Ces
jours-ci, et ce depuis quelques semaines, le Président Michel MARTELLY (surnommé 2M ou MM vu sa stratégie marketing de campagne électorale gagnante "copiée-collée" sur celle d'une excellente pub
pour un produit banal mais de grande consommation) et certains de ses compatriotes, de ses partisans, de ses courtisans, toujours des deux (2) sexes, sont focalisés sur le renouveau d'une force
publique que quasi tous appellent "forces armées" ou simplement "armée". Ils disent: la MINUSTAH doit partir; Haïti doit posséder une ARMEE.
La semaine passée la focalisation s'est incrémentée de deux (2) crans. Le 6 octobre 2011, un haut Responsable de l'Administration américaine a suggéré que "«...le chemin à suivre est vraiment de se concentrer sur la Police nationale haïtienne, et sa
capacité à être plus forte, plus grande et plus capable à faire son travail...» au lieu de créer une armée...".
Le Président de la
République d'Haïti, Michel MARTELLY, lui a répondu le 7 octobre 2011 par les déclarations suivantes: "« C'est leur opinion » ajoutant que «...malheureusement ils n'ont pas professionnalisé la PNH avec les millions qui vont à la mission onusienne en Haïti...»".
Une telle réponse d'un Président haïtien à un agent de l'Oncle Sam, c'est du jamais vu. Est-ce de la témérité? Est-ce de l'inconscience? Est-ce le premier pas vers la bisbrouille, vers l'amorce du déclin, vers la chute, ...? Est-ce un signe qui montre que les choses changent en Haïti? Dans le bon sens ou pas? Qui vivra verra!
"Au vu, à l'entendu et au lu" de ces échanges qui laissent tout un chacun perplexe et percevoir un frémissement d'exaspération du Président haïtien contre cet haut Responsable US qu'il considère comme un empêcheur de tourner en rond, un trouble-fête ("wet blanket"), contre ce qu'il a sans nul doute considéré comme une intrusion intempestive des USA dans les affaires strictement internes de son pays, les média haïtiens ont réalisé leur travail d'information. Juste le début, pas plus que le commencement de publication et de diffusion des informations!
Ils ont relaté in extenso les échanges. Mais ils n'ont pas jugé utile de les commenter, de les placer dans leur contexte politico-historique et
surtout de faire ressortir que de tels échanges ont peut-être eu lieu uniquement à cause de malentendus, de quiproquos. Ils ont certes raison d'agir de la sorte car actuellement les relations de la presse avec MM ne coulent pas comme un long fleuve tranquille. Dis autrement, dans le climat actuel quasi "pré-makoutiste" que MM commence à instaurer, qui commence subrepticement à tendre à 180° de la liberté de la presse vécue sous PREVAL, c'est de la sage prudence. Inutile de jeter de l'huile sur le feu, même s'il est pour le moment juste en train de couver.
Sinon ils auraient dû pressentir, appréhender le devoir d'agir selon leur déontologie, leur mandat, leur cahier des charges, en vue d'éviter que leur MM ne lance point prochainement à cet haut Responsable US son injure familière "kolan guèt manman-ou" (le colon guette ta mère), tellement habituelle, normale, naturelle pour lui qu'il ne juge point nécessaire de présenter de modestes mais
présidentielles excuses pour cette grossièreté (incartade, abus de pouvoir, abus de langage) lancée à un journaliste qui l'avait exaspéré lors d'une conférence de presse.
Elle n'aurait jamais dû sortir de la bouche du Président, et qui plus est en fonction, en public et en présence de la presse étrangère. Quel gâchis protocolaire, quel manque de savoir-vivre!
A mon avis, le contenu des échanges est dans cette tonalité à tendance belliqueuse uniquement parce que les deux (2) interlocuteurs
n'ont pas "tout simplement" les mêmes définitions, des définitions "exclusivement univoques", des termes qu'ils utilisent, et pire n'ont pas les mêmes besoins, intérêts, urgences et nécessités.
En Haïti, certainement à cause du parler créole, quand on dit ARMEE on parle d'un fourre-tout qui englobe toutes les personnes qui sont attitrées à porter des armes, qui sont détenteurs de port d'armes et qui les portent. On ne fait point
de distinction entre militaires, aviateurs, marins, douaniers, agents de sécurité nationale, gendarmes, policiers, chefs de section (de nos jours on doit certainement employer le mot CASEC, ASEC), et "patati & patata", ...
Alors qu'en règle générale le terme forces armées n'englobe en tout et pour tout que trois (3) structures composées de gens portant des armes: i) les forces terrestres, armée
proprement dite composée de militaires, de commandos, ...; ii) les forces aériennes, l'armée de l'air, l'aviation; iii) les forces navales, les garde-côtes, la marine.
