Finalement Messieurs, les efforts que vous faites pour promouvoir la langue créole est louable mais je réitère que vous gaspillez beaucoup d’énergie dans un projet ambitieux qui n’ira nulle part pour des raisons déjà énumérées. Depuis 200 ans, nous n’arrivons même pas a fournir de l’eau potable a notre population, ni à les éduquer et nous pensons que nous pouvons déployer des ressources, et d’énormes ressources par-dessus le marche a promouvoir la langue créole dans l’enseignement alors que des secteurs tout aussi importants demeurent jusqu’ici négligés. Même avec une épidémie qui fait ravage dans notre pays, nous discutons encore la langue créole alors que des milliers de gens meurent faute d’information et de communications a leur portée pour contrecarrer la maladie. Le pire c’est que pour ceux qui possedent un minimum de moyens, pouvant faire des recherches sur l’internet et recevoir des messages sur l’epidemie de cholera, ces informations ne sont pas accessibles en créole. Jusqu'à présent, il nous est difficile de définir les priorités de ce pays, et même a l’approche des élections et d’un fleau.
Nous avons un système éducatif a améliorer mais nous n’avons pas les moyens de production a la portee de toute la population, ni non plus des ressources humaines et financières pour introduire l’enseignement en créole en Haiti a grande echelle. Ces valeurs, au dela d’un nationalisme pure et simple n’aideront pas le peuple a s’epanouir et le pays a s’ouvrir a l’exterieur. Voila l’argument que je présente et j’espère que je ne suis pas de ceux dont on considère qui vénèrent le Français selon le texte de Hughes.
Pour ma ma part, nous sommes deja bilinque, mais si effectivement, on est d’accord pour un bilinguisme ecrit, il aurait suffit de definir les plans pour le mettre en œuvre. jusqu’ici, aucun éclaircissement n’a été fourni sur la methodologie proposee, a la fois pour l’enseignement en creole et pour un meilleur apprentissage du Français. Nous parlons la de deux méthodes à développer. Je répète ma question donc, a quel moment la transition vers la langue étrangère se ferait-elle si un enfant est scolarise en creole depuis la petite section? Pouvons nous imposer a un gouvernement ce choix des linguistes alors que l’Etat n’a meme pas les moyens d’eduquer son peuple dont la moitie demeure toujours analphabete ? Les couts d’une re-invention ne seraient-ils pas superieurs a une reforme qui mettrait l’accent sur la qualite et l’utilisation des methodes déjà existantes ?
Concernant l’exemple de la Cote d’Ivoire presentee par Norluck , les bonnes, les chauffeurs ou cireurs de bottes qui s’expriment parfaitement en Français en Cote d’Ivoire, on ne peut affirmer que le Français n’a rien fait pour eux, c’est déjà beaucoup qu’ils peuvent communiquer entre eux plus facilement surtout quand ils sont d’ethnies différentes. En plus, tout le monde sait qu’une langue est un moyen de communication et ce n’est pas la langue qui permet d’évoluer socialement mais c’est le niveau de l’éducation d’un individu. Mais lorsque la communication devient aisée entre différentes communautés, différents pays et différents peuples, des avantages peuvent être tirés de ces interactions. En France, comme en Suisse, un illettré qui parle très bien le Français serait limité à de petits boulots tout comme les Ivoiriens. Ce qui est certain en cote d’Ivoire c’est que dans les divers marchés d’artisanats, ils peuvent vendre leurs produits et communiquer avec des touristes sans barrière. Il n’existe pas non plus de supériorité entre ceux qui peuvent s’exprimer en français et ceux qui ne le peuvent pas. Ils n’ont pas non plus à chercher des modèles chez des ancêtres. Quel famille en Cote d’Ivoire recrutera une bonne ou une cuisinière chez lui ou chez elle si elle ne peut pas communiquer dans la langue Française a moins qu'il soit d'une meme tribu. Avec plus de 70 dialectes dans un pays, le contexte de Cote d’Ivoire ne s’applique pas en Haïti. Les Africains ne développent aucun complexe vis-à-vis leur dialecte ni non plus vis-à-vis la langue du colon qu’ils ne traitent pas comme une langue étrangère mais comme leur héritage aussi. Lorsqu'ils l'apprennent, ils communiquent avec aisance meme s'ils retiennent leur propre accent. Ils connaissent les limitations de leurs dialectes et ne passent tout leur temps à promouvoir leur nationalisme. Ils doivent progresser car l’Afrique est sous tutelle depuis des siècles. C’est avec la connaissance des colons qu’ils doivent combattre le colonialisme tout comme Toussaint Louverture l’avait fait.
Haïti a l’avantage de pouvoir communiquer avec les pays suivants en Français : Gabon, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad, Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali, Madagascar, Burundi, Rwanda, République Centre Africaine, Togo, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Maroc, Algérie, Tunisie, Guyane Française, Seychelles, Belgique, Suisse, France, les Iles Maurice, Benin, Cameroun, Cap-Vert. Le tout fait une population de centaines de millions par rapport aux communautes creolophones.
Par ailleurs dans le passeport Haïtien, la traduction du « nom » d’une personne est « siyati » donc en créole, lorsque vous demandez a une personne son nom, est ce qu’on dit « ki siyati ou » - n’est ce pas créer plus de confusion, alors pour signature, on dira quoi ? Dans la langue créole, on ne peut même pas trouver l’équivalent du sexe féminin ou sexe masculin sans dépendre du français, ils écrivent « eske li fi ou gason » I really need a break, folks !
