24/09/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
III-Oswald Durand et les femmes
La femme et le Mal
<Vénus-Arrada<, p.160.
Introduction. C'est le premier des trois poèmes qui illustrent la thématique de <la femme et le Mal<, le terme incriminé <mal< étant pris dans un sens propre à la rhétorique amoureuse et sentimentale du poète, et qui de ce fait doit s'interpréter dans le contexte de l'univers érotique de l’œuvre. C'est ce que nous allons faire en analysant strictement le texte pour laisser se dessiner les contours du caractère de cette créature maléfique.
I-Paysage-cadre pour la rencontre. C'est ici que le décor est planté pour l'épiphanie de la créature féminine dont le nom et le paysage d'accueil laissent supposer qu'elle sort de l'ordinaire. Arrêtons-nous au paysage. On le présente comme une espèce de paradis terrestre gratifié d'une éternelle moisson. En effet, <toute l'année, été comme hiver,/ La fleur, à côté du fruit mûr ou vert/ S'entr'ouvre ; où la sève en tout temps fermente< (vers 2, 4) C'est dans ce décor de rêve qu'elle se montrera
La rencontre du poète et de la créature merveilleuse. Un jour, le poète a vu sans y croire cette créature <près de la rivière< avec laquelle il a vite compris qu'il se passerait quelque chose de durable.(vers 5, 8) Alors le poète va s'employer à nous la mettre sous les yeux en la décrivant
II-Portrait de la créature. Dans le décor naturel paradisiaque où elle est apparue à moitié nue, elle avait tout de la fille d’Eve en habit végétal remplacé par un simple mouchoir pour cacher une partie intime. (vers 9, 16) Au vers 11, on apprend qu'elle est < une beauté parfaite< Ensuite, c'est la description du corps (vers 12, 15) Ensuite le poète dira le sentiment éprouvé sur l'ensemble de ce qu'il a vu et admiré au vers 16 en écrivant<Et vous prend les cœurs les plus nonchalants< Et enfin un jugement de valeur qui dit le caractère général de la femme perçue comme une force de la nature qui l’assimile à une lionne, et de plus jolie, ce dont elle se moquait:< Du lion tranquille elle avait l'allure/ Se chachant, elle s'en moquait< (vers 17, 18)
III-Identité de la créature. C'est à la troisième et quatrième strophes que l'on rencontre les impressions que l'on peut tirer à partir d'elle. Elle fait montre d'indifférence en ne tirant pas avantage de ses attributs naturels. Tout aussi bien, elle a fait montre de sobriété et de candeur. Et de tous ses appas, le plus significative aura été sa puissance de sortilège qui l'assimile à une sorcière dotée du pouvoir de damnation comme il est écrit sur ce ton interrogatif : <O femme ! / Serais-tu maîtresse et reine en ce lieu ?/ Un saint te craindrait ; tu damnerais Dieu< (vers 25 27)
Le poète n'a pas su résister à la puissance du charme ensorcelant de cette créature aux pouvoirs illimités : <Un regard de toi m'a ravi mon âme< (vers 28)
IV-Identité, intertextualité et filiation. Par ses pouvoirs magiques la rendant capable de damner et de < ravir l'âme du poète<, on sait qu'il s'agit d'une entité surnaturelle issue de l’au-delà, que l'on peut assimiler à une sorcière. En tant que telle, elle ressemble fort à une autre héroïne appartenant à l’œuvre poétique du poète français, Charles Baudelaire qui, dans son fameux recueil <Les Fleurs du mal< au travers du <cycle Jeanne Duval<, une métisse antillaise, est présentée comme < une sorcière< dotée des mêmes pouvoirs maléfiques. Ainsi, la <vénus-Arrada< du poète haïtien est la figure éponyme de < la vénus noire< du poète français décrite en ces termes : « Sorcière aux flancs d'ébène, enfants des nuits »
L'auteur de <Les Fleurs du mal< a souvent associé <femme et Mal<, comme l'a fait Oswald Durand, cependant il s'est rapproché encore plus de lui en désignant une de ses égéries ou inspiratrice de <vénus noire< et de <sorcière<, ce qui rend plus évidente la filiation que nous essayons d'établir entre les deux grands versificateurs, car dans le poème <Vénus-Arrada<, il est question aussi de <ma Vénus d'ébène< (vers 36), ensuite <ma Vénus noire (vers 39), et enfin <Ma Vénus de jais< (vers 40) Après ce constat, c'est un sentiment de dépaysement qui saisit le lecteur auquel nous rendrons compte au paragraphe suivant.
