Se pa fot mwen. (Ce n'est pas la faute des haitiens, c'est la faute des autres,... comme d'habitude)

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P. G. U.

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Jan 14, 2011, 6:47:44 PM1/14/11
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Publié le 12 janvier 2011 à 00h00 | Mis à jour le 12 janvier 2011 à 00h00

Se pa fòt mwen*

Patrick Lagacé
La Presse

Patrick Lagacé
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Patrick Lagacé
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Patrick Lagacé
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Patrick Lagacé

 

 
C'est un passage qui m'a frappé comme une tonne de briques, dans le documentaire Pourquoi pas Haïti? du journaliste Réal Barnabé, diffusé lundi à RDI. On y voit le jeune reporter en 1970, en noir et blanc, dans les rues de Port-au-Prince. Barnabé, quatre décennies plus tard, relate ses impressions de l'époque.

«Les Haïtiens sont fiers, fiers de leur passé, fiers de leur histoire. Je constate par contre qu'ils ont de la difficulté à accepter leur part de responsabilité dans l'échec de l'aventure haïtienne. Comme on dit en créole: Se pa fòt mwen

J'ai réécouté le passage quatre, cinq fois, sonné. Ce constat, c'est exactement celui que j'ai fait, dans mes voyages en Haïti. C'est exactement, presque textuellement, ce que j'ai écrit, le 30 janvier 2010, dans «Haïti, malade de ses charades», qui concluait mon premier séjour là-bas après le séisme.

Une chronique dure, j'en conviens. La chronique, aussi, qui m'a valu la plus grande volée de bois vert de ma vie. J'ai tout lu, tout entendu dans les jours qui ont suivi sa publication. Raciste. Colonialiste. Insensible.

Et là, un an plus tard, je regarde Réal Barnabé qui pensait exactement la même chose... Il y a 40 ans.

Et là, un an après le séisme, les constats sont durs: la reconstruction n'avance pas. Ou si peu. L'électrochoc que devait être le séisme, avec ses 200 000 morts et son million de sinistrés, n'a pas eu d'effet dans le réel.

Un tas de facteurs expliquent pourquoi Haïti est si dysfonctionnel. Jared Diamond, dans Collapse**, livre auquel j'ai fait écho dans cette chronique, l'explique de façon magistrale: Haïti a été martyrisé par le colonialisme, dépouillé par ses dictateurs, peu avantagé par la géographie.

Un tas de facteurs expliquent pourquoi Haïti est incapable, malgré des années et des milliards d'aide humanitaire, de s'extirper de la misère. Plusieurs de ces facteurs sont extérieurs à Haïti.

Mais ce qui ne fait pas partie, ou presque, de la conversation sur l'état de la société haïtienne, c'est justement la responsabilité, individuelle et collective, des Haïtiens. Blâmer l'ONU, les ONG, les États-Unis, la France, le Canada: oui, ça fait partie du discours, en Haïti et dans la diaspora.

Mais la responsabilité des Haïtiens?

Ça, non. Se pa fòt mwen. Tabou.

François Bugingo, journaliste québécois et ex-vice-président de Reporters sans frontières (RSF), est allé des dizaines de fois en Haïti, avant et après le 12 janvier 2010. Il est très dur face à la passivité des Haïtiens.

«Chaque fois qu'il y a un problème, que ce soit des inondations ou le séisme, la communauté internationale promet de l'aide. Cette culture d'aide infantilise et déresponsabilise la société haïtienne. Quand Haïti est frappé, les Haïtiens regardent naturellement vers l'extérieur pour les solutions.»

Bugingo, que j'ai interviewé pour Les Francs-tireurs, croit carrément que l'aide internationale, en perpétuant une spirale de dépendance, n'aide pas Haïti. Les anecdotes qu'il raconte pour illustrer l'immobilisme haïtien, je les ai entendues, sous d'autres formes, lors de mes trois voyages dans ce pays. Chaque fois, j'ai envie de grimper dans les rideaux.