Finalement, parmi les citations des etrangers vis-à-vis Haiti, je reitere celle de William Jennings Bryan who expostulated to President Woodrow Wilson: “Imagine! Niggers speaking French!” et le President Woodrow Wilson who exclaimed "we need to put a stop on that". Guess what? we are doing just that. It’s as if they ask us to drown ourselves and we go right into the water waiting to be drown. We are now way behind! Not just where they want us to be but where we allow ourselves to be. In fact, being the only French speaking nation in the Americas as they would say back in the 1970’s, we could have generated revenues out of the French language in the same manner that Haitians are pouring Dominican universities and have to learn Spanish. It could also be an efficient marketing tools to attract foreigners desiring to learn French and getting the taste of French and creole culture. Preserving our culture is a noble undertaking but can we succeed in a constant state of poverty when we hardly have the means of our ambitions. We can’t even teach the majority of our people to read or to drink potable water, let alone develop a language and tools. Shouldn’t we nudge for our own access to wealth? We spend more time brainstorming on the creole language then identifying what is it that can help the country to gain its autonomy and move forward. How can we invest on research to discover what our resources are, how can we exploit them and how can we tap on them to change our image and that of our people.
Lorsque je vois les livres scolaires de ma fille et que ces livres n’existent meme pas en creole – qui sont ceux qui vont inscrire leurs enfants dans une ecole en creole, levez vos mains ! – n’est ce pas irresponsable ou illogique ? Quelle est donc cette methode d’enseignement en creole qui a été développée et qui est présentée au gouvernement pour adoption ? Les conceptes, il y a des décennies qu’on les développe dans toutes les disciplines sans etre pour autant appliquées. Ce n’est pas différent pour les linguistes. Les puissances ne veulent pas seulement que nous restions pauvres mais que nous restions ignorants. Alors qu’ils parlent la langue de Shakespeare qu’ils ont adopté sans problème, les noirs de leur pays parlent le slang pour les differencier des blancs. Les écoles des blancs sont différentes de ceux dans les quartiers noirs. Les Americains noirs ne méritent pas mieux et ils doivent accepter le slang comme leur culture ainsi que les pantalons qui tombent au dessus de leur fesse. Avec cela, ils ne pourront jamais acceder a Harvard ou Wall street. On doit les maintenir à leur place. Pour ces puissances americaines, le Français est une langue de culture réservée à des citoyens comme Jackie Onassis et non pas a des negres. Heureusement que tous ceux sur les fora qui se battent pour l’enseignement en creole sont de vrais francophones qui peuvent correspondre avec les William Jennings Bryan d’aujourd’hui. Cette disparition du francais chez nous a commencé depuis belles lurettes et le travail psychologique d’inferioriser les haitiens a marché. Beaucoup tombe la-dedans en pensant que c’est du nationalisme. Pourtant, plus la majorite est isolee et maintenue dans l’ignorance, et plus elle peut fermer ses yeux pour que les puissants pays puissent exploiter ce que nous avons de bon. Si ce n’est pas un colon francophone, ce sera toujours un colon anglophone. Pourquoi l’orthographe du creole "Mwen" au lieu de "mouin" a été développé par les Americains ? pour mieux nous recoloniser et nous dominer. Ils financent nos élections mais jamais l’éducation du peuple mais ils sont fiers de dire au monde entier que nous sommes pauvres, créolophones et porteurs du Sida. C’est plus facile pour eux de prononcer "renmen" au lieu de « rinmin ». Le responsable n'est pas Ferdinand de Saussure. C'est ceux qui volent nos ressources qu’ils déclarent leur « réserve stratégique » et insistent pour que les negres demeurent creolophones parce que leur cerveau inferieur ne leur permet pas d'articuler cette langue qui a fait de Jackie Onassis la premiere dame la plus distinguee du monde a son retour d'Europe. Chez nous, les Jacques Roumain, les Jacques Stephen Alexis, les Marc Bazin etaient de vrais "niggers" - cela les derange. Ils ne pouvaient rien faire pour stopper les trois Dumas, leur sang negre a produit "le Compte de Monte Cristo" de renommee mondiale. Ils ne disent pas que le pere etait un Haitien. Chez eux, la creolophonie n'y etait pas. Les Haitiens qui sont arrives a defier ces puissances racistes en demontrant que 'niggers can speak French or any other languages' tombent dans leur jeu qu'ils leur font croire comme un enfant qui croit au pere Noel que c'est du nationalisme.
Je pense qu’on a assez discouru sur la question de la langue et nous nous retrouvons toujours au point de depart. On peut faire mieux, Haiti deviendra un autre Suisse, sauf, il sera maintenu dans une division entre deux mondes, creolophone et francophone. Ceux qui font le choix de creolophonie enverront leurs enfants dans des ecoles creolophones que les linguistes developperont et ceux qui ne desirent pas des ecoles creolophones, enverront leurs enfants dans des ecoles francophones ou anglophones. Au moins, la Suisse est un pays développé qui a les moyens d’eduquer dans la lanque qu’elle choisit ainsi que de nourrir sa population et de lui fournir des services des sante adequats.
Emmanuelle Gilles
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Chère madame Gilles,
J’ai appris avec le temps à admirer votre courage et votre détermination dans les différents échanges de nos forums. Et, je vous dis avant tout que je n’ai jusqu'ici aucun doute sur votre bonne foi et surtout sur votre désir de voir un changement profond dans la situation de notre pays.
Je dois vous dire aussi que je suis toujours triste à chaque fois que je constate que « la problématique français-créole en Haiti se pose en termes dichotomiques où les deux langues s’excluent mutuellement »; tout comme je pense qu’il est aussi malheureux de penser qu’un enseignement de base en créole empêcherait à l’élève Haïtien de devenir bilingue ou plurilingue. Je pense que nous devrions plutôt construire nos échanges sur l’idée selon laquelle les deux langues peuvent et doivent cohabiter dans le système éducatif pour le bien être d’Haiti. Je suis un multi culturaliste et je rêve tout comme vous d’une Haiti multiculturelle avec au moins 4 langues parlées et/ ou écrites. Je rêve d'une Haiti où le créole, la langue tous les Haïtiens, le français, l’anglais et l’espagnol auront respectivement leur place et leur rôle pour le développement d’une société prospère.