V-Le sentiment du dépaysement dans le poème d'Oswald Durand. Il s'agit bien d'une catégorie littéraire qui s'oppose à celle de couleur locale ; alors que la première nous fait voyager dans d'autres cultures éloignées géographiquement ou temporellement, la seconde au contraire nous ancre dans le terroir national où on est en pays connu. Dans notre objet d'études le poète a fait le parti pris de l'éloignement et du dépaysement, et cela dès le titre du texte qui est un hybride d'Europe et d'Afrique :<Vénus-Arrada< Une fois la couleur annoncée ici, c'est la porte ouverte pour d'autres emprunts à la mythologie européenne, et plus près d'Haïti dans l'histoire indienne, la première population de l''île. Si l'on devait faire la recension, il serait alors question d'Anacaona, reine du royaume ou caciquat du Xaragua. Dans le texte, le poète a écrit : <C'est dans le pays d'Anacaona< (vers 5) pour évoquer une des figures féminines de la résistance indienne face aux envahisseurs espagnols. Ensuite, on nomme <Vénus< à maintes reprises, suivie de <la Léda<, et le <Cygne<, etc. Quelques explications s'imposent pour mieux préciser les choses dans les esprits.
D'abord Vénus, déesse de l'amour, de la beauté, de la séduction dans la mythologie romaine ; assimilée assez tôt avec la déesse grecque Aphrodite. On a donc deux déesses interchangeable Vénus-Aphrodite. C'est le cas pour la créature <Vénus -Arrada< d'Oswald Durand
Ensuite Léda : épouse de Tyndare, roi de Sparte, mère de Clytemnestre, d'Hélène, de Pollux et de Castor, dans la mythologie grecque.
Enfin <le Cygne : cet oiseau est apprécié pour sa beauté et sa grâce.< De plus, dans la mythologie grecque ? Zeus s'est déguisé en cygne pour concevoir Hélène de Troie.
Pour ce qui est de Arrada, c'est un royaume d'Afrique où les ancêtres de Toussaint Louverture, le Précurseur de l'Indépendance d'Haïti seraient originaires, car on dit toujours qu'il est < le petit fils de Gaou Guinou, roi des Arrada< Donc <Vénus-Arrada< associe Europe et Afrique. C'est donc une métisse ou mulâtresse, comme la Jeanne Duval de Charles Baudelaire.
Donc les appas, attributs de ces déesses combinés avec ceux du Cygne concourent à constituer l'essence de la créature du poète haïtien. Pour cela, il a fallu qu'il nous fasse voyager dans le temps et l'espace pour nous familiariser avec les mythologies européennes, les histoires indienne du Xaragua, royaume d'Hispan iola, et africaine, pour le royaume des Arrada. Par ailleurs, il présente sa protagoniste comme une figure universelle par laquelle s'instaure le dialogue des cultures. En cela, il est un internationaliste ou un cosmopolite., Cela tombe mal pour les tenants du repli identitaire à caractère racial .
02/10/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
III-Oswald Durand et les femmes
La femme et le Mal
<Léila<, p162.
Introduction. C'est la deuxième figure du Mal : <Leila< qui est une entité féminine non incarnée en une créature de chair et de sang mais en tant que pur symbole du mal au féminin. Donc dans un poème de quatre quatrains dont chacun met en récit une manifestation du surnaturel que nous égrènerons dans la première partie de notre étude. Et dans la seconde partie nous mettrons en évidence la topologie et le climat propice à la manifestation du surnaturel.
I-Les quatre manifestations du surnaturel.
1-Première manifestation.Il y a deux circonstances immuables, auxquelles il faut ajouter la croyance du spectateur, pour la manifestation du surnaturel. Nous sommes au départ dans la tête du poète spectateur qui imagine les choses à coup d'hypothèses : Il n'aimerait pas se retrouver en forêt (circonstance de lieu) ; quand l’ombre descend (circonstance temporelle de période nocturne) Le poète alors n'aimerait pas entreprendre une longue marche le conduisant <sous les grands arbres<, parce que d'après lui les conditions sont réunies pour l'épiphanie d'<un spectre< (vers 1 à 4) C'est qui ou quoi une spectre ? C'est l'apparition fantastique et effrayante d'un mort<
2-Deuxième manifestation. Ici le poète s'imagine dans un paysage aquatique, près de la mer, sur la plage déserte où vous parvient le vacarme < du flot furieux< qui vient s'y <briser avec force< Alors, pense-t-il ce n'est pas le bon moment d'y être de crainte d'y voir apparaître <un djinn< C'est qui ce djinn ? Terme arabe (ginn, au masculin ; transcrit parfois jinn) pour désigner une créature surnaturelle citée dans le Coran dotée de libre-arbitre, etc. (vers 5 à 8)
3-Troisième manifestation du surnaturel. Ici ce qui est en jeu notamment, c'est une circonstance de temps <le soir à minuit< associée à une action : <les douze coups funestes assénés par la cloche de la vieille église< A ce moment fatidique où l'air semble être empesté du glas fatal, le poète n'aimerait pas aller seul < s'asseoir sur les débris des murs blanchissants les ténèbres< (vers 9 à 12)
4-Quatrième manifestation du surnaturel. Ici l'objet de la peur enfantine du poète adulte est énoncé dès l'incipit, savoir < la peur d'entendre, ô ciel l'affreux cri du hibou< (vers 13) Il va sans dire que le cri du volatile doit avoir quelque chose de particulièrement funeste, car en effet dans la mythologie romaine, ce fameux cri est traditionnellement le présage de la mort prochaine de quelqu'un. Ensuite, l'oiseau rapace est connu pour se manifester à la période nocturne, c'est pourquoi il est dit que <Et dont l’œil fauve reluit dans les sombres ramures< (vers 14) Parce que c'est un volatile évoluant la nuit présuppose qu'il n'est pas très familier et sympathique ; jointe à cela une circonstance aggravante, il n'est pas très beau, et évolue en très mauvaise compagnie, c'est-à-dire avec < la chouette< avec laquelle il fait équipe. Par ailleurs, pour compléter le portrait, disons que <le hibou est une espèce d'oiseaux rapaces classés dans la famille des strigidés.< Donc son existence est entourée des fantasmes les plus désavantageux pour lui. Après la documentation du fait du surnaturel, il faut maintenant expliquer ses conditions de possibilité. Ce sera l'objet de la seconde partie de notre travail.
