Nouvelles du 17 décembre 2011Milliers de membres et amis de Fanmi Lavalas participent à un rassemblement à l'occasion du 21ème anniversaire des premières élections libres et démocratiques d'Haïti
Port-au-Prince, le 17 décembre 2011 - (AHP) - Des milliers de membres, sympathisants et amis de l'organisation politique Fammi Lavalas, ont commémoré vendredi, le 21e anniversaire des premières élections libres et démocratiques organisées le 16 decembre 1990 et qui ont permis l'accession du père Jean Bertrand Aristide à la présidence d’Haïti. Sa candidatute avait eté présentée par le FNCD.
A la publication des résultats de ces élections., M Aristide obtenait 67, 48% des votes avec 1.102.000 votes sur quelque 2 millions d'Haïtiens en âge de voter à l'époque
Pour marquer cet événement, des milliers de cadres et militants de l'organisation se sont réunis au local de la Fondation Docteur Aristide pour la Démocratie, à Tabarre.
Un des principaux cadres de Fanmi Lavalas, le docteur Maryse Narcisse, a indiqué que la date du 16 décembre 1990 est un jalon imporant dans la lutte du peuple haïtien assoiffé de justice sociale.
"Le 16 décembre 1990, le peuple a vu luire la lumière de l'espoir d’un lendemain meilleur, d’une sociéte plus équitable, a indiqué Maryse Narcisse qui se demande où en est ce rêve aujourd’hui.
Maryse Narcisse, l'une des personnalités ayant maintenu allumé le flambeau de Fanmi Lavalas pendant les 7 ans d'exil forcé du president Aristide, a fait remarquer qu’en plus des conditions infra-humaines dans lesquelles sont plongés la plupart des citoyens, Haïti a aujourd’hui perdu sa souveraineté et que des forces hostiles au changement" se dressent constamment sur son chemin.
Heureusement, se console-t-elle, on a réussi à garder des acquis comme le droit de parole, le droit de faire partie d’une organisation ou association et de choisir ses représentants pour les postes électifs.
Le Dr Narcisse appelle les militants, partisans et sympathisants Lavalas à ne jamais oublier l’idéal lavalassien de justice, transparence et participation, leur rappelant que Fanmi Lavalas est une organisation qui a un rôle de rassembleur dans la société.
Elle reconnait toutefois que, seule, Fanmi Lavalas ne pourra pas y arriver.Voilà pourquoi elle invite tous les démocrates et les partisans de la paix à rester soudés en vue de préserver les acquis démocratiques.
L’ancien président Jean Bertrand Aristide, de retour au pays en mars dernier après avoir été victime d’un 2e coup d’Etat qui l’a éloigné d’Haïti pendant environ 7 ans, jouant aujourd'hui un rôle de conseiller au sein de Fanmi lavalas, n'etait pas présent à ce grand rassemblement. Il s'est fait représenter par son épouse Mildred Trouillot Aristide qui n'a pas manqué de verve et de chaleur, ayant de qui tenir.
L’ancienne première-dame a lancé un appel à la solidarité patriotique en vue de la pérénnisation de la démocratie dans le pays.
"La Fondation Aristide où nous sommes aujourd’hui réunie existe pour défendre la paix et la démocratie que les patriotes ont offertes à travers les élections de décembre 1990", a souligné Mildred T. Aristide qui rappelle que pour permettre à la démocratie de grandir, Haïti a besoin de toutes ses filles, de tous ses fils et de tous ses patriotes.
"Un Lavalassien est un patritote, un bon lavalassien est un bon patriote", un slogan lavalas lancé par Mildred Trouillot Aristide et repris en choeur par l'assistance nombreuse, sous des applaudissements nourris .
Les militants Lavalas arrivés de plusieurs régions du pays ont saisi l’occasion pour réaffirmer leur volonté de participer aux prochaines compétitions électorales et cela, ont-ils dit, à tous les niveaux.
L’un d’entre eux, Ansyto Félix a fait savoir qu’actuelement Fanmi Lavalas est en train de mobiliser ses troupes et de se renforcer dans la perspectives des prochaiens élections.
Un tiers du Sénat et les conseils municipaux sont en fin de mandat. Le ministre de l'Intérieur Thierry Mayard Paul a assuré les maires qu'il n'y aurait pas de révocation (sauf pour les conseils dysfoncionnels) et qu'ils pourront rester en poste jusqu'aux prochaines élections dont la date n'est toujours pas déterminée
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Ancyto Félix a indiqué qu'en décembre 1990, le peuple avait manifesté sa volonté d’acceder à un meilleur avenir où ses enfents mangeraient à leur faim, où les soins de santé leurs seraient accessibles, dit Ansyto Félix, regrettant que beaucoup d’eau ait coulé depuis sous le pont.
