Cela
ne fait plus aucun doute : dans le département de la Lékié , il y a le
Rdpc des élites minoritaires et le Rdpc des militants de base
majoritaire. A qui la faute ? Certaines langues, bonnes ou mauvaises,
mettent en cause les deux membres du gouvernement cités plus haut.
Elles laissent entendre que ceux-ci crient sur les toits qu’ils sont
ministres de Paul Biya, et que les populations ne sont pas à l’origine
de leur nomination. «Vous ne voyez pas les gens ici parce qu’ils ont
décidé depuis un certain temps de ne plus assister aux réunions
politiques convoquées par les deux ministres », dévoile un militant du
Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Vêtu d’une chemise et
coiffé d’une casquette aux couleurs du parti des flammes, ce dernier
ajoute : « ces ministres ne reçoivent personne. Aussi vrai qu’ils ne
respectent personne. Ce que vous constatez là, n’est que la récolte de
ce qu’ils sèment dans notre département ». Un autre, tout à côté de
lui, renchérit : « l’homme Eton est hospitalier. Vous auriez vu au
moins un groupe de danse ici, ne serait-ce que pour accueillir les
étrangers. Les gens ne sont plus contents. Tant qu’ils sont encore là,
le Rdpc aura des problèmes ici. On n’admet plus que les gens viennent
ici nous entourlouper, parce qu’ils sont ministres ou on ne sait plus
trop qui, et nous tenir des discours démagogues, égoïstes et
flagorneurs ». Suffisant pour comprendre qu’il y a déchirure entre les
deux camps. |
|
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1. |
Arguments fallacieux |
Pour
une rencontre qui devait débuter à 12h00, ce n’est qu’à 14h08 que le
représentant du Comité central, le ministre Hamadjoda Adjoudji, les
membres de la délégation qui l’accompagnaient et les personnalités de
la Lékié font leur entrée dans la permanence du Rdpc qui doit abriter
le Forum de mobilisation des élites et notabilités de la Lékié pour le
soutien du Rdpc. Dans une salle qui peut contenir près d’un millier de
personnes, il y avait moins de 200 personnes. Pourtant, tous les
responsables des sections, sous-sections, comités de base et cellules
Rdpc, Ofrdpc et Ojrdpc étaient attendus à cette rencontre.
Une
fausse fréquence qu’on ne peut pas réajuster à l’instant. Dans le rang
des personnalités de la Lékié , on notait la présence des membres du
gouvernement : Lazare Essimi Menye, Henri Eyebe Ayissi, André Manga
Ewolo, Mme Ananga Messina Clémentine Antoinette, l’honorable Jean
Bernard Ndongo Essomba, Benoît Ndong Soumhet le Dg de l’Enam, Touma
Mama des services du Premier ministre et bien d’autres. En temps
normal, ces noms seuls suffisaient pour drainer les foules. Ne
serait-ce que par pure admiration. « Ce n’est que hier que certaines
personnes étaient informées de cette rencontre. Ce matin, des Sms ont
été envoyés à des responsables afin de mobiliser les populations, même
au prix fort de l’argent », indique un voisin dans la salle.
Ne
pouvant plus reculer, la cérémonie va tout de même commencer. Après le
mot de bienvenue du maire de la commune de Monatélé M. André Tsala
Messi, ce qui tient lieu d’assistance suit l’allocution du ministre des
Finances. Essimi Menye qui est actuellement vomi par les populations de
son village parce que, expliquent-elles, « il n’utilise que des chinois
dans son chantier ». Dans un Eton pas limpide, il rappelle les raisons
de leur présence à Monatélé : « nous sommes là pour causer avec vous
afin d’arranger les choses et voir comment renforcer les liens entre la
Lékiié et le Rdpc. Il est question de trouver la meilleure approche
pour soutenir le Rdpc pour les échéances à venir ». Derrière le panel,
une banderole collée au mur livre ce message : « Elites et notabilités
de la Lékié en avant avec le Rdpc, derrière le président Paul Biya pour
2011 et au-delà de 2011 ». Le Minfi continue : « nous ne sommes pas ici
pour un meeting politique. Il s’agit d’un espace pour échanger. Nous ne
sommes ici pas pour poser des questions mais pour chercher des
solutions pour le développement de notre département. Ceux qui poseront
des questions, trouveront eux-mêmes des réponses ».
