Après ses propos tenus sur le génocide des Tutsis au Rwanda dans la revue d’extrême-droite «Elément», l’ancien ministre de François Mitterrand est désormais «disqualifié ». Sa présence au conseil d’administration de la manifestation ne permet pas de poursuivre
un dialogue serein avec les photographes africains.
Hubert Védrine lors de l'ouverture des Rencontres de la photographie, en 2017. (Bertrand Langlois /AFP)
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Après ses propos tenus sur le génocide des Tutsis au Rwanda dans la revue d’extrême-droite «Elément», l’ancien ministre de François Mitterrand est désormais «disqualifié ». Sa ...
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par un groupe de personnalités
publié le 19 juin 2021 à 10h15
Les Rencontres internationales de la photographie d’Arles s’ouvrent cette année le 4 juillet, date à laquelle les Rwandais commémorent depuis vingt-sept ans la fin du génocide au
cours duquel un million de Tutsis furent exterminés en cent jours, entre avril et juillet 1994.
Le rapport Duclert sur cette tragédie est venu confirmer le travail de nombreux journalistes et historiens. Oui, la France a eu des responsabilités
«lourdes et accablantes» dans ce crime commis en Afrique, ce que le président de la République, Emmanuel
Macron, a reconnu récemment à Kigali :
«La France a un rôle, une histoire et une responsabilité politique au Rwanda», elle est restée
«de fait aux côtés d’un régime génocidaire». Après avoir longtemps nié les responsabilités de l’Élysée, dont
il était le secrétaire général, M. Hubert Védrine – aujourd’hui président du conseil d’administration des Rencontres internationales de la photographie d’Arles - dénonce désormais dans la presse d’extrême droite (
Eléments, n°190, juin-juillet 2021)
les intellectuels et les médias qui ont fait leur travail sur le Rwanda :
«Ah si les journaux étaient tenus comme autrefois, ça ne durerait pas une minute.» Ses propos, comme d’autres tenus auparavant, sont inadmissibles. Les Rencontres internationales
de la photographie d’Arles invitent cet été, dans un effort louable, plusieurs photographes africains après une absence remarquée lors de leur cinquantième anniversaire (
Le Monde, 10 mai 2019). Au nom de la mémoire des victimes du génocide des Tutsis
du Rwanda, et afin que la réputation de cet événement ne soit pas entachée par la présence d’un président désormais disqualifié, afin également de permettre aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles de poursuivre un dialogue serein avec le
continent africain, nous demandons à M. Hubert Védrine de bien vouloir se mettre en retrait de la présidence des Rencontres Internationales d’Arles.
Signataires:
Benjamin Abtan (fondateur du mouvement antiraciste européen) - Guillaume Ancel (Ancien lieutenant-colonel, vétéran de l’opération Turquoise) - Fabrice Arfi (journaliste, Mediapart) - Stéphane Audouin-Rouzeau (Historien, directeur d’études à l’EHESS) - Laurent
Beccaria (Editions Les Arènes) – Pierre-Yves Bocquet (Ancien conseiller discours et mémoire à la présidence de la République) - William Bourdon (Avocat, président-fondateur de l’association Sherpa) - Damien Carême (Député européen) –– Stéphanie Chevrier (Editions
de la Découverte) – Bruce Clarke (Artiste plasticien) – Alexis Cordesse (Photographe) - Marie Desplechin (Journaliste, écrivaine, prix Médicis essai) – Hélène Dumas (Historienne, CNRS/EHESS) –– Jean-Francois Dupaquier (Journaliste, écrivain) - Gaël Faye (Auteur,
compositeur, interprète, prix Goncourt des lycéens) –- Hippolyte (Auteur, illustrateur, photographe) - Alain Keler (Photographe, prix Eugene Smith) – Olivier Legrain (Initiateur du projet La Maison des médias Libres) – Pierre Lepidi (Journaliste) - Frédéric
Martel (Journaliste, écrivain) - Jean-Pierre Mignard (Avocat) – Vincent Monadé (Ancien président du Centre national du livre, CNL) - Scholastique Mukasonga (Ecrivaine, prix Renaudot, membre du jury du prix Femina) – Jessica Mwiza (Vice-présidente de l’association
des rescapés Ibuka France) – Atiq Rahimi (Ecrivain, réalisateur, prix Goncourt) – Olivier Rubinstein (Agent littéraire) - Patrick de Saint Exupéry (Journaliste, écrivain, prix Albert Londres) - Olivier Sultan (Galerie Art-Z) - Louis-Georges Tin (président
d’honneur du CRAN) - Ruth Zylberman (Réalisatrice).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_V%C3%A9drine
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Hubert Védrine, né le 31 juillet 1947 à Bellegarde-en-Marche (), est un haut fonctionnaire et homme politique français membre du Parti socialiste.Après avoir travaillé avec le président François Mitterrand comme conseiller diplomatique puis secrétaire général
de l'Élysée, il est nommé au Conseil d'État en 1986. Hubert Védrine devient par la suite ministre des Affaires ...
