Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël

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mokelembembe

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Feb 21, 2011, 12:21:23 PM2/21/11
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La présence du lion d'eau au Gabon est soupçonnée à cause d'une
étrange histoire survenue à un ami Marcel Halley, ancien maire de Port
- Gentil, grand chasszur devant l'éternel et broussard accomplit. Un
jour qu'il traquait des buffles dans un marécage, son attention ût
attirée par des râls puissants, en s'approchant il constata que
c'était un hippopotame gravement blessé qui agonisait. Il mit fin d'un
balle aux souffrances de la puvre bête et examinal'animal. A sa grande
surprise ce femelle hippo portait des blessures d'une taille et d'une
forme inhabituelle, leurs profondeurs étaient elles aussi
incompréhensibles. Il était impossible qu'elles soient la conséquence
d'un combat comme s'en livrent les mâles et la cicatrices de ces
blessures profondes semblaient avir été faites avec une lame
tranchante. Dans e biotope forestier semi - aquatique les lions sont
inconnus, leurs crocs de toute façon ne seraient pas assez longs pour
faire de telles cicatrices. Quant aux panthères leurs mâchoires sont
trop petites pour perçer le cuir d'un hippo.
J'ai moi - même tué un hippopotame portant exactement les mêmes
cicatrices placées aux mêmes endroits: le cou, la gorge, le ventre.
Cet hippo était devenu dangerux, il chargeait les pirogues qui
effectuaient le transport des passagers entre Fort - Lamy au Tchad et
Fort Foureau au Cameroun ( aujourd'hui les villes de N'Djamena et
Kousseri ). A cette époque j'étais Chef de travaux aux Parcs Nationaux
du Tchad et j'avais une commission de Lieutenant des Chasses pour
effectuer les battuesadministratives et abattre les animaux dangereux.
Je ne me rappelle plus si l'animal était un mâle ou une femelle, par
cntre je me souviens avoir été étonné de la taille et de la forme des
blessures dont certaines étaient assez profondes pour y plonger
l'avant - bras. Ce qui m'avais surpris c'est que le cuir de l'animal
semblait avoir été taillé aussi profondemment par un rasoir géant; en
effet les lèvres des blessures étaient franches comme si une lame
avait été plongée profondemment dans leschairs. Quel animal avait bien
pu faire de telles blessures ? Un autre hippo? Peut ptobable car si
les terribles poignards que portent ces animaux dans leur gueule sont
capables de faire es blessures aussi profondes en aucun cas ils ne
peuvent en faire d'aussi larges. Fauves aquatiques énigmatiques ?
Rhinocéros aquatique inconnu ?
Les populations locales abandonnent souvent ces régions
devenuesinhospitalières pour se rapprocher des grands centres urbains.
Au fil des ans la brousse s'est ainsi désertifiée de ses populations
laissant de vastes espaces complétement vides de toute présence
humaine et c'est peut - être là que survivent encore quelques
représentants de cette faune inconnue, jadis entraperçue par un
autochtone, chercheur e miel sauvage, ou au hasard d'une prospection
lointaine qui l'avait emmené à plusieurs jours de marche de son
village.

Michel RAYNAL

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Feb 21, 2011, 1:45:56 PM2/21/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Lors d'un colloque cryptozoologique en Belgique en 2005, j'ai présenté un
point de vue critique sur ces traces d'agression, en démontrant notamment
qu'il était physiquement impossible qu'elles aient été faites par un félin à
dents en sabre.

En effet, le record est détenu par le Smilodon, avec des canines supérieures
de 20 cm de long pour 4 ou 5 cm de diamètre à la base. Smilodon vivait
d'ailleurs en Amérique, les félins à dents en sabre fossiles connus en
Afrique (Machairodus, Megantereon, Homotherium...) possédaient des canines
plus petites.
En tout cas, même un Smilodon aurait été incapable d'infliger une blessure
aussi large et aussi profonde que celles décrites par Maurice Halley :
"au centre de la poitrine il y a un trou où j'enfonce la plus grande partie
de mon avant-bras." (cité par Bernard HEUVELMANS, Les félins encore inconnus
d'Afrique, 2007, p.226 et voir photo en pièce jointe)

ou par Christian Le Noël" :
"J’ai moi-même tué un hippopotame portant exactement les mêmes cicatrices


placées aux mêmes endroits : le cou, la gorge, le ventre. Cet hippo était

devenu dangereux, il chargeait les pirogues. […]. Je ne me rappelle plus si
l’animal était un mâle ou une femelle. En revanche, je me souviens avoir été


étonné de la taille et de la forme des blessures dont certaines étaient

assez profondes pour y plonger l’avant-bras." (Christian LE NOËL, Les
créatures inconnues d’Afrique Centrale, 1999).

Pour moi, de telles blessures, aussi larges et aussi profondes, n'ont pu
être infligées que par d'autres hippopotames (dont les défenses ont la
taille requise, et dont les mâles usent notamment lors de joutes parfois
mortelles pour conquérir les femelles), ou par des éléphants (et lors de ce
colloque j'avais présenté nombre de documents sur des rhinocéros éventrés
par des éléphants en Afrique du Sud : voir photo en pièce jointe), voire par
le mystérieux "rhinocéros de forêt" -- mais certainement pas par un félin.

Michel RAYNAL

-----Message d'origine-----
De : mokelembe...@googlegroups.com
[mailto:mokelembe...@googlegroups.com] De la part de mokelembembe
Envoyé : lundi 21 février 2011 18:21
À : mokelembembegroups
Objet : Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël

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Jean-François Floch

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Feb 21, 2011, 2:17:07 PM2/21/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Michel,

Je te rejoins. Un fauve à dents de sabre aurait un très gros problème
pour porter de telles blessures... a commencer par l'angle d'ouverture
de la mâchoire. Il ne faut pas non plus oublier la chasse
traditionnelle. Christian, toi qui connais bien la grande faune
africaine, tu as déjà vue des grands animaux avec des blessures
spectaculaires... laissées par les grandes lames tranchantes des
sagaies. Une grande sagaie fait 30 à 50 cm de lame et coupe comme un
rasoir.

Si non, pour l'éléphant pygmée, il faudrait que je reprenne contact
avec Daniel Henriot, un des plus grands guides de grandes chasses
d'Afrique qui a si longtemps parcouru le Gabon, le Congo et la RCA. Il
m'a parlé des éléphants de forêt, qui pour lui, étaient beaucoup plus
petits que ceux de savane et qui étaient très agressifs et... beaux
porteurs (taille des défenses).

