[Fwd: [apela] Waberi]

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Charles Bonn

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Mar 3, 2010, 1:22:05 PM3/3/10
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Mar Garcia
MariaMa...@uab.cat




*WABERI OU L’ÉCRITURE RÉVOLTÉE*

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*2e Colloque international de LITPOST *

*(Groupe de recherche en Littératures et autres Arts Postcoloniaux et Émergents)*

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*Université autonome de Barcelone*

*9-10 juillet 2010*

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*ARGUMENTAIRE*

Abdourahman Waberi (Djibouti, 1965) est l’un des écrivains africains de langue française les plus remarquables. Conjugant avec fluidité le conte, la légende et le style journalistique, Waberi superpose les images d’un pays mythique à l’actualité politique, explore les marges de l’Histoire et dénonce la corruption dans sa trilogie autour de Djibouti (/Le Pays sans ombre/, 1994; /Cahier nomade/, 1996; /Balbala/, 1997). Après le témoignage sur l’horreur du génocide rwandais (/Moisson de crânes/, 2000), l’auteur nous livre sa particulière auscultation de l’expérience de l’exil et du nomadisme (/Rift routes rails/, 2001; /Transit/, 2003). /Aux États-Unis d’Afrique/ (2006) — constitue un exercice stimulant de politique-fiction qui récupère la tradition du conte philosophique pour bouleverser l’ordre mondial établi. Avec la publication récente de /Passage des larmes/ (août 2009), sa toute dernière œuvre de fiction, écrite sous le regard tutélaire de Walter Benjamin, Waberi revient sur Djibouti pour explorer les traces du temps et de la mémoire. Malgré ce riche parcours, l’écriture de Waberi, à la fois poétique et engagée n’a pourtant pas fait jusqu’à présent l’objet d’une approche spécifique.

Situé au croisement de plusieurs territoires géographiques et intellectuels, Waberi fait de l’hybridation - modèle d’écriture postcoloniale très apprécié et étudié au risque d’en étouffer d’autres - la pierre de touche de son esthétique. L’écriture migrante et le nomadisme culturel sont par ailleurs à la base des Littératures-monde dont Waberi se réclame. Cette étiquette devenue à la mode semblerait cependant plus efficace lorsqu’il s’agit de sortir du clivage littérature hexagonale-francophone qu’à l’heure de poser les bases du renouvèlement qu’elles revendiquent. Jusqu’à quel point l’oeuvre de Waberi est-elle une illustration du Manifeste? Quels sont, en définitive, les déviations et les points de rencontre entre théorie et pratique? D’autre part, certaines voix dénoncent l’inopérance, en termes de combat politique, de la prolifération des discours de célébration du multiculturel. Quels sont les enjeux de l’articulation entre poésie et engagement que nous propose Waberi?

Dans son article “Les enfants de la postcolonie”, Waberi dresse une périodisation des littératures africaines dont la dernière génération serait formée par les écrivains “franco-quelque chose” dans laquelle il s’inclut. Pour légitimer leur place dans le champ littéraire, les écrivains postcoloniaux cosmopolites sont souvent amenés malgré eux à élaborer des textes littéraires sophistiqués qui répondent à la demande d’altérité des lecteurs occidentaux. Face à ce dilemme, les auteurs cherchent la connivence du public en déconstruisant avec profusion d’humour et d’intertextualité des notions telles que celles d’exotisme ou d’authenticité pour, les prenant au deuxième degré, les parodier, les pasticher, bref révéler l’imposture de tout essentialisme. Or, il convient de se demander dans quelle mesure le recours à ces jeux de déconstruction permet d’échapper de manière efficace aux supercheries qu’on prétend dénoncer. Autrement dit, comment pourrait-on réussir à exhiber le caractère factice de toute forme de /doxa/ culturelle sans contribuer en même temps à sa perpétuation ? Si les études postcoloniales d’orientation matérialiste ont abordé la question des exotismes postcoloniaux (Ahmad : 1992 ; Huggan : 2001 ; Brouillette : 2007), il n’existe pas jusqu’à présent une interrogation manifeste sur cette problématique dans le champ francophone. L’œuvre de Waberi par la diversité des horizons de réflexion qu’elle propose, nous invite à examiner ce qui en est dans les textes comme dans leur circulation et transmission.

Le colloque s’organise autour des axes de réflexion suivants:

1. Waberi-sur-Seine: cosmopolitisme, nomadisme, hybridation...

2. Figurations de l’auteur postcolonial africain dans le champ littéraire francophone

3. Waberi et le Manifeste “Pour une Littérature-Monde”: de la théorie à la pratique

4. L’écriture poétique

5. Poétique et politique

6. Figurations de l’exil et de la mémoire

7. Enjeux de réception et circulation des textes

8. La culture littéraire de Waberi

9. Écriture et imposture

10. Waberi ludique

La langue du colloque est le français. La publication d’un volume contenant une sélection des travaux présentés est prévue.

La date limite pour l’envoi de propositions (résumé de 20-30 lignes) est fixée au 20 mars 2010. Contact: Mar Garcia (mariama...@uab.cat)


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