Il a rappelé que l'ancien président Aristide a pris le pouvoir à deux reprises, mais n'est resté au pouvoir que 5 ans , ayant été victime de deux coups d'état qui ont fait reculer le pays sur tous les plans.
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L’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis, l’ex-ministre des affaires sociales Gérald Germain, les sénateurs Moïse Jean-Charles, Piere Francky Exius, Evallière Beauplan et le député Saurel Jacint sont entre autres personalités qui ont pris part à l’évènement.
Le député Jacinthe très remonté contre le pouvoir, depuis l’arrestation arbitraire de son collègue Arnel Bélizaire, estime qu’il est important pour tous les amis de la démocratie de serrer les rangs pour barrer la route à tout éventuel retour de la dictature.
Les lavalassiens et les autres partisans de la democatie ont également intérêt à s’unir car, a-t-il rappelé, tout royaume divisé est appelé à disparaitre.
Les 1.102.000 votes obtenus par M.Aristide aux élections de 2010, demeure le plus fort score obtenu par un président élu democratiquement en Haïti.
Aux présidentielles de 1995, le présient René. Préval a bien obtenu un pourcentage de 89%, mais avec quelque 300,000 voix. Pour son 2ème mandat en 2006, il a obtenu 992.766 votes (51.21%).
En 2011, au 2eme tour où il n'y avait que 2 candidats, le president Michel Joseph Martelly a eu 67,57% de pourcentage mais avec 716.986 votes sur un total de plus de 4 millions de citoyens en âge de voter.
Mais, plus encore, les deux candidats au 2ème tour en 2011: Michel Martelly et Myrlande H. Manigat ont cumulé 1.061.0 89 votes, score additionné, mais inférieur au 1.102.000 obtenus par Aristide en 1990.
Nouvelles du 15 décembre 2011Des parlementaires critiques vis-à-vis du programme gouvernemental pour les fêtes de fin d'année: ils dénoncent des fonds insignifiants et des risques de main mise
Port-au-Prince, le 15 décembre 2011 (AHP) -Plusieurs parlementaires ont réagi jeudi suite à l’annonce, la veille, de dispositions gouvernementales jugées peu convaincantes, visant à assister les familles haïtiennes pour la période des fêtes de fin d’année marquée par de graves problèmes socio-économiques et une recrudescence d'actes de banditisme.
Le premier ministre Garry Conille accompagné de plusieurs ministres, lors d’une conférence de presse, avait indiqué mercredi que quelque 400 millions de gourdes sont consacrées à des activités socio-culturelles et génératrices de revenus à travers le pays pour la NOEL 2011. (1dollars US= 41,40 gourdes)
Le sénateur Jean William Jeanty (Nippes, sud-ouest) estime que le gouvernement se montre très peu créatif en consacrant cette somme à des activités sans grande conséquence sur l’avenir du pays. Il estime que la montagne a accouché d’une souris, faisant allusion au profil de «technicien international que s’attribue le premier ministre ».
Estimant que les fonds mobilisés sont insignifiants par rapport à une population de 10 millions d’habitants, le parlementaire a fait remarquer que le gouvernement aurait pu créer des travaux à haute intensité de main d’œuvre pour éviter d’être pris au dépourvu.
Le député de Verrettes (Artibonite, nord) Vikens Dérilus abonde dans le même sens, reprochant à l’exécutif de ne pas être proactif et de choisir des solutions cosmétiques à un problème structurel.
Selon lui, les dispositions annoncées n’auront pas d’incidence réelle sur les conditions de vie de la population.
Il invite le gouvernement à adresser les problèmes de manière efficace afin d’éviter que la population se retrouve chaque année à pareille époque dans une situation vulnérable.
Toujours critique face à ses collègues suspectés de compromission avec l’exécutif, le député de Gros Morne, Fritz Chéry met en garde contre toute idée de confier des fonds à des parlementaires dans le cadre des activités d’apaisement social. Il estime que pareille démarche serait contraire à la loi, les sénateurs et députés n’étant pas comptables de deniers publics.
Le député de Côte de Fer (Sud-est), Lesly Guirand exprime, quant à lui, des doutes sur l’intégrité de l’initiative du gouvernement en faveur des plus défavorisés. Tout en reconnaissant la justesse de la démarche, il dit espérer que les fonds mobilisés, déjà très maigres, ne contribueront pas à enrichir les amis de pouvoir en place.
De fait, plusieurs autres députés ont révélé que des proches du pouvoir ont fait parvenir dans certains ministères qui doivent recevoir une partie des fonds, des listes de personnes à qui des montants doivent être remis, au lieu de laisser les responsables agir en fonction de besoins réels.