Chère madame,
Je peux me tromper, mais à mon humble avis, j'ai l'impression que dans ce débat votre expérience personnelle d’apprentissage à l’école primaire en Haiti pèse beaucoup sur votre vision des choses. Ce qui est tout à fait normal puisque notre éducation comme on le sait influence grandement notre perception, notre conception ainsi que notre jugement. Voilà pourquoi, dans un tel débat, il serait mieux parfois de prendre un peu de recul pour questionner notre expérience éducative. Par exemple, dans le cas de la problématique français-créole, il serait avantageux pour le débat que vous réussissiez à vous placer dans la peau d’une autre catégorie d’élèves haïtiens. Je vais essayer d’être plus précis là-dessus en empruntant le chemin de la réalité haïtienne:
Comment fait-on pour devenir francophone en Haiti ?
Dans ma lecture j’ai lu et appris ce qui suit :
« Il ne faut certainement pas passer par quatre chemins pour devenir francophone: il n'en existe que deux. Le premier, c'est de naître dans une famille qui fait habituellement usage du français. Le second consiste à faire l'apprentissage du français, généralement à l'école, et d'utiliser par la suite la langue apprise dans sa vie de tous les jours ».
C'est donc en tout premier lieu sur la base du milieu social d'origine que va se faire l'acquisition du français. Ainsi, les enfants issus de milieux sociaux favorisés acquerront au tout début de leur socialisation le français dans le cadre de leur environnement familial.
Imaginons pendant un instant l’enfant issu de la majorité créolophone d’Haiti dans ses premières journées de classe. Comment font-ils pour apprendre puisque « …toute connaissance qui s’acquiert par la parole orale ou écrite passe par un système linguistique déjà possédé, en d’autres termes, par une langue déjà connue » (Dejean, 2003).
Et, aujourd'hui, nous comprenons que ne pouvons pas calculer ce nombre impressionnant de génies qui a été et continue d'être détruit par notre système scolaire à travers l’usage de la langue française dans l’éducation de base.
Chose étrange ! Mais, c’est un chercheur et didacticien français, Anthony Joubier, qui nous offre une juste description de la situation des enfants créolophones durant leurs premiers jours de classe. Il dit:
« Ils sont accueillis dans une langue inconnue et donc privés de repères familiers et sécurisants de la communication. Donc, ces enfants non francophones deviennent angoissés à cause de cette perte de repères. Ils se posent des questions parmi lesquelles :
Qui sont ces adultes ? Où suis-je ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? »
Et dès lors, nous avons dans les salles de classe de vrais exilés qui se verront constamment infliger des punitions corporelles tout au cours du processus d’apprentissage. Et, comment apprendre le français dans telles conditions. Selon Cheng (2002), « Tout exilé connaît au début les affres de l’abandon, du dénuement et de la solitude. Déchiré entre la nostalgie du passé et la dure condition du présent, il expérimente une souffrance plus « muette », plus humiliante, qui le tenaille : n’ayant qu’une connaissance rudimentaire de la langue de son pays d’adoption, il se voit réduit à un être primaire aux yeux de tous. Baragouinant des mots ou des phrases parfois approximatives, incapable d’un récit clair et cohérent, il donne l’impression d’être dépourvu de pensées, voire de sentiments. »
N’est-ce pas là la réalité de cette grande majorité d’enfants de notre pays, et cela depuis plus de 200 ans. Dans cette optique, nous devons être conscients que nous sommes dépourvus de bon sens comme l’a d’ailleurs si bien dit Dr Yves Dejean dans « créole, école et rationalité » Car, « Comment des êtres humains normaux peuvent-ils adresser la parole à des enfants pendant des heures s’étalant sur 150 jours (nombre de jours d’école prescrit pendant longtemps par le ministère haïtien de l’éducation nationale), durant les neuf années des différents cycles de l’école fondamentale, sans se rendre compte que la plupart d’entre eux ne comprennent rien de rien à ce qu’on leur raconte en français? »
Ce n’est donc pas un hasard si après environ 400 années, et oui 400 longues années d’influence française sur l’île d’Haiti, dont plus de 200 ans d’apprentissage formel du français nous avons seulement qu’une infirme minorité de 5% à 10% de francophones.
Madame,
D’autre part, dans ce débat, nous devons faire très attention à ce que notre grand attachement à la langue française n’obstrue pas notre logique et conditionne nos réactions. Car, j’ai appris cette semaine dans les pages d’une thèse intitulée : « Étude comparative des représentations culturelles des étudiants de niveaux débutant, intermédiaire et avancé des collèges anglophones publics de Montréal envers la langue française et les Québécois dont la langue d'usage est le français » ce qui suit :
« Le modèle initial de la motivation en langue secondes, selon Gardner et Lambert (1959), repose sur l'intégration de deux éléments majeurs, soit la motivation intégrative et la motivation instrumentale. La première se définit comme une disposition positive envers la communauté qui parle la langue et le désir d'interagir avec les membres de cette communauté. La motivation instrumentale, par ailleurs, réfère aux raisons fonctionnelles ou aux avantages potentiels d'apprendre une langue, comme par exemple obtenir un meilleur emploi ou un meilleur salaire. Cette dualité 'motivation intégrative et instrumentale' fut vite acceptée par le monde de la recherche et de l'éducation »
« La motivation intégrative a longtemps été considérée comme étant supérieure à long terme à la motivation instrumentale dans le processus d'apprentissage des langues. En effet, la motivation instrumentale serait moins efficace puisqu'elle ne prend pas racine dans la personnalité de l'apprenant et est donc davantage dépendante des pressions extérieures » (Amireault, 2002).