Ensuite les autres catégories de
personnes portant des armes se répartissent en: i) gendarme; ii) policier proprement-dit; iii) policier judiciaire; iv) agent de circulation routière; v) agent de sécurité; vi) douanier; vii) chasseur; viii) membre d'un club de tir; ix) collectionneur; x)
certaines personnes selon la fonction exercée; xi) détenteur de grosses sommes d'argent en espèces; xii) divers.
B. ARMEE VS. FORCE PUBLIQUE
Haïti est un pays, une Nation et en tant que telle elle a le devoir d'assurer, elle-même, la sécurité de ses ressortissants contre les dangers venant de
l'extérieur et contre ceux venant de l'intérieur. C'est un devoir. C'est un droit inaliénable pour le maintien de sa souveraineté. De nos jours, pour Haïti: pour le recouvrement de sa souveraineté aliénée de plein gré par certains présidents (pour rester au Pouvoir), sous tutelle de l'International, de la MINUSTAH (depuis TITID et jusqu'à maintenant) qui a eu un comportement déplorable en Haïti. Et pourtant tous les agents de cette structure avaient des émoluments "rubis sur ongle". Budget annuel de quasi 800 millions de dollars US!
1. Faire face aux menaces et dangers venant de l'Extérieur.
Cette rubrique ne sera pas développée en long et en large. Il y aura juste quelques questions, des éléments de réponse et parfois des
commentaires.
Haïti a-t-il des ennemis extérieurs, voire même un ennemi extérieur? Qui actuellement? Qui dans un futur imminent ou lointain?
Si oui, Haïti a-t-il un budget conséquent pour équiper des forces armées en militaires, aviateurs et marins, le tout de qualité et en quantité?
Combien de blindés, d'armes, de munitions, ....d'avions de chasse, de bombardiers, ....de destroyers, de torpilleurs, de sous-marins, .... de lance-missiles, de lance-roquettes, ...., etc, le tout de qualité et en quantité, Haïti peut-il acheter et mettre à disposition sur son sol, dans ses limites territoriales marines, dans son espace aérien?
Haïti a-t-il un budget pour "monter" des forces armées capables de vaincre même celles de la république voisine, la République Dominicaine?
Alors que dire si
c'est pour une guerre contre la Jamaïque, le Brésil, l'Uruguay, ..., l'Oncle Sam?
Avec mille regrets et tristesse il faut reconnaître qu'Haïti n'a point de ressources propres, de moyens idoines, pour agir de la
sorte.
Alors certains pourraient se dire: allons solliciter en toute légalité et transparence l'International. Ce sera un refus en bonne et due forme.
Admettons alors qu'Haïti trouve des sous et acquière son équipement, matériel et accessoires auprès d'un pays ou de vendeurs d'armes sans foi ni loi. Dans ces cas de figure, Haïti se fera doublement b.....(je ne veux pas paraître vulgaire, je souhaite rester
politiquement correct). Ce pays ne lui fournira que des ressources et moyens incapables d'assurer sa défense, et en plus Haïti aura déboursé des sous pour ce résultat déplorable.
Quand un pays construit vos infrastructures de défense, quand un pays vous vend du matériel, équipement, armes et munitions vous devenez ipso facto dépendant, esclave, les poings et pieds liés à ce pays. Il peut refuser de vous fournir les pièces de rechange, les munitions, etc. ou vous les fournir à des prix exorbitants, usuriers.
En plus, il connait le matériel et équipement mieux que vous, donc les failles et
défauts, et alors il est à même de profiter de ses failles, et même
vendre des informations sur ces lacunes à prix fort à l'autre
pays avec lequel vous seriez en guerre.
Des gens d'un certain âge se
souviennent comment des agents du Mossad israélien ont délivré, sans coup férir, des otages juifs à l'aéroport d'ENTEBBE KAMPALA en Ouganda sous Idi Amin DADA. Les Isréliens avaient construit l'aéroport. Ainsi ils
avaient les plans de l'aéroport que les Ougandais, eux, ne possédaient même pas.
En conclusion:
Pour la défense de la Nation haïtienne contre l'Extérieur mieux vaut qu'Haïti signe des contrats de défense avec des pays de la région, voire avec les USA. Qu'Haïti suive l'exemple du Costa Rica, un des pays qui n'ont point d'armée!
Des pays européens n'ont quasi pas d'armée digne de ce nom, par exemple la Belgique. Sa défense contre des menaces
extérieures est assurée par le "parapluie" de l'OTAN. La Belgique n'a que quelques "vieux" avions, "vieux" bateaux, juste pour "faire belle belle". J'exagère juste un peu. LOL! MDR!
