Mr. Lucas,Je m'adresserai a vous directement. On n'a jamais pu trouver trop a s'entendre dessus idéologiquement et j'ai bien peur que l'on se soit sur le même modus operandi a l'instant présent. Je ne suis pas un homme de gauche, que cela soit dit immédiatement, mais j'assume certaines valeurs critiques de la gauche surtout celles qui ont a voir avec un engagement solide à l’amélioration de la condition humaine, du sort des masses défavorisées contre l’hégémonie de classes dominantes. Nos moyens peuvent ne pas être les mêmes mais il y a une large intersection dans la motivation. Je ne me considere pas un homme de droite non plus mais j'assume certaines valeurs de la droite aussi, presqu'exclusivement celles qui se localisent dans le domaine de l’éthique et des responsabilités personnelles. Tout en étant sensible aux libertés individuelles j'estime qu'il faut un contrôle lorsque qu'elles deviennent délétères a la société. Tout ceci est pour situer les choses et pour vous dire que ne m’érige pas en défenseur de Hugues St Fort, un homme avec qui j'ai de relations cordiales mais aussi nos divergences sur certains points. J’apprécie énormément ses efforts a véhiculer son expertise linguistique sur nos forums mais je n'assume pas tout ce qu'il dit.Je me suis gardé d'intervenir dans ce débat parce que je n'avais pas eu le temps de relire sa série. Maintenant que cela est fait, j'ai un contexte pour essayer de comprendre cette joute entre vous et lui. Les articles ont une belle base historique, sont pleines de références savantes, ont le style limpide si caractéristique à St Fort, et doivent être appréciés a leur juste valeur. Un plaisir a les lire. J'ai des divergences avec lui sur certains points mineurs, comme par exemple que les souci moraux de certaines personnes qui ne sont pas de gauche sont réels. Bien entendu la "soit-disant moralité" dont il faut mention se rapporte a l’extrême droite, dans son appellation.Mr. Lucas j'ai d’énormes problèmes a vous voir continuer a afficher ces 7 questions qui ont été largement répondues dans la troisième partie de la série. Si vous voulez être perçu comme un intellectuel il faut éviter ces genres d'erreurs qui vous ouvrent le flanc a la satire. Il n'est plus nécessaire de continuer a les mettre en relief. Si vous voulez un débat sérieux, engagez l'auteur a un niveau qui laisse clairement voir vous ne voulez pas le passer en dérision. Avec votre obstination, maintenant incompréhensible, a l'assaillir avec ces questions on peut dire qu'il avait raison de se méfier de vous.L'auteur avait fixé les conditions dans lesquelles il vous répondrait. Je pense qu'il est homme a tenir parole si vous avez d'autres critiques que vous pourriez lui faire parvenir par le biais d'un argumentaire qui étayerait les raisons de votre désaccord. Mr. Lucas retournez a la table de travail et faites-nous clairement et logiquement voir vos points de divergence. Si votre désir n'est pas purement de l’interférence vous avez clairement l'opportunité de le faire... cependant avec votre dernier courriel les gens commencent a se poser des questions pertinentes.Cordialement/Cordially
MAPL
Genyen moun ki fè listwa; genyen tou listwa fè. Dènye kalte moun sa yo ta dwe retounen donn nan bay listwa si pou lavi kontinye boujonnen. Se paske listwa te bezwen reboujonnen ki fè l te fè yo.
Il y a des gens qui font l'histoire; il y en a que fait l'histoire. Ces derniers doivent lui rendre la réciprocité si le cycle de vie doit continuer. C'est en les créant que l'histoire se recrée.
There are people who make history; there are those made by history. The latter must return the favor if the cycle of life must continue since it is by creating them that history recreates itself.
MAPL
From: Stanley Lucas
To: haiti-...@googlegroups.com
Sent: Sunday, February 3, 2013 7:47 PM
Subject: Re: (7em Reponse et Sept questions de Stanley Lucas a Hugues Saint-Fort) ----- Troisième et dernière partie de "Qu'est-ce que l'exrême-droite haïtienne?"
1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?
2013/2/3Hug...@aol.com>
Encore une fois, Stanley Lucas, vous ne savez pas lire: je vous ai déjà dit que je ne répondrai pas à vos questions, parce que les réponses sont déjà contenues dans ma trilogie sur l'extrème-droite (la troisième vient de sortir, mon pauvre monsieur). L'avez-vous lue? Allez la lire, cette troisième partie. Vous perdez votre temps en introduisant des mots tels que"mobilisation des chimères", "spécialisation des joure manman" et "experts de la diversion", "laisser la médiocrité triompher", "bòkò"...Je ne vous répondrai pas sur ce terrain car je sais que c'est de la pure diversion. A propos d'experts de la diversion, mon pauvre Stanley Lucas, vous, Stanley Lucas, vous osez parler d'experts de la diversion, manoeuvre que vous avez apprise à bonne école et dont votre texte ruisselle. Stanley Lucas, vous êtes à nu dans ce débat. On vous a découvert. Vous faites pitié! Allez-vous continuer indéfiniment à me supplier de vous répondre? Je ne répondrai pas à vos 7 questions, quelque soient les manoeuvres de diversion que vous tentez.Point final.Hugues Saint-FortIn a message dated 2/3/2013 4:47:10 P.M. Eastern Standard Time,centuri...@gmail.comwrites:Monsieur Pradel:Merci de votre email. La deniere reaction de Hughues St Fort ressemble vraiment a celui d'un bocor qui croit qu'il trone sur les forums...Map ri...li kompran ke se nan yon seksyon kominal kote gen ampil moun ki konnen ke li ye.J'avais deja comprit la mobilisation des chimeres et specialistes des joure manman et experts de la diversion. qui se cachent comme des laches derriere leurs faux noms. Ces chimeres voudraient bloquer les echanges et l'avancement du debat sur un sujet qui interesse de nombreux secteurs de la societe. Et vu l'importance du theme traite nous ne pouvons pas laisser la mediocrite triompher. Fok nou vanse se pousa nap pral kontinye cheche repons. Je me souviens que lorsque j'avais pose mes treize questions sur le noirisme et le mulatrisme en HaitiJacques Theard, Jean Erich Rene, Jean H Charles et Pierre Josue Agenor Cadet avaient, sans complexe, donne des reponses qui ont permis au public et aux internautes d'avoir une meilleure comprehension de ces deux concepts.Merci de votre email M. Pradel.Hughues St Fort:Depi kilè sèl te kon di ke li sale?Poukisa tout pale ampil sa? Pourquoi un expert qui maitrise les concepts et la realite politique haitienne a de la difficulte a repondre a sept petites questions apres avoir publier une analyse aussi longue sur l'extreme droite haitienne? Pourquoi au lieu de repondrea des questions purement academiques et analytiquesest-il en train de s'engloutir dans cette agitation chimerique?Jacques Theard, Jean Erich Rene, Jean H Charles et Pierre Josue Agenor Cadetauraient deja repondu a ces questions. Ce sont des hommes qui savent de quoi ils parlement meme quand on ne partage pas leurs idees. Encore une fois St Fort je mets devant vous les sept questions. Si ou pa kapab di kareman ke ou pa kapb repon. Epi nap mete pwen final la. Les sept questions:1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?
