Bonjour,
Je ne sais pas si c’est vraiment l’endroit pour discuter de ça, mais je me lance.
J’ai une question relative au problème de la singularité centrale d’un trou noir de Schwarzschild.
Mon problème avec cette histoire est le suivant :
Du point de vue Newtonien, j’essaye de décrire le champ de gravitation dans le vide autour de la Terre, supposée à géométrie sphérique. Je conclue que dans ce vide, le champ est radial, et varie en 1/r^2. Si j’étudie le mouvement d’une particule quelconque, je constate que cette particule est accélérée vers le centre de la Terre. Si je pousse le modèle jusqu’à « r=0 », je trouve un champ infini, et je me dis qu’en r=0, toute la matière devrait s’accumuler, pour devenir une zone de densité infinie, une singularité quoi.
Mais … ce n’est pas le cas, car … il y a … l’interaction électromagnétique qui empêche la Terre de s’effondrer sur elle-même. Et finalement on trouve, qu’en supposant le champ statique, et que la répartition de matière est sphérique, le champ est nul en r = 0, croit proportionnellement à r jusqu’à la surface, puis décroit en 1/r^2.
Retour à la relativité générale : la métrique de Schwarzschild est une solution à l’équation d’Einstein dans le vide qui entoure une répartition sphérique de masse, (Rμν = 0). Elle correspond à ce que voit un observateur éloigné de cette région. Si la matière est contenue dans un rayon supérieur au rayon de Schwarzschild (2GM/c^2), pas de soucis, et on retrouve Newton en champ faible (et mouvements non relativistes). Si la matière est contenue à l’intérieur, on a le fameux trou noir. Quand on décrit une particule franchissant l'horizon du trou noir, on finit par dire qu’en un temps fini (pour celle-ci, car pour un observateur lointain, la particule finit sur l’horizon en un temps infini ...), la particule termine sur la singularité en r = 0, et le problème se pose de savoir ce qui se passe à cet endroit : accumulation de matière ? densité infinie ?
Mais a-t-on le droit de pousser le modèle jusque là ? La singularité centrale est-elle physique, ou bien résulte-t-elle du modèle qu’on a poussé trop loin, sans tenir compte qu’à un « moment » (c’est très mal dit…) , on trouve de la matière à l’intérieur du rayon de Schwarzschild, et que l’interaction électromagnétique, voire les interactions nucléaires, entrent en jeu ? (tout comme il ne faut pas oublier la Terre quand on décrit l’intensité du champ de r>RT jusqu’à r= 0 dans une étude purement newtonienne) ?… Qu’à un « moment » , la particule qui entre dans le trou noir va simplement ... heurter de la matière à répartition sphérique, qui était l’hypothèse de départ pour établir la métrique ? Qu’à un « moment », le tenseur de Ricci Rμν n’est plus nul, et la solution n’est plus celle de Schwarzschild ?
Cette question de la réalité physique de la singularité me … perturbe !
Mickaël VALLIER
LPO-Les Fontenelles - Louviers
mickael-dav...@ac-rouen.fr