2. Faire face aux menaces et dangers venant de l'Intérieur, assurer la sécurité de ses citoyens
Oui, et n'en déplaise à qui que ce soit, Haïti doit assurer la sécurité,
la tranquillité, la paix, le bien-être de ses ressortissants.
Ces points-là ne sont pas à négocier.
C'est pourquoi tant qu'Haïti ne possède point sa force publique idoine, il ne peut point réclamer le départ de la MINUSTAH, tout de suite, dès novembre 2011. Cette finalité proposée par MM lors de sa campagne doit être
considérée comme de la démagogie électorale, électoraliste. Il doit avoir le
courage et la sagesse de l'avouer. Car faute avouée
est à moitié pardonnée.
Tout parti politique, tout individu qui réclame le départ de la MINUSTAH même pour
octobre
2012 peut être
englobé dans les points suivants:
1) soit ils veulent que MM ne puisse rester au Pouvoir à partir de cette
date. Sans force publique, sans milice, je défie quiconque de rester Président d'Haïti durant plus de six (6) mois;
2) ils veulent le désordre, l'anarchie pour pouvoir mettre en place ou renforcer leurs actes illégaux, illicites, délictueux, notamment le gangstérisme, les kidnappings, la corruption, les divers trafics surtout de stupéfiants, de traites humaines, et j'en passe;
3) par souci
d'exhaustivité, ils ne sont point doués d'intelligence, de sagesse, de raison, de compétence, d'expérience.
Alors le
plus vite
possible, sans délai, sans retard, la Nation doit mettre en place cette force de relève, de remise-reprise avec la MINUSTAH.
Ce doit être une force au service de la Nation, pas une force contre la Nation ou au service d'Un Président tyran, bourreau de son peuple.
Aussi cette force ne peut point être composée par des ex-FAd'H, des
ex-"Makouts", des ex-"Chimères", des ex-Sbires tels DUCLONA. Toutes ces catégories de personnes ont reçu une "déformation professionnelle". Chasser le naturel chez eux, il reviendra au galop. Ils ont été formés, formatés pour être au service, aux ordres d'un Chef, soucieux uniquement de rester au Pouvoir, et alors de bastonner, de "râtonner", de massacrer, de tuer des opposants, des adversaires, et même de simples quidams qui ne se plient pas à leurs pulsions, à leurs intérêts bassement individuels, ...
La "déformation professionnelle" est qu'ils ont été formés (théorie et pratique) pour devenir comme les Marines US. Ils ont été programmés pour tuer, pour combattre l'ennemi. Alors ils ne pourront jamais considérer même leurs compatriotes que comme des ennemis, jamais comme des amis, des gens à protéger, à secourir. Au contraire!
Un embryon de cette force existe, c'est la Police Nationale d'Haïti (PNH). Ses agents ont été formés par des instructeurs onusiens et surtout canadiens. Il faut la renforcer par
le recrutement de nouvelles
personnes, surtout sans expérience
militaire d'antan. Il faut leur prodiguer une formation intensive mais de qualité selon les règles de l'art. Etre au service inclusif de la Nation, du
Président au simple "kokorat", sans aucune exclusive.
En plus de la Police proprement dite, il faut réaliser
aussi la
mise en oeuvre de
la Police Judiciaire, de
la Gendarmerie, de la Police communale/municipale, Police des drogues et stupéfiants, de la Police rurale, des surveillants des côtes, des douaniers, des agents de la circulation, des agents de la sécurité intérieure (service d'intelligence, d'écoute, d'espions, ...), brigade des agents de bonnes moeurs, des agents de sécurité d'institutions/de sociétés/de personnes, ...
Efin, "last but not least", il faudrait un Service Civil composé des agents suivants: i) corps des pompiers; ii) corps des urgentistes/secouristes; iii) hygiène et actions de
santé; iv) activités féminines (planing, contraception, lutte contre les violences faites aux femmes); v) travailleurs sociaux (enfants des rues, ...); vi) éducation (alphabétisation fonctionnelle, ...); vii) monde rural et paysan; viii) environnement; ix) divers.
Un avertissement:
Dans le contexte haïtien actuel (misère, fatras, choléra, camps, insécurité, ex-makouts vs. ex-lavalas, ...) et le comprtement "makoutiste" de MM, Haïti ne doit pas avoir simplement une seule structure armée, c'est-à-dire uniquement la Police Nationale. Il faut un
contre-pouvoir armé lui aussi, au
même niveau que la PNH. Ce sera la Gendarmerie + Police Judiciaire + Police Communale/rurale (CASEC, ASEC) + ...