Dans notre cas, n’y a-t-il pas lieu de conclure que notre personnalité est affectée par une trop forte dose de « motivation intégrative ». Car, bien souvent, même quand on prétend n’avoir rien contre le créole il arrive qu’on laisse (parfois) inconsciemment échapper des considérations très péjoratives et négatives envers cette langue, qui représente une partie de notre être. L’écrivain guadeloupéen Dany Bebel-Gisler rapporte que
« Le français est tenu pour eux (nous) la langue par excellence, il l’est devenu si bien que même les Haïtiens qui ne connaissent pas un mot de français se trouvent en adoration devant le français et se croient honorés d’avoir la langue française comme langue officielle dans leur pays. Des prêtres haïtiens rapportent par exemple que dans certaines villes la majorité des fidèles réclament dans les églises des sermons en français et se tiennent pour déshonorés par le prêtre qui s’aviserait à s’adresser à eux en créole. Ils seraient, disent-ils, indignes du français et rabaissés, ramenés à une situation de non civilisés. L’idéologie dominante réussit son entreprise en portant le peuple francophone à s’agenouiller devant les symboles mêmes de sa propre répression…L’inscription du français dans l’inconscient et dans l’imaginaire social, provenant des coups de force historique de l’esclavage et de la colonisation, a entrainé un véritable retard de la conscience politique sur la domination symbolique du français »
D’après mes lectures, des recherches menées par Kitchen, Cherubini, Trudeau, & Hodson ont confirmé ce que d’autres chercheurs (Cho, 2000; Phinney, Romero, Nava, & Huang, 2001; Tse, 2000) avaient déjà dit, à savoir « langage et identité sont intrinsèquement reliés l’un à l’autre » (ma traduction) (... language and identity are intricately related to each other). Donc, « Qui apprend une nouvelle langue acquiert une nouvelle âme » (Amireault, 2002). D’une manière générale, toute personne qui évolue dans une société bilingue est exposée aux avatars du bilinguisme, voire pour nous autres qui évoluons dans un modèle de société bilingue où les traces du colonialisme sont encore visibles.
Aujourd’hui, s’il nous était demandé d’utiliser une approche autobiographique pour réinterpréter les souvenirs de notre enfance et de notre apprentissage du français comme langue seconde, ainsi que pour examiner la manière dont ces souvenirs sont intimement liés à la formation de notre identité haïtienne, nous serions très surpris de découvrir toute la somme de démons qui demeurent dans notre inconscient. Si nous avions eu comme exigences de mettre en place un processus réflexif « d’excavation » (Grumet, 1999) qui devrait nous permettre d’écrire des narrations concernant l’impact des mots et du langage sur la formation de notre identité, nous serions étonnés de voir la somme de complexe, honte et lâcheté que nous avions emmagasinée dans notre intérieur par rapport à ce qui est créole et créolophone.
Dieu a placé en chaque être humain une juste juge : SA CONSCIENCE. Utilisons-la dans ce débat ! Que chacun s’arrête pendant quelques temps pour se poser les questions suivantes :
Quelles relations ont su tisser en moi le créole et le français, ces deux mondes aux horizons différents ?
Quelles influences respectives ont eu, et continuent d’avoir, sur mon identité ces deux cultures aux discours et sensibilités souvent divergents ?
De quels dialogues et affrontements suis-je le théâtre, alors que le français et le créole assurent la garde partagée de mon appréhension du monde et de sa signification?
De quelle manière cette dualité a-t-elle façonné la personne que je suis ?
Oui madame,Aujourd’hui, presque tous les milieux scientifiques, académiques et intellectuels sont unanimes à reconnaître les bienfaits d’un enseignement de base dispensé dans la langue maternelle de l’enfant. J’ai en ma possession toute une pléiade d’études expérimentales tenues en Afrique, en Europe et Asie qui m’ont aidé à mieux comprendre les enjeux d’une telle question. Je vous donne à titre d’exemple bien précis les conclusions d’une expérience réalisée par un groupe de médecins français :
« En exerçant dans une consultation de pédopsychiatrie qui s’inscrit dans un environnement marqué par une grande hétérogénéité culturelle et linguistique dans un service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent en banlieue parisienne, et par conséquent très largement ouverte à la clinique transculturelle, nous avons pu constater que la question du bilinguisme et de la langue maternelle chez les migrants et leurs enfants constitue un point sensible à plus d’un titre, pour les pays d’accueil, en particulier pour la société française,…Or transmettre sa langue ne se justifie pas uniquement sur le plan linguistique ; cela se justifie également d’un point de vue ontologique car cela revient à transmettre sa culture et son histoire personnelle. Ces transmissions sont nécessairement liées à la construction de la parentalité et, du point de vue de l’enfant, à la structuration de sa personnalité et de ses affiliations.
À la lumière de notre expérience, acquise auprès de patients migrants et auprès de leurs enfants, il nous apparait important d’encourager la transmission et la pratique de la langue maternelle. En effet, la bonne maitrise de la langue maternelle et la structuration de savoirs sur le monde physique et social à travers elle, facilite l’acquisition de la langue du pays d’accueil et permet ainsi aux enfants de bénéficier des avantages cognitifs inhérents au bilinguisme. De même la pratique de la langue maternelle renforce l’ancrage des enfants dans leur filiation et dans leurs affiliations culturelles qui se trouvent faites de diversité. Cette pratique a l’avantage de promouvoir également les ressources créatives qui fabriquent du métissage. »
Ce sont de telles études qui avaient poussé les pays de l’Union Européenne à réviser leur politique linguistique. En effet,
«…dès 1977, dans une directive du Conseil de l’Europe (06-08-1977), les différents états membres s’engagent pour la première fois à organiser « un apprentissage accéléré de la langue du pays d’accueil et à faciliter, si possible dans le cadre de l’école et en liaison avec le pays d’origine, un enseignement de leur langue maternelle et de leur culture (en coopération avec les États d’origine) ». C’est donc une proposition qui s’inscrit dans un cadre interculturel où l’enfant peut se construire en regard de sa langue-culture maternelle…. Conformément aux directives de l’Union européenne « on encouragera pour ces élèves la poursuite de l’étude de leur première langue de scolarisation comme langue vivante I ou II en classe ordinaire, ou dans le cadre des enseignements des langues et cultures d’origine ».