Si ou pa gen kapasite repon nou pral cheche lot moun ki gen kapasite sa.Stanley
2013/2/3Hug...@aol.com>
Stanley Lucas, vous en êtes encore à me supplier de vous répondre? Pauvre Stanley Lucas, vous n'avez pas lu la levée de boucliers qui se sont dressés contre vous sur les forums. Depuis au moins 6 ou 7 ans que j'interviens sur ces forums, je n'ai jamais refusé de débats propres, clairs, sans faux-semblants, sans perversité. Encore une fois, tant pis pour vous, je continuerai à vous ignorer. Toutes vos prétendues questions ont déjà été répondues dans les deux premières parties de ma trilogie. Ou bien vous ne les avez pas lues, ce qui ne m'étonnerait guère, ou bien vous ne savez pas lire. Mais,rien ne m'étonne de vous. Vous savez très bien que je ne fuis jamais les débats sur les forums.Personne ne vous croit quand vous dites que je suis limité, peu tolérant et que je n'ai pas la capacité de répondre à vos questions. La preuve: relisez toutes ces voix qui se sont élevées contre vous et qui m'ont soutenu, défendu avec passion et enthousiasme.Stanley Lucas, je vais continuer à ignorer vos questions mais je répondrai à tous ceux/toutes celles qui veulent des débats clairs, propres et empreints de respect. Surtout ne changez pas de nom! Je sais que vous sévissez sur le Net avec au moins 3 différents noms. N'oubliez pas qu'il est facile pour moi de découvrir qui se cache derrière la langue ou le style d'un individu. Je suis linguiste de formation avec un formidable intérêt pour toutes les sciences humaines/sociales.Allez, Stanley Lucas! Je vais travailler sur la troisième partie de ma trilogie et je la mettrai sur nos forums bien-aimés très bientôt. Pauvre Stanley Lucas!Hugues Saint-Fort
2013/2/3 Gerard Pradelgerardp...@gmail.com>
Je regardais le niveau des échanges sur le forum où trône le bocor Saint Fort. Je pense qu'il faut les ignorer et ne pas entrer dans un "laisser-frapper" avec cette équipe. Beaucoup d'entre eux s'expriment dans un langage délirant. Ils pratiquent cette forme d'intolérance et de délire verbal que le populisme intellectuel duvaliériste et aristidien a installé pour longtemps dans l'espace haïtien, notamment au sein d'une petite-bourgeoisie bourrée de frustrations, d'ambitions et de prétention. Ceci dit tu as eu raison de poser des questions précises au grand houngan Saint-Fort. Il était empêtré "tankou bèf nan poulaye". Laisse-les maintenant se dépatouiller. Tu évolues dans des espaces plus élevés. L'aigle n'a pas à se battre avec la poule.kenbelaG.
2013/2/3 Stanley Lucascenturi...@gmail.com>
Hugues Saint-Fortessaie de jouer au professeur-cacique avec des airs d'agressivite et de manque de respect. Ce genre de comportement ressemble plutot a celui d'un professeur de classes primaires d'haiti a formation limitee a qui les eleves ne peuvent pas poser de questions. Le questionnement des eleves le mettrait dans l'embarras et contribuerait a reveler ses deficiences et incapacites.Mais heureusement nous sommes sur des forums de discussions. Ces forums sont un lieu de debats, d'analyses, de remise en question, de questionnement, de propositions de solutions. Les gens limites et peu tolerants qui n'ont pas la capacite et l'intelligence de repondre doivent rester chez eux. Ceux qui en cacique pensent pouvoir publier des analyses sans etre questionnes se trompent. Quand on sort une reponse du genre " j'ignore vos questions" prouve aux internautes qui suivent et participent aux debats vos limites et limitations. Et bien sur les internautes se diront que fait-il donc sur un forum de debats? Des fois dans ces debats il faut debusque un mangouste pour montrer son vrai visage. Encore une fois s'il y a pas d'incoherences dans votre texte sur l'extreme droite haitienne, je vous prie de repondre aux sept questions suivantes:1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?N.B.Aux chimeres lavalassiens decus par 2004 et specialises dans la diversion (solidarite oblige): Priere de s'abstenir. Si vous voulez vous rafraichir votre memoire sur la periode,klike la:http://www.potomitan.info/ayiti/ayiti6.htmlKlike la:http://www.alterpresse.org/spip.php?article1091Klike la:http://www.alterpresse.org/spip.php?article845
2013/2/2Hug...@aol.com>
Cher Wesly,Je vous remercie de votre intervention qui me renforce dans ma conviction de continuer à rester sur les forums contre vents et marées. Ce type pense qu'il peut me faire taire, mais il se trompe lourdement. Bonne journée, cher ami.HuguesIn a message dated 2/2/2013 3:33:03 A.M. Eastern Standard Time,pakap...@yahoo.comwrites:Stanley acontrôlél'espace politique en Haiti de 1999 a 2004 il est le cerveau du groupe de 184, il est le formateur le monteur du coupd’étatpépéde 2004 si il nous dit, s'il questionne tendance de gauche ou de droite en Haiti il faut luiprêterattention sauf lui sait exactement quelletendanceil aéradiquédans notresystèmepolitique avec sonpoulainet les hommes de Guy Philippe qu'il alâchéau cours de route. Le WashingtonHaïtienheureusement pour nous lesrépublicainsqui ont donne le job bayakou a Stanley n'ont pas eu le pouvoir il attenddésespérément,lepèrede tous les renards du monde, l'homme esttrèssilencieux lap mouri Lucas liDr Hugues il ne faut pas oublier que tureprésentes, tu es une force dans lesmédias dans la diaspora, et en Haiti Nouveliste pa piblye ninpot bagayeStanley pap ba'w yon chance pou vinn retire ti djob kikle la nan men li, devan gwenbak ti neg pap jann fe bak rete ko'w twankil
From:Stanley Lucas centuri...@gmail.com>
To:VIN...@yahoogroupes.fr
Sent:Saturday, February 2, 2013 1:15 AM
Subject:Re: (4em Reponse de Stanley Lucas a Hugues Saint-Fort) ---- Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne Par Hugues St. Fort
Vous allez continuer d'analyser...analyser quoi? Vous etes incapable de repondre a sept petites questions sur la droite haitienne et cous pretendez pouvoir l'analyser. Le lecteur ne vous prendra plus au serieux. Je crois que la plupart des internautes ont comprit. Encore une fois voila les sept questions:1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies
2013/2/1Hug...@aol.com>
Tant pis pour vous Stanley Lucas! Je continuerai à ignorer vos questions.Encore une fois, j'ai déjà répondu à une personne qui m'a déjà questionné sur mon texte et je répondrai à n'importe quelle autre personne qui se comportera en personne digne de considération. Je sais ce qu'est une société démocratique. Je n'ai pas besoin d'en parler car vous savez de quoi je parle. Je vais continuer mes analyses sur l'extrême-droite haïtienne et vous ne pouvez absolument pas m'en empêcher, car c'est de cela qu'il s'agit. Encore une fois, relisez mon premier envoi où j'explique clairementpourquoi je ne réponds pas à vos questions. A tous ceux qui suivent cet échange, prière de consulter mon premier envoi acheminé il y a environ 90 minutes.Tant pis pour vous Stanley Lucas! Je continuerai à ignorer vos questions. Je vais mettre sur le Net le wek-end prochain un texte d'une douzaine de pages sur l'extrême-droite haïtienne et je vous défie de m'en empêcher.Hugues Saint-FortIn a message dated 2/1/2013 6:49:15 P.M. Eastern Standard Time,centuri...@gmail.comwrites:Hahahaha vous me faites rire Monsieur St Fort. Tres archaique comme reponse.Un analyste Hugues Saint-Fort ecrit un texte qu'est ce que l'extreme droite en Haitienne? En reaction a sa publication quand on lui pose des questions precises, sa reponse est la suivante: J'ai des arguments a chacune de vos phrases mais je ne peux pas repondreje vais vous ignorer...Cette reponse vous donne idee de l'etat du pays. Dans une societe democratique on n'ignore pas on s'engage dans le debat democratique et scientifique. On fait valoir sa connaissance et sa maitrise du sujet. On fait de son mieux pour eduquer et convaincre. Le debat democratique n'a pas de piege. Au contraire il offre l'opportunite de s'affirmer de s'imposer. Encore une fois, suite a la publication de votre texte sur l'extreme droite haitienne? je reviens avec mes questions, si ou pa kapab di ou pa kapan epi nap kite sa. Voila les sept questions:1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?
2013/2/1Hug...@aol.com>
J'ai des arguments pour répondre à chacune de vos phrases (malgré les pièges que vous tendez: "article un peu nuageux", "à moins que je dérange quelque chose", "si vous avez la peau sensible", ...) mais je vous ai clairement dit ce que je pense dans mon premier envoi.Tant pis pour vous! Je continuerai à vous ignorer. Et, il y aura une troisième partie (beaucoup plus longue car je sais ce dont je parle)à mon texte puisque c'est une trilogie.Hugues Saint-FortIn a message dated 2/1/2013 5:27:16 P.M. Eastern Standard Time,centuri...@gmail.comwrites:Nous sommes dans le 21em siecle, les blogs et mailing lists ne fonctionnent pas comme les journaux traditionnels. Les articles (ranje kaban) postes sont immediatement questionnes avec courtoisie n'en deplaise a l'auteur. Si vous avez la peau sensible ne publiez pas parce que toute publication sera questionnee. Nous ne sommes plus a l'epoque des rois qu'on ne pouvait point questionner.Si les reponses sont faciles pourquoi ne repondez-vous pas? On decouvrira ensemble cette realite ideologique haitienne pour mieux construire l'avenir. Ce genre de discussions ont plus de valeur. Les echanges en general sont susceptibles de batir un consensus contructif. Dans ce contexte votre texte ou sa remise en question peut servir a faire avancer un debat politique interessant. Je ne vois pas la justification de cette irritation decelee dans votre reponse, a moins que je derange quelque chose? Le debat ideologique est toujours interessant et passionne.Je ne suis pas tout le monde. Je suis un specialiste en developpement politique avec un experience pratique globale, je suis l'orientation du debat, j'essaie de comprendre les objectifs de l'analyste. Comme l'article etait un peu nuageux j'ai decide dans l'interet de tous de vous questionner pour obtenir les clarifications. Votre reaction indique que j'ai raison. J'attends avec interet toujours les reponses a mes questions.