Comme
chat échaudé
craint même l'eau froide la Nation haïtienne, vu le passé récent des "Makouts", des "Chimères", ne doit jamais, jamais, jamais accepter la création d'une milice armée, même si c'est pour réaliser le contre-pouvoir au pouvoir policier. Jamais, au grand jamais Jamais! Surtout pas lors de la présidence de MM qui a un passé "makoutiste", une jeunesse "makoutiste", une éducation théorique/pratique "makoutiste", une compétence/expérience "makoutiste", des comportements "makoutistes", une éventuelle projection futuriste plus que "makoutiste" (ne pas commettre les mêmes erreurs qui ont causé la chute des VSN).
Que Dieu et toutes les divinités tutélaires nous protègent d'une milice armée!
Chacune des deux (2) structures précitées doit avoir son propre Chef d'Etat-Major. Il faut cette
division dichotomique pour rendre plus difficile la mise en place de coups d'Etat, de dictatures, ...En théorie, certainement, selon le principe "diviser pour régner".
Un contre-pouvoir empêche toute velléité de tentative de déviance d'un pouvoir!
Un contre-pouvoir a aussi la possibilité de contrer les tentatives de déviance!
Telles sont mes convictions et ma modeste
contribution au débat "armée" vs. "police".
Haïti -
Sécurité : «C'est leur opinion» déclare Martelly
07/10/2011 12:08:54
Hier le Président de la République, Michel Martelly a réagi aux déclarations d'un haut responsable de l'administration américaine suggérant que
«...le chemin à suivre est vraiment de se concentrer sur la Police nationale haïtienne, et sa capacité à être plus forte, plus grande et plus capable à faire son travail...» au lieu de créer une armée, ce dernier a répondu tout simplement « C'est leur opinion » ajoutant que «...malheureusement ils n'ont pas professionnalisé la PNH avec les millions qui vont à la mission onusienne en Haïti...»
Il est important de rappeler que le Président Martelly dans son plan de « Politique de défense et de sécurité nationale » compte sur le support de la Minustah afin de former son armée « Le plan de mise en œuvre tient compte de l’apport éventuel de la Minustah quant à sa participation à la formation des recrues et à la disponibilité de ses bases pour les séances de formation et d'entraînement... »
De son côté Mario Andrésol directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) indique qu'il y a « 30,000
jeunes sur une liste d'attente et je ne peux pas les recruter dans la police nationale faute de moyen [...] dans les deux derniers budgets, on m'avait mis zéro gourde pour la formation... »
Haïti - Politique
: Le Gouvernement américain ne semble pas en faveur d'une armée
06/10/2011 13:28:49
Hier, un haut responsable de l'administration américaine, a donné plus de précisions au sujet de la position de son gouvernement sur la question de la création d'une armée en Haïti et de la ratification du Dr. Garry Conille, précisons données en marge de la participation de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Rodham Clinton à la IV Réunion ministérielle «Chemins de prospérité», qui se tient actuellement en République Dominicaine.
Concernant la question d'une nouvelle armée en Haïti le haut responsable a déclaré « ...je voudrais juste dire que le
chemin à suivre est
vraiment de se concentrer sur la Police nationale
haïtienne, et sa
capacité à être plus forte, plus grande et plus capable à faire son travail. Et c'est sur ça que nous allons continuer à mettre l'accent. [...] Je pense que c'est quelque chose sur laquelle, bien évidemment, le président a Martelly aura à sa rendre sa décision. Nous allons continuer à avoir des conversations avec lui. Mais actuellement, nous nous concentrons sur la Police nationale haïtienne, comme une structure et une force qui doit être renforcé afin que tout le bon travail de la communauté internationale et de la Minustah puisse être maintenue localement. »
Concernant le nouveau Premier Ministre, le fonctionnaire a déclaré « évidemment nous sommes ravis, parce que non seulement le Premier Ministre a été approuvé, évidemment c'est quelque chose qui a été arrêtée pendant un bon nombre de mois, mais elle [la ratification] permet au gouvernement Martelly d'aller de l'avant avec un programme de
gouvernement complet et tous les autres ministres, et c'est extrêmement important. Nous sommes donc ravis. »
Haïti - Sécurité : Tous
les
détails sur le Projet de la nouvelle Force
Nationale
28/09/2011 08:21:25
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Dans un document de présentation de 22 pages (projet), produit par la Commission de défense et de sécurité nationale du Cabinet Présidentiel, intitulé « Politique de défense et de sécurité nationale - Les Grands axes », daté d’août 2011, le Président Michel Martelly décrit son
projet de Force Publique. Lucien Jura, le porte parole du Chef de l’État a affirmé qu'il n'était pas au courant de l'existence de ce document. Reginald Delva, consultant en sécurité a déclaré, qu’il ferait des commentaires plus tard...
