Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 24/11/2021 à 19h07
Mis à jour le 24/11/2021 à 19h13
Élue l’espace de quelques heures première femme à ce poste après plusieurs jours de négociations déjà délicates, Magdalena Andersson a été la victime d’un douloureux jeu
de domino politique. © Crédit photo : AFP
Magdalena Andersson a dû démissionner, suite au départ de ses alliés écologistes du gouvernement
Moins de huit heures après son élection par le Parlement, la nouvelle Première ministre suédoise Magdalena Andersson a été contrainte de démissionner mercredi 24 novembre après une journée cauchemar marquée par la défaite de son budget
et le départ de ses alliés écologistes du gouvernement. « Il y a une pratique constitutionnelle voulant qu’un gouvernement de coalition démissionne lorsqu’un parti le quitte. Je ne veux pas diriger un gouvernement dont la légitimité est remise en cause »,
a déclaré la dirigeante sociale-démocrate lors d’une conférence de presse.
Au soir de ce règne avorté, Magdalena Andersson a dit espérer être réélue à son poste lors d’un vote ultérieur, avec un gouvernement 100 % social-démocrate. Élue l’espace de quelques heures première femme à ce poste après plusieurs jours de négociations
déjà délicates, elle a été la victime d’un douloureux jeu de domino politique.
Une coalition fragile
Mardi soir, cette économiste de 54 ans, jusqu’ici ministre des Finances de son prédécesseur Stefan Löfven, s’était assurée in extremis les soutiens nécessaires pour arriver au pouvoir, grâce à un accord de la dernière heure avec le parti de Gauche pour
augmenter les petites retraites. Mais un autre parti clé, le parti du Centre, mécontent des concessions faites à l’aile gauche, lui a retiré son soutien pour le budget, sans pour autant bloquer son accession au pouvoir.
Conséquence : le même Parlement qui l’avait élue dans la matinée a mis son budget en minorité dans l’après-midi, et adopté celui de l’opposition de droite, préparé pour la première fois avec l’extrême droite des Démocrates de Suède (SD). Magdalena Andersson
avait dit pouvoir s’en accommoder. Mais pour son allié écologiste, seul autre parti de la coalition gouvernementale minoritaire, il était inacceptable de gouverner avec une loi de finances portant le sceau de l’extrême droite.
Peu après la défaite budgétaire, le parti écologiste a donc annoncé son départ du gouvernement, contraignant Magdalena Andersson à rendre son tablier à peine acquis. « Ce n’est pas la mission du parti des Verts d’appliquer le budget négocié par SD. Notre
direction est unanime pour dire que nous ne pouvons pas être dans un gouvernement avec un budget préparé par SD », a justifié la porte-parole du parti, Märta Stenevi.
Une nouvelle chance
Le président de la Chambre, Andreas Norlén, a fait savoir qu’il acceptait sa démission et allait désormais contacter les chefs de partis avant de décider jeudi 24 novembre comment procéder. Constitutionnellement, Mme Andersson n’ayant pas encore eu le
temps de présenter son gouvernement au roi – ce qui était prévu vendredi – elle n’a pas pu remplacer officiellement Stefan Löfven comme Premier ministre.
La reine d’un jour risque toutefois d’avoir une nouvelle chance. Les équilibres politiques serrés du Parlement suédois, qui avaient entraîné un délai de quatre mois pour former un gouvernement après les dernières élections de 2018, ne permettent pas d’alternative
à un Premier ministre social-démocrate, selon les analystes.