L’on se
demande si le Rdpc avait besoin d’une mobilisation dans la Lékié
reconnue comme le bastion du parti proche du pouvoir. « Avec tout le
bordel qu’ils ont semé ici, c’est peut-être le retour de Louis Tobie
Mbida au pays qui les incite à vouloir se reformer. Avec ces gens, le
débat politique dans la Lékié est devenu difficile », réagit en
sourdine quelqu’un dans la salle. Personne ne veut être identifié de
peur des représailles. Seul le jeune président de la section Ojrdpc de
la Lékié-Sud Me Odi aura le courage de dire ce qui est chuchoté dans la
salle : « je n’ai pas grand-chose à dire car, je n’ai pas été notifié
de ma présence ici ». Il est repoussé par le protocole sans aucun
ménagement. Cet incident arrive alors que le Dg de l’Enam et le
ministre Henri Eyebe Ayissi, deux frères qui font la politesse des
grands, avaient déjà fait des exposés sur « le rôle des élites dans le
fonctionnement du Rdpc » et « les modalités de contributions des élites
de la Lékié aux activités du Rdpc ».
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2. |
Discours |
Si
le premier orateur a été un peu courtois, le second n’est pas allé de
main morte pour étaler ses égoïsmes, démontrant aux yeux de tous
pourquoi il soutient le Rdpc. « Parce que c’est le père fondateur du
Rdpc qui est le détenteur et le gestionnaire du pouvoir de nomination
et d’investiture », explique Henri Eyebe Ayissi le ministre des
Relations extérieures. Pour faire croire à l’assistance qu’il y a une
menace qui vient de l’extérieur, il explose : « il faut éviter le choix
de l’aventure, éviter le choix de la fuite en avant en combattant les
ministres en poste. Il ne faut pas aller solliciter des partenaires à
l’étranger pour venir affronter le président Paul Biya. C’est une
escroquerie politique qu’il faut éviter ». Jean Bernard Ndongo Essomba
ne va verser que dans les conseils. Même s’il choquera après les
esprits en faisant croire à l’assistance qu’après Biya, « c’est l’enfer
pour la Lékié ».
Et au chef du 1er degré de Lobo, Sa Majesté
Tchanga Manga VI de poser cette question on ne peut plus importante : «
est-ce que les coups bas et les divisions sont derrière nous ? » Tout
en laissant le soin à chacun d’y répondre, il va se montrer bon
pédagogue : « si nous ne sommes pas organisés, et mieux organisés, le
temps risque jouer contre nous ». Raison pour laquelle Pascal Mani, le
gouverneur de la région de l’Ouest, va demander aux uns et aux autres
de « changer de mentalités ». Et l’envoyé spécial du Comité central de
conclure : « les fils de la Lékié doivent être unis, solidaires et
engagés, au lieu de faire montre d’une unité de façade, d’une unité de
circonstance ». A chacun d’y comprendre quelque chose. En un mot, la
Lékié a mal à son élite.
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Cela ne fait plus aucun doute : dans le département de la Lékié , il y
a le Rdpc des élites minoritaires et le Rdpc des militants de base
majoritaire. A qui la faute ? Certaines langues, bonnes ou mauvaises,
mettent en cause les deux membres du gouvernement cités plus haut.
Elles laissent entendre que ceux-ci crient sur les toits qu’ils sont
ministres de Paul Biya, et que les populations ne sont pas à l’origine
de leur nomination. «Vous ne voyez pas les gens ici parce qu’ils ont
décidé depuis un certain temps de ne plus assister aux réunions
politiques convoquées par les deux ministres », dévoile un militant du
Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Vêtu d’une chemise et
coiffé d’une casquette aux couleurs du parti des flammes, ce dernier
ajoute : « ces ministres ne reçoivent personne. Aussi vrai qu’ils ne
respectent personne. Ce que vous constatez là, n’est que la récolte de
ce qu’ils sèment dans notre département ». Un autre, tout à côté de
lui, renchérit : « l’homme Eton est hospitalier. Vous auriez vu au
moins un groupe de danse ici, ne serait-ce que pour accueillir les
étrangers. Les gens ne sont plus contents. Tant qu’ils sont encore là,
le Rdpc aura des problèmes ici. On n’admet plus que les gens viennent
ici nous entourlouper, parce qu’ils sont ministres ou on ne sait plus
trop qui, et nous tenir des discours démagogues, égoïstes et
flagorneurs ». Suffisant pour comprendre qu’il y a déchirure entre les
deux camps. |
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Arguments fallacieux |
Pour
une rencontre qui devait débuter à 12h00, ce n’est qu’à 14h08 que le
représentant du Comité central, le ministre Hamadjoda Adjoudji, les
membres de la délégation qui l’accompagnaient et les personnalités de
la Lékié font leur entrée dans la permanence du Rdpc qui doit abriter
le Forum de mobilisation des élites et notabilités de la Lékié pour le
soutien du Rdpc. Dans une salle qui peut contenir près d’un millier de
personnes, il y avait moins de 200 personnes. Pourtant, tous les
responsables des sections, sous-sections, comités de base et cellules
Rdpc, Ofrdpc et Ojrdpc étaient attendus à cette rencontre.