La proposition du gouvernement Martelly, d’une Force nationale, circule parmi les responsables étrangers en Haïti. Jon Piechowski, porte-parole de l'Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince,
a confirmé que des responsables du gouvernement haïtien avaient récemment rencontré des employés de l'Ambassade pour discuter du projet. Pour être mise en application, elle devra toutefois recevoir l'approbation du Parlement, de même qu'un financement, qui viendra probablement de la communauté internationale.
Le Rapport commence en page 3 sur la position du Président Martelly avant de poursuivre dans la description du projet.
« Le Candidat Martelly avait, tout au long de sa campagne, explicitement fixé sa position quant à la composante militaire de la FORCE PUBLIQUE. Il avait affirmé sa volonté, une fois élu, de la reconstituer, en application de la Constitution et des lois de la République, pour prendre la relève de la MINUSTAH, assurer la défense du territoire et le contrôle des frontières, pour créer un environnement sécuritaire propice aux investissements tant nationaux qu’étrangers, garantir la protection
de l’environnement et prêter main forte à la Police en cas de besoin.
Devenu Président, il continue d’insister sur les négociations à mener avec les puissances amies d’Haïti dont la contribution reste nécessaire pour la remobilisation la composante militaire de la FORCE PUBLIQUE tant dans sa formation technique, son entraînement et son équipement. Le Président n’a pas manqué non plus de mettre l’accent sur ce que doit être la vocation de la Nouvelle Force. Il a insisté sur la nécessité pour « Elle » d’être une Armée Nationale dans sa conception, apolitique dans son fonctionnement, défensive dans ses opérations et qui compte dans ses rangs des professionnels (médecins, agronomes, ingénieurs, etc.), des techniciens environnementaux et des agents forestiers adéquatement entraînés. Ces cadres constitueront la base logistique du pays et les « réserves » de la Force Publique pour une meilleure réponse aux
catastrophes naturelles ou tous autres dangers mettant en péril la vie et les biens des citoyens.
Les propositions ci-après découlent des promesses du Président et traduisent sa vision politique en matière de défense et de sécurité nationales.
Depuis tantôt deux décennies, la globalisation a modifié les relations entre les Nations et créé entre elles une interdépendance presque forcée par la circulation des biens, des informations et des hommes au point qu’elle a amené les États à revoir leur stratégie de défense et de sécurité. Si désormais, « Défense et Sécurité Nationales » deviennent pour les États une préoccupation globale qui dépasse l’unique aspect militaire, pour Haïti la question présente certaines nuances qu’il convient d’analyser au regard de la position géopolitique du pays (transit idéal pour le trafic de la drogue), de sa vulnérabilité géographique (relief montagneux et passage
des cyclones), aussi sa politique de défense gravite-t-elle principalement autour de la Force Publique qu’il convient d’intégrer dans un cadre plus large, le «CONSEIL NATIONAL DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ» (protection civile, renseignements, environnement, frontières, eaux territoriales, espace aérien) et à laquelle force publique il faut assigner des missions de développement.
Dans une telle perspective, il devient urgent de compléter la Force Publique selon les prescrits de la Constitution de 1987 (art. 263 et 264.1) en réactivant sa composante militaire dans le tracé de la nouvelle orientation des missions plus haut citées.
OBJECTIFS
N’ayant point de visées hégémoniques, ni d’ennemis déclarés dans son environnement géographique immédiat, la politique publique de « Défense et de Sécurité Nationales » d’Haïti se résumera prioritairement à :
- Protéger la
population,
- Garantir la souveraineté nationale,
- Défendre l'intégrite du territoire par le contrôle de la frontière, de l'espace aérien et des eaux territoriales,
- Protéger l'environnement contre les risques et menaces internes et externes, quelles que soient leurs natures.
- Renforcer le système de la Protection Civile
STRATÉGIE
Dans une perspective de fonctionnement intégré, la stratégie de défense vise à réunir en une structure unifiée, le CONSEIL NATIONAL DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ (CNDS à constituer), toutes les directions des domaines sensibles (frontières, environnement, intelligence, immigration, économie, collectivités territoriales, service d’identification nationale, les douanes, UCREF, ULCC, DGI... ) de la vie nationale autour de la nouvelle Force Publique comme pivot et outil d’exécution, sous le contrôle du CHEF
de l’ÉTAT.