Démis par un vote de défiance inédit en juin, Stefan Löfven avait ainsi fait son retour en juillet. Usé par sept ans au pouvoir et par cette crise politique, il avait annoncé en août qu’il démissionnerait en novembre, à moins d’un an des législatives de
septembre 2022. Connue pour son style direct qui lui vaut d’être surnommée « le bulldozer », Magdalena Andersson lui avait déjà succédé à la tête du parti social-démocrate début novembre. Bien que championne affichée de l’égalité des sexes, la Suède n’a jamais
jusqu’ici eu de femme Première ministre, contrairement à tous les autres pays nordiques. Émue d’être la première femme à arriver au pouvoir après 33 hommes depuis 1876, Magdalena Andersson avait salué dans la matinée « un jour spécial ».
https://fr.wikipedia.org/wiki/Magdalena_Andersson
Eva Magdalena Andersson, dite Magdalena Andersson, née le 23 janvier 1967 à Uppsala (Uppland),
est une économiste et femme
politique suédoise.
Membre des sociaux-démocrates (SAP),
elle est élue députée lors des élections
législatives de 2014. Cette même année, elle est nommée ministre
des Finances dans le gouvernement Löfven.
En 2021, elle est désignée première secrétaire du SAP, ce qui fait d'elle la deuxième femme à diriger ce parti. Dans la foulée, elle renonce à devenir Première
ministre de Suède quelques heures après son élection par le Riksdag, en remplacement de Stefan
Löfven.
Biographie
Formation et début de carrière politique
Dans les années 1990,
elle étudie à l'École d'économie de Stockholm puis à l'université
Harvard. Elle remporte le titre de championne nationale de natation1.
Elle travaille dans les services du Premier ministre suédois comme conseillère politique entre 19961 et 1998 puis
comme directrice de la planification entre 1998 et 2004.
Entre 2004 et 2006, elle officie au ministère
des Finances, puis, entre 2007 et 2009,
travaille comme conseillère de la femme politique Mona Sahlin. De 2009 à 2012,
elle est directrice en chef de l'Agence fiscale suédoise.
Ministre des Finances
En 2014, elle est nommée ministre
des Finances dans le gouvernement du social-démocrate Stefan Löfven et devient la première femme
à se voir confier ce portefeuille.
En 2020, elle est élue présidente du comité monétaire et financier du Fonds
monétaire international, composé de gouverneurs de banques centrales et de ministres de plusieurs pays, pour un mandat de trois ans2.
Elle prend ses fonctions le 18 janvier 2021.
Cheffe du Parti social-démocrate
En août 2021, alors que le départ du Premier ministre Stefan
Löfven est annoncé, le nom de Magdalena Andersson est avancé parmi ceux de ses possibles successeurs à la direction des sociaux-démocrates et, par conséquent, du gouvernement. Plusieurs sections du parti lui apportent leur soutien. Le 29
septembre suivant, elle est officiellement désignée candidate pour le congrès du mois de novembre3.
Elle est formellement élue par les délégués sociaux-démocrates, réunis en congrès à Göteborg le 4
novembre 2021, et prend ses fonctions le jour même.
Lors d'un vote au Riksdag le 24 novembre suivant, elle est élue Première ministre par 117 voix pour, 174 voix contre
et 57 abstentions, une majorité absolue de votes négatifs (soit 175 suffrages) étant requise pour l'empêcher d'accéder au pouvoir4.
Son entrée en fonction est prévue deux jours plus tard.
Elle obtient de justesse le vote de confiance du Parlement grâce à un accord de la dernière heure avec le Parti
de gauche pour augmenter les petites retraites. Néanmoins, elle perd l'appui du Parti
du centre, dont le soutien était nécessaire pour faire adopter son projet de budget, et devrait donc devoir gouverner avec le budget préparé par l’opposition de droite et d’extrême droite.
Vie privée
Elle est mariée au professeur d'économie Richard Friberg ; ils ont ensemble deux enfants.
À
peine élue la Première ministre contrainte de démissionner
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Moins de huit heures après son élection par le Parlement, la nouvelle Première ministre suédoise Magdalena Andersson a été contrainte de démissionner mercredi après une journée cauchemar marquée par la défaite de son budget et le départ de ses alliés écologistes
du gouvernement.