II-Topologie et écosystème du surnaturel. Il existe des conditions de possibilités de la manifestation du surnaturel qu'il faut expliciter ici de manière plus systématique parce qu'elles sont déjà en vrac dans les quatre commentaires ci-dessus. Pour chaque cas évoqué, nous avons recensé des circonstances de temps et de lieu, ou topologie, les deux baignant dans une atmosphère de peur et un milieu ambiant de terreur induite ou naturellement présente comme dans l'environnement du hibou ou chat-huant, ce qui implique un écosystème du surnaturel. Donc il faut un climat ou une ambiance environnementale, une atmosphère pour faire émerger ou s'incarner le surnaturel. C'est-à-dire il faut pouvoir dire que les conditions de possibilité sont là pour faire advenir le surnaturel. Dans le cas contraire on reste dans le naturel ; pour cela il suffit qu'un seul élément manque, par exemple < la peur<, cet état d'esprit de terreur, pur phénomène mental, donc subjectif, pour que la chose n'ait pas lieu. Car tout est entièrement vrai, si on y croit ; tout comme tout est entièrement faux et sujet à caution, si on y croit pas
En conclusion. Voilà quatre manifestations du surnaturel présentées sous le nom féminin de <Leila< la reléguant dans le monde de l’au-delà, celui des esprits du Mal où la peur et la terreur constituent le climat et l'atmosphère. Dans la mesure où on admet l'existence d'un monde binaire divisé entre Bien et Mal, chacun surmonté du coefficient positif pour le premier, et du coefficient négatif pour le second, on doit déduire que la créature d’Eve est pointée du doigt dans l'esprit du poète romantique. Doit-on relativiser tout ça en reléguant cela dans le domaine de la littérature où tout doit être pris au second degré ; ou plutôt, dans un esprit féministe chauvin, tout prendre à la lettre, à vous de voir.....
09/10/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
III-Oswald Durand et les femmes
La femme et le Mal
<Démonia<, p.163.
Introduction. C'est la troisième figure féminine du Mal : <Démonia<, terme pris comme un nom propre, ce qui donnerait à penser qu'il s'agit d'une entité surnaturelle. Mais en fait il n'en est rien, car toujours est-il c'est une incarnation féminine du Mal, de nature duale : naturelle et surnaturelle, ou femme et démone. C'est ce caractère binaire qu'épouse le poème qui se développe sur les deux plans, symbolique et littéral où le poète articule en seize sizains totalisant quatre vint-seize vers les attributs propres tantôt à la démone, plan symbolique ; et littéral, à la femme, les deux réalisant une synthèse. C'est le même schéma que mon analyse se limitera à suivre.
I-Identité duale de Démonia au premier sizain.
1-Sur le plan symbolique : caractère de la femme en tant que démone aux deux premiers vers où le poète décrit sans ambages la créature en écrivant que : <C'est un être infernal,/ Un sombre esprit du mal< Tout est dit pour bien définir la nature d'entité du monde l’au-delà de la créature, car elle vient de <l'enfer<, et elle est < un sombre esprit du mal<
Autres qualificatifs de la démone donné au vers vingt et six où elle est désignée comme <ange ou enfant<
2-Sur le plan littéral : caractère de la créature en tant que femme aux vers trois et quatre en ces termes : <Cette femme si belle,/ Au rire parfumé<
Ces traits seront repris aux vers 35, 36.
L'un de ses attributs dévoilé tient dans son <regard perfide< (vers 24)<
Cependant même au niveau naturel, le poète a identifié un aspect du <mal< décrit dans les vers 5 et 6 où on lit <Mais dont le cœur fermé,/ A l'amour est rebelle<
Ces traits seront repris aux vers trente et cinq et trente et six.