1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?
2013/2/1Hug...@aol.com>
Je trouve assez cavalier le procédé employé par le type qui a répondu à mon texte: "Qu'est-ce que l'extrême-droite haïtienne?"et je me garderai bien de répondre en bonne et due forme à ses interrogations. Il s'est contenté de poser 7 questions d'une manière assez impersonnelle et de donner certaines caractéristiques et conséquences de l'extrême-droite, comme pour me faire la leçon.Je signale à ce type que s'il avait pris le temps de lire même cursivement mon texte, il aurait trouvé facilement les réponses aux questions qu'il fait semblant de poser.Personne sur ces forums, même lorsqu'il/elle est en désaccord avec le texte d'un internaute, n'a jamais utilisé un tel procédé pour formuler une réponse. Si vous voulez vraiment que j'engage un débat avec vous sur la présence d'une extrême-droite en Haïti, faites comme tout le monde: impliquez-vous dans un échange naturel, régulier avec moi. Autrement, j'ignorerai vos textes, tout comme j'ai ignoré certains hurluberlus qui ne savent pas de quoi ils parlent.J'ai déjà répondu le plus cordialement possible à M. Jacques Mali qui s'est impliqué poliment et intelligemmentdans un échange avec moi. Je continuerai ce genre de dialogue avec n'importe quel internaute qui se conduit comme M. Jacques Mali. Donc, la balle est dans votre camp. Si vous ne pouvez pas me témoigner le minimum de respect, necommentez pas mes articles. Ou alors, vous pouvez le faire, mais je vous ignorerai complètement.Hugues Saint-FortIn a message dated 2/1/2013 4:01:37 P.M. Eastern Standard Time,centuri...@gmail.comwrites:1. Est-ce que la droite existe en Haiti?2. Est-ce qu'il y a des ideologues de droite en Haiti?3. Si oui qui sont-ils?
4. Est-ce que l'extreme droite existe en Haiti?5. Est-ce quil y a des ideologues d'extreme droite en Haiti?6. Si oui qui sont-ils?7. Est-ce que le populisme n'est pas l'ideologie dominante en Haiti depuis des decennies?L'Extreme Droite (KYBUZZ)Les mouvements d'extrême droite sont identifiés et caractérisés par la xénophobie, le racisme, faisant régulièrement des étrangers leurs boucs émissaires. L'extrême droite cultive l'autoritarisme estl'hostilité aux principes démocratiques, le plus souvent l'extrême droite conduit, son mouvement à la violence est le terrorisme.Les exemples des courants de l'extrême droite :
Aube Dorée en Grèce (nazi), La mouvance identitaire, Ku Klux Klan au USA, le néonazisme, le néofascisme, Front National, MNR en France, les religieux traditionalistes, l'Action française, la ligue du nord.
Les conséquences de l'extrême droite :
- En Norvège, l’extrême droite c’est l'assassina et l'exécution de 77 jeunes norvégiens (majoritairement des adolescents), motivation : la haine du multiculturalisme et de l'eurabia ; Anders Behring Breivik a voulu les tuer directement « dans l’oeuf » !
- En argentine l'extrême droite de 1976 et 1983, 30 000 personnes ont disparu ainsi que 400 enfants volés sous la dictature. Une centaine de condamnations seront prononcées pour crimes contre l’humanité durant la dictature (condamnation de 2005 à 2010). Comme : «Luis Maria Mendia», créateur du concept des vols de la mort durant lesquels les opposants politiques étaient jetés vivants d’avions en vol.
- En Espagne, l’extrême droite c'était : la torture, l'assassinat, la guerre et plus de 300 000 enfants volés à leurs parents entre 1945 et 1990 par l’extrême droite franquiste ; les motivations?
Une théorie étrange sur le « gêne de gauche » du psychiatre Ribeira, conseiller personnel de Franco, et la haine du communisme.
- L'allemagne nazi de 1933 à 1945 perpétra, entre autres crimes de masse, le génocide des Juifs (Shoah) et des Tsiganes (Porajmos) ainsi que l'assassina des handicapés.
- Les membres du Ku Klux Klan Américain (organisation d'extrême droite fondé par six jeunes officiers sudistes) de 1865 à aujourd'hui qui brûlent des croix devant les maisons des hommes de couleur, Pénètre chez eux pour torturer, fouetter ou tuer : en les pendants aux arbres. Certaines femmes enceintes sont éventrées, violées et les hommes castrés.
2013/2/1Hug...@aol.com>
Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne?(2èmepartie)Par Hugues St. FortDans la première partie de cette série, après avoir rappelé les origines des étiquettes politiquesdroite, gauche, centre, et montré qu’elles correspondent à des valeurs et des idées universelles, j’ai émis l’hypothèse qu’il devrait y avoir aussi une extrême droite haïtienne. Mais, il ne semble pas qu’il existe un corps d’idées qui constituent une doctrine claire de l’idéologie de l’extrême droite haïtienne, comme on en trouve dans tous les partis politiques ou chez certains idéologues dans la majeure partie des pays occidentaux. A quoi attribuer ce déficit doctrinal? Pourquoi ne trouve-t-on pas, dans la littérature politique haïtienne des textes officiels écrits par des doctrinaires qui situent la droite et surtout l’extrême droite haïtienne?Dans cette deuxième partie, en réaction aux interventions de nombreux lecteurs qui ont réagi plutôt «bizarrement» (ce que je n’avais pas prévu) à mes explications sur ces étiquettes politiques, je tacherai d’abord de préciser mes points de vue, puis j’examinerai un moment célèbre dans l’histoire de la pensée politique haïtienne du dix-neuvième siècle, l’affrontement de deux grands partis politiques haïtiens, le Parti Libéral et le Parti National,qui aurait peut-être permis l’émergence de textes définissantune droite et, peut-être une extrême droite haïtienne.Les explications que j’ai avancées dans l’introduction de ma première partie se rattachaient plutôt à une mise au point d’ordre philosophique. Il s’agissait pour moi de montrer que derrière les étiquettes dedroite, gauche,etcentre,résidaient des idées et des valeurs universelles qui se rencontrent et se discutent dans toutes les sociétés. J’avais cité des valeurs de progrès, de tradition, d’égalité, d’autorité, de justice, etc. C’est en ces termes que j’avais tenté de structurer le problème de la recherche de l'extrême-droite haïtienne. Je pensais – et je pense encore – que ce qu’on appelle l’extrême-droite haïtienne a du se positionner par rapport à ces valeurs et à ces idées et que nous devrions savoir ce qu’il en est, dans la mesure où ces valeurs et ces idées émergent dans toutes les sociétés humaines.Je me rends compte aujourd’hui, d’après les réactions qui se sont exprimées sur les forums, que la grande majorité des lecteurs attendait un point de vue politique et pas forcément philosophique et c’est dans ce sens que je m’exprimerai dans cette introduction. Il faut d’abord savoir que la base idéologique de ce qu’on appellela droite, la gaucheetle centreest fermement ancrée dans une réflexion philosophique. Par exemple, ce qu’on désigne sous le nom degauche(que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Haïti) se réfère à des idéaux de progrès, opposé à la tradition,d’égalité, opposé à la plus criante inégalité,ou d’inclusion sociale, opposé à l’exclusion sociale, de redistribution des richesses dans la société, opposée à la concentration des privilèges et des revenus, donc des idéaux que les partis politiques épousent et développent dans leurs campagnes. Un individu ou un parti politique étiqueté sous la dénomination de «gauche» est perçu ou agit comme un «progressiste» (ce que les Anglo-Saxons appellent «liberal», lequel terme, en ajoutant un accent aigu sur le ‘e’ ne désigne pas exactement la même chose dans la philosophique politique française). Je précise cependant (et là, c’est ma propre interprétation) que ce que les Américains appellent «liberal», (sans l’accent aigu français) correspondrait à ce que les Français étiquetteraient sous le nom de «centre-gauche».Cependant, chaque société arrive à adapter sa propre version de ces étiquettes politiquesà sa culture politique ou à son histoire politique. Par exemple, dans un pays tel que les Etats-Unis, le libéralisme américain (grosso modo symbolisé par le Parti Démocrate) tel qu’il s’est exprimé dans de grands projets sociaux et économiques comme le fameuxNew Dealou laGreat Societydans les années 1950 et 1960, a essayé de se servir de l’appareil étatique pour réduire les inégalités économiques, éliminer la pauvreté et protéger les droits des minorités ethniques, de genre, etc… Ce qui était contraire à la vision politique et philosophique dominante au sein des principales institutions américaines où l’Etat était censé rester loin des interventions sociales ou économiques et laisser agir l’économie de marché.Un