!!!!!!!

16 views
Skip to first unread message

adrien bonino

unread,
Oct 2, 2011, 4:29:28 PM10/2/11
to m1_mef_2...@googlegroups.com
Salut à tous !
j'ai déniché cette petite merveille sur le site SESame, je voulais vous le faire partager...
 
A mardi, bye
 
Adri
 
Document 1 : Et si marché rimait avec société ?

- Quand tu achètes une baguette chez ta boulangère, me demande un ami économiste, pourquoi te la vend-elle ?
- C’est son métier…
- C’est surtout son intérêt. Elle préfère avoir 4,20 francs plutôt qu’une baguette…
- C’est normal : la baguette lui a coûté beaucoup moins cher.
- Exactement. Et pourquoi est-ce que tu lui achètes sa baguette ?
- Parce que j’ai besoin de pain…
- Sans doute. Mais tu pourrais faire ton pain toi-même. La vraie raison c’est que tu préfères avoir une baguette plutôt que 4,20 francs.
- Bien sûr ! La baguette, si je devais la fabriquer moi-même, me reviendrait, temps de travail compris, beaucoup plus cher…
- Tu commences à comprendre ce que c’est que le marché. Elle vend son pain par intérêt, tu l’achètes par intérêt, et chacun y trouve son compte. C’est le triomphe de l’égoïsme…
- C’est surtout le triomphe de l’intelligence ! Faire son pain, passe encore. Mais qui pourrait se fabriquer une voiture ou une machine à laver ? […]
- Je reviens à ta boulangère. Tu pourrais aller chez un de ses concurrents. Pourquoi vas-tu chez elle ?
- Parce que son pain est meilleur.
- Elle a donc intérêt à faire le meilleur pain possible. Mais l’achèterais-tu à n’importe quel prix ?
- Sans doute pas.
- Pour te garder comme client, elle a intérêt, dans une économie concurrentielle, à t’offrir le meilleur rapport qualité-prix possible. C’est aussi ce que tu souhaites. Vos intérêts ne sont pas seulement complémentaires, ils sont convergents ! […]
- Chacun de vous deux n’agit que par égoïsme, mais cela, loin de vous opposer, vous rapproche.[…] Mais que le pain soit moins bon ou plus cher qu’à la boulangerie voisine, ou que tu ne puisses plus payer, c’en est terminé de votre relation : tu ne lui dois rien, ni elle à toi, qu’autant que vous y trouvez l’un et l’autre votre compte. (...). Chacun est utile à l’autre, sans qu’on ait besoin de le forcer. Tous ne cherchent que leur propre intérêt, mais ne peuvent le trouver qu’ensemble. […]

André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique, PUF, 2001, p.355-358

Reply all
Reply to author
Forward
0 new messages