Il raconte que RSF a voulu, il y a quelques années, «briser le cycle de l'impunité» en aidant les autorités du pays à traquer les assassins de journalistes. RSF a présenté un projet, accepté, dit Bugingo, par la présidence, par le premier ministre et le ministre de la Justice.

«Il s'agissait de recruter des juges à la retraite pour aider les magistrats haïtiens à monter des dossiers, afin de poursuivre les suspects de meurtres de journalistes. Nous avions trouvé les bailleurs de fonds, les juges: deux Québécois, deux Français.»

Tout ce qu'il fallait, c'était la signature du ministre de la Justice (à l'époque, René Magloire).

Après 18 mois d'attente, de tergiversations, de niaisage, le projet est tombé à l'eau. «La foutue signature, dit François Bugingo, n'est jamais venue.»

«Je raconte cette anecdote pour expliquer comment la reconstruction d'Haïti est bloquée par une culture de l'inaction, par les beaux discours et les effets de manche qui n'ont pas de résultats sur le terrain.»

Un an après le séisme qui devait être un recommencement, un nouveau départ, je constate les singeries de l'élection présidentielle et j'ai peur qu'Haïti ne se dote d'un autre président très fort en protocole, mais incapable de pousser dans le derrière de ses fonctionnaires pour faire sortir les conteneurs du port de sa capitale en moins de six mois...

Un an après le séisme, je regarde Réal Barnabé marcher, en noir et blanc, il y a 40 ans, dans les rues de Port-au-Prince. Et là, ce n'est plus de la peur que je ressens. C'est un petit vertige: dans 40 ans, peut-être qu'Haïti en sera au même point, dans le même trou noir.

*«Ce n'est pas ma faute.»

Rudolph Arnoux

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Jan 16, 2011, 2:52:06 PM1/16/11
to haiti-...@googlegroups.com, eric...@bell.net, sergep...@hotmail.com, dayas...@yahoo.fr, manu...@yahoo.fr, elag...@gmail.com, nelv...@hotmail.com, rul...@hotmail.com, nelv...@yahoo.com, debana...@yahoogroups.com, grands...@yahoogroups.com, haitico...@yahoogroups.com, malaing...@yahoo.fr, zwi...@hotmail.com
Il y a un serieux probleme de leadership dans la societe haitienne
Pourquoi?
Je dois remonter le temps
Il y a eu la revolte des esclaves, puis une education a la francaise
Passe du statut d"esclave a libre citoyen, cette periode n"a pas ete un succes totale
Si sous Toussaint Louverture, il y avait une periode de paix et de prosperite sociale
cette phase de transition avait des lacunes
La mort de Dessalines est regrettable, mais c"etait le destin.
Nos ancetres n'ont pas respecte totalement les conditions de la reussite du systeme politico-sociale africain.
Notre education a la francaise nous amene a HAITI 2011.
Quand on prend les livres de FIC, il n"y a aucune mention de la contribution majeure
des noirs de ce monde.Tout ce qu"on a appris ce sont les inventions des blancs, jamais
un noir en vedette dans aucun de leur livre.
Aucune invention de scientifiques noirs, rien du tout
Quand on prend Bouki et Malice, on nous presente carrement un profil blanc vs le profil negre.
De ce fait, on entend souvent  Se Blan an ki di  pas besoin de contester alors.
Alors non seulement cette education n"apprend pas aux noirs a travailler pour leur frere
mais leur prepare a resoudre des prolemes de la societe occidentale.
Je vous fait remarquer que les haitiens reussissent individuellement tres bien a l"etranger. Mais la communaute
haitienne souffre de multiples carences.
Il n"y a pas de cycles superieurs en haiti, donc pas de veritables recherches ni de theses sur les problemes haitiens qui devaient donner des resultats.
Car je crois certainement que des etudes ont ete fait, mais aucune concretisation de ces projets car notre education n"a pas forme des faiseurs
pour Haiti.
A saint louis de gonzague soit disant une ecole de refence haitienne ou j'ai ete a l"ecole, pas de travail dirige en equipe.
Donc cet ecole n"a pas forme des citoyens responsables envers leur pays,mais des tetes brillantes capables de faire de beaux discours
et resoudre des problemes etrangers.
Nous sommes dans une spirale, ou seulement un retour a la source de notre veritable identite peut nous sauver.
La decolonisation mentale et psychique des haitiens est la porte de la liberation, est la porte de l"emancipation haitienne.
notre education depend de l"etranger dans son concept, seuls des haitiens genetiquement concus peuvent aspirer a etre des leader
remarquables et benefiques pour Haiti en ce moment,mais il faut  rassembler/constuire cette generation homogene
Ce n"est pas etonnant de voir tous nos espoirs se reposer sur les aides humanitaires.
Ce se pa fot mwen est en quelque sorte vrai, mais ce n'est pas le moment de se plaindre
Haiti est appele a refaire 1804 sur le plan mental et psychique.
Un blanc ordinnaire ne comprendra pas comment nous aider meme s"il est de bonne volonte, car il pense qu"on pense en homme libre mentalement
et pense qu"on a le meme agenda que lui.
Les blancs exceptionels eux majoritairement font parti de ceux qui ont pour agenda d"empecher cette liberation.
 

