[ Tout Haiti] Irak : Dix ans...

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Edens Desbas

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Mar 20, 2013, 1:49:55 PM3/20/13
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Irak : Dix ans...

Georges STANECHY
"Partout, dès les quais du port jusqu’au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l’offense régnait impunie, la misère, la délation, l’humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres." - Jean-François Lyotard (*)

Dix ans…

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) : « Don’t mention the Iraq War… »

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc. Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) : « Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

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Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment...

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la "guerre civile". Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-"industrielle" par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

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Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !... Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [British foreign policy and military action] (5).

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

But ultime. « Mission accomplie ».

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

Ils les exécutent.

Avec une "discrétion", ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

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Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l’ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les "politiques" exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

Trop.

Il a été retrouvé « suicidé ».

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.

Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…

Georges STANECHY

http://stanechy.over-blog.com/article-irak-dix-ans-116027806...

(*) Jean-François Lyotard, Signé Malraux - Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

1. Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-...

2. Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/...

3. Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-...

4. Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse, [Révélation : les centres de torture en Irak sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers] The Guardian, mercredi 6 mars 2013, http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/pentagon-iraqi-t...

5. Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009, http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shine...

6. David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly’s suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004, http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianle...

7. Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him - says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail, http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleb...

8. Simon Aronowitz, Kelly was Murdered’ Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004, http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9. Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti - 25 février 2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l’Observatoire ne comprend que deux personnes : le directeur et son secrétaire-interprète. L’établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d’instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu’il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d’entrepreneur (propriétaire d’un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.



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Edens Desbas :
 Journaliste,
Commentateur Politique
 et Spécialiste en Relations Publiques
Ph : 347-546-1468
Radio Touthaiti.com