Donc il y a deux niveaux de <mal< à la fois chez la démone et la femme
II-Les deux aspects de Démonia se confondent. Les deux natures féminines s'unissent dans la puissance du mal. Ainsi, on a ce premier pouvoir maléfique conjugué au troisième sizain où ses yeux sont dotés d'une puissance de feu dont < la flamme <à dessein/ Elle vous plonge au sein/ Une âpre et rude lame<
Deux natures féminines en une. Il est évident que la démone est femme ; et la femme démone ; et les deux agissent de concert : <La folle enfant sourit/ Et tout haut, elle dit : / C'est un ange rebelle/ Bien plus que tout cela/ Je suis Démonia,/ Démonia, la belle<(vers 43 à 48)
III-Image métaphorique de la démone. C'est au neuvième sizain que le poète fait cette
démonstration en forme de portrait : <Le flexible roseau/ Qui se penche sur l'eau/ Lorsque souffle la brise/ C'est ma taille d'enfant/ Si frêle , en me portant/ Qu'on croit qu'elle se brise<
IV-Toute puissance de Démonia. La démone est celle qui croit en son pouvoir, et qui l'exprime parce qu'il n'est pas dans sa nature de faire acte de modestie à laquelle elle préfère l'orgueil et l'infatuation. Ainsi Démonie imbue de son pouvoir ne peut s'empêcher de lancer un défi rapporté au dixième sizain: <Regardez cavaliers/ Regardez ce soulier,,/ Un vrai bijou de fée !</Si vous êtes vainqueur/ De mon farouche cœur/ Vous l'aurez pour trophée< (vers 55, 60)
VI-Malheur et dangerosité propre au démon. La réalité du mal s’apprécie, au sens propre du terme, dans sa capacité d'engendrer du malheur et de provoquer de souffrances. C'est ce qui semble être attesté au douzième sizain du texte : « Oh ! Mains ne l'aimez pas,/ Si de votre trépas/ Vous ne craignez de voir l'heure!Car sa bouche qui rit,/ Son cœur et son esprit,/ Tout cela n'est qu'un leurre »
(vers67, 72)
VII-Bonheur et malheur sont liés. L'amour érotique recèle sa dialectique qui postule que le bonheur va de pair avec le malheur, de même que la séduction et l'ivresse avec la déception. C'est un domaine spécifique où les termes s'expliquent en contexte. Il semblerait que, dans ce monde particulier, le bien-être est fugace et éphémère comparé à l'éternité de la déception. Et paradoxalement, cette disproportion est généralement sinon acceptée du moins préférée à rien. C'est ce que le poète romantique semble nous expliquer dans les trois derniers sizains (14, 15, 16) où tout est ambivalent et duale. Au quatorzième sizain, tout est beauté, <tendresse<, et <coupe des festins< entraînant <<bonheur et ivresse< (vers 84) Mais au sizain suivant, tout a changé : <Tout à coup, de ses yeux/S'éteignent tous les feux< Plus loin, cette femme qui a procuré le bonheur est sur le départ : « C'est Démonia/Qui vous quitte déjà/:Et déjà, vous sèvre » (vers 88 à 90)
En conclusion. Démonia, allégorie du mal au féminin, est une créature ambivalente à la fois démone et femme, figure de Janus de la relation amoureuse qui associe bonheur et malheur. Elle pose aussi la problématique de la nature féminine, c'est-à-dire celle de la fille d’Eve en tant qu'être. C'est à ce niveau qu'il faut chercher le sens de la pensée du poète.
14/10/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
IV-Une manière de statistique féminine
Introduction. Le problème qui nous occupe ici, ce n'est pas le fait pour le poète romantique d'avoir aimé plusieurs femmes, mais d'avoir pris plaisir à les compter pour faire nombre en les métamorphosant en données numériques dans un dessein qu'il reste à expliciter. En tout cas, le projet du poète procède d' une intentionnalité facilement déductible en ce domaine si sensible des affaires de cœur où il est coutumier à des Don Juan ou séducteur patenté de tenir ce genre de statistique pour faire valoir leur capacité de tombeur des femmes. Est-ce le cas aussi ici ? Nous ne pouvons que nous en tenir à des analogies avant de tirer des conclusions. Pour ce faire, notre travail d’analyse s'articulera en deux volets : un premier dans lequel nous établirons : le fait de la statistique des femmes ; et le second où il sera question de : la philosophe du séducteur en coureur de jupons patenté.
I-Le fait de la statistique féminine. Après avoir écrit aux ou sur les femmes en tant qu'humanité, le poète s'est ingénié à les réduire en données numérique où désormais elles sont évoquées comme chiffre ou nombre auxquels certainement ou pas, il aurait attribué une valeur ou morale ou psychologique ou ésotérique. Pour le moment nous nous en tiendrons à la manie du chiffre ou nombre comme procédé littéraire qu'il a utilisé dans quatre poèmes, que nous traiterons sous le titre de : Des chiffres et des nombres
1-Des chiffres et des nombres.