Une
fausse fréquence qu’on ne peut pas réajuster à l’instant. Dans le rang
des personnalités de la Lékié , on notait la présence des membres du
gouvernement : Lazare Essimi Menye, Henri Eyebe Ayissi, André Manga
Ewolo, Mme Ananga Messina Clémentine Antoinette, l’honorable Jean
Bernard Ndongo Essomba, Benoît Ndong Soumhet le Dg de l’Enam, Touma
Mama des services du Premier ministre et bien d’autres. En temps
normal, ces noms seuls suffisaient pour drainer les foules. Ne
serait-ce que par pure admiration. « Ce n’est que hier que certaines
personnes étaient informées de cette rencontre. Ce matin, des Sms ont
été envoyés à des responsables afin de mobiliser les populations, même
au prix fort de l’argent », indique un voisin dans la salle.
Ne
pouvant plus reculer, la cérémonie va tout de même commencer. Après le
mot de bienvenue du maire de la commune de Monatélé M. André Tsala
Messi, ce qui tient lieu d’assistance suit l’allocution du ministre des
Finances. Essimi Menye qui est actuellement vomi par les populations de
son village parce que, expliquent-elles, « il n’utilise que des chinois
dans son chantier ». Dans un Eton pas limpide, il rappelle les raisons
de leur présence à Monatélé : « nous sommes là pour causer avec vous
afin d’arranger les choses et voir comment renforcer les liens entre la
Lékiié et le Rdpc. Il est question de trouver la meilleure approche
pour soutenir le Rdpc pour les échéances à venir ». Derrière le panel,
une banderole collée au mur livre ce message : « Elites et notabilités
de la Lékié en avant avec le Rdpc, derrière le président Paul Biya pour
2011 et au-delà de 2011 ». Le Minfi continue : « nous ne sommes pas ici
pour un meeting politique. Il s’agit d’un espace pour échanger. Nous ne
sommes ici pas pour poser des questions mais pour chercher des
solutions pour le développement de notre département. Ceux qui poseront
des questions, trouveront eux-mêmes des réponses ».
L’on se
demande si le Rdpc avait besoin d’une mobilisation dans la Lékié
reconnue comme le bastion du parti proche du pouvoir. « Avec tout le
bordel qu’ils ont semé ici, c’est peut-être le retour de Louis Tobie
Mbida au pays qui les incite à vouloir se reformer. Avec ces gens, le
débat politique dans la Lékié est devenu difficile », réagit en
sourdine quelqu’un dans la salle. Personne ne veut être identifié de
peur des représailles. Seul le jeune président de la section Ojrdpc de
la Lékié-Sud Me Odi aura le courage de dire ce qui est chuchoté dans la
salle : « je n’ai pas grand-chose à dire car, je n’ai pas été notifié
de ma présence ici ». Il est repoussé par le protocole sans aucun
ménagement. Cet incident arrive alors que le Dg de l’Enam et le
ministre Henri Eyebe Ayissi, deux frères qui font la politesse des
grands, avaient déjà fait des exposés sur « le rôle des élites dans le
fonctionnement du Rdpc » et « les modalités de contributions des élites
de la Lékié aux activités du Rdpc ».
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Discours |
Si
le premier orateur a été un peu courtois, le second n’est pas allé de
main morte pour étaler ses égoïsmes, démontrant aux yeux de tous
pourquoi il soutient le Rdpc. « Parce que c’est le père fondateur du
Rdpc qui est le détenteur et le gestionnaire du pouvoir de nomination
et d’investiture », explique Henri Eyebe Ayissi le ministre des
Relations extérieures. Pour faire croire à l’assistance qu’il y a une
menace qui vient de l’extérieur, il explose : « il faut éviter le choix
de l’aventure, éviter le choix de la fuite en avant en combattant les
ministres en poste. Il ne faut pas aller solliciter des partenaires à
l’étranger pour venir affronter le président Paul Biya. C’est une
escroquerie politique qu’il faut éviter ». Jean Bernard Ndongo Essomba
ne va verser que dans les conseils. Même s’il choquera après les
esprits en faisant croire à l’assistance qu’après Biya, « c’est l’enfer
pour la Lékié ».
Et au chef du 1er degré de Lobo, Sa Majesté
Tchanga Manga VI de poser cette question on ne peut plus importante : «
est-ce que les coups bas et les divisions sont derrière nous ? » Tout
en laissant le soin à chacun d’y répondre, il va se montrer bon
pédagogue : « si nous ne sommes pas organisés, et mieux organisés, le
temps risque jouer contre nous ». Raison pour laquelle Pascal Mani, le
gouverneur de la région de l’Ouest, va demander aux uns et aux autres
de « changer de mentalités ». Et l’envoyé spécial du Comité central de
conclure : « les fils de la Lékié doivent être unis, solidaires et
engagés, au lieu de faire montre d’une unité de façade, d’une unité de
circonstance ». A chacun d’y comprendre quelque chose. En un mot, la
Lékié a mal à son élite.
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