Date: Fri, 14 Jan 2011 15:47:44 -0800
From: vazi...@yahoo.com
Subject: [www.haiti-nation.com] Se pa fot mwen. (Ce n'est pas la faute des haitiens, c'est la faute des autres,... comme d'habitude)
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Roselor François

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Jan 18, 2011, 3:43:00 PM1/18/11
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Cher monsieur Rudolph Arnoux,

 

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre texte responsif à l'article du journaliste canadien Patrick Lagacé. J'apprécie beaucoup votre courage, votre honnêteté et surtout votre prise de conscience. En effet, cher monsieur, à ma connaissance, vous êtes l'un des tout premiers et rares alumni des écoles congréganistes de nos forums à avoir ce grand courage de questionner publiquement le type d'enseignement reçu dans ces "écoles de références" en Haiti. Je vous en félicite. Il y a possiblement d'autres alumni, comme monsieur Jacques Mali, qui ne partageront pas vos révélations. Et j'aimerais bien entendre leur propre expérience ou leur point de vue sur ces "fameux manuels scolaires", méthodes d'enseignement et autres éléments dont vous avez mentionnés dans votre texte.

 

Dans les prochains jours, je compte abonder dans le même sens voire aller plus loin que vous en publiant sur nos forums une série d'analyses ayant pour titre: "Pré-requis indispensables pour comprendre la reproduction sociale et la faillite collective en Haiti". Je publierai ces textes pour répondre à certaines questions de monsieur Mali, qui est comme vous un alumni de Saint-Louis de Gonzague et surtout pour apporter ma petite pierre dans la construction d’une nouvelle HAITI. La thèse essentielle que je compte développer dans ces textes est la suivante: "L'ÉCOLE PRODUIT LA SOCIÉTÉ". N'entendons-nous pas souvent cette phrase: "Tant vaut l'École tant vaut la Nation"? C'est un fait historique que nous avons appris dans l'histoire du développement de bien d'autres pays et que je compte analyser et appliquer dans le cas de notre chère HAITI.

 