J'essaie de retrouver ses coordonnées et je tente d'avoir des infos.

Amitiés,


JF Floch

Le 21 févr. 11 à 19:45, Michel RAYNAL a écrit :

> <2halley.jpg><rhino.bmp>

MICHEL BALLOT

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Feb 21, 2011, 3:59:04 PM2/21/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Chers Jean - François et Michel,

Sur votre hypothèse selon laquelle les blessures infligées à certains hippos ne peuvent provenir d'un félin à dents en sabre je ne suis pas de votre avis. Il est vrai que ces dernières peuvent provenir de l'homme grâce à des sagaies puissantes ou de combat entre mâles mais je crois que ces hypothèses ne tiennent pas faceaux multiples témoignages historiques.
Dans ma recherche personnelle j'ai pu relever dans ma zone de travail des témoignages faisant référence à une grosse panthère de l'eau qui n'h"site pas à s'attaquer aux gorilles qui s'aventurent près des berges de la Boumba. Je n'ai pu encore cerner la morphologie de cet animal hyper discret qui sévit tôt le matin et tard dans la nuit. Il est vrai que les berges de la Boumba sont tellement inhospitalières que l'observation des même en plein jour s'avère difficile.
Sur le félin à dents en sabre et les blessures qu'il a pu affliger, vous connaissez le rapport de Madame V. Nolde ( 1939) qui a publié un compte rendu unique sur le Coje ya menia d'Angola:

..." il poursuit les hippopotames dont il est l'ennemi le plus terrible et ceux - ci fuient devant lui et préfèrent quitter les lieux Cette fuite de l'hippopotame devant le Coje ya menia, je l'ai entenduementionner maintes et maintes fois et elle concorde avec ce que Schomburgk rapporte. Il se poursuit un poursuiteeffrénée entre l'agresseur et un hippo en fuite qui est pourchassé aussi bien sur terre que dans l'eau. Le Coje ya menia le tue mais ne le dévore pas, il le réduit en lambeaux au moyen de ses défenses ou de ses crocs."...

Mais il faut bien préciser que V.Nolde faisant référence aux témoignages et descriptions des populations locales estime quant à la description de l'animal qu'il " semblait ( les témoignages ) se rapporter à un pachyderme muni de dents puissantes dont il se serviraimme d'armes blanches".
Est - ce finalement bien un félin ?
V. Nolde a aussi fait son enquête auprès des colons et elle a en particulier rencontrer deux portugais qui avaient des renseigneements à lui donner:
"Le Coje ya menia avait poursuivi un hippopotame, la nuit précédente le long du fleuve. Accompagné de plusieurs indigènes il avait suivit la piste. Les herbes piétinées,la terre retournée et les traces très nettes dans le sol mou de la rive lui avaient montré la route empruntée par l'hippopotame au cours de sa fuite éperdue. Les portugais décrivaent ses traces comme plus petites que celles de l'hipopotame en reppelant par sa structure celle de l'élphant, donc comme des empreintes circulaires, avec la marqe des orteils sous la plante des pieds. Ils avaient découvert le corps de l'hippopotame tué au milieu d'une zone d'herbes et de buissons piétinés qui faisait penser à un champ de bataille. Le corps énorme de l'hippopotame était complétement déchiqueté, la chair sillonée de longues entailles comme si elle avait été lacérée à coups de catana".

Pour étayer la thèse du félin il faut aussi se souvenir de la description de J.A. Jordan sur un félin monstreux sur le fleuve Maggori près de la Tanzanie. Lorsqu'il décrit la tête il fait référence à la lionne quant à sa grosseur mais ayant la forme de celle du léopard " avec deux longues défenses blanches dirigées vers le bas qui lui sortaient tout droit de la mâchoire supérieure".

Cordialement

Michel Ballot



> Message du 21/02/11 20:17
> De : "Jean-François Floch"
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à :
> Objet : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël

Christian le Noël

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Feb 22, 2011, 9:58:23 AM2/22/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Cliquez-moi!
En tous cas les blessures vues sur l'Hippo tué dans le Chari en face de fort Lamy  à l'époque où j'étais lieutenant des chasses,( chargé par le service des chasses de tuer les animaux dangereux, ayant tué des gens, éléphants,  hippos ,lions)  n'ont pas pu être faites par des sagaies, Elles étaient trop profondes ( le cuir et la couche de graisse de la peau d'un hippo ( 15 cm) est trop épaisse, d'ailleurs les africains chassent l'hippo au harpon à flotteur) et surtout trop longues près d'un mètre et très profondes, Mais les lèvres en étaient nettes comme faite avec un couteau, il est pourtant peu probable que se soit avec des dents d'Hippo, en effet  les mâles se battent avec les deux dents rondes placées horizontalement dans la mâchoire inférieure , seules les dents verticales pourraient infliger des coupures mais comment, là encore cela ferait des trous et non de longues estafilades ? 
 
 
 
 
-------Message original-------
 
Date : 21/02/2011 21:59:11
Sujet : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
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MICHEL BALLOT

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Feb 22, 2011, 12:07:01 PM2/22/11
to mokelembe...@googlegroups.com




Bonsoir,

Il est fort probable que la technique de chasse d'un éventuel félin à dents en sabre vivant encore de nos jours dans des zones marécageuses et fluviales éloignées se rapprocherait des machairodontes connus paléontologiquement; avec quand même une variante qui doit être prise en considération : le milieu semi - aquatique. Les machairodontes disparurent de leur biotope naturel à cause du développement de la chasse avec l'Homme et dût reculer de leurs territoires.
Une espèce de carnassier aquatique aura du se spécialiser surtout en développant ses membres certainement très puissants par le contact avec l'eau, la vase, etc... Il se peut en contre partie que ses canines démesurées originellement se soient rétrécies mais soient aussi devenues moins fragiles.
Nous savons que les machairodontes tuaient leurs victimes essentiellemnt en s'attaquant au ventre ou à la gorge, nous savons que le smilodon de l'autre côté de l'Atlantique s'attaquait aux Paresseux géants, alors pourquoi un descendant de machairodontes ne pourrait - il pas s'attaquer à un hippo ?
Lors de mes recherches sur le félin aquatique de la rivière Boumba au Cameroun les rares témoins qui ont eu un contact visuel avec ce prédateur l'ont décrit comme bien plus gros qu'un lion, avec une sorte de crinière autour de la tête mais n'ont pas tous insisté sur une longueur excessive des canines. J'ai seulement deux témoignages qui me précisent que les dents du haut sortaient de la gueule de l'animal.

