Marie-Madeleine est-elle l’apôtre des apôtres? Marie-Madeleine, la femme adultère, celle que Jésus a sauvée de la lapidation, voilà ce qui s’est passé: Marie-Madeleine on le sait, avait un jour, pour remercier Jésus de tout le salut qu’il lui avait fait, et même si elle retombait dans ses péchés (Jésus disait : “sept fois elle était retombée”, Marie-Madeleine avait cassé au pieds de Jésus un vase d’un parfum d’un précieux prix, et avait essuyé ses pieds avec ses cheveux et Jésus avait dit : “ce qu’elle a fait là, on s’en souviendra pour toute l’éternité parce que je n’aurai personne pour embaumer mon corps, lors de ma mort.”
Elle, apparemment, elle s’était juré obsessionnellement de faire mentir cette parole, quand Jésus a été tué, -et ce fut une grande surprise même si elle s’inquiétait, Jésus l’avait annoncé-, elle ne pensait qu’à une chose : embaumer son corps et rendre les honneurs, de la mort, vraiment y mettre tout son coeur.
Pendant la pâque, alors qu’elle était enfermée dans la maison, parce que les juifs ne sortent pas pendant la pâque, on ne peut pas travailler, elle avait passé son temps à préparer les parfums, les aromates, pour se rendre, le dimanche matin le premier jour de la semaine, au tombeau, pour embaumer le corps de Jésus.
Elle se demandait qui roulerait la pierre, une grosse pierre qui cachait le tombeau. Elle pensait peut-être que les gardes qui avaient été postés par le Temple l’aideraient. Elle arrive au tombeau et la pierre est roulée. Elle voit un jardinier, elle se met à pleurer et elle lui dit : “Seigneur si c’est toi qui a pris mon Seigneur, dis-moi où tu l’as mis car je veux simplement lui rendre ses honneurs.”
Elle ne savait pas que ce jardinier, c’était Jésus. Jésus ne se fait pas reconnaître pour une raison simple. Il veut qu’elle passe à un autre niveau d’amour qu’un simple amour d’amitié humain. Alors il l’appelle : “Marie” et elle le reconnaît. Elle se précipite à ses pieds, elle le saisit par les pieds, elle ne veut pas le lâcher, elle l’aime avec tout son être de femme, on peut le dire.
Jésus lui dit : “Femme, ne me touche pas car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va voir mes apôtres et annonce-leur que tu m’as vu ressuscité.” Ce que Marie-Madeleine va aller faire aussitôt.
Ça veut donc dire que, pour évangéliser, pour annoncer la bonne nouvelle aux apôtres, qui n’y croient plus -tous ont perdu la foi, un a trahi et s’est suicidé, dix se sont sauvés et Jean, qui a assisté à la passion, n’y croit plus (il a vu tellement de misères), c’est Marie-Madeleine qui annonce cela, ce qui veut dire qu’elle est bien l’apôtre des apôtres.
Pourquoi cette mission? Parce qu’elle a un sens prophétique. Les apôtres symbolisent les prêtres et il est rare que de l’Église, tous ceux qui ont charge de hiérarchie souvent, ils voient moins vite les choses que ceux qui aiment Jésus, le petit peuple qui aime Jésus au jour le jour avec son chapelet et qui se rend compte de la vérité de l’Évangile, beaucoup plus vite.
C’est ce que symbolise Marie-Madeleine, tout au long de l’histoire de l’Église, sans arrêt, à travers des apparitions, souvent à des femmes, à des bergères parfois, des prêtres, des grands théologiens, découvriront des choses. Qu’on se souvienne par exemple, pour le Sacré-Coeur, de sainte Marguerite-Marie, pour l’Immaculée Conception de sainte Bernadette, pour les coeurs unis de Jésus et Marie, de sainte Catherine Labouré à la rue du Bac.
Donc voilà, l’apôtre des apôtres, celle qui donne aux apôtres la découverte profonde, le mystère caché dans la révélation, ce sont souvent les pauvres femmes fidèles, pauvres pécheresses parfois, mais fidèles à la prière.
L’Esprit-Saint aime faire comme cela et il faut que les apôtres, les évêques les archevêques, les papes, écoutent ces humbles personnes qui quelques fois paient très cher, comme Marie-Madeleine, qu’on n’a pas du tout crue, le fait qu’elles ont une mission d’annonce de certaines choses.