CADRE INSTITUTIONNEL
Les institutions qui concourront à appliquer la politique de défense et de sécurité de la Nation peuvent être nombreuses, cependant les institutions de base demeurent :
- Le secrétariat exécutif du Conseil National de Défense et Sécurité,
- Le Ministère de la Défense et de la Protection Civile,
- Le Bureau du Secrétaire d'Etat a la Sécurité Publique,
- Le Service d'INTELLIGENCE NATIONALE (SIN a redynamiser)
- La Police Nationale
- La nouvelle Force Armée.
A.- CONSEIL NATIONAL DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ (CNDS)
Définition
Le Conseil National de Défense et de Sécurité est une structure politique située au sommet de l’État et présidée par le Chef de l’État.
Composition
Il est composé
:
- Du
Premier-Ministre,
- Du Ministre de la Défense,
- Du Ministre de la Justice,
- Du Ministère de l'Intérieur
- Ministre des Affaires Etrangères
- Du Ministre de l'Économie et des Finances
Ou toute autre personne désignée par le Président
Sa gestion est assurée par un Secrétariat Général dénommé Secrétariat Exécutif du Conseil de Défense et de Sécurité Nationales où sont représentées de manière permanente les institutions composant le CNDS.
Rôle
Il est compétent pour toutes les questions de défense et de sécurité nationales dans leurs aspects politique, environnemental, économique, énergétique en passant par la lutte contre le terrorisme, les trafics illicites de stupéfiants, l’immigration illégale, la planification de réponses aux crises de toutes sortes.
B.- MINISTÈRE DE LA DÉFENSE ET DE LA
PROTECTION CIVILE
Rôle
Le Ministère de la Défense et de la Protection Civile a pour rôle de :
- Assurer la protection du territoire et de la population
- Mettre les moyens humains et matériels a la disposition des autres Ministères (au besoin ou en cas de crises)
- Mobiliser toutes les ressources possibles en cas d'interventions urgentes
- Développer des programmes de Gestion des Risques et Désastres.
Domaines D’actions
Le Ministère de la Défense Nationale et de la Protection Civile interviendra dans les domaines suivants :
- les Renseignements et Contre-renseignements,
- la protection de l'environnement, des Aires et Bâtisses Stratégiques,
- le Contrôle des armes et équipements,
- la Sécurité et la
Défense,
- La Formation
et l'Education Civique des jeunes (article 52.3 de la
Constitution).
C.- BUREAU DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT A LA SÉCURITÉ PUBLIQUE
La vision de la Sécurité Publique a été axée depuis la création du poste de Secrétaire d’État à la Sécurité Publique en 1996 autour des questions de Police. La série de catastrophes qui ont culminé avec le séisme du 12 janvier a conduit à une autre orientation du concept de sécurité publique. Au lieu d’être un outil de répression, le Bureau du Secrétaire d’État à la Sécurité Publique (BSESP) se donne pour mission de travailler à la prévention de la vulnérabilité des citoyens notamment face aux risques de tous ordres : alimentaire, sanitaire, chimique, de pollution, spoliation des biens et espaces publics et des sites historiques...
Désormais, les champs d’action de la sécurité publique s’étendent à/aux :
- Lutte contre
la
contrebande, le vol de véhicules, la
consommation et le trafic de stupéfiants, la traite de personnes
- Contrôle des agences de sécurité
- Problématique des déportés
- Respect de la déontologie et de l’éthique policière
- Crime organisé et cybercriminalité
D.- SERVICE D’INTELLIGENCE NATIONALE (SIN)
Missions
La fragilité de l’État haïtien aujourd’hui le rend vulnérable aux risques de troubles internes pouvant plonger le pays dans l’anarchie. Dans un tel contexte, l’État haïtien doit se doter d’outils adéquats pour prévenir ces menaces plutôt que de se mettre dans une posture défensive. Le SIN a pour missions de rechercher, regrouper, traiter, archiver l’ensemble des informations collectées par différentes entités afin de permettre aux hautes autorités de l’État d’avoir une idée exacte de la situation sécuritaire du pays et de prendre des mesures préventives
contre des activités susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale.