Cordialement

Michel Ballot
> Message du 22/02/11 15:58
> De : "Christian le Noël
"
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à :
> Objet : Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
>
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Jean-François Floch

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Feb 22, 2011, 3:54:48 PM2/22/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Bonsoir,

Pour répondre à Christian de Noël, le crâne de lamantin n'était pas en RCA au haut Chinko, mais en Guinée-Bissau.
Il y a confusion dans la lecture de mes propos.
J'ai parlé de Daniel (Henriot) en tant que spécialiste de terrain, fort connu de cette partie là de l'Afrique, pour le sujet de l'éléphant pygmée. Alors que je prenais pour exemple cette affaire de crâne de lamantin (en lieu et place d'un crâne de fauve ou de mustélidé) pour illustrer le fait que les croyances locales pouvaient engendrer des confusions sur les espèces bien que les "broussards" connaissent très bien les animaux.

Pour ce qui est de l'éléphant pygmée, Christian, tu dis bien avoir rencontré personnellement cette espèce. Donc tu en connais la taille avec une assez grande précision. Tu es bien guide de chasse ? Donc tu es capable de jauger de la taille d'un trophée à quelques centimètres prés. Donc la seule question valable est: pour toi quelle est la taille des éléphants pygmées mâle adulte ?

Pour ce qui est de l'hippo et d'un félin à dents de sabre. J'ai quelques problèmes. J'ai déjà vu des traces de blessures sur des hippos... de très grandes balafres aux bords coupés comme par une lame... suite à une bagarre entre mâle (bagarre auquel j'ai assisté, le perdant en est mort quelques jours après). C'est du à un mouvement très connu de la tête lors du combat. Le mâle donne des coups de tête latéraux et les dents coupent sans faire la trace de poignard que l'on connait aussi (qui elle est due au coup de tête de bas en haut). Enfin, j'ai vu au Burkina un hippo abattu par des gardes car il avait tué des pêcheurs et des villageois... il était devenu très dangereux suite à une attaque à la sagaie. Il portait des ouvertures profondes de 15 à 20 cm sur une longueur de plus d'un mètre ! Comme fait par un rasoir géant. Il existe deux types de sagaies (mais ça tu le sais), la petite de jet et la grosse pour éventrer (éléphant, hippo, buffle). Je t'assure que la grosse ouvre n'importe quelle peau. Elle est utilisée soit en pénétration profonde pour atteindre un organe vital, soit, le plus souvent pour saigner la bête et la faire mourir d'hémorragie. C'était le cas pour les éléphants (éventrés) et les hippo quand ils n'étaient pas chassés au harpon (le harpon n'était/n'est pratiqué que dans certains lieux).

Donc peut-être existe-il un grand fauve inconnu, mais les traces que tu as vues (au moins il s'agit enfin d'un témoignage directe) sont-elles pour autant celles d'un tel fauve ? 

Amitiés,

JF Floch

Le 22 févr. 11 à 18:07, MICHEL BALLOT a écrit :





Bonsoir,

Il est fort probable que la technique de chasse d'un éventuel félin à dents en sabre vivant encore de nos jours dans des zones marécageuses et fluviales éloignées se rapprocherait des machairodontes connus paléontologiquement; avec quand même une variante qui doit être prise en considération : le milieu semi - aquatique. Les machairodontes disparurent de leur biotope naturel à cause du développement de la chasse avec l'Homme et dût reculer de leurs territoires. 
Une espèce de carnassier aquatique aura du se spécialiser surtout en développant ses membres certainement très puissants par le contact avec l'eau, la vase, etc... Il se peut en contre partie que ses canines démesurées originellement se soient rétrécies mais soient aussi devenues moins fragiles. 
Nous savons que les machairodontes tuaient leurs victimes essentiellemnt en s'attaquant au ventre ou à la gorge, nous savons que le smilodon de l'autre côté de l'Atlantique s'attaquait aux Paresseux géants, alors pourquoi un descendant de machairodontes ne pourrait - il pas s'attaquer à un hippo ? 
Lors de mes recherches sur le félin aquatique de la rivière Boumba au Cameroun les rares témoins qui ont eu un contact visuel avec ce prédateur l'ont décrit comme bien plus gros qu'un lion, avec une sorte de crinière autour de la tête mais n'ont pas tous insisté sur une longueur excessive des canines. J'ai seulement deux témoignages qui me précisent que les dents du haut sortaient de la gueule de l'animal.

Cordialement

Michel Ballot
> Message du 22/02/11 15:58
> De : "Christian le Noël
" 
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à : 
> Objet : Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
> 
>

MICHEL BALLOT

unread,
Feb 23, 2011, 7:52:14 AM2/23/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Voici deux belles photos de rhino ( noir et blanc ) qui se trouvent dans le livre :Le grand livre de la faune africaine et de sa chasse. 1954
Page 232
- sur le rhino noir : F. Edmond Blanc filmant un rhinoceros noir à cornes malformées abattu dans le Karagwé au Tanganyika
- sur le rhino blanc : vieille photo de provenance inconnue d'un rhinocérosà cornes exceptionnelles

Cordialement

Michel Ballot




> Message du 22/02/11 21:54

> De : "Jean-François Floch"
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à :
> Objet : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
>
> Bonsoir,


>

Pour répondre à Christian de Noël, le crâne de lamantin n'était pas en RCA au haut Chinko, mais en Guinée-Bissau.

Il y a confusion dans la lecture de mes propos.

J'ai parlé de Daniel (Henriot) en tant que spécialiste de terrain, fort connu de cette partie là de l'Afrique, pour le sujet de l'éléphant pygmée. Alors que je prenais pour exemple cette affaire de crâne de lamantin (en lieu et place d'un crâne de fauve ou de mustélidé) pour illustrer le fait que les croyances locales pouvaient engendrer des confusions sur les espèces bien que les "broussards" connaissent très bien les animaux.


>

Pour ce qui est de l'éléphant pygmée, Christian, tu dis bien avoir rencontré personnellement cette espèce. Donc tu en connais la taille avec une assez grande précision. Tu es bien guide de chasse ? Donc tu es capable de jauger de la taille d'un trophée à quelques centimètres prés. Donc la seule question valable est: pour toi quelle est la taille des éléphants pygmées mâle adulte ?


