Des audits et de nombreux rapports font état d'un vaste gaspillage de
l'argent des contribuables US dans la « reconstruction » de l'Irak
suite à l'invasion occupation US en 2003. Les fonds irakiens ne sont
pas épargnés, la corruption au sein des ministères irakiens étendue.
Certains sous traitants US qui bénéficient de contrats octroyés par
l'USAID, la branche développement du Pentagon, remplissent en période
électorale les coffres du parti républicain et les poches des
sénateurs.
Irak : L'Argent des Contribuables US Jeté par les Fenêtres
Des dizaines de millions de dollars attribués à l'origine à la
reconstruction et la sécurité en Irak ont été gaspillés dans
l'acquisition de biens de luxe tels une piscine olympique, des
caravanes, la constructions d'infrastructures rarement utilisées.
8 nouvelles audits ont été menées par l'Inspecteur Général de la
Reconstruction en Irak, Stuart Bowen, (faisant partie d'un organisme
de contrôle du gouvernement US :SIGIR) dans lesquels celui-ci stipule
que « la corruption continue à contaminer l'Irak » et que
«l'environnement sécuritaire continuait de se dégrader. »
Ces audits soumis au Congres mercredi dernier, passent en revue les
efforts des US pour soutenir la capacité de développement des
ministères irakiens, de même que le financement par le département
d'état de la formation de la police irakienne, l'étude de l'achat du
matériel de soins de base pour les centres de santé, et une synthèse
des coûts de sécurité pour les principales entreprises US actives en
Irak.
Parmi les exemples de gaspillage cité dans ce rapport de 579 pages :
entre juillet 2004 et juin 2006, le département d'état a payé 43,8
millions de dollars dans le cadre d'un contrat accordé à Dyncorp
International pour la construction d'un camp résidentiel et de
stockage temporaire qui n'a jamais été utilisé. Cette somme comprend
4,2 millions de dollars pour des travaux non autorisés comprenant le
déplacement du camp résidentiel en dehors des terrains de l'Adnan
Palace, la construction de 20 caravanes pour « des personnes très
importantes » et la construction d'une piscine olympique sur les
terrains du palace.
Le département semble avoir dépensé 36,4 millions en plus pour des
armes et des équipements, dont des véhicules blindés, des gilets de
protection, des équipements de communication dont on ne trouve pas
trace car « les factures sont vagues, et il n'y a pas de documentation
pour les justifier. »
Selon un des audits, un projet pour le Collège de Police de Bagdad a
subi des déboires dont dépassement de budget, travaux de construction
de mauvaise qualité, et la fourniture d'équipements non finis.
Les enquêtes menées pointent du doigt la « mauvaise coordination «
entre les nombreuses agences US qui participent à la « reconstruction
» de l'Irak. Le rapport conclut également que les infrastructures
sécuritaires restent vulnérables. Les lignes d'électricité sont
régulièrement attaquées, et les pipelines pétroliers du nord sont pour
la plupart hors d'état de fonctionner à cause des sabotages et les
équipes de réparation ne peuvent travailler car elles sont souvent
attaquées.
Ce rapport tombe au mauvais moment pour Bush qui demande au Congrès
américain une rallonge de 1,2 billions de dollars pour la «
reconstruction » de l'Irak. Il devrait aussi tirer le signal d'alarme
pour les autres donateurs que sont l'ONU, la Banque Mondiale, et les
voisins régionaux de l'Irak. L'Administration Bush essaie de les
convaincre de la nécessité d'une « nouvelle phase d'investissement »,
mais la corruption et le gaspillage ont sapé les tentatives de
reconstruction menées depuis le début de l'invasion occupation US de
l'Irak, documentés par de nombreux rapports. En décembre, le
Government Accountability Office (organisation de surveillance
appartenant au Congres US) a publié un rapport dénonçant de multiples
failles concernant la surveillance par l'armée US des sous traitants
travaillant en Irak, dont « une visibilité limitée sur les sous
traitants » le manque de « sous traitant avec du personnel de
surveillance qualifié » et « peu ou pas de formation dans
l'utilisation de la sous-traitance ».
L'Autorité Provisoire de la Coalition ( CPA) aujourd'hui disparue, a
distribué plus de 8,8 billions de dollars en espèces aux ministères
irakiens mais plusieurs audits menés par la suite ont révélé qu'il n'y
avait pratiquement aucune trace de ces distributions dont la grande
majorité a servie à payer des « salariés fantômes ».
Le Congres américain a essayé d'obtenir des informations concernant
plusieurs billions de dollars de contrats accordés à une succursale du
groupe Halliburton Corp, dont certaines malversations ont été mises à
jour notamment celles d'une surcharge des tarifs payés sur le gasoil
importé du Koweït en Irak, Halliburton avouant avoir payer de l'argent
en sous main à des responsables de la compagnie.
Depuis l'invasion de 2003, l'Administration Bush a dépensé plus de 30
billions de dollars d'argent provenant des impôts des contribuables US
auxquels s'ajoutent 20 billions provenant de fonds irakiens qu'elle
contrôle dans le cadre des efforts de reconstruction. Selon les
estimations actuelles, la guerre elle -même aurait coûté jusqu'à
présent plus de 450 billions de dollars.
