Le père Olivier
Maire a été tué ce lundi 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée • © G.Moreau/Diocèse de Luçon
Qui est Emmanuel Abayisenga ? Les témoignages de celles et ceux qui l'ont côtoyé depuis son arrivée à Nantes sont concordants, et décrivent une personne aimable, volontaire, croyante. Cécile Murray lui a appris le Français, elle se considère depuis comme son
amie.
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Qui est Emmanuel Abayisenga ? Les témoignages de celles et ceux qui l'ont côtoyé depuis son arrivée à Nantes sont concordants, et décrivent une personne aimable, volontaire, croyante. france3-regions.francetvinfo.fr
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Publié le 12/08/2021 à 14h22 • Mis à jour le 12/08/2021 à 14h24
La cour intérieure de la communauté des frères missionnaires Montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, le 9 août 2021, où le corps du père Olivier Maire a été retrouvé • © France Televisions - Maïna Sicard | Loire-Atlantique Nantes Vendée
Témoignage de Cécile Murray | Affaire Abayisenga Emmanuel
Témoignage que je viens de rédiger. Je ne peux plus me taire.
Cécile Murray,
le mardi 10 août 2021.
Partagez si le cœur vous en dit.
Je suis choquée d’apprendre le meurtre d’un homme, qui était prêtre et qui tendait la main aux personnes dans le besoin. Je veux lui dire merci.
Je suis bouleversée pour cet homme qui a tendu la main à Emmanuel.
Et je suis bouleversée parce que Emmanuel, le suspect, était mon élève et mon ami depuis 2013.
Et pour cette raison, je ressens vraiment le besoin en lisant tout ce qu’il se dit sur les réseaux de donner mon témoignage, qui j’espère clarifiera et aidera à mieux comprendre cette tragique situation. Peut être pourra-t-il aider à ne pas juger trop vite.
Je ne crois pas, comme beaucoup le déclarent, qu’il s’agisse d’un incident terroriste ou radical.
Madame Le Pen, non, ne faites pas l’erreur de vous emparer trop vite de cette histoire tragique. Car cette histoire nous ramène bien avant l’incendie, bien avant ce meurtre terrible.
J’avais 24 ans lorsque j’ai connu Emmanuel. Aujourd’hui j’en ai 32. Emmanuel a mangé à notre table, nous avons été au musée ensemble, plusieurs fois je l’ai conduit ici ou là en voiture, seule, parce qu’Emmanuel était un homme bon et doux, profondément
respectueux, avec lequel on se sentait en sécurité. Il a offert à la naissance de mon premier fils une peluche que nous avons toujours. Il a joué avec mes enfants.
Il a été hébergé par des membres de ma famille plusieurs mois, lorsqu’il n’avait nulle part où aller. Il était discret, gentil, était aimé de tous. Bref, vous l’avez compris, je connais bien cet homme.
Il avait la confiance de beaucoup de personnes, avant l’incendie à la cathédrale. Il était bénévole, tous le décrivaient comme calme, paisible, plutôt timide et discret. Il bégayait un peu. De tous les réfugiés que je connais (et on emploie le terme
“réfugié” à tort parce que justement, il ne l’était pas), il était que j’aurais placé en dernier sur la liste de ceux qui pourraient un jour faire du mal à autrui.
Je précise, avec regret mais je m’y sens forcée vu les commentaires lus aujourdui, qu’il n’était pas musulman. Il était chrétien, catholique.
Et il s’est beaucoup investi bénévolement au service de l’Eglise Catholique.