C'est au Lido à 20h30.
Les Clash ont respiré l'air du temps et l'ont réinvesti dans la musique et la colère.
Un rock de combat.
"Rude boy": un film à découvrir, qui prouve qu'engagement musical et engagement politique existent...
Un film présenté par Raf d'Undersounds et Bertrand. Synopsis : Nous sommes en pleine période punk, et la
Dame de Fer vient d’accéder à son poste de Première Dame d’Angleterre.
On suit les traces de Ray, jeune adulte désabusé, fan de Clash, qui
réussit à se faire engager comme roadie pour son groupe fétiche.
Critiques à la sortie du film :
« Rude boy » est un film qui mettra mal à l’aise bien des spectateurs
car il tend sans cesse à dépasser l’anecdote sociologique et le constat
documentaire, tout comme il dépasse, faut-il le dire, le simple "film
de rock". Répétition des concerts, monotonie, routine de la répression
policière, morne standardisation des lieux (chambres d’hôte, couloirs,
routes, etc.), des personnes, des discours (certains dialogues sont
quasi aphasiques) : un climat de désespoir et d’ennui. « Rude boy » ,
c’est l’image contemporaine de la "course folle vers le néant, qui ne
signifie rien..."
En deux longs métrages, Jack Hazan et David Mingay nous en disent plus
long sur la société britannique des années soixante-dix que la plupart
des discours sociologiques ou politiques.
Des images crépusculaires ouvrent, ponctuent et ferment le film : des
tours de béton sur un ciel noir, la tristesse d’une rue froide dans la
nuit londonienne, l’attente morne d’un auto-stoppeur perdu sur la rive
d’une route à grande circulation, Ie visage angoissé de Joe Strummer, sa
respiration oppressante dans le silence d’un studio, la fausse
placidité de Ray Gange, les discours de Mme Thatcher, les graffitis
racistes du "National Front" sur les murs, les défilés néofascistes, I
’omniprésence policière, la solitude-foule des concerts de rock : voici
le tissu dans lequel taillent Jack Hazan et David Mingay. Car « Rude
boy » comme « A bigger splash » est un documentaire. Mais un
documentaire d’une forme tout à fait original par rapport à ce qui se
produit dans ce domaine, toutes ces dernières années. Jack Hazan dès la
prise de vue, puis David Mingay au montage, imposent à leur film une
forme esthétique qui relève de la fiction.
Dans « Rude boy », chaque cadrage est soigneusement composé, chaque
mouvement d’appareil maîtrisé et le montage reconstruit une narration
fluide, quasi-musicale (sans jeu de mot) et qui prend totalement ses
distances avec les données matérielles (d’espace et de temps
principalement) du tournage… Il en résulte une poésie étrange et forte,
un peu comme dans ces tableaux surréalistes (chez un Delvaux par
exemple), où l’extrême réalisme de chaque élément "re-présenté" renforce
l’étrangeté globale et onirique de l’ensemble.
Philippe Pilard Revue du cinéma n°359
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