>

Pour ce qui est de l'hippo et d'un félin à dents de sabre. J'ai quelques problèmes. J'ai déjà vu des traces de blessures sur des hippos... de très grandes balafres aux bords coupés comme par une lame... suite à une bagarre entre mâle (bagarre auquel j'ai assisté, le perdant en est mort quelques jours après). C'est du à un mouvement très connu de la tête lors du combat. Le mâle donne des coups de tête latéraux et les dents coupent sans faire la trace de poignard que l'on connait aussi (qui elle est due au coup de tête de bas en haut). Enfin, j'ai vu au Burkina un hippo abattu par des gardes car il avait tué des pêcheurs et des villageois... il était devenu très dangereux suite à une attaque à la sagaie. Il portait des ouvertures profondes de 15 à 20 cm sur une longueur de plus d'un mètre ! Comme fait par un rasoir géant. Il existe deux types de sagaies (mais ça tu le sais), la petite de jet et la grosse pour éventrer (éléphant, hippo, buffle). Je t'assure que la grosse ouvre n'importe quelle peau. Elle est utilisée soit en pénétration profonde pour atteindre un organe vital, soit, le plus souvent pour saigner la bête et la faire mourir d'hémorragie. C'était le cas pour les éléphants (éventrés) et les hippo quand ils n'étaient pas chassés au harpon (le harpon n'était/n'est pratiqué que dans certains lieux).


>

Donc peut-être existe-il un grand fauve inconnu, mais les traces que tu as vues (au moins il s'agit enfin d'un témoignage directe) sont-elles pour autant celles d'un tel fauve ? 


>

Amitiés,


>

JF Floch


>

Le 22 févr. 11 à 18:07, MICHEL BALLOT a écrit :



>
>
>
> Bonsoir,
>
> Il est fort probable que la technique de chasse d'un éventuel félin à dents en sabre vivant encore de nos jours dans des zones marécageuses et fluviales éloignées se rapprocherait des machairodontes connus paléontologiquement; avec quand même une variante qui doit être prise en considération : le milieu semi - aquatique. Les machairodontes disparurent de leur biotope naturel à cause du développement de la chasse avec l'Homme et dût reculer de leurs territoires. 
> Une espèce de carnassier aquatique aura du se spécialiser surtout en développant ses membres certainement très puissants par le contact avec l'eau, la vase, etc... Il se peut en contre partie que ses canines démesurées originellement se soient rétrécies mais soient aussi devenues moins fragiles. 
> Nous savons que les machairodontes tuaient leurs victimes essentiellemnt en s'attaquant au ventre ou à la gorge, nous savons que le smilodon de l'autre côté de l'Atlantique s'attaquait aux Paresseux géants, alors pourquoi un descendant de machairodontes ne pourrait - il pas s'attaquer à un hippo ? 
> Lors de mes recherches sur le félin aquatique de la rivière Boumba au Cameroun les rares témoins qui ont eu un contact visuel avec ce prédateur l'ont décrit comme bien plus gros qu'un lion, avec une sorte de crinière autour de la tête mais n'ont pas tous insisté sur une longueur excessive des canines. J'ai seulement deux témoignages qui me précisent que les dents du haut sortaient de la gueule de l'animal.
>

> Cordialement
>
> Michel Ballot
> > Message du 22/02/11 15:58
> > De : "Christian le Noël
> " 
> > A : mokelembe...@googlegroups.com
> > Copie à : 
> > Objet : Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
> > 
> >

 

 

En tous cas les blessures vues sur l'Hippo tué dans le Chari en face de fort Lamy  à l'époque où j'étais lieutenant des chasses,( chargé par le service des chasses de tuer les animaux dangereux, ayant tué des gens, éléphants,  hippos ,lions)  n'ont pas pu être faites par des sagaies, Elles étaient trop profondes ( le cuir et la couche de graisse de la peau d'un hippo ( 15 cm) est trop épaisse, d'ailleurs les africains chassent l'hippo au harpon à flotteur) et surtout trop longues près d'un mètre et très profondes, Mais les lèvres en étaient nettes comme faite avec un couteau, il est pourtant peu probable que se soit avec des dents d'Hippo, en effet  les mâles se battent avec les deux dents rondes placées horizontalement dans la mâchoire inférieure , seules les dents verticales pourraient infliger des coupures mais comment, là encore cela ferait des trous et non de longues estafilades ? 


>


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Christian le Noël

unread,
Feb 25, 2011, 4:45:21 AM2/25/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Cliquez-moi!
Effectivement les balafres peuvent avoir étée faites avec des sagaies spéciales, mais ce type de sagaie est extrêmement rare, en plus de 20ans de brousse je n' en ai trouvé, et vu, qu' une seule et unique fois une véritable sagaie à éléphant,que j'ai acheté immédiatement,( voir la photo dans une des revues de l'AFRC) elle est aujourd'hui au musée Sommer à Paris elle fait 560 cm de long pour environ 20 cm de large elle est en deux parties repliées au centre, est extrêmement mince, de l' aipaisseur d'une feuille de papier Canson, et d'un acier très pur, une pichenette sur la lame donne un son  très clair, ces sagaies étaient faites pour la chasse traditionnelle à l'éléphant, emmanchée au bout d' une courte hampe, elle état enfoncèe dans l'aine de l'éléphant assoupi en pleine chaleur, la douille de ce fer de lance n' était pas fixé au manche car dans sa fuite l'éléphant aurait pu perdre le fer en passant dans les buissons ( cette chasse se pratiquait surtout en savane  arborée)  le fer restait donc dans la plaie la hampe partie, et les mouvements de la bête fuyant élargissaient la plaie située donc sous le ventre, à un endroit où la peau est la plus mince, et en contact avec l' estomac, qui se trouvait ainsi percé, et tout le liquide stomacal ressortait par la plaie par gravité, ors un éléphant de part sa masse ( 5 tonnes) et sa surface, en pleine chaleur ( 40 ° à l' ombre) se d' hésidrate très rapidement et dans ce cas, même s'il  trouve à boire, le liquide ressort immédiatement par gravité. Dernier point la douille de ce fer était sculptée aux marques de la famille qui la possédait, pour que l'on puisse atribuer ensuite l'éléphant à celui qui l'avait tué, j'ai un film pro  sur la chasse à l'hippo traditionnelle au Tchad à la sagaie, il n'y a aucune sagaie du type que je viens de décrire.
 
 
 
 
-------Message original-------
 
Date : 23/02/2011 13:52:18
Sujet : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
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MICHEL BALLOT

unread,
Feb 25, 2011, 6:12:53 AM2/25/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Merci Christian pour toutes ces précisions qui me confortent   dans le fait que les blessures profondes faites aux hippos peuvent provenir d'un animal qui n'est pas uniquement un hippo.

