SF. Je viens de prendre
connaissance du très long mèl envoyé par Dja Paul en date du 3 janvier 2012.
Il fait 22 pages dans la copie que j'en ai tirée sur mon imprimante. Il
est évident que je ne pourrai pas répondre à tout ce qu'il a écrit. Je
choisirai donc mes réponses aujourd'hui en attendant de répondre aux autres
interrogations plus tard.
Commençons
par le point qui, à mon sens, est le moins important mais sur lequel Dja
Paul revient pour la troisième fois. Je suis donc obligé de mettre les
points sur les "i".
Voici ce qu'il écrit dans son
mèl daté du 30 décembre 2011 à 4:49:06. La date et l'heure sont extrêmement
importantes.
Dja. En surlignement j'ai mis
en exergue deux (2) allusions perfides: i) La quantité volumineuse de pages;
ii) La date et l'heure.
L'allusion en clair est: Dja
est devenu fou. Toutes celles et tous ceux qui nous lisent ont perçu
l'allusion. J'avais raison de dire que ma vigilance devait être plus
aiguisée que celle d'une pintade. L'expérience des contes (ex. tou ron san
fon) permet à tout Haïtien, d'un temps révolu dommage!, natif-natal de
découvrir à la vitesse de l'éclair les allusions.
Point i): Vous avez reçu la
totalité du texte que vous avez pu lire inéluctablement faisant suite à mes
huit (8) envois postérieurs. Suis-je le seul auteur de cette quantité de
pages? M. H. ST-FORT n'y-a-t-il pas apporté une énorme
contribution?
Point ii) Pour ce point, la
mort dans l'âme, je dois faire allusion à l'autre des deux (2) citations.
Voilà un gars qui a étudié à Paris, en Europe et qui ne sait pas ou à tout
le moins oublie (toujours l'effet de la carpe rouge en corrida dès qu'il
voit le pseudo DJA) qu'il y a un décalage horaire entre les USA et l'Europe.
Il est actuellement de 6 heures, car variable à certains moments de l'année
quand on passe de l'heure d'été à l'heure d'hiver, et inversement, car ces passages
ne se font pas aux mêmes moments. C'est 6 heures en avance par rapport à
l'heure aux USA. Ainsi M. H. ST-FORT quand vous recevez un courriel d'Europe
avec une heure déterminée, sachez qu'en Europe il est 6h plus tôt. Ainsi les
4:49:06a.m. correspondaient à 10:49:06 a.m. J'étais déjà réveillé, levé,
fait quelques exercices de maintien, avais pris mon petit déjeuner, écouté
les infos à la radio, lu mon journal, et...
Croyez qu'à 4h a.m. je dors.
Heureux comme dans le sketch de F. RAYNAUD! Dans la
phase de sommeil paradoxal qui me permet de récupérer, de rêver, d'avoir le
lendemain à mon réveil un cerveau frais et dispos. Il
semblerait que ce ne soit pas idem pour d'autres.
SF.
"L'haïtien (la langue haïtienne) doit évoluer, faire son introspection, sa
critique interne et enfin corriger ses erreurs." Dans cette phrase, Dja Paul
écrit L'haïtien avec un "h" minuscule, pas majuscule. Donc, cela veut dire
qu'il se réfère à ce qu'il appelle "la langue haïtienne", l'haïtien" dans sa
terminologie. Mais, comment la langue haïtienne doit faire son
introspection, sa critique interne et enfin corriger ses erreurs? Il est
donc clair qu'il veut parler de l'être haïtien, de l'homme haïtien et dans
ce cas, il aurait du faire usage du "H" majuscule puisque, selon les règles
orthographiques du français standard, on met une majuscule si c'est un nom
de nationalité ou de peuple, et une minuscule si c'est un adjectif. Je
voudrais insister sur le fait que personnellement je n'accorde aucune
importance à ce type d'erreurs et j'ai déjà dit cela dans un de mes mèls
mais je suis forcé d'y revenir car ce monsieur veut insister sur ce fait en
faisant comme si c'est moi qui ai commis l'erreur. (Ndla. Vous persistez à
commettre une erreur. Svp, ne continuez pas. Ne dîtes plus
rien). Donc, monsieur, si vous voulez conserver votre phrase en
vous référant à l'homme haïtien, il vous faut écrire: "L'Haïtien (avec un
"H" majuscule, pas minuscule) doit évoluer, faire son introspection, sa
critique interne et enfin corriger ses erreurs". Car, je ne vois pas du tout
comment la langue haïtienne peut faire son introspection, sa critique
interne et enfin corriger ses erreurs. Voilà un autre exemple du défaut
capital de Dja Paul: l'orgueil. Ce monsieur est orgueilleux à l'extrême.
