[FRA/ENG] FIDH - Fuite en Egypte des exilés de Libye : « Double drame pour les Africains sub-sahariens » - Rapport / FIDH - Exiles from Libya flee to Egypt : Double tragedy for Sub-Saharan Africans - Report

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Jun 30, 2011, 7:48:04 AM6/30/11
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FRANÇAIS & ENGLISH

[FRA] De la Fédération International des ligues des droits de l'homme (FIDH)
Fuite en Egypte des exilés de Libye : « Double drame pour les Africains sub-sahariens » - Rapport / FIDH

[ENG] From International Federation of Human Rights (FIDH)
Exiles from Libya flee to Egypt : Double tragedy for Sub-Saharan Africans - Report

(Traducción en español seguirá)


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FRANÇAIS



Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)


FUITE EN ÉGYPTE DES EXILES DE LIBYE

« Double drame pour les Africains sub-sahariens »


Publication d'un rapport de mission d’enquête à la frontière égypto-libyenne

Le conflit déclenché en Libye, le 17 février 2011, par la révolte populaire contre le régime du Colonel Khadafi, a provoqué un exode massif dans les pays limitrophes. Les violences perpétrées par les forces de Khadafi contre les populations civiles, la guerre entreprise par les rebelles pour renverser le régime, ainsi que les bombardements de l’OTAN, ont contraint des centaines de milliers de personnes à fuir le pays. A cela s’ajoute des exactions spécifiques perpétrées à l’encontre des immigrés originaires d’Afrique sub-saharienne et qui les ont poussé à s’enfuir.

La spécificité de cet exode est qu’il concerne en priorité des immigrés qui travaillaient en Libye : plus de 500.000 personnes originaires d’Egypte, de Tunisie, de quelques pays asiatiques comme le Bangladesh, le Pakistan ou la Chine, et surtout de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne.

Le rapport de la mission d'enquête de la FIDH à la frontière égypto-libyenne met en lumière la précarité de la situation des réfugiés et migrants bloqués au poste frontière de Salloum et présente de nombreux témoignages dénonçant des violences à caractère raciste à l'encontre des africains sub-sahariens immigrés en Libye.

« Doublement réfugiés »

Comme la Tunisie, l'Égypte a laissé ses frontières ouvertes à ceux qui fuient la Libye. Mais, le droit d’entrée ne s’accompagne pas d’un droit de rester, à l’exception des Libyens, autorisés à s’y installer temporairement. Les ressortissants d’autres nationalités sont maintenus dans la zone frontalière dans des conditions d'hébergement indignes en attendant une évacuation vers leurs pays d’origine ou, pour ceux qui ne peuvent rentrer chez eux, une réinstallation dans des pays d’accueil.

« Ces derniers sont doublement réfugiés », explique Geneviève Jacques, chargée de mission auprès du Bureau international de la FIDH. «Ayant fui des conflits ou des persécutions au Darfour, en Somalie, en Éthiopie ou en Érythrée, ils ne peuvent pas rentrer dans leurs pays d'origine. Or, peu nombreux sont les pays qui acceptent de recevoir ces quelques milliers de personnes sur leur territoire. La France, elle, est allée jusqu'à afficher son refus catégorique de laisser entrer des réfugiés sur son sol ! Cela est inacceptable. Alors même que plusieurs pays de l'Union européenne interviennent en Libye et disent vouloir soutenir les transitions démocratiques en Tunisie et en Egypte, l'UE n'a pris aucune mesure pour accueillir les réfugiés et soulager les pays de premier accueil ».

Exactions ciblées contre les migrants d'origine sub-saharienne en Libye

Les témoignages recueillis par la FIDH, auprès de migrants venant de l'Est de la Libye, sont unanimes:  les "noirs", accusés d’être des mercenaires à la solde de Kadhafi, ont été battus, spoliés, parfois violés et tués. « L'amalgame funeste « noirs égalent mercenaires » est désormais le prétexte d'insultes, de licenciements sans paiement, de passages à tabac et d'attaques de la part de groupes armés non identifiés dans la zone sous le contrôle des rebelles », a déclaré Geneviève Jacques. « Tous les Africains sub-sahariens que nous avons rencontrés ont témoigné qu'ils ont dû quitter leurs emplois et fuir la Libye parce qu'ils ne pouvaient plus vivre dans l'hostilité et la peur des violences qui' ils avaient vécues personnellement en tant qu'Africains noirs, devenus cibles d'exactions depuis le déclenchement de la rébellion ».