Michel




> Message du 25/02/11 10:45

> De : "Christian le Noël
"
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à :
> Objet : Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
>
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Jean-François Floch

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Feb 25, 2011, 2:16:27 PM2/25/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Bonsoir Christian,


Ta description correspond à celles de j'ai sur ce type de chasse à un détail pré. J'ai une autre version de chasse à l'éléphant avec ce type de sagaie.

L'homme fais un trou d'homme sur un passage connu des éléphants. Il s'y cache et se recouvre d'herbe et de branchage. Lors du passage de l'éléphant il enfonce sa sagaie dans le ventre. L'éléphant surpris commence par accélérer pour s'éloigner de la zone ou il a eu mal. Par cette attitude il est éventré et se vide en effet de ses fluides. Il est dit qu'après s'être écarté, l'éléphant cherche à charger. Si le chasseur n'est pas identifié, l'éléphant s'en va. Si non, le chasseur est en très mauvaise situation. Enfin, toujours pour les éléphants il m'a été rapporté que les chasseurs à cheval utilisaient ces grande sagaies pour couper le tendon d'une patte de l'éléphant. Celui-ci trop lourd ne peut pas avancer sur trois pattes ce qui permet de le tuer par hémorragie à l'aide de sagaie de jet.  

Pour ces grandes sagaies, j'ai eu l'occasion d'en avoir une en main. En effet, un de mes pisteurs (un vrai coureur de brousse - qui ne vivait plus avec les hommes), a qui j'avais demandé comment il chassait le buffle à la sagaie, m'a répondu: demain je vais amener !
Le lendemain il est venu avec trois petites sagaies de jet et une sagaie à très gros manche et grande lame très dure et très longue. Il m'a dit: tu vois le buffle, tu l'énerve, il vient, tu lance la petite sagaie, ça le buffle il aime pas, tu lance la deuxième et la troisième sagaie de jet, là patron le buffle il est très fâché, il attaque. Tu te mets à genoux et tu plante la grande sagaie dans la terre, le buffle il arrive, tu passe la sagaie sous sa tête, la lame rentre et le coupe la colonne (au niveau des cervicales). là il tombe sur toi, sa fait très mal, mais lui il est mort !
Inutile de te dire que je lui ai demandé comment il pouvait être certain de bien planter sa sagaie, sa réponse a été : ça c'est très dur !

J'ai fait pas mal de connerie, mais celle-là, je ne l'ai pas faite ! Je n'ai pas tenté le buffle à la sagaie !

Cette sagaie n'est pas faite juste pour saigner le gibier elle a pour fonction de tuer, jusqu'au buffle. par contre, pour les très gros (hippo et éléphant) elle sert par contre à saigner ou vider l'animal de ces fluides.

Amitiés,

JF Floch 


Le 25 févr. 11 à 10:45, Christian le Noël a écrit :

Christian le Noël

unread,
Feb 26, 2011, 2:38:14 AM2/26/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Cliquez-moi!
la chasse à l'éléphant en se cachant dans un trou, à ma connaissance  ne se pratique que par les pygmées en forêt, sur les sentiers que tracent les éléphant dans la sylve, et se pratique avec une sagaie avec un fer étroit , les pygmées sont incapables de fabriquer une vrai sagaie à éléphant comme celle de savane, eux même et sur la cache ils mettent des excréments d'éléphant pour cacher leur odeur,  les éléphants ne marchent jamais sur leur excrément, ils l' enjambe toujours,il y a une chasse à l'éléphant en forêt  par les pygmées qui a été réalisé en RCA par Hans Steinfurth qui est un de mes amis, et que je dois avoir, mais en allemand. La chasse de l'éléphant avec la large sagaie ne se pratique pas dans un trou, elle se pratique seul et debout, la chasse avec les chevaux se pratiquait  au Tchad par les chasseurs du Sultan de Bousso Mahamat Douba Alifa,un de mes ami qui est mort l'année dernière,  là encore j'ai une vidéo qui a été  réalisée en 1970 par Jean -Jacques Ducos de Paris celui qui m'a photographié et filmé devant une charge d'éléphant. Effectivement c'est une lance à fer étroit emmanché sur un long bambou d'au moins 4 m, bambou que l'on trouve dans cette région.Il y a aussi un livre que j'ai,  qui a été réalisé par un technicien belge, Froment et très bien illustré sur cette chasse  pratiquée par les cavaliers Tchadiens et Soudannais dans le parc National de La Gounda-st Floris en RCA.
Quand à la chasse au buffle à la sagaie je ne l'ai vue pratiqué que dans la Likouala aux Herbes par les piroguiers Bomitabas lorsque la brousse est innondée et que les petits buffles de forêts sont rassemblé sur un petit îlot il sont encerclés par des pirogues "moustique" une personne ou deux à bord et lardés de petites sagaies les buffles sont incapable de charger dans l'eau.
Quant à tuer un buffle avec une sagaie plantée à terre je suis septique, un buffle de savane fait au moins 4 à 5 cents kilos, lancé il ne peut pas être arrêté par une sagaie si épaisse soit elle, de toute façon un buffle qui charge a la tête baissée et le fer de sagaie ne pourrait toucher que le bandeau du crâne très épais, le fer ne pourrait pas traverser le bandeau, la boite crâniènne et le cerveau. De plus le buffle n' est pas comme les toros de combat espagnols, qui chargent tout droit , le buffle africain a une corne préférée, soit à droite soit à gauche,(les vieux buffle ont cette corne usée d'un côté seulement), il encorne en se servant d'une seule corne, avec un mouvement de côté de toute la tête, ce qui lui permet de continuer à voir son adversaire, et c'est celà qui le rend extrèmement dangereux.
 
 
 
 
-------Message original-------
 
Date : 25/02/2011 20:16:32
Sujet : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
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Jean-François Floch

unread,
Feb 26, 2011, 12:53:34 PM2/26/11
to mokelembe...@googlegroups.com
En effet Christian, cette chasse à l'éléphant "au trou" est décrite aussi en pays Pygmée (que je ne connais pas). Moi, c'est en Guinée et Sierra-Leone que j'ai entendu la description de cette technique par des chasseurs traditionnels locaux (donc pas des Pygmées). Ils m'ont décrit cette pratique en zone forestière fermée ou il est impossible de fuir devant un éléphant (densité du sous-bois et/ou entrées de marécages). D'où le fait qu'ils n'utilisaient pas la sagaie de jet.

