Fashion démocratisation, démocratisation du libertinage, aliénation participative?
Les lolitas victimes de la mode en transent devant une vitrine, le mental en ébullition, qui se raconte des histoires, l’illusion apparaît quand le mental surimpose à une perception une forme qui n’est que le produit de son imagination, de sorte que les lolitas qui en sont victimes, ne voient plus dès lors que la forme surimposée et ne sont plus conscientes et lucides.
Elles se trouvent comme envoûtées par un fantasme et qu’en définitive, tant qu’elles seront dans l’illusion, elles continueront de rêver les yeux ouverts. Le mental est très facilement sollicité dans cette direction. Surtout dans une société occidentale qui, faute de religion, a instauré un culte du virtuel, de l’image et des apparences, dont la mode est certainement la figure la plus remarquable de l’illusion. La mode fonctionne comme portée par une rumeur, sauf qu’en l’espèce, c’est une stratégie marketing qui l'installe; une mode chasse l’autre.
« Vous êtes une idiote très facile à manipuler, vous ne contrôlez pas du tout votre vie, tous vos désirs sont fictifs et résultent des stratégies marketing, vous n’avez pas le moindre libre-arbitre, toutes les options sont en permanence décidées pour vous et vous y obéissez avec un conformisme qui laisse pantois. Vous n’avez aucune lucidité, aucun recul critique, vous gobez des images et des mots de la mode à la volée et vous les répétez ensuite à foison. Votre esprit n’est qu’un courant d’air, et vous dites d’ailleurs qu’être à la mode, c’est être dans le vent ! Votre esprit est corvéable et manipulable à l’infini. Comme vous laissez hypnotiser, on peut vous mener dans n’importe où; il suffit de quelques pages de magazines ou d’un clip vidéo pour planter dans votre subconscient des suggestions. Vous allez ensuite en extase acheter des bouts de cuir assemblés, des chiffons colorés ou des petites bouteilles parfumées. Vous êtes tellement conditionnés que vous adorez les moyens de votre aliénation. Le comble de l’esclavage, c’est quand l’esclave redemande des chaînes. Des chaînes en or et de marques bien sûr. Tout ce que l’on fait miroiter devant vous n’a pas le moindre rapport avec la vie réelle et encore moins avec votre vie et votre conscience de vous-même. Ce sont des illusions. En fait, des incitations à vous comparer à des modèles parfaits, pour vous déprécier tel que vous êtes et vous faire sentir que vous n’êtes pas assez bien. Des incantations à fuir dans un ailleurs idéal que vous n’atteindrez jamais. Des contes de fées postmodernes, qui ont tout à voir avec les histoires que vous vous racontez dans votre tête et qui ne sont… même pas vos histoires, mais les nôtres ! Vous menez une vie d’emprunt, vous ne faites que rêver votre vie et nous vous apprenons en permanence à faire semblant en vous donnant des airs sophistiqués. Ce que vous faites très bien. Vous êtes devenu une fiction sur patte. En y mettant de la musique cool, des séquences vidéo léchées et une bonne dose d’humour, c’est un jeu facile à produire et à reproduire en série. Comme les poupées babies des magasins de jouets. Vous êtes tellement enfoncés dans l’inconscience que vous voulez ressembler à des idoles de plastique. Tout ce à quoi vous aspirez, c’est rester les yeux écarquillés devant un spectacle à vous gaver d’images des défilés imaginant quel effet sur le regard des autres vous auriez avec ces hauts et ces bas, ces dessus et ces dessous !
Nous sommes votre dernière religion ! Nous avons nos temples partout dans les villes. Alors que la crise vous assassine, nos boutiques sont bien fréquentées. Nos écritures sacrées sont disponibles dans tous les lieux publics dans des magazines. Vous dites vous-mêmes « les icônes de la mode » ! Notre doctrine est dévotement étudiée dans toute l’échelle sociale par toutes les têtes sans cervelle mais… toujours bien coiffées. Nous pouvons lever des armées de fanatiques et les faire se ruer en masse… au moment des soldes. Nous avons nos grands prêtres (les couturiers). Notre théologie est enseignée dans toutes les écoles de commerce (le marketing). Notre catéchisme est dans tous les journaux (la publicité). Comme bien des religions, nous enseignons la haine de soi (quand tu n’oses plus te regarder dans la glace), la pénitence (quand tu t’imposes un régime anorexique obligatoire), nous promettons le paradis (quand tu crois que la vraie vie une vie de luxe et de farniente). Mais bien sûr chez nous, les marchands sont dans le temple… et ils y restent ! C’est Dieu qui s’est fait jeter dehors ». ( Beigbeder)
Pour qui sait voir, la mode relève plus de la figure du charlatan que de celle de l’illusionniste. Mais pour voir, il faut cesser de croire, être tout à la fois dans le monde, tout en n’étant pas de ce monde.
Le débardeur, nombril à l’air, jean taille basse, string qui dépasse, jupe ou culotte ultra courte, pour être sexy, pour qu’on vous accepte, et si vous n’en mettez pas, on ne vous accepte pas, l'on ne vous aime pas. Alors, le style vestimentaire doit toujours être plus stimulant et plus provocant, ultra maquillées comme pour aller faire le trottoir. On se demande qui fait le plus de racolage. Elles prennent des photos dans des poses suggestives que ne renieraient pas les prostituées. Dans un monde où la jeunesse cocaïnée est implicitement un modèle...
B.K. Mac