Ces allégations n'ont fait l'objet d'aucune enquête en Libye, où règne ainsi l'impunité. La FIDH a saisi le Conseil national de transition, appelant à l'ouverture d'enquêtes indépendantes et effectives sur ces allégations, conformément aux obligations internationales de la Libye. La FIDH demande également à la Cour pénale internationale de continuer ses enquêtes sur ces exactions, qui peuvent être qualifiées de crimes de guerre.

Pour accéder au rapport : cliquez ici

Contacts presse FIDH :
Arthur Manet : +33 1 43 55 90 19 / +33 6 72 28 42 94
Karine Appy: +33 1 43 55 14 12 / +33 6 48 05 91 57

Twitter : @fidh_ngo


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ENGLISH


International Federation for Human Rights (FIDH)


EXILES FROM LIBYA FLEE TO EGYPT


Double tragedy for Sub-Saharan Africans

Launch of FIDH fact-finding mission report to Libya-Egypt border


http://www.fidh.org/IMG/pdf/LibyeEgypt565ang-2.pdf

30 June 2011 - The conflict that began in Libya on 17 February 2011 with a popular revolt against Gaddafi's regime has triggered a mass exodus of the civilian population into neighbouring countries. Hundreds of thousands of people have fled, mainly into Tunisia and Egypt, as a result of attacks by Gaddafi’s forces on civilian populations, the rebellion and NATO bombings. Migrant workers and refugees from Sub-Saharan Africa have been particular targets of violence.

The vast majority of those who have fled were immigrants working in Libya: over 500,000 persons originating from Egypt, Tunisia, Bangladesh, Pakistan and China and numerous Sub-Saharan African countries.

The FIDH report, based on the findings of a mission to the Egypt-Libya border, reveals the vulnerable situation of refugees and migrants stranded at the Salloum Land Port and presents numerous accounts of violence targeting Sub-Saharan African migrants in Eastern Libya.

Stranded at the border
As in Tunisia, the Egyptian government has maintained open borders to those fleeing Libya. But the right to enter does not mean the right to remain, with the exception of those with Libyan nationality, who until now have been allowed to settle temporarily. Nationals of other countries wait at the border, in deplorable and degrading conditions, pending evacuation to their countries of origin or - for those who cannot return - resettlement in host countries.

“This is the second time that these people have been forced to become refugees”, explains Geneviève Jacques, FIDH mission delegate. “Having fled to Libya to escape conflicts or persecution in Darfur, Somalia, Ethiopia or Eritrea, they cannot return home. But too few countries have offered places for resettlement. As for France, the Minister of the Interior has issued a public declaration, categorically refusing to resettle a single refugee from the conflict in Libya. This is unacceptable and shameful. While several EU countries are intervening in Libya and claim to support democratic transition in Tunisia and Egypt, the EU has not taken any initiative to receive refugees and relieve the countries of first arrival”.

Targeted violence against immigrants from Sub-Saharan Africa
The evidence gathered by the FIDH mission points to widespread and systematic abuses and racially motivated violence targeting Sub-Saharan Africans in Eastern Libya. FIDH interviewed over 50 migrants who had fled Benghazi and other areas in Eastern Libya who reported that black Africans, accused of being mercenaries for Gaddafi, had been attacked, robbed, sometimes raped and killed. “The fatal amalgam “black equals mercenary” has been used to justify insults, termination of employment without pay, torture and other degrading acts committed by armed Libyans in the zone under rebel control,” stated Genevieve Jacques, “All those we interviewed reported that they had been forced to leave their jobs and flee Libya because they feared for their lives”.

These crimes are committed with impunity. There are no investigations in Libya into these allegations. FIDH transmitted the findings of this report to the National Interim Council, calling for independent and effective investigations in accordance with Libya's obligations under international law.  The International Criminal Court has confirmed that such crimes may amount to war crimes and therefore fall within its jurisdiction. FIDH calls on the ICC to pursue investigations into these crimes.

The report is available here

Press contacts :
Arthur Manet : +33 1 43 55 90 19 / +33 6 72 28 42 94
Karine Appy: +33 1 43 55 14 12 / +33 6 48 05 91 57
Twitter : @fidh_ngo






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www.jsf-jwb-migrants.org






FIDH_libye2806fr.pdf
FIDH_LibyeEgypt565ang-2.pdf
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