Ne pas oublier que chaque écosystème engendre, pour la même espèce, des adaptations comportementales. Il en va des prédateurs comme des herbivores. 

Si en effet le buffle charge en baissant la tête et donnant des coups de gauche et de droite, mon pisteur d'alors était un chasseur initié, véritable coureur de brousse (ne vivant plus avec les hommes). Il avait de très belles cicatrices sur le corps, témoignage de ces chasses "viriles" du buffle ou du lion. Sa technique de chasse du buffle à la sagaie, que je n'ai pas tenté ni à laquelle j'ai peu assister, consistait en effet à provoquer une charge. Il s'agenouillait avec sa grande sagaie (+/- 4 m de manche, non pas en bambou, mais en bois de fer). Sagaie presque posée au sol. Sont "principe" était de relever la pointe au dernier moment pour passer sous la tête et utiliser le mouvement du buffle pour qu'il s'empale à la base du coup. L'objectif étant le couper la colonne vertébrale, pas d'atteindre le coeur. Et, selon, ses dires, le buffle finissait sa course sur le chasseur, mais mort (le buffle... et à mon avis le chasseur aussi - sauf que lui était vivant quand il m'expliquait la chose) !

Il portait deux grandes cicatrices dues à deux lions qui avant de mourir avaient eu le temps du lui lacérer la poitrine d'un coup de patte. Il chassait le lion avec un vieux fusil de traite utilisant une poudre noire assez peu efficace, la charge étant constituée d'écrous, de ferrailles divers, voir de pierres. Sa technique consistait à attendre le lion sur une charogne. A l'arrivée de ce dernier, selon "l'attitude" du lion, soit il l'attendait, soit il se jetait sur lui pour lui enfoncer le canon du fusil dans la gueule et tirer. D'où les coups de pattes !      

La grande sagaie qu'il avait apporté avait visiblement servit plusieurs fois (pas forcément que pour du buffle, je pense qu'il tuait les grandes antilopes avec).

Enfin, pour avoir attendu le dernier moment pour tirer sur un buffle (jeune adulte), non pas en charge, mais en fuite du mauvais côté (avec tout le troupeau), j'ai eu le plaisir de connaître l'effet d'un buffle de +/- 350 kg qui fini sa couse, mort, sur vous. C'est impressionnant et ça fait assez mal. Nous étions trois, nous avions mal partout mais personne n'a eu quoique ce soit de cassé. Donc sa technique de chasse à la sagaie, quoique suicidaire (mais bien dans son caractère) était plausible. Mais, tu vois, à cette époque je faisais pas mal de conneries "juste pour voir", mais celle-là, je ne l'ai pas senti. 

Enfin, toujours dans ces contrées (Sénégal oriental, Guinée, Mali), les chasseurs traditionnels, s'ils n'utilisaient pas le fusil de traite (tous n'en avaient pas), utilisaient des grandes sagaies pour saigner les hippo... hors de l'eau, lorsqu'ils sortent ou entre dans l'eau. Contrairement à d'autres lieux, dans ces contrées, lorsque j'y étais, les chasseurs traditionnels chassaient seuls ou à deux ou trois, pas en groupe importants. Pas de battues. Les chiens et les battues n'étaient utilisés que par les chasseurs "villageois" pas par les chasseurs initiés. J'ai même vu un piège à hippo constitué de deux grandes sagaies arrimées à des arbres qui dépassaient de part et d'autre d'un goulet de sortie de l'eau. Le principe consistait à faire du bruit jusqu'au couché du soleil (de façon à ce que l'hippo ne sorte pas avant la nuit), puis le laisser s'engager dans le goulet de sortie avant de passer derrière lui en faisant le maximum de bruit. Comme tu le sais, quand le goulet est étroit, l'hippo ne tente pas un demi tour, ni une marche arrière. Il sort d'abord, puis fait demi tour. Donc selon les chasseurs traditionnel, l'hippo passe en force et s'éventre. Si les blessures ont été assez profondes, il meurt généralement dans la nuit.   

Au Burkina, les traces que j'ai vu sur cet hippo devenu dangereux, étaient celles de grandes sagaies, pas de sagaies de jet. L'animal n'était pas mortellement blessé, mais les entailles étaient impressionnantes. D'où, une fois encore, ma très grande prudence quand aux explications menants à des prédateurs inconnus et extraordinaires. Je préfère d'abord éliminer tous les cas qui peuvent trouver une réponse dans les éléments connus. On oubli souvent la grande diversité africaine dans les pratiques et les techniques... et une fois encore les comportements des animaux selon le lieu. 

Amitiés,

JF Floch 

Le 26 févr. 11 à 08:38, Christian le Noël a écrit :

Christian le Noël

unread,
Feb 27, 2011, 5:03:23 AM2/27/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Cliquez-moi!
la description de la chasse au buffle par ce chasseur indigène, qui ne peut avoir inventé cela, me semble assez exacte morphologiquement, car c'est la technique des guides chasses pros, pour arrêter la charge d'un buffle de face, tirer sous le menton, bien dans l'axe du cou, cela effectivement fracture à tous les coups la colonne vertébrale, qui monte vers la tête,
n' importe où sur cette colonne, à condition que cela soit bien centré. On tue aussi quelque fois à courte distance  en tirant sur le cou perpendiculairement, mais c'est plus risqué car cela peur passer au dessus ou en dessous des os de la colonne vertébrale. 
 
 
bien amicalement
 
-------Message original-------
 
Date : 26/02/2011 18:53:39
Sujet : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
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MICHEL BALLOT

unread,
Apr 27, 2011, 4:42:59 AM4/27/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Bonjour Christian,

Mauvaise nouvelle pour ce we je ne peux venir Angeline travaillant les deux jours je n'ai personne pour garder les petites sinon moi.
Impossible pour elle de déplacer ces deux jours avec ses collègues
Je suis vraiment désolé car j'aurai tellement aimé participer à cette conférence
Cordialement à toi





> Message du 27/02/11 11:03

> De : "Christian le Noël
"
> A : mokelembe...@googlegroups.com
> Copie à :
> Objet : Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
>
>

la description de la chasse au buffle par ce chasseur indigène, qui ne peut avoir inventé cela, me semble assez exacte morphologiquement, car c'est la technique des guides chasses pros, pour arrêter la charge d'un buffle de face, tirer sous le menton, bien dans l'axe du cou, cela effectivement fracture à tous les coups la colonne vertébrale, qui monte vers la tête,

n' importe où sur cette colonne, à condition que cela soit bien centré. On tue aussi quelque fois à courte distance  en tirant sur le cou perpendiculairement, mais c'est plus risqué car cela peur passer au dessus ou en dessous des os de la colonne vertébrale. 