A-Le fétichisme du chiffre 4 Dans ce domaine où une femme est un chiffre, mais pas n'importe lequel, ici c'est le 4, qu'on trouve dans trois poèmes :
-Le premier est le texte <Quadrilles de quatrains moroses<pp.141.143,où le chiffre 4 apparaît deux fois : d'abord dans <quadrille< qui était <une ancienne danse réunissant quatre couples de danseurs<. Ensuite, le chiffre 4 apparaît dans <quatrain<, qui est une strophe de quatre vers. Il a au total seize vers pour discourir sur ce qu'il a annoncé dès l'incipit : <Mes amours sont comme ces feuilles / D'automne< Il entend élaborer sur ses aventures malheureuses avec les femmes et au-delà
--Le deuxième poème est <Les quatre noms<pp. 156-157 où il est question d’Idalie, Idalina, Idaline et Ida sur lesquelles il a disserté en quatre huitains dont un pour chacune d'elles. Mais jugeant qu'il n'en avait pas dit assez sur elles, il a composé un second poème portant le même titre
Le troisième poème <Les quatre noms<, texte dans lequel le poète a poursuivi ses appréciations sur les mêmes femmes en les nommant dans le sixième quatrain en écrivant : « Laissons Idalina/ Idaline, Idalie/ Prenons plutôt Idalie»
B-Le nombre quatorze dans le poème <Sonnet de femmes< p.155. C'est le poème le plus important pour cette section dans lequel il faut chercher les éléments probants susceptibles de justifier nos hypothèses. D'abord sur le partipris du nombre dont la preuve est offerte dès le premier vers du sonnet où on lit:<Quatorze minois vont passer sous mes yeux< Tout est dit ici sur la manie doublée du plaisir d'énumérer une à une ces femmes pour en faire un total numérique, servant de bilan d'une vie, ou résultat chiffré d'une entreprise. Cependant sur le nombre, il faut s'entendre sur sa véracité en le faisant confirmer par une autre source, en l’occurrence celle d'Eric Sauray, co-auteur du recueil, dans son <Étude : Oswald Durand et les femmes< où il a écrit <Il a aimé beaucoup de femmes et la liste est longue. . A la lecture de ses poèmes, j'en ai dénombré quatorze (14)< (p10) Ce nombre ne clôt pas la liste des conquêtes féminines du poète, nous semble-t-il, mais doit revêtir une portée symbolique susceptible d'être assignée à d'autres fins Hypothèse qui demeurera pendante pour le moment. Passons à l'autre usage de la liste des noms, qui est de faire défiler < les minois<.
2.-Défilée des visages de femmes. Le poète s'est livré à une activité ludique, qui est d'énumérer des noms de femmes pour la sonorité qui remplit l'air de la musique des noms. C'est un jeu de bon aloi pour un poète attaché à la phonétique, à la musique des consonnes et des voyelles. Le sonnet en question lui a offert ce plaisir avec les quatorze noms.
La première répond au nom de <Choune<, comme traits caractéristique : elle est noire de peau, au visage rétive;la deuxième est <Matoute<, une griffonne. La troisième est <Nana< ; la quatrième, Mamoune< ; la cinquième, <Rose<. Au fait les trois se suivent au quatrième vers, caractérisées par leurs <sourires joyeux< La sixième, <la blanche Bertita< Septième et huitième en couple au vers 6 : Estelle et Maria. Puis par un tour de passe-passe, il saute la neuvième pour tomber sur la Dixième, une morte< dont il a tu le nom. Onzième, Zoune l'adorée< Et les <trois Grâces< qu'on ne saurait dissocier, trois seurs qu'il a confondues dans un même amour. Voilà les quatorze visages, sans savoir où est passée la neuvième ; pour la dixième, on sait qu'elle est dans sa tome.
Eric Sauray, s'est prêté au même jeu des quatorze sans se référer au poème <Sonnet de femmes< mais en allant pêcher dans les poèmes. Il a noté <Choucoune< et <Idalina<, les deux grandes figures féminines, puis <Choune<, puis <Emma<, suivie de <Lise< ; puis <Idaline< suivie d'Estelle< ; ensuite <Matoute< suivie de <Haydé< ; vient après <Liline< suivie de <Léda< ; puis<Anna< ; enfin <Maria< et <Bertita<
23/10/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
IV-Une manière de statistique féminine
II-Philosophie du séducteur
<Sonnet de femmes<
Brève introduction. La seconde partie de la problématique de la propension de faire le compte de ses conquêtes féminines procède d'une noble intention littéraire de les honorer en perpétuant leur mémoire, ou plutôt atteste d' une vile intention, consciente ou pas, qui le reléguerait au rang des séducteurs ou coureurs de jupons qui tirent gloire de leur capacité à faire tomber les femmes. Pour faire bonne mesure, nous prendrons en compte dans notre analyse les deux thèses pour leur plausibilité afin de ne pas trancher pour ne pas courir le risque de nous tromper.