Alors pourquoi chez nous refuse-t-on de reconnaître que l’usage de la langue maternelle de l’Haïtien ne sera pas un obstacle à l’apprentissage du français ou d’autres langues étrangères?
Pourquoi est-ce si difficile de comprendre que l’apprentissage de la langue maternelle ne se fera pas « au détriment de l’accès à une citoyenneté globale » ?
Tout le hic est à ce niveau : avoir en Haiti un enseignement de base dispensé dans la langue maternelle.
Je prépare actuellement la deuxième partie de mon texte intitulé « le français est-il un bon outil d’apprentissage à l’école fondamentale haïtienne » dans laquelle je compte pointer du doigt les dommages psychologiques et culturels de l’enseignement fondamental en Haiti. Je vais souligner le fait que notre politique linguistique a été et est encore un sérieux déterminant dans notre sous-développement. Mais en attendant, permettez-moi de commenter pour finir certains fragments tirés de vos deux derniers textes.
« Pour ma ma part, nous sommes deja bilinque, mais si effectivement, on est d’accord pour un bilinguisme ecrit, il aurait suffit de definir les plans pour le mettre en œuvre. jusqu’ici, aucun éclaircissement n’a été fourni sur la methodologie proposee, a la fois pour l’enseignement en creole et pour un meilleur apprentissage du Français. Nous parlons la de deux méthodes à développer ».
Lu pour vous :« La recherche de convergences pédagogiques et la coordination des apprentissages linguistiques font gagner un temps précieux en permettant au maître d’éviter les redites et de limiter les répétitions qui deviennent inéluctables dès lors que chaque enseignement est considéré isolément. Certains apprentissages déjà acquis dans la langue première peuvent ainsi être transférés tels quels dans l’approche de la langue seconde. La capacité de déchiffrer, par exemple, se réfère à un savoir-faire qui est acquis une fois pour toutes. L’enfant qui aura fait cet apprentissage par le biais de sa langue maternelle n’aura aucune difficulté à transférer sa technique dans une autre langue et quand les mécanismes sont en place, le réinvestissement est automatique (à condition, bien entendu, que les deux langues conservent des dispositions graphiques et linéaires similaires.) En décloisonnant les progressions d’apprentissage et en les restructurant dans une perspective d’intradisciplinarité, on favorise l’émergence de programmes cohérents, progressifs, bien échelonnés, d’où se trouvent exclues toutes les redondances et on procède en définitive à une économie de temps et d’efforts qui peuvent être réinvestis dans d’autres activités substantielles ». UNESCO
« Le caractère équilibré d’un bilinguisme scolaire tient au fait que chaque terme linguistique bénéficie d’une considération égale à l’intérieur du système éducatif. Or, que se passe-t-il dans la pratique ? L’expérience montre bien que la langue maternelle reste souvent le « parent pauvre », du binôme. Non seulement les maîtres et les élèves ne lui accordent pas toujours l’importance qu’elle mérite mais elle est généralement confortée dans un statut inférieur par le système lui-même puisqu’elle est rarement obligatoire aux épreuves des examens et concours d’état. La langue maternelle prend ainsi peu à peu aux yeux de l’enfant et de ses parents une valeur sociale inférieure à celle dont bénéficie la langue étrangère de grande diffusion internationale. Le conflit linguistique dégénère facilement en conflit psychologique parce que l’usage plus ou moins officiel d’une langue suppose une référence permanente à une gamme de valeurs extralinguistiques d’ordre intellectuel, moral et affectif. Insensiblement, l’enfant s’habitue à marquer d’un coefficient péjoratif tout ce qui touche au patrimoine linguistique originel. La mise en place d’une méthodologie convergente et complémentaire est susceptible de remédier au profond désarroi de l’enfant en substituant des rapports d’interdépendance et d’égalité aux rapports de fausse hiérarchie voire de confrontation. La recherche d’une coordination véritable dans les apprentissages linguistiques contribue donc à créer la dynamique d’un bilinguisme scolaire attractif et non conflictuel qui limite, voire élimine, toute forme d’aliénation ». UNESCO
1. « Depuis 200 ans, nous n’arrivons même pas a fournir de l’eau potable a notre population, ni à les éduquer et nous pensons que nous pouvons déployer des ressources, et d’énormes ressources par-dessus le marche a promouvoir la langue créole dans l’enseignement alors que des secteurs tout aussi importants demeurent jusqu’ici négligés. »
« Les couts d’une re-invention ne seraient-ils pas superieurs a une reforme qui mettrait l’accent sur la qualite et l’utilisation des methodes déjà existantes ? »
Dans la problématique de la langue en Haiti « On ne peut avoir de didactique si on n’a pas de politique ». La solution à ce problème en Haiti est avant tout politique. Politique dans le sens anglophone du terme.
D’abord, politique (politic) dans le sens des buts que l’État choisit de poursuivre dans le domaine de la linguistique. L’État doit exprimer clairement les jugements de valeurs qui fondent son choix, donnant ses orientations majeures, prioritaires.
Puis, il y a aussi politique (policy) dans le sens de manière concertée selon laquelle des actions sont menés pour atteindre les buts choisis (mise en œuvre, manière de traduire dans les faits les options fondamentales) c'est-à-dire, les lois, les stratégies, etc.
Par, exemple dans le cadre de la reforme Bernard, il y avait une « politic » sans une « policy » bien définie.
