La parole est l'instrument première du pouvoir. S'il en était autrement, pourquoi la profession d'avocat aurait-elle fourni dans les démocraties occidentales un tel contingent de parlementaires et de ministres? L'interrogation sur le silence du Président de la RDC est encore plus vraie dans une époque où les ondes donnent écho à toutes les péripéties de la vie publique et où sa présence comme président de la république doit se manifester autant à la radio, à la télévision et sur la toile. Un homme politique est d'abord un homme de communication donc du langage. L'on ne gouverne pas sans un certain style qui est l'expression de l'âme.
Comment le candidat Kanambe se fait élire en 2006 et 2011? Convenons-en; la démocratie ne donne pas le pouvoir au peuple, mais à l'éloquence. Le choix du citoyen ne se porte pas spontanément vers le programmes le plus cohérent, l'ambition la plus haute ou le rêve le plus ardent mais vers la voix qui sait le mieux le surprendre, l'émouvoir, le rassurer, l'exalter en lui proposant ce programme, cette ambition, ce rêve.
Au cours des années noirs du mobutisme, le pouvoir n'habitait pas vraiment l'appareil administratif et répressif, c'est la voix de Mobutu Maréchal qui gouvernait les âmes de zaïrois et qui régnait sur la République du Zaïre. En lingala ou en français il s'exprimait avec aisance. Le zaïrois buvait ses paroles. Nous avons vu sa capacité d'émouvoir et de persuader à la tribune de l'ONU en 1973. ÉLOQUENCE!
B.K. Mac.