bien amicalement

-------Message original-------

De : Jean-François Floch

Date : 26/02/2011 18:53:39

A : mokelembe...@googlegroups.com

Sujet : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël

En effet Christian, cette chasse à l'éléphant "au trou" est décrite aussi en pays Pygmée (que je ne connais pas). Moi, c'est en Guinée et Sierra-Leone que j'ai entendu la description de cette technique par des chasseurs traditionnels locaux (donc pas des Pygmées). Ils m'ont décrit cette pratique en zone forestière fermée ou il est impossible de fuir devant un éléphant (densité du sous-bois et/ou entrées de marécages). D'où le fait qu'ils n'utilisaient pas la sagaie de jet.


>

Ne pas oublier que chaque écosystème engendre, pour la même espèce, des adaptations comportementales. Il en va des prédateurs comme des herbivores. 


>

Si en effet le buffle charge en baissant la tête et donnant des coups de gauche et de droite, mon pisteur d'alors était un chasseur initié, véritable coureur de brousse (ne vivant plus avec les hommes). Il avait de très belles cicatrices sur le corps, témoignage de ces chasses "viriles" du buffle ou du lion. Sa technique de chasse du buffle à la sagaie, que je n'ai pas tenté ni à laquelle j'ai peu assister, consistait en effet à provoquer une charge. Il s'agenouillait avec sa grande sagaie (+/- 4 m de manche, non pas en bambou, mais en bois de fer). Sagaie presque posée au sol. Sont "principe" était de relever la pointe au dernier moment pour passer sous la tête et utiliser le mouvement du buffle pour qu'il s'empale à la base du coup. L'objectif étant le couper la colonne vertébrale, pas d'atteindre le coeur. Et, selon, ses dires, le buffle finissait sa course sur le chasseur, mais mort (le buffle... et à mon avis le chasseur aussi - sauf que lui était vivant quand il m'expliquait la chose) !


>

Il portait deux grandes cicatrices dues à deux lions qui avant de mourir avaient eu le temps du lui lacérer la poitrine d'un coup de patte. Il chassait le lion avec un vieux fusil de traite utilisant une poudre noire assez peu efficace, la charge étant constituée d'écrous, de ferrailles divers, voir de pierres. Sa technique consistait à attendre le lion sur une charogne. A l'arrivée de ce dernier, selon "l'attitude" du lion, soit il l'attendait, soit il se jetait sur lui pour lui enfoncer le canon du fusil dans la gueule et tirer. D'où les coups de pattes !      


>

La grande sagaie qu'il avait apporté avait visiblement servit plusieurs fois (pas forcément que pour du buffle, je pense qu'il tuait les grandes antilopes avec).


>

Enfin, pour avoir attendu le dernier moment pour tirer sur un buffle (jeune adulte), non pas en charge, mais en fuite du mauvais côté (avec tout le troupeau), j'ai eu le plaisir de connaître l'effet d'un buffle de +/- 350 kg qui fini sa couse, mort, sur vous. C'est impressionnant et ça fait assez mal. Nous étions trois, nous avions mal partout mais personne n'a eu quoique ce soit de cassé. Donc sa technique de chasse à la sagaie, quoique suicidaire (mais bien dans son caractère) était plausible. Mais, tu vois, à cette époque je faisais pas mal de conneries "juste pour voir", mais celle-là, je ne l'ai pas senti. 


>

Enfin, toujours dans ces contrées (Sénégal oriental, Guinée, Mali), les chasseurs traditionnels, s'ils n'utilisaient pas le fusil de traite (tous n'en avaient pas), utilisaient des grandes sagaies pour saigner les hippo... hors de l'eau, lorsqu'ils sortent ou entre dans l'eau. Contrairement à d'autres lieux, dans ces contrées, lorsque j'y étais, les chasseurs traditionnels chassaient seuls ou à deux ou trois, pas en groupe importants. Pas de battues. Les chiens et les battues n'étaient utilisés que par les chasseurs "villageois" pas par les chasseurs initiés. J'ai même vu un piège à hippo constitué de deux grandes sagaies arrimées à des arbres qui dépassaient de part et d'autre d'un goulet de sortie de l'eau. Le principe consistait à faire du bruit jusqu'au couché du soleil (de façon à ce que l'hippo ne sorte pas avant la nuit), puis le laisser s'engager dans le goulet de sortie avant de passer derrière lui en faisant le maximum de bruit. Comme tu le sais, quand le goulet est étroit, l'hippo ne tente pas un demi tour, ni une marche arrière. Il sort d'abord, puis fait demi tour. Donc selon les chasseurs traditionnel, l'hippo passe en force et s'éventre. Si les blessures ont été assez profondes, il meurt généralement dans la nuit.   


>

Au Burkina, les traces que j'ai vu sur cet hippo devenu dangereux, étaient celles de grandes sagaies, pas de sagaies de jet. L'animal n'était pas mortellement blessé, mais les entailles étaient impressionnantes. D'où, une fois encore, ma très grande prudence quand aux explications menants à des prédateurs inconnus et extraordinaires. Je préfère d'abord éliminer tous les cas qui peuvent trouver une réponse dans les éléments connus. On oubli souvent la grande diversité africaine dans les pratiques et les techniques... et une fois encore les comportements des animaux selon le lieu. 


>

Amitiés,


>

JF Floch 


>

Le 26 févr. 11 à 08:38, Christian le Noël a écrit :


la chasse à l'éléphant en se cachant dans un trou, à ma connaissance  ne se pratique que par les pygmées en forêt, sur les sentiers que tracent les éléphant dans la sylve, et se pratique avec une sagaie avec un fer étroit , les pygmées sont incapables de fabriquer une vrai sagaie à éléphant comme celle de savane, eux même et sur la cache ils mettent des excréments d'éléphant pour cacher leur odeur,  les éléphants ne marchent jamais sur leur excrément, ils l' enjambe toujours,il y a une chasse à l'éléphant en forêt  par les pygmées qui a été réalisé en RCA par Hans Steinfurth qui est un de mes amis, et que je dois avoir, mais en allemand. La chasse de l'éléphant avec la large sagaie ne se pratique pas dans un trou, elle se pratique seul et debout, la chasse avec les chevaux se pratiquait  au Tchad par les chasseurs du Sultan de Bousso Mahamat Douba Alifa,un de mes ami qui est mort l'année dernière,  là encore j'ai une vidéo qui a été  réalisée en 1970 par Jean -Jacques Ducos de Paris celui qui m'a photographié et filmé devant une charge d'éléphant. Effectivement c'est une lance à fer étroit emmanché sur un long bambou d'au moins 4 m, bambou que l'on trouve dans cette région.Il y a aussi un livre que j'ai,  qui a été réalisé par un technicien belge, Froment et très bien illustré sur cette chasse  pratiquée par les cavaliers Tchadiens et Soudannais dans le parc National de La Gounda-st Floris en RCA.

