De : romain geny <romai...@club-internet.fr>Date : 30 juin 2011 19:38:47 HAECÀ : "apses >> \"apse...@googlegroups.com\"" <apse...@googlegroups.com>Objet : [apses-adh] concoursRépondre à : romai...@club-internet.fr
Vers la suppression des concours enseignants
pour Le Monde.fr | 30.06.11 | 11h12 • Mis à jour le 30.06.11 | 11h57
Supprimer les concours enseignants ? Certains hauts fonctionnaires de l'éducation le pensent tout bas, un élu de la majorité le dit tout haut. Pour Jacques Grosperrin, député UMP du Doubs, cette petite révolution est l'aboutissement inévitable de la réforme de la formation initiale des maîtres, qui a conduit, depuis 2010, à élever le niveau de qualification de la profession de la licence (bac+3) au master (bac+5).Cette proposition a été adoptée, mercredi 29 juin, par la mission d'information "sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants". Dans son rapport, que Le Monde s'est procuré, Jacques Grosperrin estime que le concours n'a plus lieu d'être : "Il forme avec le master deux voies d'entrée dans le métier, parallèles et autonomes, aucune n'ayant prise sur l'autre". Il propose ainsi de dispenser les étudiants de concours. Diplômés d'un master 2, ils seraient recrutés "par les autorités académiques ou les établissements, sur la base d'un entretien professionnel", comme cela se pratique déjà dans plusieurs pays anglo-saxons.
Mais "l'opinion publique n'est pas prête pour une transformation aussi radicale", reconnaît le député. L'ultime étape de la réforme ne devrait donc pas intervenir avant dix ans, voire quinze ans. En attendant, M. Grosperrin préconise de supprimer l'agrégation "externe", ouverte aux diplômés d'un master, pour ne garder que l'agrégation "interne", accessibles aux professeurs certifiés ayant cinq ans d'ancienneté. "Le maintien d'une seconde voie d'entrée dans le métier ne se justifie plus, à l'heure du recrutement généralisé des enseignants à bac+5", estime-t-il.
DANS LE GRAND BAIN SANS APPRENTISSAGE
Conçue en 2008 par Xavier Darcos, le précédent ministre de l'éducation nationale (qui assurait d'ailleurs en 2009 que les concours ne seraient jamais supprimés), la "mastérisation" est vivement contestée. Les critiques, quasi unanimes, portent sur la suppression de la formation pratique des futurs enseignants. La réforme a confié leur formation aux universités et a mis fin à l'année en alternance dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). "Les lauréats de la session 2010 ont été jetés dans le grand bain sans avoir appris leur métier", déplore l'élu UMP.
Après avoir auditionné une centaine de personnes au cours des trois derniers mois, il en est arrivé à la conclusion qu'il fallait "professionnaliser" la formation. Les universités devraient revoir l'architecture de leurs masters "Enseignement et formation" pour accorder plus de place à la pédagogique, à la didactique, aux sciences cognitives.
Sans "cadrage national", les masters ont été conçus avec le seul souci de diversifier les débouchés professionnels pour les étudiants qui échouent au concours. De fait, ils sont trop "larges". Jacques Grosperrin propose de "spécialiser" les masters par niveau scolaire. Il y aurait ainsi des masters "école maternelle", "collège et lycée général", "enseignement professionnel"…
Les stages, actuellement facultatifs – et donc quasi virtuels, car les étudiants préfèrent préparer les concours plutôt que d'effectuer les six semaines de stage prévues en master 2 – deviendraient obligatoires. Les masters seraient ainsi fondés sur "une véritable alternance entre la pratique professionnelle et les enseignements", lit-on dans le rapport. A la rentrée, des aménagements sont prévus en ce sens. Le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, avait annoncé, en mai, l'expérimentation de formations en alternance. Celle-ci s'appliquera dans une trentaine d'universités et concernera un millier d'étudiants. Un chiffre qui paraît limité sur les 40 000 candidats qui se sont présentés aux concours enseignants cette année.
Aurélie CollasL'agrégé qui veut en finir avec les concours enseignants
"L'alibi intelligent de l'UMP", c'est son surnom. En tout cas, celui que lui a donné le député socialiste Yves Durand. Jacques Grosperrin est un député UMP qui détonne. Et qui s'affranchit de ce que d'autres estiment être des tabous. Sans doute parce que, ceinture noire 5e dan de judo et ancien champion de France universitaire de lutte, il n'a peur ni des prises ni des coups.
A 54 ans, l'ancien professeur d'EPS, éducation physique et sportive se trouve pourtant bien à l'UMP. "Je me sens de droite sociale. Avec des gens comme Fillon et Copé, je suis bien", ajoute cet ancien du RPR, arrivé en politique par amitié pour un député UMP du Doubs, Claude Girard. Pourtant, il reconnaît lui-même qu'il aurait aussi bien pu prendre sa carte au PS. Son père, ouvrier devenu enseignant, était rocardien. Et si toute sa famille vote à gauche, elle plébiscite la valeur "éducation".
Chez les Grosperrin, l'école c'est sacré. Jacques décroche du premier coup son Capes, et son agrégation interne. L'enseignement, il adore au point de faire une thèse à Lyon-2 sur la relation maître-élève dans l'enseignement du judo. Son frère et sa sœur sont eux aussi profs et il transmet le virus à l'un de ses fils qui enseigne l'EPS dans l'académie de Créteil.
A droite, il est l'un des spécialistes du sujet. Un spécialiste des annonces détonantes, aussi. Des pavés, il en a déjà jeté dans la mare. Avant de s'attaquer aux deux concours – Capes et agrégation – qu'il a décrochés du premier coup, il avait déjà expliqué pourquoi il faut en finir avec le diplôme national du brevet, alias le brevet des collèges.
L'homme se bat au quotidien pour que l'école française arrive à offrir à tous les enfants la maîtrise d'un socle commun de connaissances et de compétences. Une idée sur laquelle la droite a du mal à communiquer, de crainte que le terme "compétence" ne tue la notion de "connaissance".
Cette année, celui qui n'a que dix ans d'ancienneté en politique, a soutenu pêle-mêle une proposition qui veut adapter la procédure de fermeture des classes dans les écoles pour permettre aux différents interlocuteurs de trouver des solutions alternatives, mais aussi celle d'un député de l'Oise qui voulait instaurer des chèques rentrée scolaire à la place du versement d'une allocation pour s'assurer de la destination des fonds au profit des enfants.
A 54 ans, l'homme reste président de France humanitaire, un cabinet dentaire pour les personnes démunies qu'il a contribué à créer à Besançon et de Coup de pouce , une association de soutien scolaire.
Maryline Baumard
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