Il
faut regarder la RDC en face : il est complètement illusoire de
croire que solliciter le dialogue avec l'énigmatique rejeton
parviendra à réhabiliter « la vérité des urnes ».
Nous
avons le choix entre persévérer dans l’illusion en misant sur ce
dialogue ou prendre à bras le corps les problèmes de la RDC et
réformer entièrement notre manière de penser en distinguant
dialogue avec l'imposture ou un vrai dialogue inter congolais et
lutte pacifique.
On
a beau vouloir flirter avec
le mot dialogue, la vérité demeure que Kanambe gouverne la RDC
parce que la communauté internationale le soutient ostensiblement.
Ne pas admettre cette réalité aussi atroce que cela puisse paraître
pour le peuple congolais meurtri, c'est de l’inconscience et une
démission de l’intelligence. La question naïve est toujours ,
est-ce vrai ? Le mécanisme par lequel se construit la guerre au
Congo-Zaïre dans sa décourageante et enrageante complexité.
L’écheveau des intérêts économiques, stratégiques, nucléaires
et technologiques dans cette partie du monde, selon une dynamique
aussi perverse que rigoureuse de Washington, grisé par son sentiment
de supériorité militaire et morale avec le concours absurde de
Londres, Bruxelles, Jérusalem, Ottawa et l’ONU. Nous ne pouvons
pas comprendre la tolérance et la complaisance à l'égard des
fraudes massives aux élections présidentielles de 2011 en RDC si
l'on ne connaît pas le pacte conclu entre Joseph Kabila et « la
communauté internationale »lors du scrutin de 2006. « La condition
pour que Joseph Kabila reste au pouvoir était qu'il se taise sur les
actions de Paul Kagame et des troupes rwandaises à l'Est du pays »
(cfr Charles Onana EUROPE, CRIME ET CENSURE AU CONGO)
Ce n’est
pas facile car nous traînons avec nous un très lourd
conditionnement historique, intellectuel, sur le suprématie de la
communauté internationale.
En
2011, les résultats de l'élection présidentielle ont été
officialisés le 16 décembre, proclamant Joseph Kabila réélu à
48,9 % contre Étienne Tshisekedi, 32,3 %. Les résultats des
élections présidentiels de 2011 souffrent de discrédits mais
personne n'arrive à les prouver.
Les chefs d'État de la
région des Grands Lacs réunis en sommet a Kampala (Ouganda),
avaient reconnu l'élection de Joseph Kabila. De son côté, si la
communauté internationale reconnaissait qu'il y avait eu certaines
irrégularités dans ce scrutin présidentiel, il n'apparaissait pas
certain que ces irrégularités aient changé l'ordre des
résultats.
Ces résultats ont été rejetés « en bloc »
par Étienne Tshisekedi, les qualifiants de "provocation faite à
notre peuple" et s’autoproclame président élu, il appelle au
"calme" et à la "vigilance", "jusqu'au
moment où je donnerai un mot d'ordre selon les événements à
venir", a-t-il ajouté sans donner plus de précisions. Une
attente désespérée sans fin du mot d'ordre. Aussi, il a refusé de
saisir la Cour suprême de Justice, en considérant qu'elle était
trop proche du candidat Kabila. : "Cette cour, c'est une
institution privée de M. Kabila. On ne peut pas leur faire l'honneur
de recourir aux juges de la cour. Ce serait leur reconnaître une
certaine légitimité. Je ne le ferai jamais", a déclaré M.
Tshisekedi. Dans un état d'esprit rebelle l'on a la conviction
d'être dans son bon droit dans l'optique de celui qui, d'abord, se
positionne contre l'imposture, désavoue la cour suprême de justice.
Il a également fait appel à la communauté internationale pour
faire en sorte que "le sang des Congolais ne puisse plus couler
sur le sol de ce pays".
Solliciter le dialogue entre
UDPS et alliés et PPRD et alliés n'est -il pas une remise en cause
sévère et un véritable désaveu d'avoir été élu, d'avoir évoqué
l'imperium ? .
L’archevêque
de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo, avait affirmé que l’élection
de Joseph Kabila « n’était conforme ni à la vérité ni à la
justice des urnes ». Sur le même ton que l’Église catholique, la
Fondation Carter et les observateurs mandatés par l’Union
européenne avaient, eux aussi, rejeté les résultats officiels qui
donnaient Joseph Kabila vainqueur.
C'est à dire que le
pouvoir de Kinshasa ne s'appuie pas sur le consentement populaire. La
RDC n'a pas un président de la république, qui est l'expression du
consentement de congolais. La modification de la constitution
congolaise et du mode de scrutin lance avant l'heure une campagne
électorale où tout semblait joué d'avance... à savoir la
"réélection" sans grande difficulté du président
sortant Joseph Kabila.
B.K.Mac