La réponse à cette question est surtout d’ordre politique. Vous seriez surprise de voir l’ensemble des millions qui circulent dans le monde l’éducation. Il y a des millions qui circulent et sont gaspillés dans des projets et programmes inefficaces tant au niveau du secteur publique que privé de l’éducation. Je sais de quoi je parle pour avoir travaillé dans le domaine de l’éducation. Tout ce qu’il nous faut c’est un gouvernement responsable et progressiste capable de mettre un terme au gaspillage et au vol des ressources dans le secteur de l’éducation et de les investir dans ce qui est utile et important pour le pays. Récemment vous avez écrit et je cite :
« Je pense que l'Etat peut vaincre le probleme d'analphabetisation s'il a la volonte de le faire. Cela suscite d'enormes sacrifices et avec une bonne strategie de mobilisation de ressources internes et externes, humaines et financieres, il peut arriver a etablir des ecoles publiques au niveau primaire a travers le territoire du pays ».
Je le crois aussi. Et nous pensons que tout le monde le sait. Il nous faut une grande volonté politique de l’état. Mais la grande question est de savoir quelle langue d’apprentissage devrait-on associer à ces énormes sacrifices. Et supposons que le choix du créole exigerait encore plus de sacrifices, cela ne vaudrait-il pas la peine ? Je crois que oui et je dirai pourquoi dans mon texte.
2. « Haïti a l’avantage de pouvoir communiquer avec les pays suivants en Français : Gabon, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad, Cote d’Ivoire, Sénégal, Mali, Madagascar, Burundi, Rwanda, République Centre Africaine, Togo, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Maroc, Algérie, Tunisie, Guyane Française, Seychelles, Belgique, Suisse, France, les Iles Maurice, Benin, Cameroun, Cap-Vert. Le tout fait une population de centaines de millions par rapport aux communautes creolophones ».
Quand vous dites Haiti, vous faites illusion à qui ? Selon des sources externes, en Haiti, la langue française est « Parlée par 2 à 5% de la population, ceux précisément qui détiennent les leviers de commande économique et politique ». Appelez-vous Haiti ces 2 à 5% de francophones. Nous sommes dans le monde occidental, nous croyons dans la démocratie. Un vote, une voix. Tout en respectant cette minorité, je me sens mal à l’aise de dire qu’Haiti est un pays francophone avec un tel pourcentage
3. Je parle creole pour communiquer ou pour me faire comprendre, au dela de cela, elle ne m'est point utile. Je ne vois meme pas le probleme car nous parlons tous le creole, donc au niveau communication, il n'y a pas de probleme. Laissez donc l'ecriture du creole a ceux qui le desirent mais de grace n'imposez rien aux autres ».
Je comprends votre frustration. Mais, pourquoi ne pas admettre tout simplement les lacunes de notre système scolaire. Nous ne sommes pas (y compris moi) en mesure de bien écrire et/ou bien lire la langue de tous les Haïtiens. C’est une grave lacune. La production écrite d’une langue est fondamentale pour son développement. Qu’arriverait-il à notre langue maternelle si tous les Haïtiens pensaient ainsi ?
Enfin on aime mentionner le cas des pays latinos (RD, Cuba, Chili, etc.), et des pays de la CARICOM (Jamaïque, Trinidad & Tobago, etc.) qui tout en utilisant la langue du colonisateur ont su progresser.
Je vais une fois de plus le répéter. Les colonisations anglaise et espagnole étaient différentes à biens des égards de la colonisation française. Les historiens sont unanimes à le reconnaître. À ce sujet, j’ai des références historiques disponibles. Contrairement aux français, les anglais permettaient à leurs sujets d’apprendre leur langue maternelle. Donc, leur niveau d’aliénation face à leur propre langue et culture diffère de Haïtiens francophones qui s’étaient vus imposés par les Français leur modèle unilingue. Et, malgré tout en Jamaïque comme dans les autres colonies d’exploitation anglaise, le débat au sujet de la langue maternelle et de la culture indigène reste ouvert. À titre d’exemple, je soumettrai volontiers à l’intention de tous et de toutes cette étude de Ceyrat Antony (2009), « Les noirs à l’heure de l’indépendance jamaïcaine : histoire d’une majorité Marginale » Éditeur : Université des Antilles et de la Guyane, Études caribéennes http://etudescaribeennes.revues.org
Quant à la situation des pays de l’Amérique Latine, elle est de très loin différente de celui d’Haiti. En Amérique, les Espagnols ont développé presqu’exclusivement des colonies de peuplement (où des Espagnols ont su développer et reproduire des mini sociétés hispanophones au détriment des populations et cultures locales). En dépit de tout, des minorités amérindiennes n’ont jamais baissé les bras, elles ont toujours luttés et luttent encore jusqu’aujourd’hui pour garder en vie et intact leur langue et leur culture. Voici deux exemples d’études portant sur cette question:
1. MURILLO A. L. (2009). ”This Great Emptiness We Are Feeling": Toward a Decolonization of Schooling in Simunurwa, Colombia” Anthropology & Education Quarterly, The American Anthropological Association.
2. REGALSKY, P. & NINA, L. (2007). ”The school, whose place is this? The deep structures of the hidden curriculum in indigenous education in Bolivia”, Comparative Education, Indigenous education in Bolivia
Je m'arrête ici pour aujourd'hui et je vous remercie sincèrement de votre attention.
Cordialement Roselor
Ma mere qui est arrivee d’Allemagne a l age de 9 ans a Strasbourg en France ne parlait pas un mot de francais quand ne sachant pas la difference entre tu et vous elle a repondu a l’enseignante en utilisant le tutoiement celle-ci l’a giflee ma mere aussi a appris le dictionnaire francais et parlait et ecrivait le francais mieux que moi elle n’a jamais manque le tableau d’honneur . Refugiee a Lyon c’est sa professeure Germaine Goblot la fille du philosophe Goblot qui se rappelant de cette excellente eleve l’a recu chez elle avec ma sœur jusqu a la fin de la guerre . Risquant sa vie pour les sauver.