Combien de fois lui ai-je rappelé des vérités premières en
linguistique surtout au cours de notre long débat en août-septembre 2011. Il
n'a rien voulu entendre et a continué à raconter des choses qui n'ont rien à
voir avec la linguistique. (Mon Dieu, il a continué. Il
persiste et signe. Il m'oblige à continuer. Alors allons-y).
Dja. Monsieur, je reviens
maintenant à mes deux (2) questions. Étais-je en train de fouetter
réellement des chats, des animaux? Suis-je boulanger ou étais-je en train de
cuisiner? Quand vous étiez dans une brasserie française, vous aviez
assurément demandé une bière. Vous a-t-on amené uniquement la bière ou un
verre de bière? Quand vous êtes rentré dans votre chambre d'étudiant et que
votre copine vous a demandé, "Hugo, ti chou, koté ou té yé?" (Hugues, mon
chéri, où étai-tu?). Assurément vous avez répondu: j'étais à la brasserie et
je buvais un ou deux verres. Avez-vous bu réellement les verres ou la
bière?
Dans mon texte de départ j'ai
pris le soin de souligner à chaque fois le mot "haïtien", employé avec "h"
minuscule et "H" majuscule. A chaque fois le mot était orthographié
correctement.
C'est une façon d'écrire, de
parler. C'est la synecdoque, Monsieur le prof de français. Donc mon texte
voulait dire que les personnes qui parlent cette langue doivent accomplir
tout cela.
Attention: la réponse à mes
deux (2) questions peut ne pas être la synecdoque!
.
synecdoque n. f. Figure
consistant à prendre la partie pour le tout, la matière pour l'objet, le
contenant pour le contenu, etc. et inversement. un
toit pour une maison, une fourrure pour un manteau de fourrure, boire un
verre.
Ici aussi, je fais
allusion à une des deux (2) citations.
SF. D'autre part, il se
glorifie d'appeler le kreyòl l'haïtien. Il prend appui sur cet autre
internaute (je devine qui c'est parce que on a déjà débattu, cet internaute
et moi). Cet autre internaute l'a "convaincu de ne plus dénommer la langue
haïtienne des manières suivantes: i) le créole haïtien; ii) kreyòl. Ces
derniers mots prennent une consonance comme quoi l'haïtien serait une langue
bâtarde, un embryon de langage véhiculaire et vernaculaire qui n'a point
encore accouché en tant que langue à part entière".
