Haïti-Etat d’urgence-Parlement
Un Sénateur propose que le Parlement
"disparaisse" pendant 18 mois
Selon Wencesclass Lambert,
l’un des représentants du parti officiel Inite, cette formule aura la
vertu de permettre aux parlementaires d’entériner le "projet de loi
inconstitutionnel" sur la prolongation de 18 mois de l’état d’urgence
en vue de donner les pleins pouvoirs nécessaires à la CIRH chargée d’assurer
la reconstruction du pays ; l’ex-Premier ministre Rosny Smarth monte
au créneau et dénonce "l’indécence" de l’Exécutif
mercredi 7 avril 2010,
Radio
Kiskeya
Le Sénateur Wencesclass Lambert, de la
nouvelle coalition présidentielle Inite, a déclaré haut et fort mercredi
qu’il était prêt à approuver une "mise en veilleuse pour 18 mois"
du Sénat de la république afin de permettre à la Commission mixte intérimaire
haïtiano-étrangère de trouver des réponses aux besoins urgents de la population,
dans le cadre de la nouvelle loi sur l’état d’urgence proposée par l’Exécutif.
Ce projet de loi très controversé, prévoyant
une période de 18 mois au cours de laquelle le Parlement ne pourrait exercer
aucun contrôle sur la gestion des fonds publics et la politique du gouvernement,
doit faire l’objet d’une séance qui risque d’être agitée jeudi à la
Chambre des Députés.
Tout en reconnaissant que le texte soumis
aux deux Chambres est inconstitutionnel, Wencesclass Lambert, l’un des
élus du Sud-Est, se dit "obligé" de lui accorder un vote favorable.
Même si ce faisant, il renoncera à sa mission de parlementaire.
Pour lui, c’est le seul moyen capable
d’assurer au gouvernement Préval/Bellerive l’aide de la communauté internationale
à la reconstruction d’Haïti dévastée le 12 janvier par un puissant séisme.
Le Sénateur Lambert précise qu’une fois
la loi de l’état d’urgence votée, la CIRH sera libre de piloter à sa
guise le processus de reconstruction, les parlementaires ne disposant d’aucune
provision légale pour questionner l’action des dix étrangers membres de
la commission.
A contrario, le Sénateur Andris Riché (OPL/Grand’Anse,
sud-ouest) rejette catégoriquement l’initiative de l’Exécutif qui, selon
lui, ne vise qu’à ouvrir la voie à la dilapidation par une famile politique
de l’aide internationale promise.
Tandis que la polémique fait rage à la
Chambre basse à la veille de la séance, l’ancien Premier ministre de René
Préval, Rosny Smarth, (1996-1998), a qualifié "d’indécence"
une éventuelle reconduction pour 18 mois de l’état d’urgence. Pour justifier
son opposition catégorique à ce projet jugé anti-démocratique, il a mis
en avant la suppression des garanties constitutionnelles relatives aux
libertés fondamentales et une mainmise totale sur les finances publiques
que l’Exécutif mettra à profit lors des prochaines élections.
Gestionnaire plénipotentiaire des 5,3 milliards
de dollars qui seront alloués à la reconstruction au cours des prochains
18 mois, sur une aide globale de 9,9 milliards annoncée la semaine dernière,
à la conférence de New York, la Commission intérimaire pour la reconstruction
d’Haïti aura à sa tête l’émissaire spécial de l’ONU et ancien Président
américain Bill Clinton et le Premier ministre Jean-Max Bellerive.
Au terme de son mandat, elle cèdera la
place à une nouvelle entité dénommée Régie de développement d’Haïti (RDH).
spp/Radio Kiskeya |