I-Tombeau poétique ou intention noble d'honorer les femmes. La manie d'afficher les femmes dont le poème <Sonnet de femmes< est l'exemple le plus évident,, participe de l'ordre des pratiques habituelles en milieu littéraire, seulement avec une légère différence que, dans le cas d'espèce, il est le plus souvent question d'honorer un écrivain ou artiste décédé que l'on veut célébrer. C'est le <tombeau littéraire<, qui est un genre littéraire à part entière. A l'image du tombeau, monument funéraire érigé pour un mort, sur lequel on a écrit une épitaphe qui perpétue sa mémoire ; de la même manière, on peut composer un poème ou morceau de musique pour un poète ou musicien en leur honneur, qui leur servira de <tombeau littéraire.< Dans la mémoire littéraire, on a retenu le nom de François Villon qui a écrit le fameux poème <La ballade des pendus<, véritable tombeau poétique pour honorer la mémoire des camarades qui ont connu ce sort odieux. Plus près de nous, au 19e siècle, le poète et critique d'art Stéphane Mallarmé a composé un sonnet, <Tombeau de Charles Baudelaire<, pour honorer l'auteur de <Les fleurs du mal<. Sur ce chapitre, on retient les élégies de Alfred de Musset, <Lucie< Et le tombeau poétique collectif pour Théophile Gauthier avec la contribution de quatre-vingt poètes. Il n 'y a pas que des poètes à en faire l'objet. Le musicien Couperin a fait l'objet d'un tombeau littéraire par Ravel. Alors le barde national, Oswald Durand, a dû avoir ces choses présentes à l'esprit en écrivant <Sonnet de femmes<
Le poème en question, peut bien servir de <tombeau poétique< aux femmes qui y sont nommées, pour les honorer et célébrer en perpétuant leurs noms en tant qu'égéries et muses du poète. Par ailleurs, ne sont-elles pas matière d’œuvre composées de mots et d'encre et, comme telle, matière littéraire donc liées consubstantiellement à l'auteur dont le sort n'est pas séparable du du leur. C'est en ce sens qu'il faudrait, dans un premier temps, lire le poème, auquel ajouté les deux autres textes portant le titre <Les quatre noms< Mais, il est une autre lecture des mêmes poèmes, notamment <Sonnet de femmes<, tout aussi plausible que la première ; ce sera l'objet de notre prochain thème : philosophie du séducteur en coureur patenté.
II-Philosophie du séducteur en coureur de jupons. Il n'y a point de séducteurs ou coureurs ignorant de son état, car c'est une manière d'être acquis innée ou pas. On se sait séducteur et on agit comme tel mollement ou sérieusement, car on est ténu par un impératif de résultat en terme de nombre de conquêtes. La séduction a lieu sur le terrain et s'exerce sur de vraies personnes jouissant de statuts, de caractères, de vertu différents dont le cumul détermine le poids du palmarès qui lui-même sert d'étalon de valeur au séducteur coureur de jupons. A l'idée de conscience de soi se traduisant en termes de performance qui s'apprécie en chiffre et nombre de conquête, ajoutons à cela les idées de permanence, de renouvellement impliquant un mouvement perpétuel ; autant de concepts qui mériteraient des développements qui ne se feront pas ici, mais qui seront chacun explicité en une phrase.
A-Concepts de permanence et de renouvellement. Pour saisir les deux concepts dans un même développement, il faut dire que le séducteur doit entretenir sa propre actualité en se mettant en scène par de nouvelles conquêtes offertes à la curiosité malsaine d'un public réel ou supposé dans un village ou ville où l'acteur parade. On ne joue pas modeste, ni pour soi seul, dans l'intime, en matière de séduction, non ; il faut être en scène, cabotin ou bon comédien, jouer avec le miroir vous renvoyant votre image au top, et pouvoir se satisfaire de soi-même à la force du bras de ses conquêtes. Oui, le moment de vérité est de pouvoir s'accorder des brevets de satisfaction en étant capable d'ajouter de nouvelles figures après avoir éclipsé les anciens. C'est le monde de l'éphémère de la valse des visages sur le terrain, étant entendu qu'ils sont consignés sur registre ou classés dans un album. C'est tout cela, en vrac, la philosophie de la séduction et du séducteur coureur. Est-ce que ces théories trouvent leur justification dans <la manière de statistique d'Oswald Durand en coureur de jupon ? Faisons-en l'hypothèse juste le temps d'une analyse......
B-Oswald Durand séducteur en coureur de jupons. Par dédoublement fonctionnel, Oswald Durand aimait les femmes en poète dans l'oeuvre pour nourrir son inspiration ; et aussi en homme pour le plaisir de la chair et du sang. C'est dans cette dernière case qu'il faut chercher à débusquer le vil coureur de jupons, qui peut arborer les deux masques en les interchangeant. Il n'y a pas de séducteur sans séduction, acte par lequel on parvient à faire céder une femme, dans l'éphémère, pour la frime ou son ego, puisqu'on ne s'inscrit pas dans un projet de vie visant à bâtir quelque chose ensemble. C'est plutôt le règne du conquérir pour le plaisir de conquérir, dans le présent, comme l'atteste le poème éponyme du recueil. Donc Durand doit faire du nombre, car c'est le symptôme de la réussite, que l'on va inscrire dans un album que l'on peut brandir en guise de palmarès, rôle que joue ici le poème <Sonnet de femmes< C'est un fait que la discrétion et l'humilité ne sont pas les vertus privilégiées par les coureurs impénitents qui font plutôt montre de la propension à donner plein la vue et à la vantardise en exaltant ses succès féminins. Pour le poète, ce sont ses poèmes qui jouent ce rôle ingrat dont pas moins de quatre textes mis à contribution.