Objectifs
- Prévenir et lutter contre le terrorisme
- Prévenir et lutter contre toute forme d'activités maffieuses et de réseaux de trafiquants illégaux de toutes sortes;
- Surveiller les organisations et mouvements extrémistes visant a semer l'anarchie dans le pays ;
- Prévenir et lutter contre les menaces internes et externes;
- Lutter contre la cybercriminalite ;
- Surveiller les installations et sites stratégiques;
Diagramme

E.- POLICE NATIONALE D’HAITI : Réorientation Des Missions
- Vetting Du Personnel
Policier
- Augmentation Et
Redistribution de l'Effectif
- Avantages Sociaux Pour Les
Policiers
- Organisation Du Service De Renseignement De La Police
- Mise en Place de Patrouilles Aeriennes Pour la Police
- Réorganisation du Service d'Identification
- Recyclage des Unités Spécialisées et Formation Continue du Personnel de la PNH
- Création du Secrétariat du CSPN
- Réorganisation du Service de Port d'Armes
- Problématique des Compagnies de Sécurité
F.- LA NOUVELLE FORCE PUBLIQUE
Philosophie
Dans leur principe, les Forces Armées représentent les moyens, les instruments que la République consacre à la mise en oeuvre de sa politique de défense et de sécurité nationale, donc un vecteur de stabilité et de développement. Loin du modèle hybride de l’Armée démobilisée en 1994 avec une formation militaire dans des tâches de police, la Nouvelle Force Armée de Défense, placée sous la
prépondérance du Pouvoir Civil, tirera son rôle dans la nécessité de renouer le lien biologique qui, jadis, unissait le peuple à son Armée.En ce sens la Nouvelle Force Armée sera nationale dans sa conception, apolitique dans son fonctionnement, défensive dans son mode opératoire, utilement déployée sur tout le territoire, avec a) un effectif disponible et mobilisable en tout temps et b) un rôle social de tremplin professionnel pour les jeunes. L’Armée a forgé cette Nation, il n’y a pas de raison pour que la Nation continue d’exister sans elle.
Justification
- Nécessité de remplacer la MINUSTHA au fil de son programme de désengagement
- Nécessité de créer un environnement sécuritaire propice aux investissements
- Nécessité d'appliquer l'article 52.3 de La Constitution Haitienne de 1987 sur le « service
civique
mixte obligatoire
».
- Nécessité de former des cadres intermédiaires
- La délinquance généralisée, trafic de la drogue, le crime organise plus particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les seules alternatives laissees a ces jeunes scolarises ou non livres a eux-mêmes...
Objectifs
- Servir d'instrument de défense et de contrôle des frontières et du territoire
- Concourir a la stabilité et encourager les investissements
- Faire appliquer la politique de protection environnementale de l'Etat
- Offrir aux jeunes haitiens l'opportunité de recevoir une formation civique, de discipline militaire avec ouverture sur des formations professionnelles et des études universitaires
- Introduire en Haiti un programme de Service Social base sur le modèle du SMA (voir pages des
références)
- Faire participer
les jeunes a la mise en valeur et
au développement des collectivités locales, a l'apprentissage du leadership responsable, les préparer a d'éventuelles actions dans le cadre des plans de secours et d'aide aux populations (cyclone, inondation, etc.)
RÉFLEXIONS SUR LA SITUATION DES MILITAIRES DÉMOBILISÉS
Ce problème doit être adressé en amont de la création de la Nouvelle Force. Il faudra, entre autres mesures :
- Finaliser le problème de l'indemnisation des membres de l'Ancienne Force Armée dans un délai acceptable. SIX CENT MILLION DE GOURDES (600,000,000 Gourdes) suffiront pour résoudre le problème et clore définitivement ce chapitre.
- Appliquer le décret du 28 décembre 1987 modifie fixant le droit a la pension militaire.
- Mettre en place une assistance judiciaire pour les pensionnaires et retraites.
- Finaliser les problèmes de fonds de
pension et établir
le cadre de retrait et de
succession.
CADRE LÉGAL
- Loi organique du Ministère de la Défense.
- Loi organique de la Direction de la Protection Civile.
- Loi organique du Ministère de l'intérieur et des Collectivités Territoriales
- Loi portant création, organisation et fonctionnement de la PNH
- Loi portant organisation du Service d'Intelligence Nationale
PLAN DE MISE EN OEUVRE DE LA COMPOSANTE MILITAIRE DE LA FORCE PUBLIQUE
(Article 263 de la Constitution)
Le plan de mise en oeuvre tient compte de l’apport éventuel de la MINUSTAH quant à sa participation à la formation des recrues et à la disponibilité de ses bases pour les séances de formation et d'entraînement. Ce plan porte sur la formation d'un effectif de 3,500 hommes sur une période de trois ans et demi selon le chronogramme suivant :
A-
À COURT TERME
(1 à 9 mois)
1.