Je
renvoie ce monsieur au livre collectif "L'Aménagement linguistique en
Haïti: enjeux, défis et propositions" par Robert Berrouet-Oriol, (qui en
est le coordonnateur) Darline Cothière, Robert Fournier et Hugues
Saint-Fort. Montréal, CIDIHCA, 2011 et Haiti, Editions de l'Université
d'Etat d'Haïti, 2011. Il lira mon texte (pages 35-50)consacré à cette
question et intitulé "Dérives conceptuelles autour de la dénomination de
la langue: Créole vs Haïtien" Voici quelques passages tirés de ma
contribution:
La
majorité des linguistes qui ont étudié les langues créoles sont tous
d'accord sur le fait que la diversité des langues en contact à
Saint-Domingue rendait extrêmement difficile l'acquisition de l'une de ces
langues en tant que lingua franca accessible à toute la
population. A Saint-Domingue, les locuteurs des langues de la famille des
langues du Niger-Congo qui ne sont pas mutuellement intelligibles étaient
placés en contact avec des locuteurs de différents dialectes français car il
n'y avait pas encore une variété standardisée du français. C'est de cette
rencontre, de ce contact que le créole haïtien a pris naissance. Un système
linguistique original a été créé, composé de sons (phonèmes), arrangés d'une
manière particulière (phonologie) pour former des mots (morphologie) et
constituer une grammaire (syntaxe) qui communique un sens (sémantique). Les
habitants de Saint-Domingue ont nommé ce système linguistique original,
kreyòl. Il a conservé ce nom depuis. Quand Dessalines, l'un des Pères
Fondateurs, retourna au nom indien d'Haïti (Ayiti) pour remplacer celui de
Saint-Domingue, il n'élimina pas la dénomination "créole" en usage depuis la
colonisation. Il la conserva. Aujourd'hui, le terme devrait connoter une
identité culturelle radicalement indépendante de la culture européenne avec
laquelle elle a pourtant conservé des liens. Haïti a mis en place une
orthographe créole standardisée et possède des traditions littéraires
remarquables...
Si
l'on doit changer le nom de la langue parlée par tous les Haïtiens, alors il
faudra changer aussi un grand nombre de mots utilisés couramment en Haïti, à
commencer par le nom avec lequel les Haïtiens se désignent en tant qu'êtres
humains et désignent tous les êtres humains en général. Par exemple, tous
ceux qui comprennent le créole haïtien savent que le mot créole "nèg"
emprunté au français ne signifie pas du tout "un nègre", ne possède pas de
connotation raciale ou raciste mais désigne un "homme" en général, qu'il
soit noir, blanc, jaune, ...ce peut être un ami, un "mec"...Le mot "nèg"
s'est tellement bien intégré dans la culture et la civilisation haïtiennes
qu'il est maintenant rentré dans des expressions typiquement créoles
utilisées quotidiennement en Haïti. Par exemple, gran nèg (individu
riche), gwo nèg (individu grand et fort), nèg fèy (paysan), nèg brenn
(individu intelligent), nèg lespri (individu rusé), nèg natif natal (enfant
du pays), nèg save (intellectuel), nèg fen (individu sophistiqué), nèg mòn
(paysan, campagnard, péquenot), nèg sal (clochard), ti nèg (jeune homme,
individu de peu d'importance), etc.
Ce
qu'il faut comprendre à partir de cet exemple, c'est que les locuteurs
haïtiens ont réinterprété la variété française qu'ils entendaient en lui
donnant un nouveau sémantisme, une nouvelle phonologie et l'ont fait entrer
dans une nouvelle combinatoire. Ils n'ont pas été les premiers à composer de
telles opérations. Les locuteurs de tous les pays du monde dont les langues
ont traversé des périodes de contact avec d'autres langues ont pratiqué ces
réinterprétations linguistiques.
Ce n'est pas le changement du
nom de la langue parlée par les Haïtiens qui donnera une meilleure image de
cette langue. Au cours du vingtième siécle, plusieurs chefs d'état africains
ou asiatiques ont tenté cette expérience par rapport au nom de leur pays et
ils n'en ont rien tiré. Une meilleure image s'acquiert par des facteurs tels
que le développement économique, la construction d'un état de droit, le
respect de la personne humaine,etc. ... (pages 41, 47-48).
Hugues Saint-Fort
Dja. voilà pourquoi dorénavant
je parle d'haïtien pour la langue haïtienne. En mentionnant simplement
quelques définitions du "créole".