Quand à la chasse au buffle à la sagaie je ne l'ai vue pratiqué que dans la Likouala aux Herbes par les piroguiers Bomitabas lorsque la brousse est innondée et que les petits buffles de forêts sont rassemblé sur un petit îlot il sont encerclés par des pirogues "moustique" une personne ou deux à bord et lardés de petites sagaies les buffles sont incapable de charger dans l'eau.

Quant à tuer un buffle avec une sagaie plantée à terre je suis septique, un buffle de savane fait au moins 4 à 5 cents kilos, lancé il ne peut pas être arrêté par une sagaie si épaisse soit elle, de toute façon un buffle qui charge a la tête baissée et le fer de sagaie ne pourrait toucher que le bandeau du crâne très épais, le fer ne pourrait pas traverser le bandeau, la boite crâniènne et le cerveau. De plus le buffle n' est pas comme les toros de combat espagnols, qui chargent tout droit , le buffle africain a une corne préférée, soit à droite soit à gauche,(les vieux buffle ont cette corne usée d'un côté seulement), il encorne en se servant d'une seule corne, avec un mouvement de côté de toute la tête, ce qui lui permet de continuer à voir son adversaire, et c'est celà qui le rend extrèmement dangereux.
>

-------Message original-------

De : Jean-François Floch

Date : 25/02/2011 20:16:32

A : mokelembe...@googlegroups.com

Sujet : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël

Bonsoir Christian,


>


>

Ta description correspond à celles de j'ai sur ce type de chasse à un détail pré. J'ai une autre version de chasse à l'éléphant avec ce type de sagaie.


>

L'homme fais un trou d'homme sur un passage connu des éléphants. Il s'y cache et se recouvre d'herbe et de branchage. Lors du passage de l'éléphant il enfonce sa sagaie dans le ventre. L'éléphant surpris commence par accélérer pour s'éloigner de la zone ou il a eu mal. Par cette attitude il est éventré et se vide en effet de ses fluides. Il est dit qu'après s'être écarté, l'éléphant cherche à charger. Si le chasseur n'est pas identifié, l'éléphant s'en va. Si non, le chasseur est en très mauvaise situation. Enfin, toujours pour les éléphants il m'a été rapporté que les chasseurs à cheval utilisaient ces grande sagaies pour couper le tendon d'une patte de l'éléphant. Celui-ci trop lourd ne peut pas avancer sur trois pattes ce qui permet de le tuer par hémorragie à l'aide de sagaie de jet.  


>

Pour ces grandes sagaies, j'ai eu l'occasion d'en avoir une en main. En effet, un de mes pisteurs (un vrai coureur de brousse - qui ne vivait plus avec les hommes), a qui j'avais demandé comment il chassait le buffle à la sagaie, m'a répondu: demain je vais amener !

Le lendemain il est venu avec trois petites sagaies de jet et une sagaie à très gros manche et grande lame très dure et très longue. Il m'a dit: tu vois le buffle, tu l'énerve, il vient, tu lance la petite sagaie, ça le buffle il aime pas, tu lance la deuxième et la troisième sagaie de jet, là patron le buffle il est très fâché, il attaque. Tu te mets à genoux et tu plante la grande sagaie dans la terre, le buffle il arrive, tu passe la sagaie sous sa tête, la lame rentre et le coupe la colonne (au niveau des cervicales). là il tombe sur toi, sa fait très mal, mais lui il est mort !

Inutile de te dire que je lui ai demandé comment il pouvait être certain de bien planter sa sagaie, sa réponse a été : ça c'est très dur !


>

J'ai fait pas mal de connerie, mais celle-là, je ne l'ai pas faite ! Je n'ai pas tenté le buffle à la sagaie !


>

Cette sagaie n'est pas faite juste pour saigner le gibier elle a pour fonction de tuer, jusqu'au buffle. par contre, pour les très gros (hippo et éléphant) elle sert par contre à saigner ou vider l'animal de ces fluides.


>

Amitiés,


>

JF Floch 


>


>

Le 25 févr. 11 à 10:45, Christian le Noël a écrit :



>


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jerome raynaud

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Apr 27, 2011, 5:47:21 AM4/27/11
to mokelembe...@googlegroups.com
Bonjour Christian,

nous avons réalisé il y a cinq ans une série de films intitulé "Dieux et Démons". Il s'agissait d' montre comment certains animaux était soit sacrés soit redoutés dans les différentes cultures. POur le film sur les éléphants, j'ai lu pas mal de choses, surtout d'anciens témoignages des pères blancs au Congo et des descriptions de chasse. J'ai lu une description particulièrement intéressante où ils racontaient que les pygmées se rapprochaient des éléphants après s'être enduit de bouse. Ils rampaient alors jusqu'à arriver sous le ventre de l animal, puis lui plantaient la sagaie. L'auteur expliquait qu'ils essayaient de faire sortir les entrailles, pour que l'éléphants, ne sachant pas ce que c'était tire dessus avec sa trompe et finalement meurt. 
J'ai pu trouver une telle chasse filmée par les père blanc dans les années trente, aux archives du musée de Tervuren, belgique. On ne voit pas le coupe de entrailles, mais tout le reste, l'approche, la mise a mort et les pygmés, qui encore très petit à l'époque rentraient presque entièrement dans la carcasse pour y découper les morceaux. Le chef lui étaient debout sur l'animal mort et semblait donner des ordres, dont delui de découper la queue qui lui revenait de droit.

Amitiés

Jérôme


Date: Wed, 27 Apr 2011 10:42:59 +0200
From: angyetmi...@wanadoo.fr
To: mokelembe...@googlegroups.com
Subject: re: Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Réf. : Re: Le Lion d'au au Gabon ? Texte de Christian Le Noël
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