En tant qu'éducateur, j'analyserai en profondeur les questions des manuels scolaires, des curricula, de la culture scolaire, et bien d'autres éléments clés d’un système éducatif. Et dans le cas de notre pays, je compte remonter dans le temps pour jeter un coup d’œil rétrospectif sur la fondation de ces écoles, qui ont servi de référence, de guide, et ont aussi grandement influencé la politique, la philosophie, la sociologie de nos curricula ainsi que toutes les composantes et facettes de notre système éducatif. Comme a dit l'autre: "L’homme est un animal culturel qui profite de la transmission cumulative de l’acquis de ses prédécesseurs. Sans le situer dans son contexte culturel proche et lointain, on ne peut comprendre l’individu". Ainsi, pour bien comprendre la situation de l'Haïtien lettré ou scolarisé contemporain, en particulier pour comprendre la production actuelle de nos élites, nous aurons à faire un petit tour dans l'histoire de notre éducation pour ensuite comparer le modèle d'école post-concordaire (c-à-d, après 1860) avec le modèle de l'École Coloniale ou l'École de la Nouvelle Conquête installée à la même époque par les Français en Afrique. Cher monsieur, j'ai été choqué de découvrir que nous avons aussi financé en Haiti ce même modèle d'école coloniale africaine avec à peu près les mêmes acteurs, et les mêmes objectifs et idéologies définis par les Jules Fery, Georges Hardy, Leroy Beaulieu, Albert Sarraut et compagnons. Avec ce modèle d'école post-concordaire ou l'École de la Nouvelle Conquête, Haiti ne pouvait, ne peut et ne pourra pas produire de classes dirigeantes consciencieuses, progressistes et nationales. Et je suis prêt à mettre ma main au feu. Sans une prise de CONSCIENCE suivie d'une RÉÉDUCATION spéciale, nos élites ne peuvent RIEN, RIEN, RIEN offrir de bon à Haiti. Et c'est pour cela nous sommes appelés à être foutus. J'ai appris de nos pères Africains que "C’est la façon de poser un problème qui en facilite la résolution et c’est la façon de le poser qui en complique la résolution ; alors que dire de celui qui n’a pas une façon de poser son problème ?" Dans le cas de notre pays, je crois fermement que la problématique de l'éducation est fondamentale et centrale dans les pistes de solutions aux problèmes d'Haiti. À bien considérer toutes nos déboires, nos incroyables erreurs historiques et notre descente continue aux enfers, il doit s'agir d'un bien grand mal qui est profondément enraciné dans l'éthos collectif de notre pays. Or, l’ethos d’un peuple est souvent appelé son caractère national ou son auto définition ou encore sa conscience nationale et "est défini par les pensées et pratiques dans les six domaines fondamentaux de sa culture : religion, histoire, organisation sociale, organisation économique, organisation politique et production créative"; et l'éducation couvre et touche de près ou de loin , produit et reproduit tout cela. ÉDUQUER NOTRE ÉDUCATION est donc vitale, capitale, indispensable, primordiale et inévitable pour guérir nos maux. Nous avons besoin d'une révolution psychique ou mentale ou comme vous l'avez si bien dit: "la décolonisation mentale et psychique". Pour rejoindre Hampton : "C’est du lavage du cerveau, quand l’éducation est utilisée pour supprimer l’identité, le langage, la culture, la philosophie de vie d’une personne et les remplacer par quelque chose d’autre"

 

Pour conclure, les produits ou éléments ou alumni d'une telle école ne peuvent pas donner à Haiti ce qu'ils n'ont pas.  Ne demandons pas aux différentes élites de ce pays de s’entendre face aux intérêts nationaux, elles ne pourront pas tout simplement. Ou encore, ne demandons pas aux intellectuels de nos fora de prendre un ton moins arrogant, autosuffisant, hautain ou supérieur en face des interlocuteurs Haitiens. Non, ils ne pourront pas, ils seront bien vite et naturellement trahis par des réactions inconscientes. Yo pa ka bay sa yo pa genyen. Ceci est valable pour tous nos politiciens actuels. À mon humble avis, je ne crois pas qu'aucun des candidats en présence a la conscience requise pour sortir ce pays de son trou. On dira que je suis allé un peu fort ou que j'exagère, ou que je suis négatif, mais d'après mes hypothèses qui jusqu'ici concordent assez bien avec le profil et les expériences de terrain des candidats en présence, je suis prêt à miser ma vie là-dessus. Yo pa ka bay Ayti sa yo pa genyen. Ils peuvent y arriver, sauf s'ils en sont CONSCIENTS et acceptent de se RÉÉDUQUER. Et ce n'est seulement après leur rééducation qu'ils pourraient alors poser les pierres d'une NOUVELLE ÉDUCATION POUR TOUS. Ce qui serait la clé de notre développement.

 

Je vous remercie de tout cœur de votre importante contribution et je vous donne rendez-vous à très bientôt pour la suite.

 

Fraternellement et cordialement  Roselor François

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