En conclusion. De ce qui précède, doit-on conclure à un Oswald Durand séducteur doublé d'un coureur de jupons ? Oui et non. Oui, si l'on s'en tient strictement aux faits accompagnés de la philosophie assumée. Et non, si on a les faits sans la philosophie. L'intentionnalité est pour beaucoup en ce domaine.
28/10/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique
Thème : <Poèmes d'amour<
V-Poétique et esthétique féminine.
Introduction. Il faut préciser que cette thématique concerne uniquement la section <Oswald durand et les femmes< pour laquelle nous constatons qu'il existe chez le poème romantique trois éléments fondamentaux qui structurent ses rapports avec les femmes : d'abord une conception de la beauté féminine ; ensuite une manière de présenter les rapports sentimentaux homme-femme ; enfin uneconception de la femme. Ce sont les trois invariants qui définissent une art d'écrire propre au service de conceptions et visions des choses presque intangibles. Notre étude se donne pour but de présenter ces trois invariant
I-Les trois invariants.
1-Conception de la beauté féminine. Toutes les femmes prises dans le carrousel des sentiments amoureux sont belles mais d'une beauté plastique tout extérieure dont il faut chercher les points de comparaison dans le paysage environnant dont l'être de sexe féminin est le reflet parfait. Alors pour l'écriture de cette similarité, le poète va choisir ses images : métaphore et termes de comparaison dans le milieu ambiant ou naturel. Ainsi, on verra à l’œuvre une esthétique de la couleur locale dont les deux protagonistes principales, Choucoune et Idalina, dans les poèmes éponymes, servent d'illustration. D'abord pour la seconde fille, la beauté de ses yeux doit se comparer avec < un champ de riz< (vers 33) ; et ses lèvres doivent être comme l'arbre tropical <caïmite< dont elle < imite le violet pur et beau< (vers 42). Pour ce qui est de la prémière protagoniste, ses yeux ont l'éclat de la <chandelle ; et ses dents <blanches comme du lait< ; et sa bouche ressemble au <caïmite< devenu l'arbre fétiche de référence. Cette esthétique de la couleur locale est attestée par l'écrivain et critique littéraire, Christophe Philippe Charles, dans son ouvrage (<La valse des femmes dans la vie sentimentale d'Oswald Durand<), qui reconnaît que < l'oeuvre d'Oswald Durand est pétrie de couleur locale parce qu'il a su rendre présentes la flore et la faune du pays natal au travers de la description des protagonistes.
Donc la femme belle est celle qui imite la nature forcément belle. Cette conception entraîne d'autres conséquences qui débordent sur d'autres thématiques que nous étudierons plus loin, notamment celle ayant trait à < la conception de la femme chez Oswald Durand.
2-La conception de la femme chez Oswald Durand. Déjà pour faire le lien avec ce qui précède, il faut dire que la femme est un morceau de nature qu'elle reflète dans un mouvement dynamique de réciprocité impliquent que chaque élément agit et réagit l'un sur l'autre, de sorte que on est fondé à postuler que la nature est femme, et la femme est un morceau de nature Par exemple dans le poème <Idalina< (p.117) quand on lit au vers 28 l'expression <fille des grèves<, on a l'impression que la protagoniste émane et appartient au milieu maritime ambiant. En conséquence, il faut poser l'hypothèse d'une nature vivante dotée d'une âme avec laquelle l'humain est susceptible d'instaurer une forme de communion comme dans le cas de la doctrine de l'animisme selon laquelle Dieu est intégré dans la nature et se manifeste dans chaque élément de la flore et de la faune.
De plus, il n'est pas difficile de déceler chez le poète une nette préférence visant à réduire la femme à un corps conçu comme un simple objet de plaisir sensuel ; encore que là encore, il s'attache à des parties précises du corps, aspect du topique qu'Eric Sauray a pointé dans son étude <Oswald Durand et les femmes< où l'on peut lire : « De quelle partie du corps des femmes nous parle Oswald Durand ? Il s'agit essentiellement des lèvres, des seins, et des hanches dont il apprécie la cambrure. Ce sont les trois sources essentielles de la féminité, les trois sources essentielles du désir et les trois sources essentielles du plaisir que recherche à tout prix Oswald Durandé (p. 14)
3-Présentation des rapports sentimentaux homme-femme. Tout un rituel accompagne la rencontre dans un cadre naturel le plus souvent , et le comportement de l'amoureux embusqué pour épier et surprendre le fille ciblée. Un code amoureux fait de mise en scène réglée est établi que nous décrit Eric Sauray dans son étude précitée qui nous sert de source principale de référence. Il nous a appris d'abord que : < (….) les rencontres entre Oswald Durand et les femmes se déroulaient pratiquement de la même façon< (p.13)
Ensuite, il a précisé en ajoutant que <Il a rencontré toutes ces femmes dans la nature dans des moments de grande intimité et de fragilité< (vers 12)
La nature est donc le décor des ébats amoureux, et cela semble être important non seulement comme décor, ou scène où la pièce doit se jouer, mais plus que cela en tant qu'élément indispensable d'un tout. Ce rôle est reconnu aussi par l'écrivain-poète, Christophe Philippe Charles qui lui utilise le terme <alcôve< en lieu et place de la nature devenue <une alcôve aux ébats amoureux du poète romantique<
06/11/20
Lire le recueil:<Les amours raffinées : une anthologie des plus beaux poèmes d'Oswald Durand< par Eric Sauray et Ketty Sauray, Dauphin Noir Édition, Paris 2006
Chapitre 4: Analyse thématique ? S uite et fin
Conclusion finale. C'est la dernière chronique pour le moment signifiant que nous avons terminé le travail entrepris sur le premier point de notre projet d'études sur le thème <Analyse thématique< qui nous a permis de parcourir les cinquante et sept (57) poèmes du recueil. Et <Ces quatre thèmes distribuent l’ensemble de l’anthologie en quatre grandes parties. On a <Patriotisme< sous le titre de : <Poèmes patriotiques< au nombre de dix<L’amour de l’humanité< sous le titre de <Poèmes de solidarité humaine< au nombre de dix-huit.<Le vaudou< sous le titre de ; <Poèmes magiques< au nombre de six.<L’amour de la femme< sous le titre de ; <Poèmes d’amour< au nombre de vingt-trois.