Natania Etienne
De : haiti-...@googlegroups.com
[mailto:haiti-...@googlegroups.com] De la part de Hug...@aol.com
Envoyé : Sunday, October 31, 2010 5:36 PM
À : haiti-...@googlegroups.com
Cc : roselor...@hotmail.com
Objet : Re: [www.haiti-nation.com] Verite Creole!
Je ne comprends pas comment le creole et le francais pourraient s exclure. Pour moi le creole est comme le yiddish d'ailleurs construit de la meme facon . Il y des ecoles a Montreal qui enseignent le yiddish mais cela reste le choix des parents et Roselor dans la deuxieme categorie il ya des parents qui choisiraient une voie ou l’autre l important c est d ouvrir le monde aux enfants. Autant j aime le creole et l’hebreu autant je ne voudrais pas que ca soit les seules langues que parlent mes petits enfants. Quel plaisir de parler avec ma belle sœur en creole alors qu elle ne parle qu espagnol et creole alors qu avec mes nieces haitiennes c est l’anglais qui est la langue de communication . Le drame des exils… Et je n ecris pas toutes les langues que je parle mais l’important c est de pouvoir communiquer.En realite le creole a l’avantage de ne pas etre fixe cela lui donne une richesse incroyabledu nord au sud de l’est a l’ouest il ne se dit pas de la meme facon et on dirait que chaque jour de nouveaux mots surgissent qui viennent l’enrichir.
Natania Etienne
De : haiti-...@googlegroups.com
[mailto:haiti-...@googlegroups.com] De la part de Emmanuelle Gilles
Envoyé : Sunday, October 31, 2010 11:42 PM
À : haiti-...@googlegroups.com
Objet : Re : [www.haiti-nation.com] Verite Creole!
Monsieur Francois,
|
Vous touchez là un point assez important qui mérite un mot. On a
beaucoup posé le problème du Créole en terme d'une exclusion
mutuelle avec le Français. Je ne pense pas que ce soit la stratégie a adopter. On
parle aussi de coexistence qui, a mon avis, serait la façon correcte
d'aborder le sujet.
Je vous soutiens
parfaitement bien dans vos assertions concernant le Créole en tant que lien qui unit tous les Haïtiens. Vous avez une appréciation
bilatérale du sort des Haïtiens: votre âme a été fusée avec
celle d'un Haïtien, vous vous réclamez de nous et nous nous
réjouissons de l'addition; étant Juive vous portez en vous la
marque de l'aliénation, celle qu'avait connu Abraham, ses fils
Isaac, Jacob, Ismael, etc....vous comprenez mieux que beaucoup
d'autres ce que cela signifie d'avoir ses frères et sœurs
exterminés par millions sur une terre etrangère...donc lorsque vous soulevez le problème de
l'exil (politique, économique, intellectuel) ce la résonne avec
nous dans cette communion spirituelle qui est propre au genre humain,
la ou il y a quelque chose de profond a partager....c'est ça la
condition humaine....vous comprenez mieux que beaucoup ce que
signifie être le « Juif errant des Caraïbes, » un
paradoxe que jusqu'ici j'essaie de percer.
S'il y a un
mouvement qui essaie de solidifier ce lien qui existe entre les
Haïtiens de sorte que les chimistes Haïtiens exilés en Allemagne,
Israël, aux USA, au Japon, puissent trouver un moyen de faire le don
de leur connaissance a leurs frères et sœurs pas aussi privilégiés
qu'eux pour qu'ils puissent sortir un jour du marasme ou ils sont, on devrait
applaudir ce mouvement. Voila ce qui explique, chère madame, mon
adhérence....
Merci pour votre perspective ma sœur.
Bien
a vous,
Marc-Arthur Pierre-Louis
Mesdames et Messieurs,
Nous devons rester vigilant pour empêcher un autre coup d’état dans le système éducatif Haïtien, à la Bernard. Tandis qu’on s’évertue à discuter de charabias, certains sont en train de tirer le tapis sous nos pieds.
Qui est en train de créer le « Curriculum National » ? Vava le savez-vous ?
En quoi consiste ce « Curriculum National » ?
Les Haïtiens intéressés, à l’avenir de leurs enfants et de la Nation, devraient signifier au Gouvernement et aux bailleurs de fonds leur intérêt quant à ce « Curriculum National ». L’apport de la Diaspora est quasi-important.
Nous invitons ceux qui veulent contribuer à cet effort de la réforme de l’éducation de me contacter. On doit s’assurer que les $ 2 milliards sur une période de 5 ans sont bien dépensés. L’aide étrangère à l’éducation doit être effective et efficace.
Veye Yo !
Jedi (miroir d’Haïti)
15 mai 2010
Haïti donne un mandat à la BID pour promouvoir la reforme éducative
La Banque offre son support pour un plan de 5 ans afin élargir un système d’éducation gratuite
Port-au-Prince – Le président haïtien René Préval a donné aujourd’hui à la Banque interaméricaine de développement (BID) un mandat pour travailler en coopération avec le Ministère d’éducation haïtien et la Commission nationale d’éducation sur la préparation d’une reforme majeure du système éducatif haïtien.
Le plan de 5 ans, qui aura besoin d’environ $2 milliards en forme de dons de la part de bailleurs de fonds, vise à élargir les services d’éducation gratuite en Haïti. Actuellement, environ 90 pourcent des écoles haïtiennes son privées. Même avant le tremblement de terre du 12 janvier, qui a détruit ou endommagé plus de 4 000 écoles, plus de la moitié des enfants en âge d’assister à l’école primaire, n’étaient pas inscrits à aucune école.
Dans une conférence de presse qui a eu lieu au Palais national, Préval a bien noté qu’il a un temps limité avant la fin de son mandat en février 2011, et il a alors demandé aux bailleurs de fonds de poursuivre des initiatives qui devront continuer dans le futur après la fin de son mandat.
