Campagne insultante du gouvernement contre le cardinal Mosengwo

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Dec 18, 2011, 10:48:28 AM12/18/11
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Kinshasa, 18 décembre 2011 (Apic) Le Bureau du Conseil national de
l’apostolat des laïcs catholiques du Congo (CNALCC) a exprimé son
indignation face aux violentes attaques verbales dont l’archevêque de
Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, est l’objet.

Pour avoir clairement remis en cause la crédibilité des résultats
provisoires publiés par la CENI (Commission électorale nationale
indépendante), le prélat fait l’objet "d’une campagne inacceptable".
Cette campagne est "à la limite de l’insulte de la part du
gouvernement, de la majorité présidentielle", indique le bureau du
CNALCC dans un communiqué publié le 16 décembre par le quotidien
congolais, "Le Phare".

Lors d’une conférence de presse, le 12 décembre dernier, le cardinal
avait dénoncé "les graves erreurs que la CENI a commises dans son
travail et dans la publication des résultats provisoires transmis à la
Cour suprême de justice". II avait cité en exemple, le fait que le 6
décembre, le candidat de l’opposition, Etienne Tshisekedi avait
5’927’728 voix sur 17’329’137 suffrages exprimés. Mais le 9 décembre,
il s’est retrouvé avec 5’863’745 voix sur 18’144’154 suffrages. Il a
perdu 64’000 voix, alors qu’on venait d’ajouter 34’000 bureaux. De
tels cas, avait-il souligné, "exigent d’être corrigés". "A l’analyse
des résultats (provisoires) rendus publics par la CENI, le vendredi 9
décembre 2011, il y a lieu réellement de conclure que ces résultats ne
sont pas conformes à la vérité, ni à la justice", avait encore déclaré
le chef de l’Eglise catholique de la République Démocratique du Congo
(RDC).

Ces propos ont été immédiatement rejetés par la CENI et les partisans
du président Joseph Kabila. Daniel Ngoy Mulunda, président de cette
institution, a répliqué, lui aussi, lors d’une conférence de presse.
Tout en critiquant le cardinal Monsengwo, il a maintenu que les
résultats provisoires publiés par la CENI sont "conforme à la vérité
et que c’est Joseph Kabila qui en est sorti vainqueur". Il a qualifié
la déclaration post-électorale de l’archevêque de Kinshasa, de
partiale et sans effet.

De son côté, Aubin Minaku, secrétaire général la plateforme des cadres
et membres de la majorité présidentielle s’est désolé des propos du
cardinal Mosengwo, faisant observer qu’il devait "être au milieu du
village". Or, selon lui, l’archevêque de Kinshasa a montré sa
position. "Ses propos ne peuvent que décourager les chrétiens
catholiques qui ont voté en faveur de Joseph Kabila" a souligné Aubin
Mikanu, ajoutant : "la personne qui devrait normalement prêcher la
paix, n’a fait qu’empirer la situation. A quel titre a-t-il tenu de
tels propos ?
Un cardinal fortement critiqué par les autorités civiles

Pour la CNALCC, depuis son élévation à la dignité cardinalice, lorsque
l’archevêque de Kinshasa prend parole et que sa parole indispose les
gouvernants, il est traité "de politicien qui divise au lieu d’être le
pasteur qui rassemble". "Pire, on lui dénie le droit de parler au nom
de l’Eglise et même en tant que citoyen. Et, le langage utilisé pour
lui répondre est dénué de tout égard. Même des cadres formés par
l’Eglise, voire des personnes issues de famille catholique et qui se
disent catholiques, ne s’entourent d’aucune précaution pour vilipender
celui qui parmi les Evêques de la RDC est élevé en dignité".

Pourtant, dès les premières heures de l’annonce des résultats
partiels, le 4 décembre, la Conférence Episcopale Nationale du Congo
(CENCO) a attiré l’attention de la CENI sur sa manière de travailler,
poursuit la commission. L’Eglise, a-t-elle encore dit, a exhorté la
CENI à "s’en tenir impérativement à la vérité des urnes telle
qu’exprimée et affichée au niveau des bureaux de vote". Quatre jours
plus tard, le 8 décembre, le Secrétariat général de la CENCO a récusé
une interprétation forcée de la communication du président de la CENCO
qui voulait faire dire que "l’Eglise catholique était en accord avec
les résultats de la CENI et le bon déroulement du scrutin". Au
lendemain de la publication des résultats provisoires, le 12 décembre,
le cardinal Laurent Cardinal Monsengwo, a conclu, après analyse, que
les résultats rendus publics par la CENI "ne sont pas conformes à la
vérité ni à la justice".

En recommandant la voie judiciaire, l’Eglise cherche non seulement à
promouvoir le droit et le respect de la loi, mais aussi à éviter à la
nation, les affres des manifestations publiques qui, souvent,
dégénèrent en affrontement et provoquent la destruction des biens et
des pertes en vies humaines. "L’Eglise met ainsi les magistrats de la
haute cour devant leurs propres responsabilités. Que chacun fasse son
devoir en âme et conscience, dans la vérité et la justice. L’Eglise
demande que « les cas de fraudes avérés soient sévèrement punis", a
encore indiqué la CNALCC. (apic/ibc/js)

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Dec 19, 2011, 4:42:48 AM12/19/11
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Kinshasa : Laurent Monsengwo Pasinya empêché de voyager?

Selon une source aéroportuaire, un "grave incident" se serait produit
dimanche 18 décembre aux alentours de 19h30 à l’aéroport de Ndjili.
Des cameramen de la télévision nationale (RTNC) auraient apostrophé
violemment le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de
Kinshasa, au moment où il allait embarquer dans un vol à destination
d’une capitale européenne.

Un témoin joint au téléphone à Kinshasa raconte : "Le Cardinal venait
de prendre place dans le bus qui conduit habituellement les voyageurs
au bas de l’avion. C’est à ce moment qu’un cameraman de la RTNC a
surgi". Selon ce témoin, le journaliste aurait accusé le Cardinal de
tenter de quitter le pays en cantimini "après avoir allumé le feu".
"Il s’en est suivi des empoignades entre les gardes du corps du
Cardinal et l’importun".

A Bruxelles, une source proche du Cardinal n’a pu confirmer cette
information. Selon elle, Laurent Monsengwo Pasinya serait attendu à
Rome. "Il est attendu à Rome où sa nièce, la fille de son frère
Kaniki, devrait recevoir son diplôme de licence en Architecture le
mercredi 21 décembre", a-t-elle indiqué en soulignant que "le cardinal
Laurent" a été ordonné évêque le 21 décembre 1963...

Si l’événement survenu dimanche 18 décembre à l’aéroport de Ndjili
était confirmé, on devrait conclure qu’entre "Monseigneur" et "Joseph
Kabila" "c’est la guerre!". Aux dernières nouvelles, Laurent Monsengwo
a pu prendre son avion. Affaire à suivre.

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