ARRÊTÉ PRÉSIDENTIEL RAPPORTANT L'ARRÊTÉ DU 6 JANVIER 1995 ET RÉHABILITANT LES FORCES ARMÉES D’HAITI
2. NOMINATION D'UN ÉTAT–MAJOR INTÉRIMAIRE
- CMDT en CHEF : Lt-Général
- Assit. CMDT en CHEF : Général de Brigade
- Inspecteur Général : Général de Brigade
- CHEMG : Général de Brigade
- G1 (Personnel) : Colonel
- G2 (Renseignement) : Colonel
- G3 (Entrainement) : Colonel
- G4 (Logistique) : Colonel
- G5 (Communication) : Colonel
- Secrétaire de l'Etat-major : Colonel
- 4 COMMANDANTS de Régions Militaires : Colonels
3. Reconstitution des carrières du personnel militaire, indemnisation et publication de la liste des mises à la retraite.
4. Participation d'une commission multisectorielle au processus d'évaluation du personnel militaire apte
au service
actif. Effectif souhaité : 650 (150
officiers et 500 sous-officiers)
5. Quartier Général de la Région Militaire de l'Ouest et localisation de sites pour les QG des autres régions militaires à localiser
6. Recyclage du personnel militaire remobilisé
- Durée : 6 semaines
- Effectif : 650 (150 officiers +500 sous-officiers)
- Contribution souhaitée : Etats-Unis, France, Canada, Chili, Brésil, PNUD, MINUSTHA...
7. Recrutement du nouveau personnel militaire (500 hommes de troupe)
- Durée : 6 mois
- Instructeurs : officiers et sous-officiers haitiens (2/3 de la formation)
- MINUSTAH (1/3 de la formation)
- Les premiers 500 hommes commissionnes seront repartis en deux bataillons de 3 compagnies composées de 85 hommes chacune
- Il sera puise dans l'effectif recycle des FADH
des officiers et
sous-officiers ayant fait carriere pour remplir le rôle
8.
Transfert avec leur budget de la Marine Haïtienne, de l’USGPN, de l’Unité d’agents forestiers et du Bureau des Militaires démobilisés sous le contrôle de la Nouvelle Force.
9. Date de sortie de la 1ère promotion : six mois à partir de la date du recrutement
B- A MOYEN TERME (9 à 30 mois)
1. Activation des autres Régions Militaires
2. Réactivation des services techniques
3. Réouverture de l'Académie Militaire
4. Recyclage et recrutement
5. Départ progressif des contingents de la MINUSTAH
C- A LONG TERME (30 à 60 mois)
1. Opérationnalisation de la Nouvelle Force avec son effectif total de 3,500 hommes
2. Départ définitif de la MINUSTAH
CALENDRIER DE MISE EN OEUVRE DE LA NOUVELLE FORCE ARMÉE
Septembre – octobre 2011
- Arrêté présidentiel rapportant l'arrête du 6
janvier 1995 et
réhabilitant
l'Armée
- Nomination d'un Etat-Major intérimaire
- Reconstitution des carrières militaires, indemnisation des membres des anciennes Forces Armées et liste des mises a la retraite
- Participation d'une commission multisectorielle au processus d'évaluation du personnel militaire apte au service actif : effectif souhaite : 650 (150 officiers et 500 sous-officiers)
- Identification QG de la Région Militaire de l'Ouest : Ganthier
- Identification QG Nord /Nord-Ouest / Nord-Est : Plaine du Nord
- Identification QG Sud / Grand-Anse/ Nippes : axe Camp-Perrin / Fond Fred
- Identification QG Artibonite / Plateau Central : Saint-Michel de l'Attalaye
Octobre – 18 novembre 2011
- Recyclage du personnel militaire remobilisé
- Démarrage des opérations de recrutement des premiers 500
soldats
- Cérémonie symbolique de commémoration
du 18 novembre
18 novembre 2011 – janvier 2012
- Finalisation du recrutement de la première promotion
- Processus d'implantation des bases militaires de l'armée de terre, des bases navales et pistes d'atterrissage
Février 2012 – juin 2012
- Démarrage de la formation de la première promotion
- Continuation des opérations de recrutement et du processus d'implantation des bases militaires.
Juin 2012 – juillet 2012
- Graduation première promotion
- Désengagement de la MINUSTHA dans le Nord-ouest et Prise en charge par les Nouvelles Forces Armées
Juillet 2012 - juillet 2013
- Recrutement
et formation
- Finalisation
processus d’implantation des bases militaires
- Désengagement progressif de la MINUSTHA
BUDGET
RÉCAPITULATIF
CRÉATION DE LA NOUVELLE FORCE : 2,000,000,000 Gourdes ou US $ 50,000,000
INDEMNISATION DES MILITAIRES DÉMOBILISÉS : 600,000,000 Gourdes ou US $ 15,000,000
SERVICE CIVIQUE MIXTE OBLIGATOIRE : 1,200,000,000 Gourdes ou US $ 30,000,000
TOTAL 4,400,000,000 Gourdes ou US $ 95,000,000