J'écris l'haïtien et non le
haïtien de Wikipédia, car on ne dit pas la République de Haïti mais bien la
République d'Haïti. Notre linguiste "éclairé" vous dira comment on appelle
le "h" d'Haïti. Merci pour sa contribution!
- Sabir
- langue déformée parlée unilatéralement par un groupe mal acculturé.
Peut évoluer vers un pidgin.
- Pidgin
- langue hybride
(toujours seconde) destinée à assurer la communication entre locuteurs
sans langue commune. Peut évoluer vers un créole.
- Créole
- pidgin nativisé, devenu une langue à part
entière. Il n'est plus une langue véhiculaire seconde mais une
langue vernaculaire maternelle.
Dja. L'haïtien a tellement
évolué à partir du "sabir" qu'il est devenu une langue, une langue à part
entière, sans restriction et qu'ainsi il est à égalité avec les autres
langues. Il ne peut plus être classé, confiné dans des vocables de "créole"
ou "kwéyôl" ou "kréyol" ou ...
La langue de France est le
français, la langue d'Italie est l'italien, .... alors aussi la langue
d'Haïti est dorénavant l'haïtien.
Il a franchi avec la plus
grande des distinctions (on a même un chercheur en linguistique créole au
MIT), avec honneur, mérite et respect, toutes les étapes de la constitution
d'une langue, de sabir à l'haïtien en passant à créole.
Ochan
Ouvwé (ouvoué, ouvré) lè ban.
C'est un "e" accent grave à côté du "l".
ABOBO ABOBO AYIBOBO AYIBOBO,
vive l'haïtien! Je parle de la langue haïtienne.
Fèmin lè ban.
En haïtien
actuel:
Ochan
Ouvre lè ban
Fèmen lè ban
Wikipédia: Je suis fier de cette mention
de "Le haïtien" dans Wikipédia et je puis vous jurer, croix de fer, croix de
bois, que je ne suis pas un des contributeurs de cet article.
Le haïtien (ayisyen)
est une langue créole parlée
par 10 millions de personnes en Haïti et
environ 2 millions dans le reste du monde, surtout aux États-Unis. Le
haïtien est à base lexicale française avec
des influences des langues africaines fon, éwé,kikongo, yoruba et igbo ;
cependant, leur influence n’a pas été très grande sur le développement du
haïtien.
Depuis
1987, le créole haïtien est reconnu comme
langue officielle d'Haïti à côté du français
1, grâce à la mobilisation de nombreux écrivains et
intellectuels haïtiens et de
linguistes tels que
Pradel Pompilus et
Pierre Vernet. Son utilisation littéraire est anecdotique
mais croissante. Beaucoup de locuteurs sont bilingues et parlent haïtien et
français, mais le créole haïtien a un statut social inférieur au français.
La langue est utilisée dans les médias tels que les journaux et la
radio.
Un créole est une langue
régionale. Il diffère d’une île à l’autre sans règle précise, très vivant
selon les périodes, il est originaire d’une transformation du français et de
l’anglais voire d’autres langues de l’époque coloniale (minoritaires et
confinées au statut de langue « clandestine » dans le système
esclavagiste et colonial) et servait aux planteurs à se faire comprendre par
leurs esclaves et employés, sans leur donner d’éducation, sans
grammaire et
lexique complets, qui est devenue la
langue maternelle des descendants des esclaves et par
extension des populations de la région concernée.
Petit Larousse
1905
Résultat
: 1 réponse dans le Petit Larousse 1905. |
| CRÉOLE adj.
et n. ( espagn. criollo ) . Personne
de pure race blanche, née aux colonies : Joséphine de
Beauharnais était une créole de la Martinique. Accent créole,
accent des créoles
(prononçant à peine les r.) N. m.
Patois des
nègres aux colonies, formé de mots français vieillis ou
défigurés et de mots empruntés un peu à toutes les langues
étrangères. |
Larousse:
LINGUISTIQUE
Le créole est une langue
issue d'un sabir ou
d'un pidgin et
devenue progressivement la langue maternelle d'une communauté.