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Hubert Védrine, né le 31 juillet 1947 à Bellegarde-en-Marche (Creuse), est un haut fonctionnaire et homme politique français membre du Parti socialiste. Après avoir travaillé avec le président François Mitterrand comme conseiller diplomatique puis secrétaire
général de l'Élysée, il est nommé au Conseil d'État en 1986. Hubert Védrine devient par la suite ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Lionel Jospin, de 1997 à 2002.
Biographie
Famille et études
Hubert Yves Pierre Védrine est le fils de Jean Védrine, ami et collaborateur de François Mitterrand et, par sa mère, le petit-fils du peintre verrier Francis Chigot. Son père est lyonnais. Prisonnier pendant la guerre, il tombe gravement malade. Il part se
reposer chez l'un de ses amis, à Bellegarde-en-Marche dans la Creuse où il rencontre la sœur de ce dernier qu'il épouse. Hubert Védrine naît dans la maison de sa grand-mère maternelle, dans ce village.
Il étudie au lycée Albert-Camus à Bois-Colombes, obtient une licence d'histoire, et poursuit ses études à l’Institut d'études politiques de Paris et à l’École nationale d'administration (ENA).
En 1974, il se marie avec Michèle Froment-Védrine, médecin et conseiller-maître à la Cour des comptes qui dirige l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) de 2002 à 2008. Le couple a deux fils :
Laurent, né en 1976, et Julien, né en 1977.
Début de carrière politique
À sa sortie de l'ENA en 1974 (promotion Simone Weil), il est affecté au ministère de la Culture, puis au ministère de l'Environnement, avant de rejoindre celui des Affaires étrangères. Parallèlement, il milite à « Échanges et Projets », alors présidé par Jacques
Delors. Par ailleurs, il a été conseiller municipal de Saint-Léger-des-Vignes, dans la Nièvre, de 1977 à 1995, et suppléant du candidat socialiste Daniel Benoist aux élections législatives de 1978.
Détail des fonctions et mandats
1974 : chargé de mission au ministère de la Culture,
1978 : chef de division à la direction de l'architecture du ministère de l'Environnement et du Cadre de vie,
1979 : coordinateur pour le Proche et le Moyen-Orient à la direction générale des relations culturelles du ministère des Affaires étrangères,
1981 : conseiller technique pour les relations extérieures au secrétariat général de la présidence de la République (conseiller diplomatique),
1986 : maître des requêtes au Conseil d'État,
1988 : conseiller de François Mitterrand et porte-parole de la présidence de la République,
1991 : secrétaire général de la présidence de la République française,
1995 : maître des requêtes au Conseil d'État,
1997 : ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Lionel Jospin jusqu'à la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République en 2002.
Décorations
Grand-officier de l'ordre du Mérite de la République italienne (Italie, 1999)27.
MDA Ordinul Gloria Muncii BAR.png Grand-officier de l'ordre de la Gloire du travail (Moldavie).
Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République de Pologne Grand-croix de l'ordre du Mérite (Pologne, 2000)28.
PRT Order of Prince Henry - Grand Cross BAR.png Grand-croix de l'ordre de l'Infant Dom Henri (Portugal, 1999)29.
Grand-officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie (Roumanie).
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« L'homme, à mon avis, se perfectionne par la confiance. Par la confiance seulement. Jamais le contraire. » ―
[Mustafaj]
Abatabizi
bicwa no kutabimenya.
20.06.2021