l’histoire lointaine d’Ain-Beida

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khelaifia

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Apr 24, 2008, 5:15:16 PM4/24/08
to les tribus de Ain-Beida el Hraktas

Ain-Beida ou la fontaine blanche, ce nom seul suffit à évoquer le
havre de repos où à l’ombre des forêts les caravanes d’autrefois
venaient réparer les fatigues de longs et pénibles voyages et trouver
sortant des sources une eau limpide et fraîche.

Ain-Beida située presque à mi-chemin sur la rocade menant de Cirta à
Theveste, de nos jours Constantine et Tébessa, a toujours joué un rôle
de ville étape. Des ruines de l’antique Marcimeni ont été
retrouvées ; notamment un temple dédié à Hercule, diverses
inscriptions latines, un carreau de terre cuite romaine, des rampes de
basse époque et d’autres objets attestant une longue présence romaine.
Quelle est donc l’histoire lointaine d’Ain-Beida ?
L ‘antique Marcimeni faisait partie de la province de Numidie. Vers
439, elle tomba aux mains des Vandales et le traité de 442 entre
Valentinien III et Genseric qui abandonnait à ce dernier les provinces
de la proconsulaire de Byzacène et la moitié Est de la Numidie, la
consacra vandale jusqu’en 533.
A l 'époque des conquêtes musulmanes, le fond de la population d ’Ain-
Beida appartenait à la tribu berbère des Houara . Les nomades arabes
de la tribu des Béni-Soleim , venus juste à la suite des Béni-Hillal,
se confondirent par les mœurs et le langage (chaoui ) avec les
berbères. Ils ne gardèrent d ‘arabe que le nom de Haracta , du au
chef nomade Harkat. Cette tribu des Haracta a un long passé d '
indépendance de combat et de turbulantes agitations. Elle résista aux
turcs comme elle avait résisté aux Némemcha.
Ce n 'est que vers 1720 que le Bey de Constantine réussit à s’en faire
des alliés en leur faisant élire habilement pour chef l'un de ses
fils, le caïd El Aouissi .
NB : Le caïd des Haracta, qui prenait le titre de caïd el Aouissi, et
qui, à cause de son importance, résidait à Constantine au temps des
Turcs, où il avait une petite cour. Il administrait 32 petites tribus
composées presque toutes de Chaouia.
Pour les autres "caïdates" de la province de Constantine cliquez ici
Quelle est donc l’histoire contemporaine d’Ain-Beida ?
A l 'arrivée des français, les indigènes étaient encore nomades.
Leur tribu comptait 7.000 guerriers sur un ensemble de 28.000 âmes.
Une petite colonne commandée par le général Négrier dut rebrousser
chemin devant eux en 1838. Une expédition menée par le général Galbois
réussit à les soumettre en septembre 1839.
L ‘implantation française ne commença vraiment à Ain-Beida que neuf
ans plus tard lorsque l‘armée l ‘occupa le 23 mars 1848.

Deux bordjs furent élevés :
• L ‘un la même année et fut achevé en 1849 pour faire office de
résidence du Khalifat de Si Ali Ba Ahmed (**) appelé au commandement
de la Confédération des Haracta. Si Ali Ba Ahmed était né vers 1800,
dans la tribu Maghzen des Zemouls qui formait la principale force
militaire des Turcs dans la province de Constantine.
• L’autre de 1850 à 1852 faisant office de Commandement Supérieur. Le
Capitaine Bonvalet fut placé à la tête de la Confédération des Harcata
à la place de Si Ali Ba Ahmed qui fut dépossédé de son titre suite au
soulèvement des tribus de l’Est en Juin 1852.

En 1853 la localité ne se composait encore que de six baraques avec
leurs jardins. Le village n’est vraiment né qu’en 1855, année au cours
de laquelle 96 maisons furent construites sur les alignements tracés
par le génie militaire. En 1857, il y en avait 131 maisons sans
compter les construction du marché arabe et le village nègre.
Dès 1863, Ain-Beida possédait une des sept école (l'actuelle "Loucif
M'barka") ouvertes sur le territoire militaire de la division de
Constantine . Un instituteur civil auquel était adjoint comme moniteur
un sous-officier, enseignait à 55 élèves se répartissant ainsi : 31
européens, 17 musulmans et 07 israélites.

Ain-Beida a été élevée au rang de commune en plein exercice en 1868
avec 4051 habitants dont 386 français : "Pendant les quatre années
qu’il passe à la tête de la division de Constantine, le Général
Desvaux s’était toujours opposé à la création d’une commune de plein
exercice à Ain-Beida qui, depuis l’occupation française était devenu
un centre européen assez important. A près son départ, qui eut lieu le
8 août 1868, le Général Perigot, son successeur, autorisa cette
création. Par décret du 10 juillet 1865, signé en l’absence de
l’Empereur, par l’Impératrice Eugénie de Montijo, comtesse de Téba,
Ain-Beida se détachait du Commandement Supérieur des Haractas et
devenait commune de plein exercice."par M .Bourrel Lieutenant Au 5ème
Régiment de Tirailleurs Algériens le 08 février 1904.

Aussi une remarque importante est à noter ici, elle concerne
l'éclatement de la Confédération des Haracta signalé par M .Bourrel
Lieutenant Au 5ième Régiment de Tirailleurs Algériens est la
suivante :
" En 1880, le 1er avril, le Commandant Supérieur des Haracta était
supprimé et faisait place à 3 Communes mixtes :

1) La Commune mixte de Sédrata.
2) La Commune mixte de La Meskiana.
3) La Commune mixte d’Oum El Bouaghi
Les archives furent partagées entre :
a).La Justice de Paix d’Ain-Beida.
b).La Mairie d’Ain-Beida.
c).Les Trois Communes mixtes

** Suite à ces données nous retombons sur l'ancienne carte éditée par
Enfantin et qui délimite les frontières de chaque confédération ou
cercles de l'Est Algérien, Pour cela Cliquez ici

Le pénitencier militaire de Bône y fut transféré en 1902. En 1948,
les trois communautés qui constituaient la population d’Ain Beida
comptaient 26000 musulmans, une importante communauté juive de 6000
personnes et 4000 européens fonctionnaires, commerçants et
propriétaires terriens.

Nos sources : Ibn Khaldoun , L. Charles Féraud, Famille du Dr.
Willigens dont Charles Willigens était maire de la ville, Dr. Dragacci
lui aussi maire d'Ain-Beida, M .Bourrel Lieutenant Au 5ème
Tirailleur.
Quelques édifices , réalisations et dates :
( l’abattoir 1875, l’église 1876, le marché 1885, la mairie 1893 , la
mosquée 1880 , Eclairage municipal 1894...).
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