L'origine du créole
Dans certaines situations
sociales, en réponse à des besoins de communication particuliers, sont nées
des formes linguistiques hybrides, empruntant leur vocabulaire à différentes
langues ou utilisant le vocabulaire d'une langue et la syntaxe d'une autre.
Ces formes sont le plus souvent utilisées à l'origine pour des raisons très
concrètes, par exemple entre des communautés n'ayant pas de langue commune
mais entretenant des relations commerciales. Elles empruntent leur
vocabulaire à une langue dominante (le français, l'anglais, le portugais…)
et leurs structures grammaticales à une langue dominée (le chinois, les
langues africaines…). Lorsqu'une telle forme est réduite à un vocabulaire
peu important et à quelques règles de combinaison, on parle de sabir.
Lorsque cette langue seconde couvre des besoins de communication plus
importants et que son système syntaxique est plus étoffé, on parle
de pidgin.
Ni le sabir ni
le pidgin ne
sont des langues maternelles. En revanche, dans certaines situations, unsabir ou
un pidgin peut
devenir la langue maternelle d'une communauté, disposant d'un lexique
beaucoup plus étendu, d'une syntaxe plus élaborée et de domaines d'usage
variés. C'est ce qui s'est produit lors de la déportation d'esclaves
africains vers les îles des Antilles : on parle alors de
créole.
La diversité des créoles
Par son origine, un créole nous
apprend donc toujours quelque chose sur la condition sociale de ses premiers
locuteurs. Il y a des créoles à base lexicale française (dans l'île de la
Réunion, en Guadeloupe, en Martinique, en Haïti, etc.), à base lexicale
anglaise (à la Jamaïque, aux États-Unis), à base lexicale espagnole (à
Porto-Rico), ou encore à base lexicale néerlandaise, portugaise ou autre.
Les formes les plus parlées aujourd'hui sont le créole anglais de la
Jamaïque, les créoles français d'Haïti, des petites Antilles, de la Guyane,
de la Réunion et de l'île Maurice, et le créole portugais des îles du
Cap-Vert, de Casamance et de Guinée-Bissau.
Les linguistes ne sont pas tous
d'accord sur l'origine des créoles, ni sur leurs processus de formation.
Malgré leur extrême variété, les créoles manifestent parfois des traits
communs. Par exemple, le redoublement emphatique des formes
verbales : sé
manjé man manjé (créole des Antilles françaises), a
nyam mi a nyam (créole anglais de la Jamaïque), come
mi ta come papiamentu (créole des Antilles néerlandaises) – « je
suis en train de manger » ou, mot à mot, « question de manger, je suis en
train de manger ». Longtemps méprisés, les créoles ont aujourd'hui leur
place dans l'enseignement officiel, comme aux Antilles françaises et en
Haïti.
A.−
1. (Personne) qui est de race blanche,
d'ascendance européenne, originaire des plus anciennes colonies
d'outre-mer. Planteur
créole, populations créoles; un créole, une créole. Les hommes de couleur (...)
domineront un jour la race amollie des créoles (A. France, Pierre
bl., 1905, p. 223).
− P.
ext. Nègre,
noir créole. Né dans les colonies (et non en
Afrique). Les
noirs créoles [de
Saint-Domingue]professaient
(...) le plus profond mépris pour les nègres congos (Hugo, Bug-Jargal, 1826, p. 51).
2. Spéc., ETHNOGRAPHIE,
LING. (Manière) propre aux
créoles. Accent,
dialecte, chanson créole; le(s) (parlers) créole(s), le créole haïtien,
anglais, portugais. Ce
doux parler créole qu'il [Saint-John
Perse] a gardé encore(Mauriac, Bloc-notes, 1958, p. 399).
Rem.
