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CASEC ET ASEC : Dans l’indifférence du
pouvoir central !
Par Alix Laroche
alixl...@lematinhaiti.com
L’adoption d’une résolution comportant quatre points et
présentée à la presse, hier mercredi 23 janvier, par la Fédération nationale
des CASEC haïtiens (Fenacah), a clôturé un atelier de deux jours, organisé par
le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), dans son
annexe de Turgeau, à l’intention des Casec et Asec.
Cet atelier de réflexions, déroulé autour de la problématique environnementale
nationale, a réuni 140 représentants de Conseils d’administration de section
communale (CASEC) et quelques cadres des ministères de l’Intérieur et de
l’Environnement.
À travers la résolution, la Fenacah s’engage à œuvrer pour « la mise en place
d’un système de sécurité communale, d’infrastructures rurales, d’augmentation
de la production agricole et, enfin, de la protection minutieuse de
l’environnement ».
Le président de la fédération, Paul André, a tenu à souligner que la décision
prise ce mercredi vaut pour tout le territoire national, particulièrement pour
les 570 sections communales de la République.
Présent à la clôture de l’atelier, le ministre de l’Intérieur et des
Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-aimé, qui a admis que les CASEC
et les ASEC connaissent des difficultés dans l’exercice de leurs fonctions,
leur a promis « l’accompagnement soutenu de l’État central, les encadrements
nécessaires et des séances de formation ». Ces dernières doivent débuter au
mois de mars prochain.
CASEC/ASEC : la grande indifférence
La section communale est définie par la Constitution du 29 mars 1987 comme la
plus petite collectivité territoriale dont la gestion, lit-on dans un document
portant le sceau du ministère de l’Intérieur, est assurée par un Conseil
d’administration de section communale (CASEC), élu et assisté dans sa tâche par
une Assemblée de section communale (ASEC).
Outre l’aspect de la décentralisation, aux collectivités territoriales est
assigné un rôle important dans la formation du Conseil électoral permanent
(CEP) et dans les élections indirectes devant déboucher sur la mise en place
des Assemblées municipales et départementales et la nomination des juges pour
différents tribunaux. Les CASEC apportent également leur support à des projets
de développement social et collaborent à la promotion des activités d’éducation
civique et morale au sein de la communauté.
Néanmoins, en dépit de leur importance dans les structures de l’État
décentralisé, les CASEC et les ASEC élus comme le président, les parlementaires
et les maires de la République, évoluent, selon leurs témoignages, dans l’indifférence
du pouvoir central.
Ernst Saintus, 2e membre du CASEC de la 8e section communale de Martissant, élu
sous la bannière du parti Rassemblement des citoyens patriotes (RCP), a déploré
que les services de son administration soient logés dans un réduit à Fort
Mercredi (Carrefour-Feuilles). « Et cela grâce aux efforts personnels des
membres du cartel », a-t-il souligné.
« Nous n’avons trouvé, depuis notre élection, aucun encadrement de l’État. Nous
sommes livrés à nous-mêmes. Les autorités centrales continuent d’ignorer
superbement notre existence. De plus, nous ne sommes pas payés régulièrement
par le Bureau de la délégation départementale de l’Ouest », a déclaré Ernst
Saintus.
jeudi 24
janvier 2008
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