intervenant a même écrit qu’il n’existe pas d’idéologie de droite ni de gauche en Haïti et qu’il existe seulement «ceux qui possèdent» et «ceux qui ne possèdentpas». (The «Haves» and the «Have-Nots», dans sa terminologie). Malheureusement, la question est loin d’être aussi simple et, dans toutes les sociétés du monde, elle est considérablement plus compliquée. Au-delà du fossé immense qui sépare en Haïti ceux qui possèdent tout et ceux qui ne possèdent rien, il existe bel et bien uncorps d’idées (une idéologie) qui différencie les gens. Car, derrière les notions de «droite» etde «gauche», il y a des valeurs, des attitudes, des comportements, des façons de réagir aux problèmes de la société. Le terme «droite» par exemple, renvoie àune soi-disant rigueur morale, un nationalisme fort, un conservatisme (les réactionnaires), c’est-à-dire la tendance à refuser le changement dans les questions sociales, politiques, éducatives…Les tenants de la «droite» ont leur propre conception de l’ordre social qui est fondamentalement basé sur l’autoritarisme dont l’essence est de réduire ou réprimer violemment toute revendication même légitime des classes défavorisées. Dans la majeure partie des pays industrialisés avancés (Etats-Unis, France, Allemagne, Pays-Bas, les pays scandinaves récemment), l’extrême-droite est constituée par une frange chargée de haine qui fait la chasse aux immigrants et aux minorités raciales, ethniques, religieuses, homosexuelles…Parallèlement à ces caractéristiques de la droite sur le plan philosophique, il se dégage sur le plan économique et financier une monopolisation des richesses au profit des classes dominantes qui ne laissent aux classes dominées, dans le meilleur des cas, que les miettes de l’abondance des biens et d’argent disponibles dans la société.Pour peu que l’on se tienne au courant des infos quand on vit aux Etats-Unis par exemple, on sait combien le fossé financier et les profondes inégalités de revenus au cours des récentes décennies sont en train de se creuser à une vitesse vertigineuse.Selon NPR, «In the 1970’s corporate chief executives earned 30 times as much as the average worker. Ten years ago, CEO compensation was 116 times the average. CEO’s now earn close to 300 times as much as the average worker.»(Dans les années 1970, les présidents des grandes corporations gagnaient 30 fois plus que l’ouvrier moyen. Il y a dix ans, le salaire d’un PDG était de 116 fois la moyenne de celui d’un ouvrier moyen. Aujourd’hui, un PDG gagne près de300 fois plus qu’un ouvrier moyen) [ma traduction]. En ce qui concerne Haïti, je ne suis pas au courant de ce type de recherches ( nul doute cependant que le fossé est encore plus abyssal), mais dans le contexte des conflits idéologiques, je renvoie à l’historien jamaïcain Matthew J. Smith (2009) dont le livre explique sur la base de recherches approfondies les luttes idéologiques déterminantes qui ont défrayé la scène politique haïtienne entre la fin de l’occupation américaine (1934) et l’élection au pouvoir de François Duvalier (1957).Mon objectif dans cette série est de découvrir ce qui constitue l’assise théorique,philosophique et politique, de l’extrême-droite haïtienne, si elle existe. Dans le cas où elle n’existe pas, il faudrait savoir pourquoi. En mars 1987, un an après la chute du dictateur Jean-Claude Duvalier, il y avait plus d’une soixantaine de nouveaux partis politiques qui s’étaient constitués suite à la renaissance des partis politiques qui avaient été déclarés hors la loi durant les six premières années de la dictature de François Duvalier.A la veille des dernières élections présidentielle et législative, on comptait au moins une bonne trentaine de partis politiques en Haïti. Comment l’extrême-droite haïtienne s’est-elle positionnée historiquement sur l’échelle des partis?A la chute du président Geffrard en 1867, la polarisation des élites noires et mulâtres se fit plus pressante et on assista à l’émergence de deux grands partis politiques, le Parti Libéral et le Parti National. Durant les années 1870 et 1880, ces deux partis se livrèrent une lutte acharnée pour la suprématie politique, intellectuelle et militaire. (Nicholls 1988). Le Parti National prétendait défendre les intérêts des masses noires et avait élaboré une idéologie fondée sur cette petite phrase: «Le plus grand bien au plus grand nombre». Les idéologues du Parti National étaient: Louis-Joseph Janvier, Alcius Charmant…qui élaborèrent une idéologie noiriste laquelle allait inspirer les tenants du noirisme des années 1930-1940. Face au Parti National se dressait le Parti Libéral qui, contrairement aux idéologues du noirisme, se garda bien de faire des références publiques et explicites dans leurs textes officiels sur la question épidermique. Les idéologues du Parti Libéral contestèrent l’existence du préjugé de couleur dans leurs rangs et répondirent au slogan du Parti National «Le plus grand bien au plus grand nombre» par leur propre slogan «Le Pouvoir aux plus capables». Leurs principaux idéologues étaient Boyer Bazelais, Emmanuel Edouard, Anténor Firmin et Edmond Paul. De plus, deux de leurs plus cohérents théoriciens politiques, Anténor Firmin et Edmond Paul, avaient la peau noire. (Trouillot 1990, Nicholls 1988). Le slogan du Parti National «Le plus grand bien au plus grand nombre» se référait directement à sa prétendue légitimité puisque la majorité de la population d’Haïti était de couleur noireet possédait de ce fait,dans l’optique des dirigeants du Parti National, «a natural right to rule Haiti by virtue of their origins-- because the blacks came from Africa and the whites from Europe.» (Trouillot 1990: 126). (Un droit naturel pour diriger Haïti en vertu de leurs origines—car les Noirs venaient d’Afrique et les Blancs d’Europe) [Ma traduction]. Le slogan du Parti Libéral: «Le pouvoir aux plus capables» faisait référence à une prétendue supériorité intellectuelle de leurs membres bien qu’on ne sache pas exactement à quelles compétences ce slogan se référait puisque beaucoup d’entre eux n’étaient pas allés au-delà du bac. (Trouillot 1990).Quel a été l’impact de la politique de la couleur dans la société haïtienne telle qu’elle s’est manifestée à travers l’affrontemententre le Parti Libéral et le Parti National ? Voici ce que dit Nicholls 1988 dans son livre de référence que je ne cesse de citer bien qu’il soit quelque peu controversé: «Although economic divisions had to some extent complicated the situation in the country by cutting across colour distinctions, it would , he[Emmanuel Edouard] stated, be a great mistake to think that colour was no longer important.The division between the Liberal and the National Parties in his [Emmanuel Edouard] own day was fundamentally a question of colour.”Edouard continue:Every Haitian knows that in Haiti the words ‘Liberal Party’ signify ‘Mulatto Party’, party which desires the preponderance of mulattoes in the government of the country…Everyone knows that the words ‘National Party’ mean ‘black party’ , party which desires … the preponderance of blacks, the immense majority of Haitians, in the conduct of public affairs.(Nicholls 1988:112).(Bien que les divisions économiques aient dans une certaine mesure compliqué la situation dans le pays en touchant les distinctions de couleur, il serait, d’après Emmanuel Edouard, une grosse erreur de croire que la couleur n’était plus importante. La division entre les Partis Libéral et National à l’époque d’Emmanuel Edouard a été fondamentalement une question de couleur. Edouard continue:Chaque Haïtien sait qu’en Haïti les mots ‘Parti Libéral’ signifient ‘Parti Mulâtre, le parti qui désire la prépondérance des mulâtres dans le gouvernement du pays. Chacun sait que les mots ‘Parti National’ veulent dire ‘Parti noir’, le Parti qui désire …la prépondérance des Noirs, l’immense majorité des Haïtiens, dans la conduite des affaires publiques.) [ma traduction].De toute façon, ce qui me concerne dans cette étude, ce n’est pas tant de réfléchir sur la question de couleur en Haïti qui est une question explosive, que de considérer ses implications et ses conséquences dans la culture politique haïtienne et dans l’identification d’une extrême-droite haïtienne. A l’époque de l’affrontement du Parti Libéral et du Parti National, la question de couleur atteignit une tension extrême et provoqua la chute des gouvernements de Salnave, de Salomon, d’Antoine Simon, mais elle généra en même temps des situations paradoxales. Par exemple, Frédéric Marcelin qui était un mulâtre, appartenait au Parti National et a été, avec