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Marc PREEL et Hélène DAUSCHY
mer. 24 novembre 2021, 12:34 AM
À peine élue la Première ministre contrainte de démissionner
La cheffe des sociaux-démocrates suédois Magdalena Andersson, élue Première ministre, le 24 novembre 2021 à Stockholm (AFP/Erik SIMANDER)
Moins de huit heures après son élection par le Parlement, la nouvelle Première ministre suédoise Magdalena Andersson a été contrainte de démissionner mercredi après une journée cauchemar marquée par la défaite de son budget et le départ de ses alliés écologistes
du gouvernement.
"Il y a une pratique constitutionnelle voulant qu'un gouvernement de coalition démissionne lorsqu'un parti le quitte. Je ne veux pas diriger un gouvernement dont la légitimité est remise en cause", a déclaré la dirigeante social-démocrate lors d'une conférence
de presse.
Au soir de ce règne avorté, Mme Andersson a dit espérer être réélue à son poste lors d'un vote ultérieur, avec un gouvernement cette fois 100% social-démocrate.
Élue l'espace de quelques heures première femme à ce poste après plusieurs jours de négociations déjà délicates, elle a été la victime d'un douloureux jeu de domino politique.
Mardi soir, cette économiste de 54 ans, jusqu'ici ministre des Finances de son prédécesseur Stefan Löfven, s'était assurée in extremis les soutiens nécessaires pour arriver au pouvoir, grâce à un accord de la dernière heure avec le parti de Gauche pour
augmenter les petites retraites.
Mais un autre parti clé, le parti du Centre, mécontent des concessions faites à l'aile gauche, lui a retiré son soutien pour le budget, sans pour autant bloquer son accession au pouvoir.
Conséquence: le même Parlement qui l'avait élue dans la matinée a mis son budget en minorité dans l'après-midi, et adopté celui de l'opposition de droite, préparé pour la première fois avec l'extrême-droite des Démocrates de Suède (SD).
"Magda" Andersson avait dit pouvoir s'en accommoder. Mais pour son allié écologiste, seul autre parti de la coalition gouvernementale minoritaire, il était inacceptable de gouverner avec une loi de finances portant le sceau de l'extrême-droite.
Peu après la défaite budgétaire, le parti écologiste a donc annoncé son départ du gouvernement, contraignant Mme Andersson à rendre son tablier à peine acquis.
"Ce n'est pas la mission du Parti des Verts d'appliquer le budget négocié par SD. Notre direction est unanime pour dire que nous ne pouvons pas être dans un gouvernement avec un budget préparé par SD", a justifié la porte-parole du parti, Märta Stenevi.
Le président de la Chambre, Andreas Norlén, a fait savoir qu'il acceptait sa démission et allait désormais contacter les chefs de partis avant de décider jeudi comment procéder.
Constitutionnellement, Mme Andersson n'ayant pas encore eu le temps de présenter son gouvernement au roi - ce qui était prévu vendredi - elle n'a pas pu remplacer officiellement Stefan Löfven comme Premier ministre.
La reine d'un jour risque toutefois d'avoir une nouvelle chance.
Les équilibres politiques serrés du Parlement suédois, qui avaient entraîné un délai de quatre mois pour former un gouvernement après les dernières élections de 2018, ne permettent pas d'alternative à un Premier ministre social-démocrate, selon les analystes.
Démis par un vote de défiance inédit en juin, Stefan Löfven avait ainsi fait son retour en juillet.
Usé par sept ans au pouvoir et par cette crise politique, il avait annoncé en août qu'il démissionnerait en novembre, à moins d'un an des législatives de septembre 2022.
Connue pour son style direct qui lui vaut d'être surnommée "le bulldozer", Magdalena Andersson lui avait déjà succédé à la tête du parti social-démocrate début novembre.
Bien que championne affichée de l'égalité des sexes, la Suède n'a jamais jusqu'ici eu de femme Première ministre, contrairement à tous les autres pays nordiques.
Émue d'être la première femme à arriver au pouvoir après 33 hommes depuis 1876, Mme Andersson avait salué dans la matinée "un jour spécial".
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