclavage s'étendra  ; même en Guyane !

Parce qu'alors tôt ou tard  les interventionnistes  nous retrouverons
et nous prendrons tous comme
ressources (os, sang, organes, adn, cellules,...)


Pour ceux qui survivront au grand tournant d'ère
un royaume de paix, déjà encours de construction,
accueillera les miliers de survivants de l' Europe....

Bonne chance à vous en Guyanne !

bien fraternellement

Stéphane
--
 

Gilles ROBERT

unread,
Dec 15, 2008, 11:47:02 AM12/15/08
to mori...@googlegroups.com
oui c'est clair

j'aimerai bien en fait faire ce genre de projet près de mes amis (donc en France) sans se cacher (vive la transparence !) avec familles élargies (plusieurs dizaines de personnes donc) et travailler l'isolation passive / chi gong pour passer l'hiver : je crois qu'un embryon de ça est en train de se faire tranquillement dans les pyrénées : http://roberthue.spaces.live.com/

au plaisir de vous lire

bisous et bon courage pour l'hiver à tous
Gil
http://kamaraimo.free.fr
--
http://kamaraimo.free.fr/

kama...@gmail.com

unread,
Dec 20, 2008, 7:56:20 AM12/20/08
to Morikido
Voici l'appel en version espagnol à l'occasion de la conférence de
Thierry sur la Guyanne à Barcelone à ma Teixidora :

http://teixidora.squat.net/view.php?page=58

Gilles

kama...@gmail.com

unread,
Dec 20, 2008, 8:59:42 AM12/20/08
to Morikido
Bruno De Roissart (vit avec Quechua depuis 30 ans, est à Pau now)
dit :

Bravo,Tieri,
tu as fait un super travail,et j'espère vraiment que pour toi et ton
vieux projet cette année 2009 sera la bonne.Il est urgent que tu
partes,même avec peu de monde...
Je suis revenu pour liquider toutes mes affaires,vendre mon fond de
pépinière et mon matos d'élagage,et recruter des déserteurs,quoique je
trouve que le wwoof est un moyen idéal:pas de babamous,rien que des
jeunes qui n'ont pas froid aux yeux.Je te recommande de t'y inscrire
dès que tu seras installé en forêt.

Tieri dit : Pourquoi, et par quoi tu penses être coincé ?

Bruno De Roissart dit :

Risque de ne plus pouvoir quitter l'Europe à-cause de l'arrêt des
transports aériens,ou de la multiplication énorme de leur coût,qui les
réservera aux très riches.
Cette année mon hortus-sylva est magnifique,sa biodiversité augmente
d'année en année,et il est permanent car comme j'ai inventé des
solutions alternatives au maudit brûlis,sa fertilité est énorme.Les
indiens s'étonnent de mes rendements et de la vitesse de pousse de mes
arbres.De plus en plus de jeunes garçons et filles(indiens,métis ou
blancs) de la ville(La Paz)viennet apprendre avec moi à vivre en forêt
jardinée,malgré la terrible dégradation du milieu par des décennies de
brûlis,et on commence ensemble un vie néo-tribale absolument jouïtive!
Et on reboise à partir des parcelles de forêt qui ont échappé à la
malédiction du feu.

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