Source de certaines informations : Inter Press Service 2/02/07
publiées sur http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/IB02Ak05.html
Traduction et synthèse bénévoles Mireille Delamarre pour
www.planetenonviolence.org
Un cas typique du Lien Guerre Bizeness et Capitol Hill : la Cie
BearingPoint, Conseil en Economie de Marché
La compagnie américaine Bearing Point nommée pour conseiller le
gouvernement US sur la reconstruction économique de l'Irak a versé des
centaines de milliers de dollars dans les coffres du parti républicain
et a admis que ses propres finances étaient chaotiques à cause
d'erreur de comptabilité et de mauvaise gestion. Après un retard de
plus d'un an dans la publication de ses propres résultats financiers,
des actions judiciaires de ses créditeurs et actionnaires sont en
cours. Les actions de cette compagnie se sont effondrées, maintenant à
1/3 de leur valeur à l'époque de leur entrée en bourse en 2001. Elle
est menacée d'exclusion de la Bourse de New York. Malgré des revenus
annuels de 3,4 billions de dollars, la compagnie a perdu 722 millions
de dollars en 2005. Ces chiffres ont été publiés le mois dernier, avec
neuf mois de retard, et la compagnie doit encore publier ses comptes
pour 2006.
Selon le Centre pour une Politique Dynamique, des employés de
BearingPoint ont donné 117 000 dollars pour les campagnes électorales
de Bush de 2000 et 2004, plus que tout autre fournisseur de l'armée en
Irak. Parmi les autres receveurs de contributions, 3 importants
membres du Congres qui siègent à la commission de la défense, qui
contrôle les contrats du département de la défense. L'un des plus gros
donateurs du fond politique de BearingPoint James Horner, dirigeant le
département des marches émergeants de la Cie qui travaille en
Afghanistan et en Irak, a donné 5 000 dollars en août 2005.
BearingPoint est payé 240 millions de dollars pour son travail en Irak
ayant gagné un contrat initial d'USAID (Agence Internationale pour le
Développement dépendant du Pentagon) quelques semaines après la chute
de Saddam Hussein en 2003. Elle avait été chargée de soutenir
l'Autorité Provisoire de la Coalition, autorité de l'époque, pour
introduire une politique économique « dont le but est de créer un
secteur privé compétitif ». Son rôle est d'examiner les lois, les
directives, les institutions qui contrôlent les affaires, le commerce,
les investissements, et de conseiller les ministres et la Banque
Centrale.
Courant janvier, le quotidien britannique The Indepedent a révélé
qu'un employé de BearingPoint stationné en Irak avait pour mission de
conseiller le ministère du pétrole irakien pour concevoir une nouvelle
loi sur les hydrocarbures. La loi, qui devrait être présentée
prochainement au parlement irakien donnerait aux compagnies
pétrolières occidentales d'énormes parts de profits sur l'exploitation
des champs pétrolifères en échange d'investissements sur les
infrastructures pétrolières. La première tâche de BearingPoint en Irak
en 2003 était d'aider à planifier l'introduction d'une nouvelle
monnaie et éventuellement d'organiser des petits prêts aux
entrepreneurs irakiens pour stimuler l'économie domestique.
BearingPoint, outil de la mondialisation US, est une entreprise qui,
grâce aux financements de l'USAID, fait partie de la stratégie du
gouvernement US de développer au sein de pays en voie de développement
et de pays alliés des US, des réformes pour ouvrir le marche intérieur
à la concurrence. Ailleurs au Moyen Orient, cette compagnie, toujours
dans le cadre de la libéralisation, conseille le gouvernement de
Jordanie sur comment minimiser le contrôle sur les entreprises, et sur
les réformes des impôts à faire afin d'attirer les investissements
étrangers. En Egypte elle conseille sur les reformes à mener sur les
droits de douane et le respect des brevets des multinationales.
En Afghanistan, elle a remporté un contrat de plus de 100 millions de
dollars après l'invasion de ce pays par les troupes américaines en
2002, avec pour mission d'aider à la construction d'un système
bancaire, la formation de fonctionnaires au ministère des finances, et
le conseil sur les politiques économiques.
Le développement de BearingPoint remonte au démantelement de l'ex
Yougoslavie suite à l'intervention militaire US (à l'époque elle
s'appelait KPMG) et depuis elle a fructifié grâce aux contrats passés
avec le gouvernement US (30% de ses activités). C'est donc un exemple
type de société prédatrice, qui se développe dans le sillage des
attaques armées US à l'étranger, vendant ses conseils en économie de
marché via des contrats d'USAID aux gouvernements inféodés à
Washington. Tout ceci en parallèle avec une campagne intense de
lobbying qu'elle mène à Capitol Hill. En 2005, (dernière année de
publication de sa comptabilité) BearingPoint a payé 1 million à des
lobbyistes, soit 5 fois le montant de ce qu'elle avait payé dans la
période précédant la guerre en Irak. Elle a aussi augmenté massivement
ses contributions politiques lors des dernières élections
législatives, distribuant 120 000 millions de dollars aux candidats et
groupes de campagne puissant dans le fond politique de ses employés.
En 2004, elle avait dépensé 61 000 de dollars lors de la campagne
présidentielle.
Source de certaines informations un article de Stephen Foley
correspondent à New York New York Publié le 14 Janvier 2007 « Shock
and oil: Iraq's billions & the White House connection « sur http://
news.independent.co.uk/world/americas/article2152438.ece
Traduction et synthèse bénévoles Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org