Callisthènes Fouchard (un ancien membre du Parti Libéral) un grand défenseur du président Salomon, qu’on a appelé le «mangeur des Mulâtres» (Nicholls 1988: 110). Anténor Firmin et Edmond Paul, deux Noirs, ont été les deux principaux théoriciensdu Parti Libéral.C’est peut-être à cause de l’intensité de laquestion de couleur dans les années 1867-1910 que les Libéraux et les Nationaux n’ont pas réussi à élaborer de véritable plateforme politique et asseoir leurs idées. En fait, il semblerait qu’on devrait comprendre la question de couleur dans la société haïtienne comme la persistance des luttes postcoloniales qui «ont opposé» tout de suite après la conquête de l’indépendance« et opposent encore les secteurs «noir» et «mulâtre» des classes dominantes» (Labelle 1978). Il est facile de lire cette problématique à travers toute l’histoire d’Haïti, spécialement depuis l’affrontement des Partis Libéral et National dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle,jusqu’à l’explosion de 1946. Les divisions entre les deux secteurs des classes dominantes et une participation de plus en plus grande des masses à la vie politique du pays rendirent la situation excessivement difficile. La question de couleur devint considérablement pressante et constitua la toile de fond sur laquelle se déployèrent les excès démagogiques des politiciens.En plus, écrit Nicholls 1988, “the situation was exacerbated by intervention in the internal politics of the country by the world powers. The existence of a large German colony in Haiti and the determination of the United States to gain strategic control of the Caribbean were among the principal destabilizing factors.”(la situation fut exacerbée par l’intervention des puissances mondiales dans la politique interne du pays. L’existence d’une grande colonie de ressortissants allemands et la détermination des Etats-Unis de contrôler stratégiquement les Caraïbes ont compté parmi les principaux facteurs de déstabilisation). [ma traduction]. L’occupation américaine(1915-1934) inaugura une nouvelle donne politique dans le pays en établissant des liens plus étroits entre la classe politique haïtienne, les secteurs dominants du commerce haïtien et leurs équivalents américains. A la fin de l’occupation (1934), la lutte idéologique allait entrer dans une nouvelle phase et les contours desluttes politiques prendront une autre forme avec l’émergence d’un régime qui viendra cristalliser des tendances présentes dans la culture politique haïtienne depuis l’établissement de l’indépendance en 1804.Nous verrons tout cela en détail la prochaine fois.Troisième partie et fin, la semaine prochaineRéférences citées:Labelle, Micheline(1978):Idéologie de couleur et classes sociales en Haïti.Montréal: Les Presses de l’Université de Montréal.Nicholls, David (1988). From Dessalines to Duvalier.London: MacMillan Publishers Ltd.Smith, Matthew (2009)Red and Black in Haïti.Radicalism, Conflict, and Political Change, 1934-1957. North Carolina: The University of North Carolina Press.Trouillot, Michel-Rolph (1990)Haiti: State against Nation. The Origins and Legacy of Duvalierism.New York: Monthly Review Press.Contacter Hugues St. Fort à:Hug...@aol.com
2013/2/3 Hug...@aol.com>
.Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne? 3ème et dernière partiePar Hugues St. FortDans les pays démocratiques avancés, la catégorie politique d’extrême-droite évoque des images violentes (KKK aux Etats-Unis, Néo-Nazis en Europe, tueur fou en Norvège récemment…), des leaders politiques (les Le Pen et le Front National en France, Michèle Bachmann et le Tea-Party aux Etats-Unis…) qui s’en prennent avec rage aux immigrants et aux minorités ethniques accusés de menacer «l’identité nationale» des sociétés d’accueil. Les Haïtiens qui vivent en terre d’accueil et qui suivent l’évolution politique de ces pays savent plus ou moins concrètement sinon théoriquement ce qu’est l’extrême-droite. Mais, qu’en est-il en Haïti? Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne? Que représente-t-elle dans le pays? Comment les Haïtiens en général perçoivent-ils l’extrême-droiteau sein de leur société ? Quelles images ce concept politique évoque-t-il dans leurs esprits?Dans cette troisième et dernière partie, j’adopterai d’abord une perspective historique en mettant en lumière les particularités de l’extrême-droite haïtienne par l’analyse du régime qui s’est perpétué le plus longtemps dans l’histoire contemporaine d’Haïti, le duvaliérisme; puis je tacherai de dégager les caractéristiques de cette catégorie politique dans la société haïtienne. Finalement, je répondrai à la question suivante: en quoi et pourquoi il est important d’identifier l’extrême-droite haïtienne.Les sources lointaines de la mainmise du DuvaliérismeLes «Marines» et leurs bateaux de guerre débarquèrent en Haïti en juillet 1915 dans le contexte d’une rivalité avec d’autres grandes puissances de l’époque, particulièrement l’Allemagne dont les intérêts en Haïti étaient alors assez importants. Ces «Marines» avaient pour mission “to bring about political stability in Haiti, to secure US control over Haiti with regard to US strategic interests in the Caribbean, and to integrate Haiti more effectively into the international capitalist economy” (Renda 2001). (d’apporter une stabilité politique en Haïti, de garantir le contrôle américain par rapport aux intérêts stratégiques des Etats-Unis dans les Caraïbes et d’intégrer Haïti plus efficacement dans l’économie capitaliste internationale.) [ma traduction]. Quand ils quittèrent le pays en 1934, ils avaient réussi deux choses extrêmement importantes même si ce n’était pas prévu dans leur mission: l’écrasement de la rébellion paysanne haïtienne (les Cacos) et la création de mécanismes devant mener à un contrôle gouvernemental fortement centralisé depuis Port-au-Prince. (Renda 2001: 36). Renda conclut que “In doing so, U.S. Americans helped to lay the groundwork for two Duvalier dictatorships and a series of post-Duvalier military regimes.” (En faisant cela, les Américains jetèrent les bases qui allaient mettre sur pied les deux dictatures des Duvalier et une série de régimes militaires post-Duvalier.) [ma traduction]. Quand ils laissèrent Haïti, les Américains avaient contribué à bâtir une armée haïtienne semi-professionnelle, la Garde d’Haïti (qui allait jouer un rôle super important dans toutes les affaires d’Haïti), la création d’écoles professionnelles, et l’établissement de Port-au-Prince comme le centre du pouvoir politique en Haïti (Smith 2009: 13). Cependant, nous dit Smith, “The elites continued to dominate the financial sector, and by virtue of this power were able to indirectly control the government. After 1934, the United States became Haiti’s leading trading partner, importing more than half of its annual coffee yield and carefully maintained influence of Haitian finance.” (Smith 2009: 13). (Les élites continuèrent à dominer le secteur financier, et grâce à ce pouvoir, elles furent en mesure d’exercer un contrôle indirect sur le gouvernement. Après 1934, les Etats-Unis devinrent le principal partenaire commercial d’Haïti, important plus de la moitié de sa production annuelle de café et maintinrent soigneusement leur influence sur les finances haïtiennes.) [ma traduction].La période comprise entre 1934 (fin de l’occupation américaine) et 1957 (élection de François Duvalier) a été étudiée en détail par l’historien jamaïcain Matthew J. Smith (2009). Selon ce dernier, cette période, venant directement après l’Occupation américaine, s’est révélée fertile en conflits idéologiques hérités de la fin du dix-neuvième siècle (idéologie de couleur, luttes pour le pouvoir politique au sein d’une élite divisée sur des questions de classe et de couleur) mais aussi en nouveaux défis en termes de changement politique (introduction des idées marxistes et création du premier parti communiste haïtien (PCH) par l’écrivain et intellectuel haïtien, Jacques Roumain au cours de l’été 1934).François Duvalier fut élu président d’Haïti en septembre 1957. Il se déclara président à vie en 1964 et, après sa mort survenue en 1971, son fils Jean-Claude âgé alors de dix-neuf ans lui succéda en tant que président à vie. L’histoire a retenu les noms de ces deux régimes comme les plus meurtriers et les plus tyranniques que la Caraïbe ait jamais connus.Le Duvaliérisme, un Fascisme tropical?Comment peut-on conceptualiser les deux régimes Duvalier(1957-1986)? Beaucoup de chercheurs se sont attaché à un tel travail. Selon Gérard Pierre-Charles (1973), le régime des Duvalier