Ce premier travail, initié le 30 janvier 2020 et achevé le 29 octobre 2020, nous a permis d'inventorier et de nous familiariser avec la matière de l’œuvre susceptible de définir le profil de l'auteur dans son projet d'écriture. Cependant l'exploration actuelle, parce que parcellaire, laisse certainement un grand pan de connaissance dans l'ombre ; et qui gagnerait à être complété. Ce qui sera certainement fait, mais en d'autres temps, par nous ou par autrui. Pour le moment, nous nous arrêtons, non par fatigue ou par incapacité d'avancer plus avant, mais pour ne pas fatiguer le lecteur. C'est une bonne raison, et qui vaut son pesant d'or. Seulement avant de partir, nous reproduisons ici les autres points prévus pour l'étude complète donnés dans la chronique du 30 janvier 2020, que vous lirez ci-dessous :
Le découpage thématique est à la fois pratique et efficace, car il permet de couvrir l’ensemble des cinquante sept poèmes en les ventilant et rendus compréhensibles au lectorat le moins averti. Cependant, il nous est apparu nécessaire d’élargir encore le cadre pour faire jaillir plus de lumière sur les poèmes afin de les rendre plus compréhensibles en les montrant sous tous les angles possibles grâce aux instruments d’analyse textuelle disponibles dans le champ des études littéraires. . Ce qui aura pour effet d’une part de rendre l’étude encore plus ample mais beaucoup plus riche non en y introduisant de la matière étrangère, mais en faisant rendre gorge à celles existant pour en déposant leur vérité sur le tapis. Ainsi, nous introduisons les points suivants pour compléter l’étude /
En deuxième point, nous nous intéresserons au sentiment religieux chez Oswald Durand Dans ce cas, il s’agira non pas d’analyser le religieux comme un fait de culture tout extérieur mais comme un phénomène qui participe de la vie privée et personnelle du poète ou le sujet des poèmes.
Comme troisième point, nous analyserons l’importance que revêt la nature en tant que telle, et les phénomènes atmosphériques et des saisons.
Comme quatrième point, nous nous intéresserons aux perceptions et des sensations chez Oswald Durand Sur ce chapitre, nous ferons la distinction entre ce qui est de l’ordre des idées et ce qui est de l’ordre du sensible. Il y a des artistes qui utilisent les émotions comme outil de création, et ceux qui se fient à leur intelligence.
En cinquième point, nous traiterons du thème : discours et récit, dans lequel nous mettrons en évidence un trait caractéristique de la poétique du poète, savoir la présence humaine, qui est celle de la voix dans les poèmes ; cela se répète si souvent pour mériter qu’on s’y arrête pour savoir de quoi il en retourne.
En sixième point, nous analyserons la poétique du poète qui nous amènera à décortiquer son art de création ou sa manière de fabriquer des poèmes. Ce sera l’occasion de dresser la fiche technique des poèmes, des types de vers et de strophes ; nous procéderons également à l’étude du lexique de Durand.
Comme un appendice au point précédent, nous définirons son esthétique.
En septième point, Nous étudierons les références à d’autres œuvres, et les influences subies
Par la même occasion, nous chercherons à savoir à quel courant littéraire, son œuvre est rattachée. Nous suggérons le mouvement indigéniste< et <L’école patriotique<
Nous compléterons le point ci-dessus, en étudiant le thème de l’intertextualité chez Oswald Durand.
L’Homme : la figure du poète dans l’œuvre de Durand.
Comme second point : l’ aspect autobiographique de l’œuvre.
Ces points doivent suffire pour donner l’idée la plus large que possible de l’œuvre de celui qui est considéré <aujourd’hui encore, comme le plus grand poète haïtien<
Prochaine lecture, l'essai : <<Haïiti : le droit et la réalité électorale. Une étude sur les pratiques du droit électoral haïtien< par Emmanuel Charles, Astrinobés Éditions, 2020.