En
effet, rien ne peut blesser autant que la vérité. De plus, la mise à nu des
affairismes des chouchous de l' actualité politique est
réellement douloureux pour tous ceux nombreux qui ont misé sur la dynamique
électorale, la transparence, la bonne gouvernance, et l' émergence d' une
nouvelle classe politique. Tous misent sur la trop fameuse fin de la récréation
et les intentions de combattre la corruption et de mettre fin au
pillage.
La culture de la rumeur fait que pour plusieurs, l'
information est tellement énorme qu’ils l’ attribueraient à une entreprise
politique d’ intoxication. La vérité devrait être rejetée. Cependant, l'auteur,
Nestor KISENGA avait bien souligné en conclusion que « toutes ces
informations proviennent de communiqués boursiers ». En effet, toutes les
transactions des entreprises cotées en bourse doivent faire l’ objet de
communiqués détaillés. C'est la règle absolue pour protéger les petits
épargnants. Il en résulte une certaine transparence qui met au grand jour ce qui
se décide dans les alcôves du pouvoir au Congo et les gains financiers réalisés
au dehors. Cette structure est une véritable chance pour les Congolais qui
sont autant de petits actionnaires du patrimoine minier national et qui peuvent,
par la magie de l' Internet, accéder au coeur des affaires et en apprendre un
peu. La vérification peut être faite ainsi. La démocratie
populaire peut s' exercer.
Anvil Mining Limited qui a traité avec
Katumbi est une société australienne, basée à Perth. Elle est cotée sous le
sigle boursier de AVM à la bourse australienne (ASX) et à celle de Toronto (TSX)
au Canada. De plus, la société dispose d’ un site public http://www.anvil.com.au/index.shtml . La
société se vante de « Building on
success in the Democratic Republic of Congo” (réussir les affaires en RDC).
Le site comporte un onglet qui permet d’ accéder aux trois gisements miniers en
exploitation au Katanga ( Dikulushi, Mutoshi/Kulu et Kinsevere).
Moïse Katumbi Mwanke est impliqué dans la saga de
la mine de la Gécamines située sur la montagne de Kinsevere dans le Nord de
Lubumbashi. L'historique complet de cette mine est affiché sur
http://www.anvil.com.au/prj_kinsevere.shtml. Moïse Katumbi est identifiable sous le couvert de son
entreprise personnelle, la MCK (Mining Company Katanga). On y apprend tous les
détails de la location ( amodiation) obtenue de la Gécamines, et de la création
de la joint venture Anvil/MCK sous le nom de AMCK sprl. La rubrique « news
» affiche les communiqués qui détaillent les trois paiements
encaissés par MCK/ Moïse Katumbi. Voici ces paiements:
D'
abord, $ 2,3 millions suivant le communiqué " Anvil Finalises
Kinsevere & Nambulwa Copper-Cobalt Project " sur http://www.anvil.com.au/PDF/2005%20Nov%2030%20Kinsevere%20Resource%20Statement.pdf)"
En résumé de toute cette affaire, l' investissement politique avec des
politiciens haut placés et influents dans les décisions de la Gécamines a fait
remettre 1.600.000 tonnes de cuivre gratuitement à MCK/Katumbi avec pour but ou
résultat que Moise Katumbi a bel et bien encaissé 61,3 millions de dollars.
Certains âppelleraient cela de l' escroquerie. Pieusement, de l' enrichissement
sans cause. Ou tout simplement du pillage.
La morale de cette histoire est qu'il est utile de prendre et de vérifier
les informations des places boursières et de les confronter avec les dires et
les agissements des gouvernants. Dès lors, chacun peut se livrer à des analyses
et se faire une opinion.
Hilaire Kashala