serait une «version créole du fascisme dans une nation sous-développée et coloniale» pg.43; pour Michel-Rolph Trouillot (1990), François Duvalier a introduit une «solution totalitaire» (The Totalitarian Solution). L’idée principale généralement admise sauf chez Nicholls (1988) est que le régime des Duvalier serait une sorte de Fascisme caribéen. Il nous faut donc partir d’une explication du Fascisme.On définit le Fascisme comme un système de gouvernement ou une idéologie politique initiée par Benito Mussolini en Italie au début des années 1920. Il a inspiré d’autres systèmes de gouvernement en Europe à partir des années 1930. Les plus connus sont le Nazisme d’Adolphe Hitler en Allemagne, et la Phalange de Francisco Franco en Espagne. Sur le plan idéologique, la doctrine fasciste est foncièrement une idéologie de Droite qui a évolué à l’extrême, et Benito Mussolini (1935: 26) l’a clairement soutenu: «We are free to believe that this is the century of authority, a century tending to the ‘right’, a fascist century.» Nous sommes libres de croire que ce siècle est le siècle de l’autorité, un siècle qui se dirige vers la ‘droite’, un siècle fasciste.) [ma traduction]. Historiquement, le Fascisme a été le produit d’une profonde crise économique et sociale qui émergea en Europe après la Première Guerre Mondiale. Selon Lord Alan Bullock (1988: 308-309), tous les régimes fascistes partagent ces traits fondamentaux:Ils sont tous exagérément NATIONALISTES, violemment ANTI-COMMUNISTES et ANTI-MARXISTES, tous, ils haïssent la DEMOCRATIE, et les régimes parlementaires qu’ils cherchent à remplacer par un nouvel état autoritaire dans lequel il n’y aurait qu’un parti unique, le leur, qui aurait le monopole du pouvoir et serait dirigé par un chef suprême possédant des qualités charismatiques et des pouvoirs dictatoriaux… Tous partagent un culte de la violence et de l’action, exaltent la guerre, et avec leurs uniformes, leurs rangs, leurs saluts et leurs rallies, donnèrent à leurs partis un caractère paramilitaire. [ma traduction du texte anglais].En plus de ces fondamentaux du Fascisme élaborés par Bullock (1988), d’autres auteurs en ont mentionné d’autres caractéristiques, en particulier:the Supremacy of the Military. «Even when there are widespread domestic problems, the military is given a disproportionate amount of government funding, and the domestic agenda is neglected. Soldiers and military service are glamorized.»(Suprématie des militaires: Même quand il existe de graves problèmes domestiques, les militaires reçoivent un montant disproportionné des fonds du gouvernement, et le programme domestique est négligé. Les soldats et le service militaire acquièrent une séduction sophistiquée.) [ma traduction]. Labor Power is suppressed. “Because the organizing power of labor is the only real threat to a fascist government, labor unions are either eliminated entirely, or are severely suppressed.” (Le pouvoir des syndicats est supprimé. Parce que le pouvoir d’organisation des syndicats est la seule réelle menace à laquelle peut faire face un gouvernement fasciste, les syndicats sont soit complètement éliminés, ou sévèrement supprimés.) [ma traduction]. Cf. http://www.rense.com/general37/char.htmLe Nationalisme duvaliérienTous ces traits décrivent efficacement les deux régimes des Duvalier. Prenons tout d’abord le nationalisme: A cause des conditions dans lesquelles Haïti a conquis son indépendance, le nationalisme est devenu une constante de la vie haïtienne. Qu’il soit simple citoyen plus ou moins apolitique, ou qu’il fasse partie des classes dominantes, l’Haïtien ne rate jamais l’occasion de célébrer sa fierté haïtienne d’appartenir à la première nation issue d’esclaves noirs vainqueurs de la plus grande puissance militaire de l’époque, la France. La rengaine d’«Haïti chérie» a toujours été sur toutes les lèvres. Peut-être plus que tous les précédents régimes, celui de Duvalier a fait un usage constant de devises patriotiques, de slogans, de symboles, de chansons (Vouloir détruire Duvalier, c’est vouloir détruire Haïti; Duvalier vivra mille ans…) Dans la ligne droite du fascisme italien et du fascisme allemand, François Duvalier a élaboré toute une mystique autour du drapeau haïtien uniquement pour impressionner et mystifier les foules. Mais le nationalisme du gouvernement fasciste des Duvalier ne reposait que sur une rhétorique creuse, bonne à jeter de la poudre aux yeux. Ces deux régimes ont clairement révélé au monde au cours de leurs vingt-neuf années d’existence leur incompétence notoire à proposer et appliquer une vision politique, économique, éducative et culturelle pour Haïti et sont passés maitres dans une répression violente, l’exil et le meurtre de milliers d’Haïtiens.L’anticommunisme duvaliérienUn autre trait fondamental du Fascisme duvaliérien qui le rapproche du mouvement fasciste européen est son caractère violemment anti-communiste et antimarxiste. La première fois que le communisme fit son entrée officielle sur la scène politique haïtienne, ce fut durant l’été 1934 quand l’écrivain et intellectuel public haïtien Jacques Roumain forma le premier Parti communiste haïtien (PCH), aidé dans cette tâche par un petit groupe de jeunes intellectuels et universitaires tels Etienne Charlier, Anthony Lespès, Phito Marcelin, Saint-Juste Marcelin, Saturnin François, Marcellus Sajous, Georges Petit, et Dorléans Juste Constant, un jeune pasteur originaire d’Arcahaie. (Smith 2009). François Duvalier avait flirté avec les idées marxistes durant sa jeunesse et s’en était servi pour mystifier certains groupes sociaux. Mais, il n’a jamais été marxiste malgré quelques titres qui peuvent faire illusion, comme Le problème des classes à travers l’histoire d’Haïti, mais qui sont d’une pauvreté argumentative vraiment navrante. Le communisme a joué un rôle d’épouvantail sous la présidence des Duvalier. Dénoncer quelqu’un comme communiste sous le régime des Duvalier était en pratique le condamner à mort et des centaines d’Haïtiens ont péri de cette façon. L’anticommunisme fondamental qui prévalait alors aux Etats-Unis (c’était l’époque de la guerre froide) joua un rôle décisif dans la chasse aux militants communistes sous Duvalier. Smith (2009) écrit ceci: «A staggering number of militants from the fifties and early sixties were murdered on Duvalier’s orders. For a compelling examination of the severity of the terror and its effect on progressive leaders in Haiti, see Pierre-Charles, Haiti: jamais, jamais plus. “pg.242. (Un nombre impressionnant de militants des années 1950 et 1960 ont été assassinés sous les ordres de Duvalier. Pour une analyse fascinante de la sévérité de la terreur et de ses conséquences sur les dirigeants progressistes en Haïti, voir Pierre-Charles: Haïti, jamais, jamais plus.) [ma traduction]. En fait, l’anticommunisme de Duvalier n’était qu’un prétexte pour soutirer de l’argent à l’état américain, comme le démontre ce qui se passa en février 1962 quand les Etats-Unis ont dû payer la somme de 5.000.000 $ au gouvernement haïtien pour obtenir son vote lors de l’exclusion de Cuba de l’OEA. (Pierre Etienne 2007).L’antiparlementarisme duvaliérienUn autre trait fondamental du Fascisme duvaliérien réside dans sa haine de la démocratie et du régime parlementaire. Ceci est encore un autre trait distinctif qu’il partage avec les régimes fascistes bien connus d’Hitler et de Mussolini. Seul comptait pour Duvalier le pouvoir personnel qu’il exerçait sur le pays et ses institutions. Après que «son» Parlement vota la Constitution de 1964 qui le proclamait président à vie, Duvalier déclara fièrement: Après ce référendum, il n’y aura plus jamais d’élection sur la terre d’Haïti pour désigner un nouveau chef de l’Etat […] Je serai seigneur et maitre […] J’ai toujours parlé avec l’énergie farouche qui me caractérise, avec toute la sauvagerie qui est mienne […].» Avec ce pouvoir personnel sans limites, Duvalier était à la fois le régime, l’Etat, la Nation et Haïti.» (Pierre Etienne 2007).Dans les régimes militaires fascistes classiques d’Italie et d’Allemagne, les militaires étaient «glamourisés» et recevaient un montant disproportionné des fonds du gouvernement. Dans le cas de l’Haïti de Duvalier, à cause du rôle traditionnel joué par l’armée dans la politique haïtienne (coups d’état, politique de doublure…), Duvalier s’est méfié tout de même de l’armée et lui a opposé une forceparamilitaire: les milices privées des «Volontaires de la Sécurité Nationale» appelés aussi les «Tonton Makout». C’était des tueurs sans foi ni loi recrutés parmi les éléments