« Utilisons ses huit mois qui restent pour nous engager dans des projets qui doivent continuer après cette période, » a dit Préval. « Alors nous devons préparer rapidement un plan d’éducation pour qu’il puisse avancer, et signons tous les projets routiers et projets électriques possibles. Nous avons huit mois pour faire tout ceci ensemble. »
Le président de la BID Luis Alberto Moreno a dit que pour le plan de la reforme éducative, la Banque peut s’engager avec $250 millions sous forme de dons, dans une période de cinq ans, combiné avec des dons d’universités étrangères, entreprises, fondations et des individus intéressés à aider les institutions éducatives haïtiennes. Il a ajouté qu’il fera appel à d’autres bailleurs de fonds, tel que la Banque mondiale, pour soutenir le nouveau plan d’Haïti.
« Notre engagement envers Haïti, comme vous le savez déjà, est très important. On nous a donné, à travers l’augmentation de capital récemment approuvé, la possibilité de donner des dons à Haïti d’environ $200 millions par an pendant les prochaines 11 ans» a dit Moreno, qui a mentionné des investissements dans le secteur routier, eau et assainissement, énergie, agriculture et le secteur privé entre autres.
Moreno a ajouté que le plan de la reforme éducative pourrait être un des premiers à être présenté pour des fonds additionnels devant la Commission intérim de reconstruction d’Haïti et du Fond d’investissement multi-bailleurs. Ces agences ont été mises en place après la Conférence des Nations unies du 31 mars où les bailleurs de fonds internationaux ont promis de donner environ $10 mil milliards à Haïti pour sa reconstruction après le tremblement de terre.
En plus du support financier provenant de la BID et d’autres bailleurs, le gouvernement haïtien recevra une assistance technique de la part de principaux experts en reforme éducative. Un conseiller clé sera Paul Vallas, qui a été à la tête de la transformation du système d’éducation public de la Nouvelle Orléans âpres l’ouragan Katrina.
Sous la reforme proposée, la plupart des écoles haïtiennes seront financées publiquement et seront gratuites, mais administrées de façon privée. Un fond central sera établi pour que le gouvernement puisse payer les salaires à tous les professeurs et administrateurs participant dans le système.
Pour pouvoir participer dans le système reformé, les écoles devront suivre un procès de certification pour vérifier le nombre d’enfants desservis et le personnel embauché. Pour stimuler les écoles à rejoindre le plan, elles recevront un support financier pour améliorer les installations en plus de livres et des matériaux éducatifs.
Pour rester certifiées, les écoles devront atteindre des standards de plus en plus rigoureux, incluant l’adoption d’un curriculum national, la formation de professeurs et des programmes pour l’amélioration des installations.
En même temps, le plan financera la création de nouvelles écoles, en utilisant des bâtiments existant en bon état et en construisant des nouveaux dans des zones hors danger et en suivant des standards à preuve de tremblements de terre et d’ouragans. Les écoles seront aussi utilisées pour offrir des services clé en nutrition, santé et d’autres services sociaux.
Le plan peut aussi servir comme une plateforme pour d’autres innovations afin améliorer le système éducatif haïtien, incluant le recrutement de personnes avec des niveaux d’éducation élevés pour travailler en tant que professeurs ou la création des partenariats entre des institutions d’éducation haïtiennes et étrangères.
Réf.
http://www.iadb.org/news/detail.cfm?language=FR&id=7150&artid=7150
From: haiti-...@googlegroups.com [mailto:haiti-...@googlegroups.com] On Behalf Of Roselor François
Sent: Monday, November 01, 2010 11:51 PM
To: Huges SAINT-FORT; haiti-...@googlegroups.com
Subject: RE: [www.haiti-nation.com] Verite Creole!
Merci à vous aussi Dr Saint-Fort. Le cas de Frankétienne vaut tout un texte. Je pense que si chaque intellectuel Haitien du calibre de Frankétienne voulait écrire une autobiographie du genre "Out of Place" de Edward Said on aurait déjà eu cette prise de conscience chez nos élites. Bonne soirée!
Amicalement Roselor
__._,_.___Captez Here Radio Haiti Connexion en Direct: www.live365.com/stations/haiticonnexion?play
The best Mix on the Net.![]()
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Mr. Francisque Jean Charles,
Cher Monsieur Jean-Charles,
Nous serons heureux de recevoir ce document « Curriculum National) « Une nation préparée pour 2020 avec pour objectif Une école commune publique et de proximité..
Merci
Jedi
From: grands...@yahoogroups.com
[mailto:grands...@yahoogroups.com] On Behalf Of Francisque
Jean-Charles
Sent: Tuesday, November 02, 2010 10:05 PM
To: grands...@yahoogroups.com
Subject: Re: [GrandsD�bats] Verite Creole! Alerte 2 milliards pour
la r�forme de l'�ducation en Ha�ti
|
Vava, Konbit Nord-Ouest a elabore un curicullum national depuis 2004. Ce n'est pas un document fini, on peut en faire des ajoux, des modifications mais un excellent draft selon Jack Moss, professeur Leon Dartiguenave qui ont eu la chance de le lire. Il est titre "Une nation prepareee pour 2020 avec pour objectif "Une ecole commune publique et de proximite". Je suis pret a vous l'envoyer si vous le sollicitez bien entendu avec l'aval de mon frere Moss Jack qui travaille sur le document. Mon numero de telephone est le (509) 3848-5890 Francisque du KNO |
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Mr. Francisque Jean Charles,
Cher Monsieur Jean-Charles,
A date, nous n’avons pas reçu le document « Curriculum National. Une nation préparée pour 2020 avec pour objectif Une école commune publique et de proximité. ».
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Jedi (miroir d’Haïti)