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HUIT JOURS APRES SA LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
ME JEAN-HENRY CEANT
POURSUIT SON PLAIDOYER EN FAVEUR
DE LA CONSTITUTIONNALITE ET DU RESPECT DES LOIS.
Port-au-Prince, le 29 août 2012
Aux Honorables Membres du Corps Législatif
Palais Législatif.-
Au Sénat de la République.-
A l’Attention de l’Honorable Sénateur Simon Dieuseul Desras, Président du Sénat de la République et de l’Honorable Sénateur Francky Exius, Président de la Commission Justice du Sénat de la République.-
A la Chambre des Députés.-
A l’Attention de l’Honorable Député Levaillant Louis-Jeune, Président de la Chambre des Députés et de l’Honorable Député Fritz-Gérald Bourjolly, Président de la Commission Justice de la Chambre des Députés.-
Honorables Parlementaires,
Après avoir entendu et bien écouté certains intervenants zélés au cours de la réunion du 28 août dernier au KaribeConvention Center, convoquée, à bon droit, par le Président de la Républiqued’Haïti, Son ExcellenceMonsieur Michel Joseph Martelly, j’ai estimé de mon devoir de réagir et de situer le débat à son véritable niveau.
C’est donc tant en ma qualité de citoyen qu’en celle d’homme de droit et d’homme de loi, que je m’adresse à Vous aujourd’hui, Vous à qui l’Universalité des citoyennes et citoyens haïtiens a délégué une partie de l’exercice de la Souveraineté Nationale avec le PouvoirExécutif et le Pouvoir Judiciaire. Certes, la Nation garde par devers elle l’exercice direct de ses droits souverains qui consistent à élire ses Représentants, dont le Président de la République, les Membres du Pouvoir Législatif et les «Membres de tous autres Corps ou de toutes Assemblées prévues par la Constitution et par la Loi», conformément à l’article 58 de la Constitution traitant de la Souveraineté Nationale. Elle a fait de Vous et du Président de la République les dépositaires des pouvoirs régaliens de l’Etat.
Il en découle que le processus électoral constitue le soubassement des fondements de la République et de l’ordre démocratique, garantis par notreCharte Fondamentale. A ce titre: StabilitéSécurité, Etat de Droit, Pluralisme Politique, Légalité, Libertés Individuelles, Développement Economique et Social, et autres … participent de la quête quotidienne du citoyen concerné dont la garantie ne peut être assurée qu’à travers le respect des normes constitutionnelles et l’organisation d’élections honnêtes, crédibles et démocratiques. C’est en vertu de ces valeurs essentielles que je viens souligner à Votre attention que:
La «Loi Constitutionnelleportant Amendement de la Constitution de 1987» publiée dans Le Moniteurno. 96, en NuméroExtraordinaire du mardi 19 juin 2012, n’a point été promulguée. Et il ne s’agit pas là d’un détail insignifiant.
Nonobstant cette parution, contrairement aux prescrits de l’Article 135 qui indique que «les Lois et autres Actes du Corps Législatif et de l’Assemblée Nationale seront rendues exécutoires par leur promulgation et leur publication auJournal Officiel de la République», cette Loi Constitutionnelle ne porte pas le sceau de la République, caractérisé par les formules consacrées qui doivent la rendre exécutoire selon l’ordre prononcé par le Président de la République suivi de sa signature. Cette formalité relève des attributions exclusives du Président de la République qui «fait sceller les Lois du Sceau de la République et les promulgue dans les délais prescrits par la Constitution» comme le stipule son article 144.
Ce qui peut ressembler à du «formalisme» a toute sa raison d’être. En effet, l’étape primordiale de la promulgation est indispensable à toute loi, car c’est bien la promulgation par le Président de la République qui conditionne l’entrée en vigueur de toute législation et qui garantit son insertion dans l’ordre juridique et social de l’Etat. Nulle œuvre législative du Parlement n’échappe à cette formalité, lors même qu’il s’agit de la reproduire pour «erreurs matérielles». Vous le savez mieux que moi, Honorables Législateurs. Cela est inédit, cela est singulier! Telle que publiée au Journal Officiel de la République, cette œuvre du Pouvoir Législatif n’a pu rentrer en application. Faute de promulgation, elle se dérobe aux effets de l’article premier du Code Civil qui stipule que «les lois sont exécutoires dans tout le territoire haïtien, en vertu de la promulgation qui en est faite par le Président d’Haïti». Et dire qu’il s’agit ici de la Charte Fondamentale de la Nation! Quelles en sont les conséquences?
D’abord et surtout, la non-promulgation de ladite Loi Constitutionnelle la rend inopérante et non exécutoire; elle ne peut produire d’effet. De ce fait, sa lettre est morte et ne peut être évoquée valablement pour la mise en place d’institutions telles que le Conseil Electoral Permanent, la Cour Constitutionnelle ou autre, ni de toutes autres applications devant répondre aux vœux de notre Charte Fondamentale. Comment peut-on parler de mise en application des amendements de la Constitution de 1987, lorsqu’il n’y a point eu de promulgation? S’agit-il d’une malencontreuse confusion entre promulgation et publication?
Il importe de rappeler en la circonstance que la publication consiste en l’insertion, après promulgation, du texte de loi dans le Journal Officiel Le Moniteur. La formule consacrée de promulgation qui doit donc précéder la publication, suivie obligatoirement de la signature du Président de la République, se lit ordinairement comme suit:
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
REPUBLIQUE D’HAITI
AU NOM DE LA REPUBLIQUE
Par les présentes:
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ORDONNE QUE LA LOI… VOTEE PAR LA CHAMBRE DES DEPUTES LE… ET PAR LE SENAT DE LA REPUBLIQUE LE …, SOIT REVETUE DU SCEAU DE LA REPUBLIQUE, IMPRIMEE, PUBLIEE ET EXECUTEE.
Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le …,An … de l’Indépendance.
(S) Signature du Président de la République.
Honorables Parlementaires,
Si l’article 118 de la Loi Mère confère à «chaque Chambre le droit d’enquêter sur les questions dont elle est saisie», j’élève ma voix de citoyen et j’en appelle à Vous, à chacun d’entre Vous en particulier, Vous qui êtes le Pouvoir Législatif.
Les institutions appelées, par la Constitution, à agir en toute indépendance, garantes de la confiance de la Nation comme le Conseil Electoral Permanent ou la Cour Constitutionnelle, peuvent-elles être installées dans l’inconstitutionnalité, l’illégalité et la méfiance? En ce sens, je Vous exhorte à Vous pencher sur la question de la formation d’un Conseil Electoral Permanent s’effectuant hors des normes prescrites et selon des procédés inquiétants. Il en est de même du choix des membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (C.S.P.J.) où, là encore, l’on s’est écarté de la légalité.
En effet, l’article 51 de la Loi du 2 août 2007 portant Statut de la Magistrature«fixe la limite d’âge à soixante-cinq (65) ans pour qu’un Juge voit (sic) son nom porté sur une liste pour fin de nomination».L’article dit bien «juge» car cette disposition concerne les juges déjà en fonction.
N’est-il pas notoire que Me. Arnel Joseph Alexis, juge de son état, titularisé Président de la Cour de Cassation, avait déjà atteint plus de soixante-dix-ans (70) ans d’âge au moment de sa nomination? Dès lors, il n’était plus, comme juge, éligible à aucune autre fonction; a fortiori, il ne pouvait être nommé Président de la Cour de Cassation, impliquant automatiquement sa désignation comme Président du CSPJ. Ces manquements, tant au niveau de la procédure que dans le choix des personnes à qui la Nation doit confier de si hautes tâches, sont loin d’inspirer confiance dans la capacité de celles-ci à remplir leurs fonctions dans le respect des normes parce que complices de nomination illégale.
«Tout Sénateur ou Député peut entretenir l’Assemblée à laquelle il appartient de question d’intérêt général». C’est l’article 107-1 qui parle. Et aujourd’hui, L’INTERET EST NATIONAL.
Honorables Parlementaires,
La Nation, ses Citoyennes et Citoyens s’en remettent à Vous.
Salutations Patriotiques.
(S) Me. Jean-Henry Céant
Pièces Jointes :
1) pages 15 et 16 du Moniteur no. 58 du 13 mai 2011
Publiant la version originelle de la «Loi Constitutionnelle»;
Donnée à l’Assemblée Nationale le 9 mai 2011,
Promulguée en date du 13 mai 2011,
Revêtue du sceau de la République.
2) Pages 20 et 21 du Moniteur no. 96 du 19 juin 2012
Publiant la publication«la Reproduction pour
Erreurs Matérielles de la Loi Constitutionnelle»;
Donnée à l’Assemblée Nationale le 9 mai 2011,
Sans date de promulgation,
Non-Revêtue du sceau de la République.
3) Page 7 du Moniteur no. 112 du 20 décembre 2007
Publiant la «Loi portant Statut de la Magistrature»;
Soulignant son Article 51.
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