les plus incontrôlables de la société haïtienne qui n’ont jamais eu accès aux signes extérieurs de richesse (voiture, maison, vêtements de luxe…) et de pouvoir (armes à feu, domestiques…). Selon Pierre Etienne 2007: 230, «pour faire du corps des VSN un instrument entièrement dévoué à sa cause, Duvalier sélectionna ses membres sur la base de leur origine et de leur condition sociale. Il s’agissait en général d’individus de la ‘haute et bonne société, et nourrissant, comme Duvalier lui-même, des griefs contre les élites mulâtre et noire. On comptait évidemment dans leurs rangs des repris de justice, des voyous, des laissés-pour-compte, considérés, dans une société haïtienne fortement imprégnée par la morale religieuse, comme des gens de mauvaises mœurs.» Pendant de longues années, ils imposèrent une terreur sans nom sur la majorité des classes sociales haïtiennes. Au début de son régime, Duvalier avait mis en place sa propre force de répression privée connue sous le nom de «cagoulards» qui agissaient sous le contrôle de Clément Barbot, son chef de service de renseignements (Nicholls 1998).Toutes ces caractéristiques définitoires du Fascisme contribuent à placer le régime de François Duvalier (et dans une moindre mesure, celui de son fils Jean-Claude) dans la catégorie du système politique connu sous le nom de Fascisme. En fait, c’est ce à quoi tendent beaucoup de chercheurs qui ont étudié le régime de François Duvalier, sauf David Nicholls (1988) et Sauveur Pierre Etienne (2009). Pour David Nicholls, «it is misleading to refer to Duvalier’s regime as ‘fascist’…. (il est trompeur de se référer au régime de Duvalier comme un régime ‘fasciste’…) [ma traduction]. Ses arguments sont basés surtout sur l’histoire et les racines économiques du Fascisme, tel qu’il est apparu en Europe au début des années 1920. «Fascism emerged in Europe at a particular stage in the development of capitalism, when a revolutionary working class had become an effective challenge to the hegemony of the bourgeoisie.» (Le Fascisme émergea en Europe à une phase particulière du développement du capitalisme, quand une classe ouvrière révolutionnaire défia efficacement l’hégémonie de la bourgeoisie.) [ma traduction]….Nicholls continue ainsi: «The situation in Haiti in the 1950s was quite different from this. The small urban working class was led by the anti-communist Daniel Fignolé and constituted no real threat to the established economic system. Duvalier’s government certainly used terror, but this was nothing new in Haiti, all previous governments had used it.” (La situation en Haïti dans les années 1950 était tout à fait différente. La petite classe ouvrière urbaine était dirigée par l’anti-communiste Daniel Fignolé et ne constituait pas une réelle menace au système économique établi. Le gouvernement de Duvalier utilisait certainement la terreur, mais cela ne constituait rien de nouveau en Haïti. Tous les gouvernements précédents l’avaient utilisée.) [ma traduction].Sauveur Pierre Etienne, reprenant la typologie des régimes autoritaires décrite par Lintz (1996), caractérise le régime de Duvalier comme l’expression d’un état néosultaniste. Pour lui, un régime sultaniste est un type de régime traditionnel relevant de la non-démocratie qui repose sur le pouvoir personnel du souverain qui tient attachés ses collaborateurs par une relation faite de peur et de récompenses. Ce sont des régimes où les décisions arbitraires du souverain ne sont pas limitées par des normes, ni n’ont à se justifier sur une base idéologique. (Pierre Etienne 2009). Toujours selon Pierre Etienne 2009, «la répression, la corruption et l’instrumentalisation du vodou constituaient les trois piliers de l’Etat néosultaniste duvaliérien.»Classes sociales en HaïtiIl est important d’identifier clairement la nature du régime de Duvalier car il a marqué profondément la politique haïtienne et continue encore à la marquer. Après 1986, tous les régimes qui ont succédé au régime de Duvalier se sont inspirés de lui d’une manière ou d’une autre. Même quand il a semblé qu’Haïti était dirigé par un régime de gauche (cf. Aristide et le mouvement Lavalas), il y avait des traits du fascisme de Duvalier qui resurgissaient. Le régime de Duvalier, du moins à mon avis, a été la première grande expression du Fascisme dans la société haïtienne tel qu’on l’a connu dans les sociétés européennes où il a pris naissance. Cependant, il a pris des colorations «tropicales» qui ont leur source dans l’histoire culturelle haïtienne et la personnalité de son initiateur. Le Fascisme est la doctrine idéologique de l’extrême-droite. Les militaires représentent son bras armé, les exécutants de la répression dont font usage la droite et surtout l’extrême-droite. Au début de son régime, Duvalier s’est servi des militaires pour réprimer et massacrer étudiants, syndicalistes et manifestants. Mais, plus tard, quand il a constitué sa propre force de répression, les «Tonton makout», ce sont ces derniers qui ont exécuté ses ordres.Pour bien comprendre et identifier l’extrême-droite en Haïti, il convient d’avoir clairement à l’esprit la répartition des classes au sein de la société haïtienne. Rappelons tout d’abord que si Marx a véritablement révolutionné l’étude des classes sociales en en proposant une analyse rigoureuse et systématique, il n’est pas le seul à avoir étudié ces catégories fondamentales dans l’histoire des sociétés humaines. Max Weber, Ralf Dahrendorf, Robert Nisbet, pour ne citer que ceux-là, sont quelques chercheurs clé qui ont défini et expliqué cette notion. D’une manière générale, les sociologues utilisent le concept de «classe sociale» pour «désigner les groupes sociaux ayant une position économique, un statut social et des intérêts identiques» (Dortier 2008). En ce qui concerne Haïti, la notion de «classe ouvrière» qui était si fondamentale chez Marx, se révèle assez problématique. Selon Fatton 2002: 34, “in a poor and nonindustrialized country like Haiti, the working class is virtually nonexistent. Representing only 9 percent of the labor force, the working class numbers fewer than 200.000 people out of a total population of over 7 million inhabitants” (dans un pays pauvre et non-industrialisé comme Haiti, la classe ouvrière est virtuellement non-existante. Représentant seulement 9 pourcent de la force de travail, la classe ouvrière compte moins de 200,000 personnes sur une population totale de plus de 7 millions d’habitants.) [ma traduction]. Cette mince et fragile «classe ouvrière» n’a pratiquement aucun impact sur le reste de la société.La classe dominante, selon Fatton 2003: 36, «is composed of a ruling class proper – a class that controls the state apparatus to enrich itself through prebendary gains – and a ‘possessing’ class that accumulates wealth mainly through comprador activities….In Haiti, mulattoes and “Arabs” two groups whose racial heritage and complexion make them unlikely political rulers have dominated this class.» (est composée de la classe dominante proprement dite – une classe qui contrôle l’appareil d’état afin de s’enrichir par des prébendes – et une classe ‘possédante’ qui accumule les richesses principalement par le truchement d’activités comprador…En Haïti, les mulâtres et les «Arabes», deux groupes dont l’héritage racial et la couleur de peau rendent improbable leur aptitude à devenir des chefs politiques ont dominé cette classe.) [ma traduction]. Etzer Charles (1994) définit ainsi cette classe possédante: «C’est en grande partie une bourgeoisie d’origine étrangère issue d’horizons différents, en particulier des USA, d’Italie, du Liban, de Syrie, etc. Nombre de bourgeois actuels – presque tous d’ailleurs – ont débarqué dans le pays sans fortune et sont parvenus à accumuler leurs capitaux et constituer du même coup une classe dominante, grâce à leur dynamisme.»La Classe moyenne (ou les classes moyennes) dans la société haïtienneMarx n’a pas accordé une place particulière à la classe moyenne dans son analyse des sociétés occidentales. Pour lui, cette classe n’avait pas de rôle historique indépendant contrairement à la bourgeoisie et au prolétariat. Nous savons aujourd’hui que cela ne correspond plus à la réalité de l’époque contemporaine car les classes moyennes sont devenues le pivot du fonctionnement des groupes sociaux actuels dans la majorité des sociétés occidentales avancées. C’est devenu un cliché de dire que Duvalier a détruit la classe moyenne dans la société haïtienne en forçant ses membres les plus remarquables à prendre le chemin de l’exil ou en les faisant assassiner ou