1. La notion
de créole a évolué avec les
connaissances linguistiques; d'abord péj. (cf. étymol. et hist.), le mot
désigne aujourd'hui un système linguistique autonome, d'origine mixte, issu
du contact d'une langue européenne avec des langues indigènes ou importées
(Antilles), devenu langue maternelle et
langue principale d'une communauté (p. oppos. à pidgin et
à sabir). 2. On rencontre ds la
docum. créolophone, adj. et subst. (Celui) qui
parle habituellement (en tant que langue maternelle ou principale) un
créole. Les territoires créolophones
de l'Océan Indien (A. Valdman, Le
Créole, 1977, p.
35). Le
créolophone rural, qui ne distingue pas /è/ de /œ/ (Id., ibid., p. 347).
−
À
la créole. [En parlant de l'arrangement de
choses]
♦ Coiffure
à la créole. Le
Roman de Paul et Virginie mit en vogue la coiffure « à
la créole » (Jouy, Hermite, t.
4, 1813, p. 278).
♦ Riz
à la créole (ou riz
créole). Riz préparé avec des tomates et des
piments doux. Entremets
à la créole. Entremets préparé avec du riz et parfumé
à l'orange.
B.− (Celui ou celle) qui a le tempérament
propre aux créoles ou semblable à celui des créoles, caractérisé
essentiellement par l'indolence et la grâce. Vous redevenez grande dame,
créole, indolente (Balzac, Lettres
Étr. t. 1, 1850, p. 278). Mme Chasseloup-Laubat
: des ombres prud'honiennes, mêlées à une grâce de créole (Goncourt,Journal, 1865, p. 135). La marquise y gagna une
prostration maladive, qui fit d'elle une créole des images, passant sa vie
sur une chaise-longue (Radiguet, Bal, 1923, p. 20).
−
À
la créole :
Nous vivrons à
la créole,
moi travaillant dans mon cabinet, toi paressant à ton aise dans ta jolie
maison, ne voyant que nous.
Balzac, Lettres
à l'Étrangère, t. 3, 1850, p.
344.
Littré, volume 3
citations masquées
CRÉOLE
1°Homme blanc, femme blanche originaire des
colonies. Un oeil noir où
luisaient des regards de créole, V. HUGO, Orient. 33. Les enfants qui ont reçu le jour dans cet autre monde
ne portent plus le nom de chapetons qui honorait leurs pères ; c'est ainsi
qu'on appelle ceux qui sont issus de sang espagnol dans le nouvel
hémisphère, RAYNAL, Hist. phil. VIII, 20. La supériorité que les chapetons affectent sur les
créoles, ceux-ci la prennent sur les métis, RAYNAL, ib.
21. Les
créoles sont en général bien faits ; à peine en voit-on un seul affligé des
difformités si communes dans les autres climats, RAYNAL, ib.
XI, 31.Adj. Une femme créole. Nègre créole, nègre
né aux colonies, par opposition au nègre qui provient de la traite. 2°Espèce de coquille du genre Vénus. Les dictionnaires
de Furetière et de Richelet ont criole. Ital. creolo ; de
l'espagn. criollo. L'origine de criollo est douteuse ; si on le fait venir
de l'espagn. criar, élever, nourrir, la formation est tout à fait
irrégulière ; d'autres prétendent que c'est un mot caraïbe ; l'Académie
espagnole dit que c'est un mot inventé par les conquérants des Indes
occidentales et transmis par eux. CRÉOLE. - ÉTYM. Ajoutez : Les enfants des Espagnols qui sont nés aux Indes sont
appelés criollo ou criolla ; les nègres donnaient ce nom aux enfants qui
leur étaient nés aux Indes, pour les distinguer de ceux qui étaient nés dans
la Guinée, leur patrie.... les Espagnols ont emprunté d'eux ce
nom, GARCILASO DE LA
VEGA, Hist. des Yncas, t. II, p.
460, trad. française par J. Baudoin, 2 vol. in-12, Amsterdam,
1704.