Les SDHI sont des substances chimiques qui bloquent l’action d’une enzyme essentielle qui facilite la respiration cellulaire de tous les êtres vivants ou presque, la SDH (pour enzyme Succinate Déshydrogénase).
Cette enzyme joue ce rôle crucial pour une grande partie des espèces végétales et animales, y compris chez l’Homme.
Vendus comme « fongicides », des pesticides destinés à tuer uniquement les champignons et les moisissures, les SDHI ont donc en réalité un mode d’action potentiellement très dangereux pour tous les êtres vivants :
>> Les SDHI favorisent des maladies graves chez l’Homme, notamment certains cancers du rein ou du système digestif, des maladies neurodégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer et ce dans des proportions que les agences sanitaires sont incapables de mesurer aujourd’hui[4].
Et tout récemment, les conclusions du groupe d’experts dédié aux SDHI et convoqué par l’Anses pour répondre à la pression grandissante de la société civile et de la communauté scientifique, ont révélé leurs effets délétères sur multiples organes vitaux (foie, reins, etc.)[5].
>> Des chercheurs du CNRS et de l’INRAe[6] ont mené une étude en 2023 pour mesurer l’impact du boscalid sur les abeilles.
Après avoir nourri des abeilles ouvrières avec un sirop contenant une dose réaliste de boscalid, comparable à ce que les abeilles peuvent trouver dans leur environnement, ils ont montré que les reines avaient elles aussi été intoxiquées via la gelée royale contaminée.
Et leurs résultats sont tout simplement effarants :
>>>> l’espérance de vie des reines intoxiquées a chuté de près de la moitié, avec des décès significatifs pendant et peu après la période nuptiale ;
>>>> le taux de fécondité des reines intoxiquées a diminué, suite à une chute de 29 % du nombre de spermatozoïdes trouvés dans leur spermathèque, 4 mois après le début de l’étude ;
>>>> le comportement des ouvrières a changé, menaçant la survie des colonies étudiées (comportements hygiéniques, stockage de pollen, etc.) ;
>>>> la réponse immunitaire des abeilles s’est trouvée affaiblie face au varroa, cet acarien parasite si redouté des apiculteurs.
Et l’étude conjointe du CNRS et de l’INRAe est loin d'être un cas isolé :
En tout, ce sont plus de 70 études recensées par POLLINIS qui mettent en évidence les trop nombreux effets des SDHI, et du boscalid en particulier[7].
Les données sont là et sont sans appel. La science ne peut plus être ignorée !
L’alerte lancée il y a sept ans par le biologiste Pierre Rustin, Professeur et spécialiste mondial des maladies liées aux dérèglements de la respiration cellulaire, a été confirmée depuis par de très nombreuses études parues à travers le monde. Toutes démontrent que les pesticides SDHI pourraient avoir des conséquences dramatiques à long terme pour notre santé et notre environnement.
Tous ces effets doivent être pris en compte sans plus attendre et tant que leur réévaluation n’a pas été finalisée, les fongicides SDHI, y compris le boscalid, doivent être retirés du marché !
Mais pour BASF et consors, cela signifierait l’arrêt immédiat d’une manne de plusieurs milliards d’euros par an. Pas question pour eux de priver leurs actionnaires de ce juteux pactole : avec la complicité de la Commission européenne, ils peuvent encore commercialiser leurs produits jusqu’en 2026 sans être inquiétés - et qui sait combien d’années supplémentaires ils gagneront encore lorsque cette prolongation arrivera à terme…
Face à l’urgence de l’effondrement de la biodiversité, mettons nos dirigeants et la Commission au pied du mur et obligeons-les à défendre le vivant et l’intérêt général plutôt que les profits de l’agrochimie !
Nous menons un travail acharné depuis des années contre ces pesticides tueurs d’abeilles, nous portons la voix de plus de 400 000 citoyens et citoyennes européens engagés à nos cotés, nous avons mobilisé des dizaines d’eurodéputés dans ce combat crucial pour la survie des abeilles, et venons de lancer un procès contre la Commission et la multinationale de l’agrochimie BASF, pour obtenir le retrait du boscalid.
Nous disons stop aux prolongations abusives, qui permettent à BASF et toutes les multinationales de l’agrochimie de gagner du temps et d’écouler leurs stocks !
POLLINIS a besoin de vous : votre engagement à nos côtés pour la défense du vivant est indispensable et apporte une légitimité déterminante à POLLINIS pour faire barrage aux multinationales et leurs produits mortifères !
Ensemble, exigeons le retrait immédiat des pesticides SDHI !