en détruisant un certain style de vie particulier à cette catégorie sociale. Cette classe moyenne a commencé à se constituer vers la fin des années 1940 sous le régime de Dumarsais Estimé. Elle est généralement présentée comme composée de Noirs, les Américains ayant jugé préférable de s’appuyer uniquement sur l’élite mulâtre pour gouverner le pays pendant les 19 ans d’occupation (Pierre Etienne 2007: 211). Pourtant, c’est sur cette classe moyenne de Noirs que François Duvalier s’est appuyé pour se faire élire à la présidence en 1957. Il y resta longtemps grâce à la force de sa rhétorique populiste, de sa manipulation de la question de couleur, de son acceptation par les masses populaires et paysannes et de son exploitation de la Guerre Froide sur le plan international.Comment identifier l’extrême-droite haïtienne? Quels sont les groupes qui la constituent? D’abord, et par-dessus tout, le noyau de l’extrême-droite haïtienne est formé d’une part, par cette classe dominante qui contrôle l’appareil d’état dans l’unique but de s’enrichir par des prébendes; d’autre part, l’extrême-droite haïtienne est formée par ce que Robert Fatton, l’excellent politologue d’origine haïtienne à l’université de Virginie, appelle la «possessing class» (la classe possédante) et qu’il décrit comme «a class that has accumulated wealth through private ventures and independently of direct state predations.» (une classe qui s’est enrichie grâce à des entreprises privées et indépendamment des pillages directs des richesses de l’état) [ma traduction].Ces deux catégories possèdent leur bras armé qui est constitué par les militaires haïtiens. Ils ont fait une entrée fracassante sur la scène politique haïtienne en septembre 1991 avec le coup d’état du général Cédras et du colonel Michel François. Généralement, les militaires travaillent en collaboration avec des services de renseignement étrangers. Selon Fatton 2002: 93, “Raoul Cédras, Philippe Biamby, and many other key figures in the coup of 1991 were, after all, on the CIA payroll.” (Raoul Cédras, Philippe Biamby, et beaucoup d’autres figures clés du coup de 1991 étaient, après tout, sur la feuille de paie de la CIA) [ma traduction].On ne trouve pas que des éléments appartenant aux sphères du pouvoir économique et militaire dans l’extrême-droite haïtienne. Depuis l’entrée officielle des milices privées de Duvalier (les Tonton makout) dans les décisions politiques, les classes dominantes se sont servies d’éléments civils appartenant aux catégories sociales défavorisées pour renforcer et asseoir leur pouvoir. Entre 1991 et 1994, la «CIA was involved in the creation of the violent paramilitary organization Front for the Advancement and Progress of Haiti (FRAPH) which was supposed to constitute a political force counterbalancing the Aristide movement.» (la CIA s’est impliquée dans la création de la violente organisation paramilitaire dénommée Front pour l’Avancement et le progrès d’Haïti (FRAPH), qui était censée constituer une force politique pour contrebalancer le mouvement d’Aristide) [ma traduction]. On parle beaucoup ces jours-ci de l’élaboration par les stratèges du président Martelly d’une force paramilitaire avec son slogan (Tèt kale), le surnom du président lui-même, et de son emblème, la couleur rose. Ces éléments auraient beaucoup de points communs avec les fameux Tonton makout de François Duvalier.En quoi et pourquoi est-il important d’identifier l’extrême-droite haïtiennesans toutefois individualiser des personnes? On peut avancer trois types de réponses: d’abord, il faut savoir de quoi l’on parle. Nous avons souligné au début de cet essai que la Droite, comme les autres catégories politiques, se rattache à des valeurs et à des comportements: dans ce cas-ci, des valeurs d’autorité, de tradition, de conservatisme politique, de nationalisme fort. Les catégories politiques de Droite, de Gauche, de Centre, existent partout. Il s’agit de les chercher. C’est ce que j’ai essayé de faire tout au long de cette trilogie. L’extrême-droite représente les attitudes et les comportements des partisans de cette doctrine poussée jusqu’à ses limites. Mais, je n’ai pas trouvé de doctrinaires publics de cette extrême-droite, tels qu’on peut en trouver dans les sociétés industrialisées. Pourquoi les doctrinaires de cette extrême-droite ne se manifestent-ils pas par écrit à travers des pamphlets, des essais, pour développer leurs thèses et faire valoir leurs arguments? Après tout, la gauche haïtienne (qu’elle soit socialiste ou communiste) s’est identifiée clairement dans l’histoire de la pensée politique haïtienne au point que leurs membres ont été persécutés, pourchassés, emprisonnés, exilés et tués surtout sous les deux Duvalier. Mais l’extrême-droite haïtienne s’est manifestée par ses bras armésEnsuite, il est important d’identifier l’extrême-droite haïtienne pour comprendre l’histoire récente de la politique haïtienne. C’est une histoire au cours de laquelle se sont manifestées au sein de la société haïtienne les formes les plus extrêmes de l’autoritarisme, de l’exclusion sociale, de l’injustice et de la violence d’état. Beaucoup d’Haïtiens se plaignent avec raison de la présence dans le pays des forces de la MINUSTHA qui sont venues prétendument stabiliser politiquement et militairement la société haïtienne déchirée et au bord de l’implosion après le second coup d’état contre le président Aristide en février 2004. S’il est vrai que des abus de toutes sortes ont été commis par les forces de la MINUSTHA (viols, meurtres, introduction du choléra…), il est aussi important de dire que, n’était-ce la présence des forces de la MINUSTHA, les forces de l’extrême-droite haïtienne auraient certainement pris le pouvoir depuis longtemps en Haïti. En ce sens, la situation politique d’Haïti est tout simplement tragique dans le sens le plus fort de ce mot. De 1957 à nos jours, l’histoire d’Haïti a été marquée par le poids politique de l’extrême-droite haïtienne dont les commanditaires ou les têtes pensantes se sont cachés derrière leurs bras armés («makout», «attachés», «chimè», et leurs prolongements actuels.Finalement, il est important d’identifier l’extrême-droite haïtienne afin de situer Haïti politiquement dans la Caraïbe et dans l’Amérique latine. Dans un article en date du 19 août 2011, intitulé Martelly met Haïti au cœur d’un conflit idéologique continental, l’hebdomadaire Haïti en Marche soutient la thèse que «Michel Martelly a reçu une mission…faire qu’Haïti devienne un maillon important, une pointe avancée, pour la reconquête du continent sud-américain par la droite.» Selon Haïti en Marche, dans une Amérique latine dominée par la gauche (Brésil, Argentine, Uruguay, Pérou, Venezuela, Bolivie) dont les présidents ont été tous élus démocratiquement, le régime de Martelly devrait donner l’image d’un «régime de droite populiste, modernisatrice et avec des aspirations sociales». Jusqu’où iront la droite et l’extrême-droite haïtienne?Références citées:Bullock, Alan (1988) Fascism in: The Harper Dictionary of Modern Thought. New and Revised Edition par Allan Bullock et Stephen Trombley. New York: Harper Row.Charles, Etzer (1994) Le Pouvoir Politique en Haïti de 1957 à Nos Jours. Paris: Karthala.Dortier, Jean-François (éd.) (2008) Classes sociales. Le Dictionnaire des Sciences humaines. Paris: Editions Sciences Humaines.Fatton, Robert (2002) Haiti’s Predatory Republic. The Unending Transition to Democracy. Boulder, Colorado: Lynne Rienne Publishers.Lintz, Juan et Stepan, Alfred (1996) Problems of Democratic Transition and Consolidation: Southern Europe, South America, and Post-Communist Europe. Baltimore: Johns Hopkins University Press.Nicholls, David (1988) From Dessalines to Duvalier. Race, Colour and National Independence in Haiti. London: Macmillan Publishers Ltd.Pierre-Charles, Gérard (1973) Radiographie d’une Dictature. Haiti et Duvalier. Montréal: Editions Nouvelle Optique.Pierre Etienne, Sauveur (2007) L’énigme haïtienne. Echec de l’Etat moderne en Haïti. Montréal: les Presses de l’Université de Montréal et Mémoire d’encrier.Renda, Mary A. (2001) Taking Haiti. Military Occupation the Culture of U.S. Imperialism 1915-1940. North Carolina: The University of North Carolina Press.Smith, Matthew J. (2009) Red Black in Haiti. Radicalism, Conflict, and Political Change, 1934- 1957. North Carolina: The University of North Carolina Press.Trouillot, Michel-Rolph (1990) Haiti: State Against Nation. The Origins and Legacy of Duvalierism. New York: Monthly Review Press.
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